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10
Juil
'18

Un programme de conférences FRANCE-JAPON, sur-mesure et clé en main, pour les ALUMNI PARISTECH

JAPONISMES 2018
entre juillet 2018 et mars 2019 : 
 
Paris accueille une cinquantaine d’événements prestigieux, le meilleur de la création niponne, entre tradition et modernité.
 
Occasion de célébrer le 160e anniversaire des relations diplomatiques entre le Japon et la France, ainsi que le 150e anniversaire du début de l’ère Meiji lorsque le pays s’ouvrit à l’Occident.

Avec NAMASTÉ, profitez de l’actualité artistique FRANCE-JAPON.
 
Des conférences culturelles spécialement organisées pour votre association : 
 
- Qu’est-ce que le Japonisme ? les 1ers échanges commerciaux et les expositions universelles
- Le Japonisme des 1ers collectionneurs et la création du Musée Guimet
- L’architecture japonaise à Paris, une attirance réciproque qui dure depuis 150 ans
- L’estampe uiyo-e et son influence en Occident
- Les artistes du japonisme, les peintres de la modernité, de Manet aux Nabis
- la création contemporaine au Japon, entre globalisation et affirmation d’une identité singulière….
 
Contactez NAMASTÉ pour échanger sur des solutions concrètes et bâtir une proposition sur mesure (voir le programme sur-mesure créé pour ESSEC ALUMNI - Club Beaux Arts).


Bien cordialement,


Agnès BRIGOT
+ 33(0)6 09 02 41 41

En savoir plus sur NAMASTÉ.

NAMASTÉ
Organisation, Événements et activités culturelles
6bis rue de la Belle Feuille
92100 Boulogne-Billancourt

R. Delaunay, Rythme, Joie de vivre (1930)

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03
Juil
'18

Agroforesterie - actualités nationales - juillet 2018

AGRO FORESTERIE
LES ACTUALITES  
Lettre d'information envoyée à 60.000 destinataires
| JUILLET 2018
Consensus sol

S'il ne fait plus de doute, en scrutant la météo capricieuse, que le temps change, il s’impose également à tous que les temps, difficiles à vivre pour nos agriculteurs, sont eux aussi en plein mouvement. Le chemin tracé il y a plus de 10 ans se poursuit. Les partenariats autour de sols productifs et vivants gagnent peu à peu en force et en hauteur, pour générer vite et bien des continuités nouvelles entre la vie des champs, celle des agriculteurs, la richesse gustative et nutritionnelle dans nos assiettes et le renouvellement permanent des ressources.

Maraîchage sur Sols Vivants avant-hier, La Vache Heureuse hier, Ver de Terre Production et Pour une Agriculture du Vivant aujourd'hui, la boucle du rassemblement agroforestier n’est pas bouclée, loin s’en faut. Pendant que les consommateurs espèrent de meilleurs circuits énergétiques ou alimentaires, la politique et les réglementations vont et viennent, les marchés créent la surprise, le climat reste en embuscade...

Peut-on se satisfaire des "bouées de sauvetage", jetées ici ou là, au petit bonheur, face aux tempêtes qui se succèdent ?
Sommes-nous condamnés à subir les aléas auxquels s'expose chaque jour l'agriculture ?

Un nombre significatif d’acteurs est désormais convaincu du contraire... D’autant qu'une grosse marge de progrès est promise à tous, sitôt que l’un d’entre nous, en groupe ou isolé, commence à refaire de l'agronomie.

L'agronomie, c'est le socle qui permet d'inventer et d'innover chaque jour, au coin du champ, et d'emboiter le pas d’une (re)construction collective, centimètre par centimètre, hectare par hectare, territoire après territoire.
Paysages in Marciac fête ses 10 ans !
Du 30 juillet au 10 août 2018 - Marciac (32)
Évènement désormais référence en plein cœur de l'été (et du célèbre festival de jazz), PIM revient pour la dixième année consécutive. Cette année encore, Arbre et Paysage du Gers, Un Monde à Refaire et l’AFAF s’associent pour proposer des temps d'échange positifs et conviviaux autour des principaux enjeux de société actuels : agriculture et alimentation durables, gestion des ressources naturelles, préservation de la biodiversité et des pollinisateurs, atténuation du changement climatique…
Une thématique clé : Agroforesterie et climat : chaud devant !
Et 12 journées à noter dans vos agendas, dont notamment :
> 30 juillet : ouverture de PIM avec la journée “Agroforesterie, agro-écologie et transmission des savoirs : former pour transformer l'agriculture” (sur inscription)
> 1er août : “L’agroforesterie maraîchère : jardiniers de l’ombre”
> 3 août : “Journée nationale des sols vivants” (sur inscription)
> 5 et 7 août : sessions spéciales “Voyage à la découverte du chocolat : du cacaoyer à la tablette” (sur inscription)
> 8 août : “Valorisation du bois en agroforesterie”
> 10 août : journée de clotûre “Climat et agriculture”
Agriculture syntropique
Rencontre/formation avec Ernst Götsch - 6 au 10 novembre 2018 - Région toulousaine
L’AFAF accueille Ernst Götsch (Brésil), fondateur de l’agriculture syntropique, pour sa première visite officielle en France.
Au programme :
- 6 au 9 novembre : formation (théorique et pratique), incluant la conception et mise en place d'un système agroforestier successionnel à base fruitière.
- 10 novembre : conférence débat, en compagnie d’autres invités de marque.
Public : agriculteurs, arboriculteurs, porteurs de projets, techniciens, conseillers agricoles, agronomes, etc.
> Consulter le programme et remplir le formulaire de pré-inscription (date limite : 31 août 2018)
> Life in syntropy : vidéo de présentation du travail d’Ernst Götsch au Brésil
Pour une Agriculture Du Vivant
Une initiative collective pour soutenir la démarche de progrès en agriculture
Suite logique des démarches d’animation territoriale engagées depuis plusieurs années autour de la transition agro-écologique (agroforestière), PADV vise à structurer des filières de valorisation des produits issus de cette agriculture “en mouvement” afin de favoriser, par la coopération amont-aval, l’émergence d’un nouveau modèle agricole et alimentaire, fondé sur l’agronomie. Une agriculture du vivant (et de la fertilité), qui relie la qualité des sols et celle des aliments, l’intensification végétale et la lutte contre le changement climatique, la réduction des intrants (dont le carburant) et la productivité des systèmes…
> En savoir plus sur la démarche
> Revoir en intégralité la journée nationale du 16 mai dernier à AgroParisTech
> Prochaine journée d’échange : le 3 août 2018 à Marciac (32)
4e Congrès mondial d’agroforesterie
Le 4e Congrès mondial d’agroforesterie se déroulera du 20 au 25 mai 2019 à Montpellier. Organisé tous les 5 ans (et faisant pour la première fois escale en Europe !), cet événement vise à renforcer les liens entre la science, la société et les décideurs politiques sur la question de l’agroforesterie.
> Proposer un résumé (date limite : 31 octobre 2018)
> Ouverture des inscriptions : juillet 2018 (fin des inscriptions au tarif réduit : février 2019)
Publications
 
Projet COPAINS à Porquerolles : innovation et réinsertion sociale en vergers maraîchers
Depuis 2014, ce projet initié par le Parc national de Port-Cros, le Conservatoire botanique national méditerranéen et l’Association des forêts varoises, partage, protège et valorise des variétés d’arbres fruitiers rares, anciennes et parfois menacées, en alliant agro-écologie et réinsertion sociale. En 2018, la mise en place d’un hectare de verger maraîcher confirme cette volonté.
L’agroforesterie, une solution d’avenir pour des territoires durables et productifs
​Livret présentant les contributions de l’agroforesterie (et de l’arbre hors forêt) au maintien des trames écologiques dans les territoires, tant ruraux que péri-urbains.
Actes du 4e Congrès européen d’agroforesterie - Nijmegen, Pays-Bas
250 personnes (agriculteurs, techniciens, chercheurs, décideurs politiques…) étaient réunis fin mai pour échanger sur les expériences agroforestières de ces dernières années, à l’échelle européenne et au delà. Développement, recherche, formation, cadres politiques et réglementaires... retrouvez les actes de ces rencontres, riches en enseignements.
Contre le déclin des oiseaux des campagnes, la forêt agit
Une étude Stoc a mis en évidence la chute du nombre d'oiseaux dans les zones agricoles (un tiers d’oiseaux en moins en 17 ans), tandis que les populations d’oiseaux forestiers se maintiennent. 3 guides pratiques réalisés par le CNPF analysent les relations entre la forêt et la faune (oiseaux, insectes) ainsi que des solutions simples à mettre en place pour préserver la biodiversité en forêt. Et si la forêt pouvait aider l’agriculture ?
Le verdissement, une opportunité manquée ?
En février, la Cour de comptes européenne a présenté ses conclusions quant à la politique de “verdissement” de la PAC 2014-2020. Objectif : mettre en oeuvre des pratiques agricoles plus respectueuses de l’environnement. Dans les faits, la PAC s’est complexifiée et les Etats membres ne profitent pas suffisamment de la flexibilité permise. Les objectifs ne sont ni très clairs ni ambitieux, et les effets ne sont pas significatifs. Cette politique a facilité un changement de pratiques sur seulement 5% des surfaces.
En région
Martinique et Guyane
Biomasse énergie : une opportunité pour l’essor du bocage et des arbres têtards. Présentation de deux cas d’étude, premières pierres d’un projet de territoire en cours de lancement.
Normandie
D’ici à 2020, la Région Normandie s’engage dans une nouvelle politique de gestion et de valorisation de sa ressource bois. Objectif : durabilité, compétitivité, attractivité et visibilité de la filière et de la ressource. Pour cela, la mobilisation de l’ensemble des acteurs de la filière est indispensable, y compris dans les zones de bocage. Ces espaces font l’objet de plusieurs axes de travail prioritaires, l’enjeu majeur étant de reconquérir la haie en redonnant une valeur économique aux produits de son entretien. L’agroforesterie en pratique !
Centre-Val-de-Loire
La chambre d’agriculture du Centre-Val-de-Loire lance sa première session de formation en agroforesterie.
Bretagne
Appel à projets "expérimentation en agroforesterie" ouvert en Ille-et-Vilaine (clôture 7 septembre 2018).
Bourgogne-Franche-Comté
Journées thématiques agro-écologiques animées par la Chambre régionale d'agriculture de Bourgogne-Franche-Comté.
International
L’agroforesterie, garante de la santé des cacaoyères
L’agroforesterie est une solution prometteuse pour faire face au virus de l’oedème des pousses de cacao, dont aucun traitement n’est disponible à ce jour : une menace majeure pour la production de cacao.
Adaptation climat
En zones de savanes, l’utilisation de pratiques agroforestières permet de rendre les cacaoyères plus économes en eau et de favoriser leur adaptation au changement climatique.
Projets
Programme Agr'eau - 5 ans déjà !
Programme de développement de la couverture végétale des sols en Adour- Garonne, Agr’eau accompagne depuis 5 ans la transition agro-écologique des systèmes agricoles et des territoires. L’occasion de dresser un bilan d’étape du chemin parcouru... et de se projeter vers l'avenir.
> Télécharger la plaquette
AGFORWARD : diffusion des productions en français
Le projet AGFORWARD a permis durant 4 ans (2014-2017) de développer les connaissances scientifiques et techniques liées aux pratiques agroforestières à travers l’Europe. Dans ce cadre, une synthèse des pratiques innovantes mises en oeuvre dans les 13 pays partenaires du projet a été produite, à travers 46 fiches techniques. 5 premières fiches ont été traduites par nos soins, téléchargeables ci-dessous :
> Pâturage tournant dans la Dehesa
> Pâturage ovin sous noyers
> Clôture invisible dans les pâturages boisés
> Asperges sauvages dans les oliveraies
> Céréales et arbres à vocation de bois d’œuvre
MycoAgra : coopérations souterraines
Le projet MycoAgra (2017-2020), coordonné par la Chambre d’agriculture de Dordogne, vise à évaluer l’impact des pratiques agricoles sur les communautés de champignons mycorhiziens en monoculture de maïs et denoyer ou en système agroforestier (association noyer-maïs).
​Les 14 et 23 juin, la seconde campagne de prélèvements a été réalisée. La publication des premiers résultats est prévue novembre 2018.
> Télécharger la fiche technique sur les symbioses mycorhiziennes
AgrofMM : La formation, socle du développement
Le projet européen AgrofMM arrive à son terme fin août 2018. En avril dernier, une quarantaine de (jeunes) participants issus de 9 pays (étudiants et formateurs en agriculture, techniciens, agriculteurs, etc.) ont pris part à une semaine d’initiation organisée par l’Université de Debrecen (Hongrie). Cet événement incluait notamment des sessions d’échange et de partage des perceptions de l’agroforesterie et de ses enjeux dans les différentes régions pédo-climatiques représentées : de quoi élargir encore la communauté des ambassadeurs (et futurs praticiens) de l’agroforesterie aux quatre coins de l’Europe.
> Voir l’une des vidéos de restitution réalisées
Avant la clôture du projet, une dernière journée d’échange, de réflexion et d’information est prévue le 30 juillet prochain en ouverture de la dixième édition de Paysages in Marciac.
> Consulter le programme de la journée et s’inscrire
Vidéo
Trognes, les arbres aux mille visages
Le film de Timothée Janssen sur les trognes (Camera Lucida productions) a été diffusé sur Arte. Il invite à la rencontre de ces figures emblématiques de la préservation des écosystèmes. L’agriculture de demain s’y déploie, de générations en générations.
Formation mycorhization - travaux pratiques
Formation à Sées (61) - 16 & 17 novembre 2017 - Fin pédagogue et scientifique passionné, Marc-André Selosse nous fait découvrir les mystères de “l’internet des plantes”.
Radio
Arbres, humus, sols... Ode au végétal - Le coup de lame d'Arnaud Daguin
"Pas le ver de terre, le vert tout court, cette belle couleur du végétal vivant".
Un hommage appuyé aux plantes en général et aux plus majestueuses d'entre elles : les arbres. Quoi de plus banal que la vie végétale ?
Nous y sommes tellement habitués que nous ne voyons même plus le miracle permanent qu'elle accomplit depuis des millions d'années.
Cinéma
Nul homme n’est une île - Dominique Marchais - Sister Distribution
Une riche enquête de territoires, des agriculteurs de la coopérative les Galline Felici en Sicile aux architectes, artisans et élus des Alpes suisses et du Vorarlberg en Autriche. “Je voulais donner à voir des expériences qui se connectent entre elles, une mise en réseau du local à l’échelle européenne.
> Excellente rencontre radiophonique avec le réalisateur (RTS)
> Voir la bande-annonce
Quand le soleil quitte l’eau de l’herbe - Natacha Boutkevitch
Un magnifique documentaire, inédit en salles, sur la relation homme-animal dans le pastoralisme. Entre les villes de Queyras, Oisans et Trièves, jusqu’au sud de la France, nous suivons le quotidien des animaux, de la naissance à la mort, dans les temps de transhumance, d’estive et d’hivernage.
> Télécharger le dossier de présentation
> Voir un extrait
Librairie
Le traité Rustica de la permaculture, Rustica Editions, mars 2018
Ouvrage pratique et illustré, avec des textes de Robert Elger, Linda Bedouet, Kevin Morel...
Arthur Buresi a concocté “La démarche agroforestière” : un long chapitre, riche et généraliste, spécifiquement consacré à l’agroforesterie.
Lucien Pouëdras - 50 ans de peinture - 2018, Skol Vreizh Editions
Vivant témoignage sur la vie rurale, les champs, les paysages avant le bouleversement agricole de la seconde moitié du XXe siècle.
La propriété de la terre - Sarah Vanuxem, Editions Wild Project, mars 2018
L’idée d’un partage des milieux enrichit la notion de propriété qui devient une “faculté d’habiter” et ne saurait se limiter au simple “pouvoir souverain d’un individu sur les choses. Préfacé par Philippe Descola.
Deux conférences de l’auteur :
> Au Collège de France
> Au festival la manufacture des idées
Adhésion
En rejoignant l’Association Française d’Agroforesterie, vous soutenez un projet ambitieux, collectif et une vision décloisonnée pour une agriculture d'avenir et une gestion durable des territoires.
Copyright © 2018 Association Française d'Agroforesterie, Tous droits réservés.
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21
Juin
'18

Une opportunité à saisir pour les projets innovants ! Dépôt des dossiers avant le 22 août

Bonjour,

La Ville de Paris encourage et soutient les porteurs de projets innovants dans des secteurs en forte croissance, qui fondent la prospérité économique et inventent les modes de vie urbains de demain. La Ville s'engage, notamment au travers des Grands Prix de l'Innovation de la Ville de Paris (www.grandsprixinnovation.paris), depuis 2001.

L'innovation est au cœur de votre projet ?
Votre projet touche à l'un des secteurs suivants : Energie et mobilité, E-Santé, Expérience client réinventée, Urbain mobile et connecté ?
Alors concourez dès aujourd'hui aux Grands Prix de l'Innovation 2018 et accélérez le cycle de développement de votre projet ! Le lauréat de chaque catégorie remportera une dotation de 12 000€ !

Pour participer à ce grand concours de projets innovants, remplissez votre dossier de candidature avant le 22 août 2018 à midi sur www.grandsprixinnovation.paris.
Voici les conditions à respecter pour participer aux Grands Prix de l'Innovation 2018 :
Peut participer à ce concours toute entité légale indépendante étant en mesure de présenter un K-bis  (PME au sens communautaire, dont le capital n’est pas détenu, directement ou indirectement, à plus de 50%, par une entreprise ayant dépassé les critères de taille d’une PME au sens communautaire) de moins de 5 ans au 11 décembre 2018 ayant son siège social ou un établissement secondaire générant de l'emploi situé en Ile de France (7 ans pour la catégorie « E-Santé»), nommément représentée par l'un de ses dirigeants. L'entreprise doit exister officiellement au 22 août 2018 au plus tard. Le candidat devra fournir, en cas d'établissement secondaire sur Paris, un justificatif (bail / contrat d'incubation...) prouvant une présence salariale en Ile-de-France.

Pour plus d'informations, vous pouvez consulter le règlement du concours sur le lien suivant : www.grandsprixinnovation.paris
Les Grands Prix de l'Innovation de la Ville de Paris vous offrent une réelle opportunité de booster le développement de votre projet innovant, ne ratez pas cette occasion !

Bien cordialement,

Chloé Vincent, Equipe d'organisation des Grands Prix de l'Innovation 2018
chloe.vincent@grandsprixinnovation.paris
01 55 50 04 25

Retrouvez toutes les informations et le règlement sur www.grandsprixinnovation.paris

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11
Juin
'18

[ENSTA PTA] Newsletter de juin 2018

Bonjour ,

Ta newsletter de juin est arrivée ! Tu la trouveras ci-joint ou en cliquant sur le lien ci-dessous. 

Bonne lecture ! 

EN BREF AU SOMMAIRE

  1. Actualités
  2. Retour sur la JDA
  3. Projets "Faites-nous rêver"
  4. Interview de Jérôme GUILLEN, TESLA
 
Chers Alumni, Chers Camarades,
 
Comme vous avez dû le lire ou l'entendre, le nouveau règlement européen sur la protection des données (RGPD) est entré en vigueur le 25 mai 2018. Ce texte porte notamment sur les modalités de recueil, d'utilisation, de conservation, de partage, et de sécurisation de vos données à caractère personnel.
 
L'ENSTA  ParisTech  Alumni  est  très  impliquée  sur  ce  sujet  et  elle  actualise régulièrement, sa  politique  en  matière  de  protection  des  données.  A  titre  d'exemples,  les protocoles de sécurisation des données sur le site ont été renforcées en début d'année. Une nouvelle procédure de gestion des mots de passe a aussi été mise en place l'an dernier....
 
Enstamicalement,

L'ENSTA ParisTech Alumni

828, bd des Maréchaux ~ 91762 Palaiseau 
01.81.87.21.50 ~ www.ensta.org 
secretariat@ensta.org
 
Tu reçois ce mail car tu es inscrit sur le site de l'ENSTA ParisTech Alumni, www.ensta.org. Conformément aux articles 39 et suivants de la loi du 6 janvier 1978 modifiée, tu bénéficies d'un droit d'accès et de rectification aux informations qui te concernent. Pour exercer ce droit, connecte-toi à ton espace privé ou adresse un mail à secretariat@ensta.org

 

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22
Mai
'18

Newsletter ParisTech - Universités européennes votre dossier à la UNE

Mai 2018

LA LETTRE D'INFORMATION

N°1

 
 
 

J’ai le plaisir d’écrire ces quelques mots pour vous présenter la première lettre d’information de ParisTech nouvelle formule. Celle-ci a pour objectif de créer du lien au sein de la communauté ParisTech (...) Notre ambition est d’apporter des témoignages concrets des réalisations et des projets dans lesquels nos équipes s’impliquent ensemble, partagent des valeurs qui les unissent... En savoir +

Elisabeth Crépon, Présidente de ParisTech

 

 
 

Universités européennes, quel paysage pour l’enseignement supérieur en Europe demain ?

La France organise, les 24 et 25 mai 2018, la Conférence ministérielle européenne de l’enseignement supérieure. Celle-ci réunira les ministres des 48 Etats signataires de la "Déclaration de Bologne" sur la convergence des systèmes d’enseignement supérieur en Europe. L’occasion de faire le bilan sur les changements concrets apportés depuis plus de 20 ans par le processus de Bologne, les nouvelles évolutions attendues à la suite de la conférence et les opportunités pour nos établissements. Interview de Sophie Leban, coordinatrice générale du programme Athens et Christian Lerminiaux, directeur de Chimie ParisTech, vice-président de ParisTech...

En savoir +

 
 

Sarah Lemarchand, Conseillère pédagogique Télécom ParisTech coordonne le projet RACINE

8 écoles de ParisTech mettent en oeuvre ensemble, un programme d’accompagnement des enseignants pour un enrichissement de leurs pratiques pédagogiques. D’autres écoles, non membres de ParisTech, pourraient rejoindre ce projet. Rencontre avec Sarah Lemarchand, Conseillère pédagogique Télécom ParisTech qui coordonne le projet. En savoir +

 
 

International

ParisTech développe depuis plus de 10 ans ses relations académiques avec les grandes universités brésiliennes au travers d’échanges réguliers d’étudiants (...) Les écoles de Paris Tech participent à de grands événements tel que le Forum Mondial de l’Eau à Brasilia du 18 au 23 mars 2018. L’Ecole des Ponts ParisTech et AgroParisTech y ont assuré la promotion des formations françaises dans le domaine de l’eau. En savoir +

 
 

Enseignement

Le décret du 10 mai 2017 relatif à loi Égalité et Citoyenneté implique l’obligation pour établissements d’enseignement supérieur de mettre en oeuvre un dispositif de validation de l’engagement citoyen des étudiants... En savoir +

 
 

Fondation

Portée par l’Institut de Biomécanique Humaine Georges Charpak à Arts et Métiers ParisTech, la Chaire BiomecAM « Innovation et Handicap » a célébré son renouvellement le 21 mars 2018... En savoir +

 

Diversité

Télécom ParisTech lance avec succès son programme « Aidons l’ascenseur social à mieux fonctionner ». Destiné aux alumnis ce programme, en partenariat avec l’association Article 1, leur permet de s’engager auprès de jeunes collégiens, lycéens et étudiants issus de milieux populaires pour leur permettre de réussir dans leur parcours scolaire et leur insertion professionnelle selon leur potentiel... En savoir +

 

AGROPARISTECH

AgroParisTech lance le premier MOOC dédié au gaspillage alimentaire

ECOLE DES PONTS PARISTECH

Benoît de Ruffray élu président du conseil d'administration de l'École des Ponts ParisTech

 

ARTS ET MÉTIERS PARISTECH

"Osons l’industrie" vise à répertorier les métiers de l’industrie du futur et les compétences attendues auprès d’une centaine d’entreprises

 

ENSTA PARISTECH

L'ENSTA ParisTech lance le Mastère Spécialisé DEMAS - Design and Exploitation of Autonomous Maritime Systems

 

ARTS ET MÉTIERS PARISTECH

Arts et Métiers ParisTech lance la Chaire Mines Urbaines avec Chimie ParisTech, Mines ParisTech et l'appui de la Fondation

 

MINES PARISTECH

Mines ParisTech inaugure la Salle de Mécanique, Fluides, Solides et Matériaux avec le soutien de l'industriel Safran

LIRE LA NEWSLETTER EN PDF

ParisTech, le réseau des grandes écoles d'ingénieurs.

La complémentarité des domaines d’excellence des écoles met à la disposition des élèves, des chercheurs et de l’ensemble des partenaires (institutionnels et entreprises) un regroupement exceptionnel permettant une transdisciplinarité unique. ParisTech est en forte interaction internationale en enseignement et en recherche, au travers de nombreux accords de partenariats.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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ParisTech - 34 bis rue Vignon 75009 Paris - France

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15
Mai
'18

GOLDEN ALUMNI. PRESENTATION DE JEUDI 17 MAI 2018 (12pm N.Y., 9am CALIF, 18h PARIS)

NEWSLETTER JEUDI 17 MAI 2018

GOLDEN ALUMNI

 

Nous avons construit en une vingtaine d’annees une plateforme, et une base de donnee, de plus de 5,000 alumni disperses partout dans le monde. Plus de 700 nous ont rejoint par videoconference. Si vous voulez profiter de ce reseau international, il vous suffit de nous rejoindre par videoconference sur notre plateforme goldenalumni.org un jeudi a 12pm EST (9am Calif, 18h Paris).

 

Nous négocions un nouveau virage avec GoldenAlumni, celui de faire converger les réseaux animés par nos membres responsables eux-même d’un réseau. Nos réunions intimes vont certainement passer à plusieurs centaines rapidement. Nous sommes en train d’analyser plusieurs possibiltes pour acquerir une plateforme qui nous permette d’aider à fournir de nouveaux services et de nous rapprocher chaque fois un peu plus facilement les-un des autres.

 

Notre prochaine presentation sera sur le sujet: Comment faire fonctionner une communauté de plusieurs milliers de participants de façon autonome, retour d'expériences terrain.

 

 

 

Jeudi 17 Mai

 

Nous sommes en train de créer un certain nombre de clubs verticaux dédies à des problématiques qui intéressent les Golden Alumni.

 

Pierre Haren, X73, Founder and CEO, Causality Link, organisera jeudi 17 Mai a 12pm EST (9am Calif, 18h Paris), par videoconference sur goldenalumni/org, une reunion avec les 7 responsables des differents clubs (les "directeurs de departement") pour definir notre modele d’action.

 

Jean-Louis Galano, Mines de Paris 1981 et Vice-président de XMP-Consult nous parlera de son organization. Il nous a ecrit: “Dans le cadre de l'alliance entre XMP-Consult et THALES, nous organisons avec l'équipe en charge du développement de l'offre de sécurité numérique (cybersécurité) chez THALES un événement sur la sécurité numérique destiné aux consultants d'XMP-Consult et aux adhérents d'associations partenaires”. Consultez l’evenement en piece attachee (XMP-Comsult).

 

            Didier Carre, présidant du club Mines Informatique et secrétaire général de l’Institut G9+, nous a parle de ses reflexions sur la séance Golden Alumni de Jeudi dernier. (Voir piece attachee)

 

Jeudi 24 Mai

 

  • Philippe Ducos, X83. Experienced Managing Director with a demonstrated history of working in the investment banking industry, nous parlera du lancement du Club Fintech

 

 

Jeudi 31 Mai

 

Pierre Haren, X73, Nous aurons le plaisir de lancer « Le Club IA » qui sera consacré à l’Intelligence Artificielle. Il sera animé par Samer Comair (X98) depuis Paris et Pierre Haren (X73) depuis Salt Lake City.

 

La réunion de lancement du club aura lieu le Jeudi 31 Mai a 18h heure de Paris sur notre site (https://goldenalumni.org/) et nous aurons le plaisir d’écouter Yves Caseau (ENS 87), DSI Group Michelin, nous parler de son rapport de l’Académie des Technologies sur l’Intelligence Artificielle, et des retours suscités. A l’heure où la France s’engage résolument dans l’investissement en Intelligence Artificielle, la vision technologique et industrielle d’Yves devrait intéresser nombre d’entre vous.

 

Une copie de ce rapport est disponible sur : https://www.academie-technologies.fr/blog/categories/rapports/posts/renouveau-de-l-intelligence-artificielle-et-de-l-apprentissage-automatique

 

Par ailleurs, un groupe LinkedIn (nommé « Le Club IA ») a été créé et si vous voulez en faire partie, envoyez un mail à Samer (samer.comair@polytechnique.org), Pierre (pierre.haren@gmail.com) ou moi-même sur le sujet."

 

 

CLUBS INTERNATIONAUX:

 

De nombreux camarades nous ont recommende de creer, au sein de Golden Alumni, des clubs internationaux dans

divers domaines et ont accepte de diriger de tels clubs. (Voir piece attachee).

 

Voici la Procédure de connexion a la videoconference pour les nouveaux membres

  • Conseils d'inscription à la plateforme de vidéo conférences pour une première utilisation : 
    • Inscrivez-vous sur : https://goldenalumni.org (utilisez Chrome ou Firefox) 
    • Complétez votre profil en ligne (avec au moins nom, photo et court descriptif si possible) 
    • » Your profile / Edit profile 
  • Connectez-vous +/- 15 min. avant la présentation (le jeudi à partir de 11h45 am New York Time) pour obtenir de l'assistance sur d'éventuels paramétrages techniques (audio-vidéo) 
    • » Online events / Join a session as a GUEST / Join session 

 

PRÉSENTATIONS DE JEUDI PASSE:

Nous avons ete rejoint, jeudi passe, par plusieurs alumni qui nous ont presente leurs activites – passionantes - dans differents pays:

Jeudi 10 Mai

  •  
  • Didier Carre, Senior Executive Consultant at Montgomery Conseil SAS, nous a parle de L’Institut G9+, qui fédère aujourd'hui 20 communautés d'anciens de toutes formations (écoles d'ingénieurs, management, sciences politiques, université). Didier nous a egalement mentionne Worldcomp.org and partners..., et nous a demande si l’un d’entre vous les connaissait. Merci de nous contacter a ce propos.

 

  • David Senbel. Ready to build a Cyber Resilient Enterprise? David et Didier ont eu une discussion passionante a propos du G9+.

 

  • Ala Ben Abbes, X03, EDF, Advisor to the Commercial Operations Director, nous a parle de sa nouvelle start-up.

 

 

Notre but est de permettre a notre reseau alumni de monter en puissance, mais pour y arriver, nous avons besoin qu’une plus grande partie de nos alumni s’impliquent et partagent leur experience.

 

Voici donc ce que nous proposons:

 

  • Decouvrir quels sont les sujets qui vous interessent, et creer des clubs qui rassemblent les alumni interesses par le meme sujet (par exemple: Aerospace, Information Technologie, Start-up et Reseau Financier, etc..)

 

  • Confier la direction de chaque club a l’un d’entre vous

 

  • Ecouter vos conseils pour nous permettre de les partager, grace a votre experience

 

Nous avons jusqu’ici utilise le modele suivant:

 

  • Chaque semaine le jeudi à 12h00 (N.Y., -5h GMT), nous t'invitons à notre vidéoconférence sur goldenalumni.org

 

  • Pour savoir comment nous pouvons t'aider, cliques sur: WHO WE ARE?

 

  • Voici le lien vers la Newsletter de cette semaine et des précédentes: NEWSLETTER

 

CE JEUDI EST SPONSORISÉ PAR NOS PARTENAIRES:

Ludovic André - GA2015-

 

Pour vous desinscrire, contactez jacques.levin@polytechnique.org (tel: +1-954-772-0522, Floride), en incluant le message que vous avez recu.

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14
Mai
'18

Newsletter de Mai d'XMP-Consult

 

XMP Consult

 

Newsletter du mois de mai 2018

Toute l'actualité d'XMP Consult : le réseau des Consultants des Grandes Ecoles  
 
 
 
Newsletter de mai 2018
 
 
 
Toute l'actualité d'XMP Consult : le réseau des Consultants des Grandes Ecoles
 
 

 

Accepter les conflits et décider

Jean-Louis GALANO

Les conflits sont fréquents dans les transformations. Ils sont coûteux par leurs effets sur les performances et peuvent être désastreux par le retrait qu’ils occasionnent chez les indécis.

Ils surviennent malgré les précautions prises par le dirigeant, malgré la communication préalable qui a préparé la décision, l’ouverture à la négociation, l’adoption d’une posture conciliante et le suivi des résultats de la décision prise.Un opposant peut toujours choisir d'utiliser la force pour contraindre les promoteurs du changement à l'abandonner ou à le réorienter dans leur intérêt particulier.

Le conflit s'accompagne souvent d'une expression émotionnelle qui à la fois mobilise l'énergie nécessaire à la bataille et aveugle sur les autres moyens d'action au point que parfois, il y a une confusion entre l'objectif tactique immédiat et la finalité stratégique qui est de répondre à un besoin voire à une nécessité vitale.

Pour sortir du conflit, tout en gardant le cap choisi, la priorité est de calmer l'émotion, la sienne et celle des autres parties. Le problème n'est pas l'autre, mais l’écart des intérêts en jeu, voire même dans certains cas des stratégies partisanes alors que les enjeux sont convergents.

Par son recul par rapport aux enjeux du conflits et par rapport au climat relationnel entre les protagonistes, le conseiller aide à contenir l'émotion, à faire une analyse rationnelle des intérêts en jeu, à imaginer et à évaluer les stratégies possibles et leurs risques. Cette détente émotionnelle ouvre la voie à la créativité, permettant de sortir du cycle dramatique d’agression/victimisation du conflit.

 
Actualités de l'association
 
 

 

Conseil et cybersécurité : événement XMP-Consult / THALES le 31/05

La transformation numérique impacte aujourd’hui tous les métiers et la cybersécurité est un enjeu crucial dans ce processus. L'objectif de cet événement gratuit (sur inscription obligatoire) est de partager et compléter nos offres dans ce domaine et d'explorer les moyens de coopération entre les consultants d'XMP-Consult et l'équipe en charge du développement de l'offre de sécurité numérique chez THALES.

 

En savoir + et s’inscrire en ligne via ce lien

 

Point sur l’événement CCIP

Antoine ISAMBERT

Dans le cadre du partenariat entre XMP-Consult et la CCIP, le prochain événement aura lieu le mercredi 27 juin matin à la CCIP située au 2 Place de la Bourse.

Il aura pour objet un échange entre les consultants XMP-Consult et des entreprises du réseau CCIP sur le thème de la transformation. Plusieurs tables seront constituées comprenant des consultants XMP-Consult (dont 1 animateur) et des chefs d'entreprise du réseau CCIP.

Le formulaire d'inscription vous sera envoyé tout début juin. Nous espérons vous y retrouver nombreux !

 

Projet Banque - Assurance

Jérémy DOUKHAN

Nous travaillons à la préparation d’un « séminaire Banque & Assurance » à organiser ces prochains mois.
Nous vous proposons de former un petit groupe projet pour l’organisation de ce séminaire

 

En savoir + et participer au groupe en suivant ce lien

 

Création de nouveaux groupes chez XMP-Consult

Sept nouveaux groupes viennent d’être créés chez XMP-Consult sur les thématiques de l’Excellence de l'Ingénierie, la Gouvernance, la Formation continue, les PME & ETI, les Changement & transformation, Valo, Banque Assurance. Ils complètent les groupes déjà existants Echo, Atelier de Transformation Numérique, XMP-Consult International, R&D &Innovation, Risques, Conseil de Direction, Mirroring.

 

Pour rejoindre ces groupes, il suffit d’aller sur la page d’accueil en mode connecté, et de proposer son inscription.
Les groupes d’XMP-Consult constituent un facteur essentiel de la vie de l’association: ils permettent de partager des réflexions, des expériences, des pratiques et parfois de construire une position commune pour répondre aux problématiques des entreprises.
Tout adhérent peut sur un thème ou un projet proposer la création d’un groupe et obtenir une aide pour son montage et son animation.

 

Si tu souhaites créer un groupe, clique ici.

 

Etude Excellence de l'Ingénierie et des Projets Complexes

Romain LEFRANCOIS

Avant Propos :

Par le passé, j'ai eu l'occasion de mener (ou de participer à) différentes études sur l'innovation, la supplychain ou sur l'ingénierie. J'ai ainsi pu constater l'intérêt suscité auprès de certains prospects. Ces études permettent en effet d'atteindre plusieurs objectifs :

  • Créer et formaliser un cadre de réflexion sur une thématique
  • Ecouter le marché par une série d'interviews et/ou de questionnaires en ligne
  • Créer une synthèse permettant de contacter ses prospects en offrant un point de vue éclairé grâce aux éléments recueillis
  • Enrichir sa propre connaissance grâce à l'apport d'expertise d'autres consultants 

Objectifs du Projet :

Synthétiser, d'ici 6 mois, les challenges, pratiques, tendances et difficultés d'au moins 15 entreprises sur la thématique de l'Excellence de l'Ingénierie et des Projets Complexes et ainsi permettre à chacun des interviewers de pouvoir éclairer ses contacts avec une vision comparative des bonnes pratiques dans un cadre de réflexion structuré.

Un investissement minime, sans risque et avec un retour non négligeable

Chacun de nous a des contacts privilégiés étant susceptibles d'être intéressés par une telle démarche:

 

  • a. La démarche ne nécessite qu'un investissement en temps minime
  • b. Les données restent strictement confidentielles (aucun des autres participants ne peut identifier les réponses quanti ou quali d'une entreprise spécifiquement)
  • c. La synthèse éclaire sur les pratiques des autres entreprises et d'illustrer concrètement les solutions à partir de cas réels.
  • d. Cela peut permettre la création d'une discussion/ mise en relation entre différents contacts ayant les même problématiques.

Si vous êtes intéressés par la démarche ou simplement curieux, inscrivez-vous au groupe "Ingénierie et Projet » (via ce lien)

 J'enverrai sous peu une invitation doodle aux membres du groupe pour convenir d'une date de réunion de lancement.

 

Ouverture Groupe Gouvernance

Edmond ESCABASSE

Depuis une quinzaine d’année de nombreux travaux ont été conduits pour définir les bonnes règles et pratiques de gouvernance…et conforter le Conseil d’administration dans sa place de clé de voute de l’organisation.
Mais des questions fondamentales demeurent. Comment une institution collégiale dont les membres indépendants y consacrent au plus une trentaine de jours par an peut-elle réellement orienter et challenger une direction puissante, présente et dotée des moyens de l’entreprise ? Comment assurer que ces bonnes pratiques de gouvernance sont efficientes et vont au de delà de la conformité ?
XMP-Consult peut apporter plusieurs types de réponses, centrées sur des apports extérieurs à l’entreprise, l’appui aux administrateurs indépendants et l’aide à une réflexion et une expression autonomes des organes de gouvernance.

  • Par ses membres qui par leur formation et par la pratique du conseil stratégique et de management et leur capacité à animer des groupes sont des candidats naturels notamment dans le non côté (plus difficile aujourd’hui dans le côté avec l’impact des quotas)
  • Au travers d’offres liées à la gouvernance et au fonctionnement du conseil en mettant l’accent sur le contenu. XMP-Consult par la diversité de ses membres et la richesse de ses échanges est un outil de veille qui peut permettre d’apporter aux conseils d’administration les moyens d’appréhender les ruptures qui vont impacter l’entreprise,
  • De manière spécifique dans les ETI, il y a un vrai besoin d’apports extérieurs; les membres de XMP Consult sont armés pour proposer des « missions d’accompagnement et d’animation des organes de gouvernance » liant apport sur l’environnement et les ruptures externes et analyse de l’organisation et du positionnement de l’entreprise face à ses défis. Cette approche permettrait de dépasser la réticence des dirigeants des ETI pour les missions de conseil classique et par l’application de règles de gouvernance qui « exigeraient » une présence immédiate d’externes dans leur CA (ou les organes équivalents car toutes ne sont pas des SA)

L’objectif du groupe Gouvernance de XMP Consult est d’échanger et de structurer la réflexion et les offres des membres de XMP Consult autour de la gouvernance.

En savoir + et rejoindre le groupe en suivant ce lien.

 

(Re) Lancement du groupe Formation Continue

Bruno DELEZENNE

Après des décennies de vie plutôt tranquille, la formation continue est soumise depuis plus de 10 ans à des bouleversements profonds. Cela touche en particulier à sa règlementation, qui se durcit (financement, OPCA, CPF, DataDock, certification, etc.) et à ses modalités et outils pédagogiques, qui s’ouvrent (e-learning, blended, MOOC, etc). Pour les formateurs, s’adapter / anticiper constamment est maintenant une question de survie, et ce n’est pas toujours facile pour des intervenants indépendants.

Le Groupe XMP Consult Formation Continue veut favoriser les échanges de pratiques et peut-être la mutualisation de certaines actions, afin que chacun de ses membres puisse développer son activité de formation dans les meilleures conditions.
Il s’adresse aux membres XMP Consult pratiquant régulièrement de la formation continue, qu’ils aient ou non créé leur propre organisme de formation.
Si tu es intéressé, tu peux envoyer un mail à Bruno Delezenne (bruno.delezenne@fridaylink.com) présentant les grandes lignes de ton activité de formation, tes attentes et tes possibles contributions.

 

Portrait du mois : Rodolphe Reverchon "Maitriser le temps"

Longtemps, j’ai été aspiré par mes activités professionnelles, dit Rodolphe. Au temps où j’œuvrais dans l’industrie, mécanique et automobile, ce n’est pas moi qui maîtrisais le temps, c’est le temps qui me maîtrisait. À 59 ans, il ajoute qu’il a renversé la vapeur depuis 10 ans.

Désormais, dit-il, je maîtrise le dosage. Le dosage entre ses différentes activités, qui sont comme les trois pieds de son existence. Le pied de son activité professionnelle, manager de transition, avec le privilège de choisir ses missions ; le pied associatif avec un engagement bénévole, par exemple au Lions Clubs où il s’est longtemps investi – président de fédération régionale, rapporteur de commission nationale.

Un engagement incontournable, dit Rodolphe, qui correspond à des convictions profondes et au besoin d’apporter du soulagement à ceux qui ont eu moins de chance. Il est aussi trésorier d’Intermines depuis mi-décembre. Enfin le pied de la famille – le temps incompressible, dit-il – avec son épouse Sylvie avec qui il va bientôt fêter leurs 35 ans de mariage, et leurs mères et belles-mères nonagénaires dont il faut désormais s’occuper, ce dont Rodolphe fait une priorité. Cela parce qu’il a réalisé combien prendre soin de sa famille était plus important qu’il ne le croyait auparavant.

Maîtriser le dosage, donc, pour réserver du temps à ce qui est important ; pour avoir du temps parfois, jouer au golf, faire des randonnées ; maîtriser le dosage pour avoir le sentiment de maîtriser le temps lui-même, une manière de ne pas vieillir. Je suis en quête de liberté, dit Rodolphe.

Une quête, jusque dans les allées du temps.

 

https://www.linkedin.com/in/rodolphereverchon/

 

Décision et conflit : la danse de l’un à l'autre

Laurent QUIVOGNE

Être un dirigeant, c’est aussi, et peut-être d’abord, décider. Mais quel est le rapport entre la décision et le conflit. Est-ce qu’une décision peut être à l’origine d’un conflit ou bien est-elle là au contraire pour l’apaiser, voire l’éviter ?

 

Une histoire juive raconte l’histoire d’un homme qui voulait apprendre la religion juive en 5 minutes. Le rabbin, qu’il avait pour ça consulté, lui avait répondu qu’il fallait 40 ans et non 5 minutes pour vraiment comprendre le judaïsme. Comme l’autre insistait, le rabbin finit par l’envoyer vers un sien collègue qui, disait-on, savait enseigner la chose en 5 minutes. L’homme se précipite, l’autre rabbin acquiesce et lui dit même qu’il ne lui faut même pas 5 minutes mais quelque secondes. D’ailleurs, je vous le dis sans plus attendre, c’est simple, le judaïsme, c’est l’amour inconditionnel. Ah, fit l’homme… Mais, l’amour inconditionnel, c’est quoi ? Ça, répondit le rabbin, il me faut 40 ans pour vous l’expliquer !

 

On pourrait dire la même chose: il faut des années pour comprendre ce qu’est un dirigeant mais quelques secondes suffisent pour dire que, au fond, diriger, c’est décider. Quant à savoir ce qu’est décider, il faut aussi des années pour le comprendre tout à fait. Soyons donc un peu simplificateur…

 

Lire la suite : http://www.lqc.fr/2018/04/30/decision-et-conflit-la-danse-de-lun-lautre/

How Project Governance Can Make or Break a Project

Jeremie AVEROUS

Through our numerous interventions we often find that Project Governance is decisive factor for Large, Complex Projects success or failure. Whatever the talent or level of effort of the project team, poor governance will often break a project. In our new White Paper 2018-01 ‘How Project Governance Can Make or Break a Project’ we detail what are the key success factor for project governance. In a second White Paper we will investigate more precisely specific governance issues in Owner organizations.

 

Lire la suite : http://projectvaluedelivery.com/updates/archives/989

Le calendrier des événements
 
 
 
 
16 Mai 2018 18:30 - 22:30 Evénement partenaire - La Soirée MACSIM
17 Mai 2018 08:00 - 10:00 Matinale XMP-Consult - Comment coopérer lorsque l’on est consultant indépendant ?
31 Mai 2018 14:00 - 17:00 Evénement Sécurité numérique (Cybersécurité)
05 Jui 2018 18:00 - 19:00 Réunion mensuelle d'XMP- Consult International via Téléphone / Internet
06 Jui 2018 08:30 - 10:00 Evénement partenaire - Startup, arrêtons la mascarade ! Contribuer vraiment à l'économie de demain...
07 Jui 2018 18:30 - 21:30 Evénement partenaire - La France devient-elle plus attractive pour les investissements industriels ?
21 Jui 2018 08:00 - 10:00 Matinale XMP-Consult - La maîtrise des risques, différentes approches
20 Sep 2018 08:00 - 10:00 Matinale XMP-Consult - Innover, c’est à dire ?
18 Oct 2018 08:00 - 10:00 Matinale XMP-Consult - Construire son offre et développer son activité en indépendant
 
 
Rejoindre XMP Consult > en savoir + sur l'adhésion Les adhésions à XMP Consult vont de date à date (sur 12 mois)
 
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26
Avril
'18

Les futurs Antropiens sont en cours de sélection !

  LA LETTRE D'ANTROPIA ESSEC  

 

 
 
 
 
 

Avril 2018

   NOS GRANDES ACTUS   

1/ FINALE INTERNATIONALE DE LA GSVC

L'aventure GSVC 2018, le concours international d'entrepreneuriat social à destination des étudiants et jeunes diplômés, est arrivée à sa fin le 14 avril dernier à Milan ! Après 3 jours de compétition intensive, les résultats sont tombés et nous sommes fiers de vous annoncer que 2 des projets sélectionnés en Europe et en Afrique ont décroché un prix : 

• Musana Carts (Ouganda) qui a atteint la grande finale de la #GSVC2018, faisant partie des 6 meilleurs projets de cette édition, a su emporté l'adhésion du public et décroche le Public Choice Award. Cette entreprise sociale a été récompensée pour son travail auprès des « street-foods vendors » qui consiste à améliorer leur affaire en les accompagnant vers une offre plus propre, sûre et professionnelle dans l’objectif de sécuriser leur avenir.

• Konexio (France) s'impose de son côté pour le Quick Pitch Award lors de la finale internationale à Milan le vendredi 13 avril. Cette organisation à but non lucratif française propose une solution globale avec des formations numériques, des opportunités professionnelles ainsi qu’un réseau solidaire afin de promouvoir l’intégration des personnes réfugiées en s’appuyant sur la technologie et l’innovation.

Bravo à eux pour leur performance et ces 3 jours de compétition tout comme à Ecoles au Sénégal et Heartstrings qui se sont bien défendu.
Bravo également aux 3 grands gagnants :  - 1er : FabricAID (Liban) - 2eme : NeMo (USA)  - 3eme : Thinkerbell Labs (India)
2/ LA LECTURE ET LA SÉLECTION DES DOSSIERS ONT COMMENCÉ   Nouvelle promo à découvrir lors du Défilé des Antropiens le 9 juillet !  

  FIERS DE NOS ANTROPIENS !  

  PoiscailleProgramme Scale Up 
Charles Guirriec, co-fondateur de Poiscaille, a répondu aux questions d'Emmanuel Moreau pour l'émission  "L'Esprit d'initiative" de France Inter. Autant vous prévenir, le journaliste est fan du concept de Poiscaille :) 
  J E M, Programme Scale Up 
Vogue consacre un article aux créateurs dans la joaillerie responsable : "Quand la joaillerie s'engage pour un luxe 100% éthique". Si vous souhaitez soutenir J E M dans sa campagne de financement, vous pouvez contribuer à leur campagne de financement participatif ;) 
  Les Talents d'AlphonseProgramme Scale Up 
L'émission "Circuits Courts" d'Europe 1 s'intéresse à la cohabitation intergénérationnelle. Le concept des Talents d'Alphonse est cité parmi les solutions existantes :)
  Tributerre, Programme Start Up 
Découvrez l'outil curieux et incontournable pour ceux qui s'intéresse au zero déchet, le compostmètre de Tributerre dans Silence, ca pousse de France 5 à partir de 20'17" ! 
  Phenix, Programme Scale Up 
Un grand bravo à notre antropien Phénix, cité parmi les 100 start up dans lesquels investir selon le magazine Challenges !
 

  CONCOURS / APPELS A PROJETS  

 

 Appel à candidatures - Concours Talents BGE de la création de l'entreprise 
Premier concours régional et national de la création d’entreprise qui récompense chaque année 100 créateurs d’entreprises partout en France, sur plus de dix catégories différentes. À la clé : dotation totale de 400 000€ Deadline : 30 avril  Infos
 Appel à projets - Bond'innov 
Pour les entrepreneurs porteurs de projets innovants, basés en Ile-de-France et avec un potentiel développement à l’international, notamment en Europe ou en Afrique. À la clé : une incubation de 2 ans maximum et un prêt, remboursable sur 7 ans  Deadline : 11 mai Infos
 Appel à projets - EDF Nouveaux Business & IncubAlliance & Paris-  Pionnières 
«Au-delà de l’énergie, des services pour mieux vivre, dans son  habitat aujourd’hui et demain » focus sur les « Services à la personne dans l'habitat » À la clé : expérimentation rémunérée de votre solution, un support technique, des experts EDF et de l’accompagnement. Deadline : 14 mai Infos 

 Appel à projets - Fondation Bouygues Télécom : Écrit et Numérique 
L’appel à projets « Ecrit & numérique » soutient les initiatives qui favorisent l’accès ou facilitent la diffusion au plus grand nombre de productions culturelles écrites via le numérique. À la clé : de 5 000€ à 20 000€ Deadline : 15 mai Infos
 Appel à projets national - Finance Innovation 
France Innovation cherche à appuyer la croissance des start-ups et leur diffusion à l'international, grâce à un appui à la recherche de financements, un accompagnement et une mise en visibilité. À la clé : participation à des événements de communication en France et à l’étranger, deux journées d'accompagnement spécifique et ciblé du programme FIN&TECH Croissance, accès facilité aux financements publics et privés et aux nouveaux clients Deadline : 15 mai Infos
 Appel à projets - Fonds de dotation Qualitel : Prix pour l'autonomie des seniors 
Deux prix sont à remporter par deux projets en faveur de l’autonomie et du maintien à domicile des personnes âgées dépendantes : un sur la thématique de l’adaptation de l’habitat, et un autre sur la thématique de l’accessibilité aux services d’aide et d’assistance à domicile. À la clé : 10 000 € Deadline : 31 mai Infos
 Appel à projets - AG2R La Mondiale et Simplon.co : DigitESS 
À la clé : une réponse adaptée (professionnelle, compétitive et solidaire) aux différents besoins numériques (conseil, formation, production) et un cofinancement “effet de levier” des actions et des projets (jusqu’à 50%) grâce au soutien d’AG2R LA MONDIALE Deadline : appel à projets tout au long de l'année Infos

  EVENEMENTS / CONFERENCES / FORMATIONS  

 

 Congrès international de la Silver Économie 
La 3ème édition est organisée pour différents objectifs : réunir et fédérer l’ensemble des acteurs de la Silver Economie souhaitant agir au service de la longévité, décloisonner les secteurs et favoriser l’émergence de projets communs, apporter des solutions aux seniors d’aujourd’hui et de demain. Quand : 15 et 16 mai : 1 avenue de la résistance, 33310 LORMONT Inscriptions
 Conférence-Débat - Avise : Émergence et accélération d’innovations sociales : défis partagés 

Cette rencontre s’articulera autour de trois défis : Faire des innovations sociales un levier de développement des territoires fragiles, encourager l'émergence d'innovations sociales au service de la transition écologique et financer l'émergence d'innovation sociale. Quand : 17 mai : Comptoir Général, 80 quai de Jemmapes, 75010 Paris Inscriptions 
 Apero Ego Intérêt Général & Curiosité 
L'événement repose sur un concept simple : la rencontre entre des personnes se posant la question du sans dans le métier et souhaitant mieux connaitre les métiers «avec du sens» et des salarié.e.s du milieu de la solidarité. Quand : 24 mai à partir de 19h : Paris 10e (précisions à venir) Inscription avant le 27 avril  
 Futur.e.s in Paris - 9ème édition 
Découvrez les projets qui défendent toujours la vision d'un futur inclusif ! Quand : du 21 au 23 juin : La Villette, 211 avenue Jean Jaurès, 75019, Paris Event Facebook 
 Festival de la mode éthique et solidaire - Les Canaux  
Parce qu’il existe une mode belle et intelligente, raisonnable, durable et solidaire, Les Canaux vous proposent de découvrir des produits fabriqués et vendus par des entrepreneurs qui souhaitent protéger la planète et encourager une économie plus juste. Quand :  du 23 au 24 juin entre 11h et 20h : Les Canaux, 6 quai de la Seine, 75019, Paris Event Facebook
 Le UP Fest 
Le festival qui explore le monde de demain est de retour pour une quatrième édition placée sous le signe de l'audace ! Expériences participatives, talks inspirants, ateliers ludiques, conférences, venez découvrir et tester les innovations de demain toute au long de cette journée d'exception ! Quand : 23 juin de 11h à 20h : La Bellevilloise, 21 rue Boyer, 75020 Paris Pour vous inscrire  

 

  BONS PLANS 

 Garantie EGALITE femmes 
Seul dispositif national dédié aux femmes entrepreneures, l'objectif de Garantie EGALITE femmes est de faciliter l'accès au crédit bancaire des femmes pour financer la création, la reprise ou le développement de leur entreprise.  Pour en savoir plus, c'est par ici 
  Salon SME online 
Quand vous le souhaitez et où que vous soyez, connectez-vous au salon sur internet pour les entrepreneurs et formez-vous sur des sujets stratégiques, obtenez les réponses personnalités de la part des experts et regardez les webinars actuels ou passés. Bonne exploration

SaveSaveSaveSave

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Copyright © 2018 Antropia ESSEC Antropia ESSEC est une initiative de la Chaire Innovation et Entrepreneuriat Social de l'ESSEC Business School. Vous recevez cette newsletter car vous avez croisé le chemin d'Antropia ESSEC.   Pour toutes demandes par email : neslian.ozveren@essec.edu Lien pour ce désinscrire | Préférences d'abonnement

 

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25
Avril
'18

Dorothée Contour, une entrepreneure en or

 

NEWSLETTER DU PROGRAMME SCALE UP
AVRIL 2018   Portrait de Dorothée Contour, une entrepreneure en or

 

Par Neslian Ozveren, Chaire Innovation et Entrepreneuriat Social de l'ESSEC et Antropia ESSEC

 

Au mois de février, nous avons prétexté la Saint-Valentin pour rendre visite à Dorothée Contour, fondatrice de la marque J E M, dans son showroom situé dans le chic quartier de Saint-Germain-des-Prés.

J E M, pour Jewellery Ethically Minded, est la première Maison de joaillerie de luxe éthique en France.

 

  Son déclic lors de la visite d'une mine en Bolivie 

Les créations de cette Maison sont très désirables pour leur magnifique design singulier et la matière première des bijoux qui est en or certifié « Fairmined ». Et c’est le « détail » qui change beaucoup de choses. Assez naïvement, nous lui posons la question de la provenance habituelle de ce métal précieux...  Dorothée Contour, nous explique alors la genèse de son projet : lors d’un voyage en Bolivie, elle visite une mine et découvre les enjeux considérables aujourd’hui de l’industrie minière en particulier de la mine d’or artisanale. « Je ne rêvais pas d’être entrepreneure mais je cherchais à avoir de l’impact. J’ai trouvé cela dans l’entrepreneuriat ! » Lors de ses vacances en Amérique du Sud, les conditions de travail des mineurs la choquent profondément.
ARTE
y a d’ailleurs consacré un documentaire "Dirty Gold War" en 2016. Un journaliste d’investigation pénètre la filière opaque de l’or, des mines du Sud aux vitrines des pays du Nord.
L’ONG international Human Rights Watch a également enquêté à deux reprises sur le sujet des conflits armés liés à l’extraction des mines d’or. Certaines guerres ont notamment été financées grâce à l’extraction d’or, mais surtout de diamants. Human Rights Watch exhorte les maisons de joailleries à prendre des mesures concrètes. Celles-ci sont consultables sur leur site internet.
Dorothée, quant à elle, achète sa matière première au sein de Fairmined, label qui garantit des conditions de travail dignes pour les miniers. Cette ONG a travaillé sur les premiers standards de l’or éthique et responsable.

  Son accompagnement au sein du programme Scale Up  
Lorsque nous l’interrogeons sur les bénéfices du programme Scale Up, porté par Antropia ESSEC et co-fondé en 2010 par l’ESSEC Business School et les Fondations Edmond de Rothschild, Dorothée nous répond spontanément :

« C’est une expérience passionnante de 9 mois ! On se rend compte rapidement qu’en tant qu’entrepreneur à impact, nous avons tous des problématiques similaires, et ce, même si nous sommes sur des sujets ou secteurs différents. Nous avons la « tête dans le guidon » au quotidien et les séminaires Scale Up permettent de prendre de la hauteur, sur la mesure de notre impact par exemple. C’est aussi un moment privilégié de réflexion stratégique et de prise de recul avec son équipe, très bénéfique. Nous avons également bénéficié de session de formation sur le leadership et le management enseigné par des professeurs de l’ESSEC. En résumé, le Programme est très efficace et pertinent : ce n’est pas une formation théorique comme en école, mais toujours appliquée à nos cas spécifiques. Le Programme apporte des solutions très concrètes ainsi qu’un accès à une communauté d’entrepreneurs au même stade que nous. » 

  L'ambition grandissante de J E M  

La croissance de son entreprise, boostée par les excellentes ventes lors des fêtes de fin d’année et la saison des mariages, lui donne confiance en elle. Elle qui a lancé officiellement J E M à huit mois de grossesse, déborde d’une détermination comme l’on en a rarement rencontré. Face à la demande grandissante des français pour la transparence dans les produits qu’ils consomment, Dorothée est heureuse de nous annoncer qu’elle proposera prochainement « le premier diamant éthique, un diamant qui ne sera pas issu des mines ! » Vous êtes séduit.e.s par le positionnement éthique de J E M et vous souhaitez participer à l’émergence d’une nouvelle joaillerie, fédératrice et durable ? La fondatrice de J E M a officiellement lancé début avril une campagne de crowd equity qui permet aux citoyens, clients et investisseurs de devenir actionnaire de son entreprise à fort impact social et environnemental. Le ticket d’entrée est de 100€ ;-) Vous trouverez toutes les informations ici.

 


Pour vous offrir un magnifique bijou, vous pouvez consulter le site internet de J E M. Retrouvez J E M sur les réseaux sociaux : Facebook, Twitter, Linkedin

   3 conseils destinés aux futurs entrepreneurs  

  par la fondatrice de J E M   

1- ÊTRE AGILE - savoir s’adapter dans toutes les circonstances, apprendre à être un véritable couteau suisse !   2- CROIRE EN SOI - il faut une force de conviction, être passionnée, vivre sa raison d’être. Ce qui me semble important c’est d’être convaincue de ce que l’on fait, il faut savoir se faire confiance, la part d’intuition est hyper importante.   3- SE REMETTRE EN QUESTION : être résiliente et persévérante. C’est à force de faire des petits rebonds que l’on avance vraiment :-)

   NOS ENTREPRENEURS DANS LES MEDIAS  

 

Les Lauréats Scale Up ont bénéficié d'une belle visibilité dans les médias ce mois-ci :

  PoiscailleProgramme Scale Up 

Charles Guirriec, co-fondateur de Poiscaille, a répondu aux questions d'Emmanuel Moreau pour l'émission  "L'Esprit d'initiative" de France Inter. Autant vous prévenir, le journaliste est fan du concept de Poiscaille :)

  J E M , Programme Scale Up 

Vogue consacre un article aux créateurs dans la joaillerie responsable : "Quand la joaillerie s'engage pour un luxe 100% éthique". Si vous souhaitez soutenir J E M dans sa campagne de financement, vous pouvez contribuer à leur campagne de financement participatif ;)

  Les Talents d'AlphonseProgramme Scale Up 

L'émission "Circuits Courts" d'Europe 1 s'intéresse à la cohabitation intergénérationnelle. Le concept des Talents d'Alphonse est cité parmi les solutions existantes :)

 

 

Copyright © 2018 Antropia ESSEC Antropia ESSEC est une initiative de la Chaire Innovation et Entrepreneuriat Social de l'ESSEC Business School. Vous recevez cette newsletter car vous avez croisé le chemin d'Antropia ESSEC. Lien pour ce désinscrire | Préférences d'abonnement
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13
Avril
'18

Relance : Soirée spéciale adhérents

 

Rue du Conservatoire
Still life

Le Théâtre Les Déchargeurs, Pierre Laville et Rue du Conservatoire ont le plaisir de vous proposer une nouvelle soirée label le vendredi 13 avril à 19h30 autour de 

 
«  Still Life » 

 

Texte Emily Mann

Mise en scène, adaptation Pierre Laville

Avec Manon Clavel, Antoine Courtrai et Ambre

Piétri

 

J’ACCEPTE, SANS LE CONDAMNER, TOUT CE QU’IL A FAIT. 


Aux États-Unis, aujourd’hui. Mark, il y a peu marine en Afghanistan, est de retour dans son foyer ; il n’a pas effacé les traces de ses mises à l’épreuve et de la violence à laquelle la guerre l’a obligé. Il y retrouve Chéryl, sa femme, enceinte ; elle est sans illusions, indifférente à ce qui tourmente son mari, elle a grandi dans la bourgeoisie américaine des années Bush en prise avec la libération sexuelle. Il y a aussi, tout près d’eux, Nadine, maîtresse de Mark, femme libre, indépendante ; elle est une militante pacifiste et féministe qui pourrait s’opposer au tempérament destructeur de Mark. Comment peuvent-ils accorder leurs épreuves, leurs expériences de vie et trouver une place dans la société d’aujourd’hui ?

 

Tarifs adhérents RdC  : 10€   (15€ pour l’accompagnant)

 Le Spectacle sera suivi d’une rencontre avec les artistes 





Vendredi 13 avril 2018  à 19 h 30

Théâtre LES DECHARGEURS - 3 rue des Déchargeurs - 75001 PARIS



Merci de cliquer sur la réponse de votre choix
ci-dessous avant le 12 avril 2018.

OUI, je serai présent(e)
NON, je ne serai pas présent(e)



Si vous cliquez sur OUI, votre réservation est aussitôt enregistrée et confirmée par mail. Si vous cliquez sur NON, vous ne recevrez AUCUNE relance. 
Si vous souhaitez plusieurs places, merci de nous écrire à 
info@rueduconservatoire.fr

Et merci de nous informer en cas d'empêchement de dernière minute par SMS au 06 15 40 69 01,
d'autres aimeraient profiter de votre place.

Spectacle labellisé « Rue du Conservatoire » (association des élèves et anciens élèves du CNSAD)


Ce sera avec grand plaisir que je vous retrouverai ce vendredi 13 avril  au théâtre Les Déchargeurs,

Cordialement
Catherine Gandois, responsable du LABEL





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12
Avril
'18

GOLDEN ALUMNI. PRESENTATION DE JEUDI 12 AVRIL 2018 (12pm N.Y., 9am CALIF, 18h PARIS)

NEWSLETTER JEUDI 12 AVRIL 2018

GOLDEN ALUMNI

 

Nous avons construit en une vingtaine d’annees une plateforme, et une base de donnee, de plus de 5,000 alumni disperses partout dans le monde. Plus de 700 nous ont rejoint par videoconference. Si vous voulez profiter de ce reseau international, il vous suffit de nous rejoindre par videoconference sur notre plateforme goldenalumni.org un jeudi a 12pm EST (9am Calif, 18h Paris).

 

Notre prochaine presentation sera sur le sujet: "Comment faire fonctionner une communauté de plusieurs milliers de participants de façon autonome : retour d'expériences terrain".

PRÉSENTATIONS DES JEUDI A VENIR:

Jeudi 12 Avril

Artus de Longuemar, public speaker and serial entrepreneur dedicated to the future of Humanity. A society with enterprises, schools and hospitals who believe in learning how to learn, autonomous governance and self-healing. Artus nous presentera: "Comment faire fonctionner une communauté de plusieurs milliers de participants de façon autonome : retour d'expériences terrain".

 

Didier Carre. European Confederation of Associations of l'Information Technology Users (CECUA), Montgomery conseil, Institut G9+. Member of the European Internet Forum Program Committee bringing together all stakeholders of Information Technology in the European Parliament. Didier nous rejoindra egalement pour participer a cette discussion et partager ses conseils avec nous. Voici sa proposition:

“J’essaye de mettre en pratique la méthode mis au point par Jean-Michel Cornu pour l’OIF. 

Une bonne communauté peut être définie par trois critères : des réponses aux questions, des resources et compétences disponibles à échanger et surtout des actions positives. 

La méthode part du constat de la loi des 1 9 90: dans un grand groupe 1 % actifs 9 % à l'écoute 90 % passifs. Il faut donc toucher un maximum de monde pour une communauté active.  Plus que les outils c’est la façon de les utiliser qui importe. L’information circule autour des projets qui anime la communauté en utilisant 4 axes de communication:

- Newsletter envoyée à tous les membres de la communauté et qui dois inciter les passif à devenir plus actif

- Espace de partage pour permettre l’accueil rapide et efficace de nouveau membre dans les projets (termes de référence, calendrier, membres, documents partagés...)

- réunion synchrone (en présentiel ou en ligne) pour motiver le 1 % actif

- communication asynchrone pour que les projets avancent entre eux réunions (chat sur les espaces de partage, loomio.org...)

Pour s’assurer de la dynamique des projets et susciter plus d’actifs, il est indispensable d’avoir des facilitateurs qui régulièrement demande aux chefs de projet: leur prochaine étape, la date de leur prochaine réunion et de la matière a communiquer dans la newsletter.”.

 

Jeudi 19 Avril

Eric Brat. Director at Institut International des Cooperatives Alphonse-et-Dorimene Desjardins. Montreal, Canada Area. The Boston Consulting Group. Senior Partner The Boston Consulting Group. Eric nous parlera de ses activites a Montreal.

 

Laurent Souloumiac, X81. Directeur General chez GLOWBL. Lyon Area, France. France Televisions Interactive. Directeur Delegue Multimedia, nous parlera de ses activites en France.

 

 

CLUBS INTERNATIONAUX:

 

De nombreux camarades nous ont recommende de creer, au sein de Golden Alumni, des clubs internationaux dans

divers domaines et ont accepte de diriger de tels clubs. (Voir piece attachee).

 

Voici la Procédure de connexion a la videoconference pour les nouveaux membres

  • Conseils d'inscription à la plateforme de vidéo conférences pour une première utilisation : 
    • Inscrivez-vous sur : https://goldenalumni.org (utilisez Chrome ou Firefox) 
    • Complétez votre profil en ligne (avec au moins nom, photo et court descriptif si possible) 
    • » Your profile / Edit profile 
  • Connectez-vous +/- 15 min. avant la présentation (le jeudi à partir de 11h45 am New York Time) pour obtenir de l'assistance sur d'éventuels paramétrages techniques (audio-vidéo) 
    • » Online events / Join a session as a GUEST / Join session 

 

PRÉSENTATIONS DE JEUDI PASSE:

Nous avons ete rejoint, jeudi passe, par plusieurs alumni qui nous ont presente leurs activites – passionantes - dans differents pays:

Jeudi 5 Avril

Jean Michel Deruty, X03. CEO, nous presentera sa plateforme Stormancer. Stormancer is a Platform as a Service for realtime communication applications. Our distributed server infrastructure and our cross platform toolset reduce significantly the risk and cost of developing and publishing such applications, including chat systems or complex multiplayer games. Stormancer is available as a pay as you use service on the web. Unity3D inspired us to give developers easy to use yet very powerful tools:We let them handle common use cases efficiently and at the same mo...

 

Morgane Della Valle, X12. Data Scientist - Senior Consultant at Capgemini New York, New York, nous parlera de ses activites a Capgemini a New-York,

 

Clementine Gas. ENPC. Recherche de Stage. Veuillez trouver ci-joint mon CV, je suis à la recherche d'un stage sur la côte Est des US, idéalement vers la Caroline du Nord: j'ai effectué un stage dans cette région l'année dernière et voudrais beaucoup y retourner. Mon statut pour le visa serait J-1 si c'est en entreprise, en tous cas c'est ce que j'avais l'année dernière. Je suis intéressée par les problématiques liées à l'énergie (production, stockage et distribution) et aux technologies applicables dans ce domaine, tant en entreprise que dans un labo universitaire

 

Didier Carre. European Confederation of Associations of l'Information Technology Users (CECUA), Montgomery conseil, Institut G9+. Member of the European Internet Forum Program Committee bringing together all stakeholders of Information Technology in the European Parliament

 

Samer Comair, X98. Prop Trader at Societe Generale. Societe Generale Ecole Polytechnique. Paris Area, France, Machine Learning. Trading. Data Science.

 

Hadrien Cornier, X15. I am currently majoring in the hybrid Data Science track, by taking advanced courses in applied mathematics and computer science. During my last internship in a quantum computer science Research and Development team at Bull France I worked on the auto.

 

 

Notre but est de permettre a notre reseau alumni de monter en puissance, mais pour y arriver, nous avons besoin qu’une plus grande partie de nos alumni s’impliquent et partagent leur experience.

 

Voici donc ce que nous proposons:

 

  • Decouvrir quels sont les sujets qui vous interessent, et creer des clubs qui rassemblent les alumni interesses par le meme sujet (par exemple: Aerospace, Information Technologie, Start-up et Reseau Financier, etc..)

 

  • Confier la direction de chaque club a l’un d’entre vous

 

  • Ecouter vos conseils pour nous permettre de les partager, grace a votre experience

 

Nous avons jusqu’ici utilise le modele suivant:

 

  • Chaque semaine le jeudi à 12h00 (N.Y., -5h GMT), nous t'invitons à notre vidéoconférence sur goldenalumni.org

 

  • Pour savoir comment nous pouvons t'aider, cliques sur: WHO WE ARE?

 

  • Voici le lien vers la Newsletter de cette semaine et des précédentes: NEWSLETTER

 

CE JEUDI EST SPONSORISÉ PAR NOS PARTENAIRES:

Ludovic André - GA2015-

 

Pour vous desinscrire, contactez jacques.levin@polytechnique.org (tel: +1-954-772-0522, Floride), en incluant le message que vous avez recu.

 

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14
Fév
'18

ScienceOpen: réseau social pour la recherche

Bonjour, 
 
Je suis jeune docteur diplômée de l‘UPMC, et je travaille actuellement pour une plate-forme "ScienceOpen" qui permet de développer les réseaux de chercheurs. C'est notamment un outil intéressant pour faire connaître les jeunes chercheurs..
 
Nous proposons un service gratuit qui permet de donner de la visibilité aux recherches de chacun, quelque soit le domaine. Je mets en lien, à titre d'exemple, la page que j'ai créée sur la plate-forme, et qui expose une partie de la recherche bibliographique de ma these (en chimie organique) : https://www.scienceopen.com/search#collection/678615f6-53f8-46e5-9628-c169aef1c33c
 
Je cherche des chercheurs/doctorants qui voudraient créer leur propre page sur ScienceOpen, facilement et gratuitement, leur permettant de donner de la visibilité à leurs travaux, et en même temps de faire connaître la plate-forme. N'hésitez pas à transmettre le message et/ou à me contacter à l'adresse sarah.rioton@scienceopen.com
 
Cordialement,
 
Sarah Rioton
 
PS : nous sommes également sur twitter @Science_Open et facebook ScienceOpen

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31
Janv
'18

Fusion des sites des Arts & Métiers

La connexion avec les Arts et Métiers est maintenant rétablie et fonctionne à nouveau.

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08
Janv
'18

NUTRIVERCELL : Les Business Angels des Grandes Ecoles passent la main

Pour lire cet email en ligne : cliquez ici


Communiqué de Presse

 
 

NUTRIVERCELL : Les Business Angels des Grandes Ecoles passent la main



Paris, le 8 janvier 2018
 
Les  Business Angels des Grandes Ecoles ont investi dès 2009 dans la société Nutrivercell, start-up agissant dans le domaine de la santé, aux cotés notamment de Scientipôle Capital Ile de France et d’Angels Santé. Ils l’ont accompagné tout au long de ces huit années et ont participé aux levées de fonds successives.

Nutrivercell  a innové dans la conception et le développement des compléments alimentaires. En quelques années, son produit phare, le Duab, a pris une place très significative sur son marché. Le moment était venu de passer la main et, le 20 décembre 2017, la société a été cédée, dans des conditions jugées raisonnables, à un nouvel actionnaire, la société Cosmos, à même de l’aider à poursuivre son développement.

Henri Jannet, Président des Business Angels des Grandes Ecoles, membre du Comité Stratégique de Nutrivercell, a précisé "avoir été séduit par cette approche innovante et moderne du complément alimentaire." La société Nutrivercell s'est, en effet, appuyée sur des travaux scientifiques qu’elle a conduits et dont les conclusions sont très positives et prometteuses. L’arrivée d’un nouvel actionnaire va lui donner une forte impulsion qui amplifiera  son succès.
 

A propos des Business Angels des Grandes Ecoles



Créée en 2005, l'association les Business Angels des Grandes Ecoles est un des 1ers réseaux de Business Angels en France. Son objectif est le soutien à la création et au développement d'entreprises innovantes à fort potentiel de croissance et leur financement. Pour cela, le réseau des Business Angels des Grandes Ecoles :

- met en relation les entrepreneurs avec les Business Angels investisseurs,
- apporte soutien méthodologique et formation aux Business Angels,
- organise l'accompagnement de ces jeunes entreprises,
- facilite la création de groupes de Business Angels dans les associations d'anciens élèves des Grandes Écoles.

Depuis 2005, les Business Angels des Grandes Ecoles ont financé 148 entreprises en apportant plus de 23 M€ qui, par effet de levier sur d'autres sources de financement, ont généré 72 M€ d'apport de Capitaux dans les entreprises. En 2016, ses adhérents,  aux expériences professionnelles reconnues, ont participé à 26 levées de fonds pour 2,3 M€.

Pour en savoir plus : www.business-angels.info

Linkedin : cliquez ici
Twitter : @BAGrandesEcoles

Pour nous contacter :
candice@business-angels.info  
12 rue de Poitiers – 75007 Paris
01 42 22 67 35

A propos de Nutrivercell



Nutrivercell® conçoit, formule et développe scientifiquement pour les pratiques médicales, des compléments nutritionnels issus des polyphénols des plantes alimentaires. Les produits Nutrivercell® sont des formules originales et brevetées qui ont fait l’objet d’essais approfondis avec des institutions académiques renommées. Nutrivercell® puise ses innovations parmi les polyphénols du règne végétal. Leur démarche scientifique se fonde sur les étapes suivantes : identifier, caractériser etenfin évaluer l’impact physiologique global de ces polyphénols.

Pour plus d’informations : http://www.nutrivercell.com/

Coordonnées :
Loic RENARD
01 45 06 69 56
 

Pour vous désinscrire : cliquez ici

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08
Janv
'18

Agroforesterie - actualités nationales - décembre 2017

AGRO FORESTERIE
LES ACTUALITES  
Lettre d'information envoyée à 60.000 destinataires
| DECEMBRE 2017
L'agroforesterie, par et pour les agriculteurs

image Pas d'agroforesterie sans agronomie : une évidence toujours bonne à rappeler, qui commence à faire son chemin.
Des paysans du monde entier témoignent chaque jour des résultats encourageants de cette approche globale visant, en somme, à "empiler du végétal" : de l'arbre, de l'arbuste, du buisson, des herbacées pérennes ou annuelles, de toutes les tailles et sous toutes les formes...

Ce reportage, tourné dans une contrée lointaine, nous rappelle combien l’agroforesterie et les pratiques qu’elle recouvre sont universelles.
2e colloque européen sur les trognes
 
1 au 3 mars 2018 - Sare (64) - Programme et inscriptions
Avec déjà plus de 10 pays représentés, le 2e colloque européen sur les trognes s’annonce comme un moment de partage et de découverte privilégié, un évènement phare sur l’agenda agroforestier de l’année à venir.
Intervenants et public : agriculteurs, techniciens, gestionnaires de territoire, élus, naturalistes, chercheurs... un large panel d'acteurs pour une approche transversale des enjeux et applications autour des trognes en Europe.
Au programme : Conférences, tables rondes, ateliers et visites de terrain, démonstrations de matériel…
=> Consulter le programme et s'inscrire en ligne
Agenda
 
Retrouvez toutes les dates sur le site de l'AFAF
28/05/2018 au 31/05/2018 - Nijmegen, Pays-Bas
Colloque international : 4th European Agroforestry Conference - EURAF
Publications
 
L’agroforesterie : un système de production durable pour améliorer productivité et rentabilité (en anglais).
Rapport du groupe d’experts réuni par la Commission européenne dans le cadre du Partenariat Européen pour l'Innovation en agriculture (PEI-Agri). Synthèse des travaux conduits au premier semestre 2017 par 20 acteurs de l’agroforesterie européenne (agriculteurs, conseillers agricoles, chercheurs, etc.) issus de 13 pays.
Les 10 meilleures innovations pour une agriculture résiliente (en anglais).
Un rapport produit par le Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale (CGIAR) visant à accompagner les États dans la définition (ou la mise à jour) de leur plan national d’adaptation au changement climatique. L’agroforesterie y figure en bonne place, parmi les solutions les plus systémiques… et donc les plus transversales aux différents contextes et réalités des agriculteurs à travers le monde.
Formations
 
Retrouvez les formations sur le site de l’AFAF
09 et 10/02/2018 - Boursay (41)
"Formation plessage et trognes" - Maison Botanique de Boursay
23 au 25/01/2018 - Gouville (27)
"Enjeux et mise en œuvre de l'agroforesterie" - intervenants : Ernst Zürcher & Alain Canet - Ver de Terre Production
15/02/2018 - Montesquieu (47)
"Economie de l’installation en arboriculture (ou vergers diversifiés), des clefs pour bâtir son projet personnel" - intervenant : Yves Guibert - Conservatoire Végétal Régional d’Aquitaine
24/02/2018 - Montesquieu (47)
"La fertilité des sols des vergers, comment l’observer, comment l’augmenter ?" - intervenant : Hervé Covès - Conservatoire Végétal Régional d’Aquitaine
07, 10 et 24/03/2018 - Hendaye (64), Montesquieu (47) & Assat (64)
"Greffage des arbres fruitiers" - Conservatoire Végétal Régional d’Aquitaine
14 au 16/05/2018 - Montesquieu (47)
"Plantes bio-indicatrices, outil de diagnostic des sols" - intervenant : Gérard Ducerf - Conservatoire Végétal Régional d’Aquitaine
Ver de Terre Production - Formations à l'agroécologie
Lancement de la chaine Youtube
Ver de Terre Production, c'est une diffusion libre du savoir pour augmenter le niveau global des connaissances agronomiques. A l'occasion du lancement de la chaîne, retrouvez une conversation avec Marcel Bouché (Auteur de "Des vers de terre et des hommes" - Actes Sud). Chaque semaine des nouveaux contenus seront mis en ligne : formations, interviews d'experts et d'agriculteurs.
En région
Ile-de-France
L’association Agrof’Île - Agroforesterie et sols vivants en Île-de-France - a été créée pour accompagner les agriculteurs dans la mise en place de pratiques améliorant la fertilité des sols.
International
Mexique
Lancement d’un réseau thématique pour soutenir le développement de l’agroforesterie.
Pérou
L'agroforesterie au cœur de la stratégie nationale de lutte contre le changement climatique.
Vidéo
Le peuplier agroforestier
Dans un contexte incertain pour la production et l'approvisionnement de bois de peuplier de qualité, l'intégration de cette essence au sein de systèmes agroforestiers diversifiés apparaît comme une véritable opportunité agronomique et économique.
Radio
Les nourritures agroforestières - France Culture
Geneviève Michon, ethnobotaniste et géographe à l’IRD, dans l’émission "On ne parle pas la bouche pleine !" d'Alain Kruger.
Pourquoi les vaches mangent des arbres et les cochons des glands même s’ils ne sont plus des sangliers ? Pourquoi les poules préfèrent l’ombre ?
Cinéma
Makala, un film d’Emmanuel Gras
Après le succès de Bovines, le réalisateur Emmanuel Gras propose un impressionnant périple documentaire au Katanga (Sud du Congo) en suivant de bout en bout, de la coupe de l’arbre à la vente du charbon ("Makala" en swahili), le travail et le cheminement de Kabwita, un jeune cultivateur pour qui l’usage des arbres est une question de survie.
Adhésion
 
En rejoignant l’Association Française d’Agroforesterie, vous soutenez un projet ambitieux et une une vision décloisonnée pour une agriculture d'avenir et une gestion durable des territoires.
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08
Janv
'18

Grands Prix de l’Innovation de la Ville de Paris 2017 ꞉ découvrez les lauréats !

La Ville de Paris et son agence de l’innovation Paris&Co ont organisé la 16ème édition des Grands Prix de l’Innovation (www.grandsprixinnovation.paris).

Cette année, 560 candidatures ont été reçues pour les Grands Prix de l’Innovation ! Après la sélection des 45 finalistes, les jurys des Grands Prix ont dévoilé mardi 12 décembre les 10 lauréats à l'occasion d'une cérémonie de remise des prix qui s'est déroulée à la Cité de la Mode et du Design en présence de Jean-Louis Missika, Adjoint à la Maire de Paris, chargé de l'urbanisme, de l'architecture, du projet du Grand Paris, du développement économique et de l'attractivité.

    •    Energie et mobilité : In Sun We Trust www.grandsprixinnovation.paris/insunwetrust
    •    Expérience client réinventée : Wizzas www.grandsprixinnovation.paris/wizzas
    •    Industries créatives : NoMadMusic www.grandsprixinnovation.paris/nomadmusic
    •    Impact social et sociétal : Le Carillon http://www.grandsprixinnovation.paris/lecarillon
    •    Santé et bien-être : TheraPanacea www.grandsprixinnovation.paris/therapanacea
    •    Transformation des entreprises : Jobset.io www.grandsprixinnovation.paris/jobset.io
    •    Urbains mobiles et connectés : JustBip www.grandsprixinnovation.paris/justbip
    •    Paris Living City Awards : Piipee  ; Cgon (2e) ; UNU Motors (3ewww.grandsprixinnovation.paris/plca

Les lauréats des 7 premières catégories ont reçu un chèque de 12 000 €, la possibilité d’intégrer l’un des incubateurs de Paris&Co pendant trois mois et un trophée symbolique d’une innovation ancrée dans la cité : un authentique pavé parisien. Les 3 lauréats de la catégorie Paris Living City Awards ont reçu respectivement 12 000 €, 8 000 € et 3 000 €, la possibilité d’intégrer l’un des incubateurs de Paris&Co pendant un mois ainsi qu’une véritable plaque de rue parisienne. 

Retrouvez l'ensemble des photos de la cérémonie au lien suivant : www.grandsprixinnovation.paris/revivez-ledition-2017

Rendez-vous dans quelques mois pour la 17ème édition des Grands Prix de l'Innovation !

Cordialement, 

Chloé Vincent 
chloe.vincent@grandsprixinnovation.paris 
01 55 50 04 25 
www.grandsprixinnovation.paris 

Suivez-nous sur : 
www.facebook.com/parisandcoagency 
twitter.com/Paris_and_Co 
www.youtube.com 
https://www.linkedin.com/paris&co/ 

Pour vous désabonner merci d'écrire un mail à l'adresse suivante : chloe.vincent@grandsprixinnovation.paris

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12
Déc
'17

Grands Prix de l’Innovation de la Ville de Paris ꞉ découvrez les finalistes et inscrivez-vous à la cérémonie de remise des prix !


C�r�monie de remise des prix Mardi 12 D�cembre
 
-
Venez découvrir les projets lauréats de l'édition 2017
des Grands Prix de l'Innovation de la ville de Paris,
organisés par Paris&Co, agence de développement économique et d'innovation de Paris.


Ne manquez pas cet événement incontournable qui rassemble tous les acteurs de l'écosystème de l'innovation : investisseurs, entrepreneurs, grandes entreprises, start-up, médias…
 
  17 Ouverture des portes
de l'espace Forum & Networking
 
  18 Cérémonie de remise des Grands Prix
de l'Innovation 2017.
 
  Vous découvrirez les dix lauréats distingués cette année lors d'une cérémonie présidée par Jean-Louis Missika, Adjoint au Maire en charge de l'urbanisme, de l'architecture, des projets du Grand Paris, du développement économique et de
l'attractivité.
 
  19 Echanges
et networking
-
-
 
D�couvrez les finalistes
 
45 finalistes ont été sélectionnés dans les 8 catégories suivantes
 
  -   -   -  
  INDUSTRIES
CRÉATIVES
  ÉNERGIES & MOBILITÉ   SANTÉ/BIEN-ÊTRE  
 
  -   -   -  
  TRANSFORMATION
DES ENTREPRISES
  URBAINS MOBILES
ET CONNECTÉS
  EXPÉRIENCE CLIENT
RÉINVENTÉE
 
 
  -   -  
  IMPACT SOCIAL
ET SOCIÉTAL
  PARIS LIVING
CITY AWARDS
 
d�couvrez les finalistes
-
  -   #GPIPARIS - - - - -
WWW.GRANDSPRIXINNOVATION.PARIS
-

 Pour vous désabonner merci d'écrire un mail à l'adresse suivante : chloe.vincent@grandsprixinnovation.paris

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14
Oct
'17

Grande enquête Agora Industrie

« AGORA INDUSTRIE – L’HOMME AU CŒUR DE L’INDUSTRIE DU FUTUR » :

UN RENDEZ-VOUS INÉDIT POUR L’AVENIR DE L’INDUSTRIE FRANÇAISE

                

L’Alliance Industrie du Futur (AIF), le Cercle de l’Industrie, le Conseil national de l’industrie (CNI), le Groupe des Fédérations Industrielles (GFI) et la Commission nationale des services (CNS) ont annoncé lors d’une conférence de presse le 6 septembre dernier, le lancement de la 1ère édition de l’Agora Industrie sur le thème « L’Homme au cœur de l’industrie du futur ». Les ambitions de cette action inédite sont de faire émerger une vision de l’entreprise du futur imaginée par ses salariés, les entrepreneurs et les jeunes, et de resserrer les liens entre le monde éducatif et le monde professionnel.

L’ensemble des parties prenantes concernées par la place de l’Homme au cœur de l’Industrie du Futur sont invités à participer à la préparation des débats.

 

Dès aujourd'hui, l’ouverture de la plateforme https://www.agora-industrie.fr/ et le lancement d'une première enquête, « L’industrie du futur c’est quoi ? » permettent de prendre connaissance de la démarche mise en place pour bâtir l’avenir de l’industrie française (au sens Anglo-saxon du terme, qui définit l’industrie comme un ensemble d’activités assemblant des composants matériels et immatériels) et de ses emplois et de s’exprimer sur la transformation des secteurs d’activités.

Parce que le futur de l’industrie et des services se construit grâce à  la participation de tous, l’Alliance Industrie du Futur, en partenariat avec le CNI, la CNS, le Cercle de l'Industrie et le GFI, invite vos organisations et collaborateurs ainsi que les salariés des entreprises de votre réseau, à s’inscrire et s’engager jusqu'au 18 octobre 2017, dans cette consultation publique.

Suivra la mise en ligne des premières propositions issues de l’enquête et d’ateliers, permettant à chacun de voter, réagir et initier d'autres propositions. 

 

A l’issue de ces consultations et travaux préalables, un grand Forum organisé le 12 décembre à la Mutualité Française présentera les conclusions que l’AIF intégrera à sa feuille de route afin que les propositions issues de ce « dialogue du futur » se concrétisent rapidement.

  

 

 

 

 

 

 

 

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08
Sept
'17

Lettre d'informations générale Septembre 2017 - Bilan du 1er semestre 2017 - Témoignage d'un BA - Levée de fonds de 1,2 M€ de CYPHEME - rendez-vous de la rentrée...

Pour lire cet email en ligne : cliquez ici

Lettre d'informations générale Septembre 2017 - n°91b
  Nos évènements  
   
Prochaine réunion de présentation de projets
 
Inscrivez-vous dès maintenant à la prochaine réunion de présentation de projets innovants qui se déroulera :

L
e mardi 12 septembre 2017
à 18h30 à La Maison des X, 12 rue de Poitiers 75007 Paris (Salon Aigle)

Réunions suivantes :
Les mardis 26 septembre, 17 octobre, 21 novembre et 19 décembre 2017.
 
   
   
  Quelques échos des sociétés accompagnées par notre réseau  
   
Telegrafik remporte le Concours d'Innovation Numérique de BPI France
elegrafik, jeune société accompagnée et financée par les Business Angels des Grandes Ecoles, remporte le Concours d’Innovation Numérique de BPI France et lance un nouveau programme d’innovation de 18 mois.

Après avoir annoncé une levée de fonds d’un million d’euros en janvier 2017, afin d’accélérer son développement, Telegrafik reçoit maintenant le soutien de BPI France pour le lancement d’un programme d’innovation ambitieux. Grâce à ce concours, Telegrafik va investir 1,3 million d’euros et renforcer son équipe de data scientists et d’ingénieurs pour viser de nouveaux segments marchés, en France et à l’international.
   
   
  Les brèves du mois  
   
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Le Business Angel : Vision de France Angels
 
«Le business angel a la particularité d’être un cadre d’entreprise, entrepreneur ou cadre dirigeant, en activité ou plus. Il investit une partie de son propre argent dans le capital de projets à fort potentiel de croissance. Généralement, cet investissement se fait au lancement de l’activité de l’entreprise.
En plus de cet argent, le business angel va mettre à disposition ses compétences, son expertise et son réseau relationnel durant cinq à sept ans, c’est-à-dire durant toute sa présence dans le capital de l’entreprise».

Lire l'interview de Benjamin Bréhin, Délégué Général de France Angels
   
   
   
EDF Pulse Day - 19 septembre 2017
 
L’événement EDF Pulse Day offrira à tous ceux qui le souhaitent, la possibilité de découvrir les différents dispositifs d’EDF d’accompagnement et de financement pour les startups mais également près de 40 projets de startups françaises et européennes sur différentes thématiques.

Inscrivez-vous dès maintenant en cliquant ici !
   
   
   
Save the date : Université d'automne à Lyon
 
L'Université d'automne de France Angels se tiendra cette année les 4 & 5 octobre 2017 au Conseil Régional Auvergne-Rhône-Alpes, (1 esplanade François Mitterrand, Lyon)
   
   
   
Inscrivez-vous au plus grand rassemblement d’entrepreneurs d’Europe
 
L’édition 2016 avait rassemblé 30 000 entrepreneurs venus de toute la France pour développer leur business. L’édition 2017 sera encore plus fédératrice de l’entrepreneuriat français et de ses écosystèmes.
   
   
   
Flash IESF n°69
 
Découvrez le Flash info IESF n°69 : élection du nouveau président d'IESF, l'Enquête 2017 enfin disponible, les journées nationales de l'ingénieur...
   
   
   
GrandAngle n°86
 
Voic le N° 86 de GrandAngle, la lettre de notre partenaire "La Conférence des Grandes Ecoles"
   
   
   
Prochain Innov'Eco
 
Déchets et coproduits : les nouvelles "mines"​
Les filières de l’économie circulaire les plus porteuses d’avenir
Paris : Jeudi 5 octobre 2017
   
   
 
 
Des satisfactions et des incertitudes..
Le mois de septembre est en même temps celui du bilan des levées de fonds du premier semestre (très satisfaisant avec 1,77 M€ dans 14 levées de fonds) et celui des incertitudes sur le contexte fiscal de nos interventions.
La modification de l’ISF va-t-elle s’accompagner d’une réforme du dispositif fiscal d’aide au capital d’amorçage avec un rapprochement entre la réduction d’impôt sur le revenu et la réduction d’impôt sur la fortune ?… La réponse sera donnée au vote final du Budget 2018 en décembre avec une première indication lors de la présentation du projet de loi de finances initiale fin septembre. Avec France Angels nous suivrons de près cette actualité. La vie est un long fleuve tranquille…. !
 
Cordialement,
Henri Jannet, Président
   
 
Bilan du 1er semestre 2017
Paris, le 7 septembre 2017

Depuis le début de l'année, Les Business Angels des Grandes Ecoles ont accompagné et financé 14 jeunes entreprises innovantes pour 1,77 M€, ces entreprises ayant levé au total plus de 14 M€.

98 adhérents des Business Angels des Grandes Ecoles ont apporté 1,77 M€ à ces 14 jeunes entreprises (10 nouvelles entreprises et 4 refinancements) agissant dans les secteurs Digital, Santé & Biotech, Biens de consommation, Industrie & Chimie, Energie & Cleantech, ce qui représente le même montant investi que l'an passé sur la même période, pour moins de projets soit une moyenne d'investissement par projet en hausse de 45% (126.400 € en moyenne en 2017 contre 87.000€ en 2016).

Depuis 2005, les Business Angels des Grandes Ecoles ont financé près de 147 projets innovants pour près de 23.000.000 €.

Lire le communiqué de presse
   
 
Les Business Angels des Grandes Écoles participent à la levée de fonds de 1,2 M€ de la société CYPHEME, proposant une technologie innovante de détection de la contrefaçon
Paris, le 06/06/2017

La jeune start-up franco-chinoise Cyphème vient de boucler avec succès son augmentation de capital de 1,2 M€, avec la participation des Business Angels des Grandes Ecoles, afin d'accélérer son déploiement commercial et porter ses effectifs à une dizaine de collaborateurs.

« Le marché de la lutte contre la contrefaçon est considérable et nous avons été convaincus par la technologie de rupture proposée par Cypheme. Avec la levée de fonds record qui vient d'être réalisée, Cypheme dispose de tous les atouts pour réussir à prendre une part significative de ce marché » précisent pour leur part Xavier Maitre et Pierre Colin, instructeurs du projet pour les Business Angels des Grandes Ecoles.

Lire le communiqué de presse

 
   
 
Levée de fonds de 630K€ de la jeune société Agripolis, une innovation agroalimentaire avec la participation des Business Angels des Grandes Ecoles pour 160 K€
Paris, le 04/07/2017

« Le secteur de l’agriculture urbaine suscite l’intérêt des citoyens (environnement) et des consommateurs (consommer local). Avec une approche industrielle innovante, Agripolis a l’objectif d’en faire une activité économique rentable. L’équipe d’Agripolis a d’ores et déjà noué des partenariats avec des acteurs majeurs. De bonnes raisons pour Les Business Angels des Grandes Ecoles de suivre ce projet très prometteur.» nous indique François Renevier, instructeur et accompagnateur du projet pour les Business Angels des Grandes Ecoles.

Lire le communiqué de presse complet
   
 
Les Business Angels des Grandes Écoles participent à la levée de fonds de 625 K€ de la société AUXIVIA, l’innovation au service des personnes âgées
Paris, le 06/07/2017

« Les éléments qui nous ont séduits dans Auxivia sont nombreux avec en particulier le marché porteur de la Silver Economie, la qualité de l’industrialisation de leur premier produit, le dynamisme et la cohérence d’une équipe pluridisciplinaire » précisent pour leur part Jean-François Desplat et Michel Huet, instructeurs du projet pour les Business Angels des Grandes Ecoles.

Lire le communiqué de presse
   
 
Témoignage d'un BA : Jean-Michel YOLIN
...Au départ, mes fonctions au Ministère de la recherche, puis au Ministère de l'économie me conduisaient uniquement au rôle d'incitateur à la création de réseaux du business-angels.
Puis j'ai conseillé à des créateurs de start-up que j'accompagnais de s'adresser à XMP. Bien entendu j'ai participé à l'instruction de leurs dossiers ... et in fine j'ai été conduit à ajouter le volet "financement" au volet "accompagnement" et voilà comment je suis devenu "à l'insu de mon plein gré" business angel moi même !
Après une quinzaine d'investissements je dois dire que c'est passionnant, plus encore que de simplement accompagner les créateurs, car l'implication de l'actionnaire est autrement plus forte que celui du simple conseiller.
Business-Angel c'est les joies des grands parents : le plaisir de partager le developpement des petits enfants, des enfants, sans les problèmes des biberons la nuit des parents...

Lire le témoignage de Jean-Michel YOLIN (X-Mines 65)
   
 
6 clefs pour gagner de la confiance d'un business angel !
Source de financement, mais aussi de précieux retours et conseils sur un projet d'entreprise, les business angels sont difficiles à convaincre. A l'occasion de la semaine des business angels, Tanguy de la Fouchardière, business angel et président de France Angels, vous livre ses conseils.

Un tiers des start-up ne passent pas le cap des 5 ans », constate Tanguy de la Fouchardière, business angel et président de France Angels, la fédération de réseaux d’investisseurs privés français qui compte 4.500 membres. En 2016, elle a investi 40 millions d’euros sur 350 entreprises pour un montant global de financement de plus de 120 millions d’euros grâce à l’effet de levier provoqué auprès d’autres investisseurs. « La concurrence est sévère entre les projets qui nous sont présentés. Mais la quantité n’est pas forcément égale à la qualité ». Sur les 10.000 dossiers qu’elle reçoit chaque année, elle en finance 3 à 5%. Comment sortir du lot, séduire et convaincre les business angels ? Suivez les conseils de Tanguy de la Fouchardière.

Lire l'article
Les Echos Entrepreneurs

Charlotte de Saintignon Le 28/11/2016 
   
COMITÉ DE RÉDACTION : Henri Jannet, Président / Candice Moricet, Attachée de direction
Adressez votre sujet à la rédaction: candice@business-angels.info

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08
Sept
'17

Le bilan des investissements des Business Angels des Grandes Ecoles du 1er semestre 2017

Pour lire cet email en ligne : cliquez ici


Communiqué de Presse

 
 

Le bilan des investissements du 1er semestre 2017



Paris, le 7 septembre 2017

Depuis le début de l'année, Les Business Angels des Grandes Ecoles ont accompagné et financé 14 jeunes entreprises innovantes pour 1,77 M€, ces entreprises ayant levé au total plus de 14 M€.

Depuis début 2017, 98 adhérents des Business Angels des Grandes Ecoles ont apporté 1,77 M€ à ces 14 jeunes entreprises (10 nouvelles entreprises et 4 refinancements) agissant dans les secteurs Digital, Santé & Biotech, Biens de consommation, Industrie & Chimie, Energie & Cleantech, ce qui représente le même montant investi que l'an passé sur la même période, pour moins de projets soit une moyenne d'investissement par projet en hausse de 45% (126.400 € en moyenne en 2017 contre 87.000€ en 2016).

Depuis 2005, les Business Angels des Grandes Ecoles ont financé près de 147 projets innovants pour près de 23.000.000 €.

Liste de tous les projets investis
 

Deux nouveaux partenaires Grandes Ecoles




En 2017, les Business Angels des Grandes Ecoles ont signé deux nouvelles conventions de partenariat avec Neoma Alumni et IMD Alumni club France afin de favoriser le financement et l’accompagnement d’entreprises innovantes et renforcer les montants investis dans les startups innovantes françaises

NEOMA ALUMNI
Le partenariat signé en mars 2017 avec NEOMA Alumni a pour objectif de favoriser et développer les investissements de ses diplômés, à travers une structure professionnelle reconnue. C’est désormais chose faite avec la création de NEOMA Alumni Business Angels et la mise en place de ce partenariat qui permettra à ses diplômés de bénéficier de tout l’accompagnement possible pour investir dans des startups innovantes dans les meilleures conditions.
Lire le communiqué de presse

IMD ALUMNI CLUB FRANCE
Le partenariat signé en mars 2017 avec IMD Alumni a pour objectif de promouvoir l'activité de business angels auprès des membres du club, afin de renforcer l'accompagnement et le financement d’entreprises innovantes. « Après avoir élargi notre communauté à l’ensemble des formations supérieures en France, il était naturel de proposer aux Alumni en France des prestigieuses institutions internationales de nous rejoindre pour amplifier notre impact sur l’économie, en particulier pour la création et le développement d’entreprises innovantes. Nous sommes ravis que les Alumni en France de l’IMD aient initié ce mouvement qui renforcera encore notre culture internationale, » a déclaré Henri Jannet, président des Business Angels des Grandes Ecoles.
Lire le communiqué de presse
 

Un nouveau partenaire Entreprise



Les Business Angels des Grandes Ecoles se sont également associés à In Extenso, une entité du réseau Deloitte, afin de proposer aux startups un accès facilité à des prestations professionnelles de qualité et calibrées à leurs besoins.

IN EXTENSO :
Mercredi 22 mars, Henri Jannet et Antoine de Riedmatten, respectivement Président des Business Angels des Grandes Ecoles et Directeur Général d’In Extenso, ont signé à Paris un accord de partenariat qui a pour objectif de « permettre aux centaines de startups avec qui nous sommes en relation tous les ans d’avoir un accès personnalisé à des prestations bien centrées sur leurs besoins, à la mesure de leurs moyens et aux différents stades de leur développement » indique Henri Jannet, Président des Business Angels des Grandes Ecoles.
Lire le communiqué de presse


Voir la liste de tous nos partenaires

 

A propos des Business Angels des Grandes Ecoles



L'association "les Business Angels des Grandes Écoles", un  des 1ers réseaux de Business Angels en France, soutient le développement d'entreprises innovantes à fort potentiel de croissance et leur financement.

Pour cela, le réseau des Business Angels des Grandes Écoles :

- analyse plus de 350 dossiers déposés sur sa plateforme chaque année
- met en relation les entrepreneurs avec les Business Angels investisseurs,
- apporte soutien méthodologique et formation aux Business Angels,
- organise l'accompagnement de ces jeunes entreprises,
- facilite la création de groupes de Business Angels dans les associations d'anciens élèves des Grandes Écoles.

Ses 265 adhérents, aux expériences professionnelles reconnues, financent et accompagnent une vingtaine de sociétés chaque année.

Depuis sa création en 2005, les Business Angels des Grandes Écoles ont financé 147 entreprises, en apportant 23 M€ de capitaux avec un important effet de levier sur d'autres sources de financement dans les entreprises.

Pour en savoir plus : www.business-angels.info

Linkedin : cliquez ici
Twitter : @BAGrandesEcoles

Pour nous contacter :
candice@business-angels.info  
12 rue de Poitiers – 75007 Paris
01 42 22 67 35
 

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25
Juil
'17

RAPPEL - Grands Prix de l'Inovation 2017 : Une opportunité à saisir pour les projets innovants ! Dépôt des dossiers avant le 18 août

Bonjour,

La Ville de Paris encourage et soutient les porteurs de projets innovants dans des secteurs en forte croissance, qui fondent la prospérité économique et inventent les modes de vie urbains de demain. La Ville s'engage, notamment au travers des Grands Prix de l'Innovation de la Ville de Paris (www.grandsprixinnovation.paris), depuis 2001.

L'innovation est au cœur de votre projet ?
Votre projet touche à l'un des secteurs suivants : Energie et mobilité, Santé / Bien-être, Expérience client réinventée, Industries créatives, Urbains mobiles et connectés, Impact social et sociétal, Transformation des entreprises, Industrie du futur ou Paris Living City Awards (catégorie dédiée aux start-up internationales) ?
Alors concourez dès aujourd'hui aux Grands Prix de l'Innovation 2017 et accélérez le cycle de développement de votre projet ! Le lauréat de chaque catégorie remportera une dotation de 12 000€ !

Pour participer à ce grand concours de projets innovants, remplissez votre dossier de candidature avant le 18 août 2017 à midi sur www.grandsprixinnovation.paris.
Voici les conditions à respecter pour participer aux Grands Prix de l'Innovation 2017 :
Peut participer à ce concours toute entité légale indépendante étant en mesure de présenter un K-bis (PME au sens communautaire, dont le capital n’est pas détenu, directement ou indirectement, à plus de 50%, par une entreprise ayant dépassé les critères de taille d’une PME au sens communautaire) de moins de 5 ans au 12 décembre 2017 ayant son siège social ou un établissement secondaire générant de l'emploi situé en Ile de France (7 ans pour la catégorie « Santé /  Bien-être »), nommément représentée par l'un de ses dirigeants. L'entreprise doit exister officiellement au 18 août 2017 au plus tard. Le candidat devra fournir, en cas d'établissement secondaire sur Paris, un justifi catif (bail / contrat d'incubation...) prouvant une présence salariale en Ile-de-France.

Pour plus d'informations, vous pouvez consulter le règlement du concours sur le lien suivant : www.grandsprixinnovation.paris
Les Grands Prix de l'Innovation de la Ville de Paris vous offrent une réelle opportunité de booster le développement de votre projet innovant, ne ratez pas cette occasion !

Bien cordialement,

Chloé Vincent, Equipe d'organisation des Grands Prix de l'Innovation 2017
chloe.vincent@grandsprixinnovation.paris
01 55 50 04 25
Retrouvez toutes les informations et le règlement sur www.grandsprixinnovation.paris

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23
Juin
'17

News d'Antropia ESSEC - Edition Spéciale: la promotion #ScaleUp2017 est arrivée !

 

Nous sommes heureux de vous présenter la nouvelle promotion Scale Up 2017 en partenariat avec les Fondations Edmond de Rothschild et le Groupe Humanis!

Découvrez 8 nouveaux projets inspirants portés par des entrepreneurs prêts à changer d'échelle, et dont la richesse de secteurs promet une belle aventure ! Pour les rencontrer, rendez-vous à la soirée annuelle d'Antropia ESSEC.

#Logistique #Emploi #Environnement

Livrer oui, mais pas n'importe comment ! youOrder propose aux commerçants une solution de livraison à domicile écologique: le transport des colis est effectué par des scooters électriques. La start up lutte contre la précarisation de l'emploi avec des livreurs professionnels, en CDD ou CDI.

#SilverEconomie #LienSocial

L'application Hopen Family est une solution intuitive qui veut pallier la solitude des personnes âgées en leur permettant de recevoir instantanément des photos et des vidéos de leurs proches via un nouvel objet connecté.
 

 

 #Innovation #Environnement #Insertion

On vous emmène en Vendée avec le Groupe SOLTISS et Le Potager Extraordinaire ! Ce jardin botanique transformé en site touristique unique autour des légumes rares et des plantes extravagantes cultive l'innovation tout en créant des emplois en insertion.

 #Numérique #Formation

Labellisée Grande Ecole du Numérique en Hauts-de-France, POPSchool offre aux demandeurs d'emploi, et aux personnes en reconversion ou sans qualification, des formations aux métiers du développement web, de la cybersécurité, des objets connectés et des fablabs.

#Joaillerie #Ethique

Avec JEM (Jewellery Ethically Minded), nous entrons dans l'univers du luxe et de la joaillerie éthique ! L'or des créations JEM provient de mines artisanales certifiées Fairmined, où l'extraction de ce métal précieux se fait dans le respect des hommes et de la nature.

#AgricultureUrbaine #Insertion

Start-up toulousaine, CitizenFarm veut faire découvrir l'aquaponie au citadins, un mode d'agriculture respectueux de l'environnement, au travers de deux supports: l'ozarium ou "aquarium-potager" et la ferme urbaine. 

#Intergénérationnel #SilverEconomie

Comment favoriser les liens intergénérationnels? Via leur plateforme collaborative, Les Talents d'Alphonse mettent en relation les personnes souhaitant apprendre un savoir-faire (les Curieux) avec des jeunes retraités dynamiques et passionnés (les Alphonses) !                                         

#PêcheDurable #Alimentation

Déjà antropien StartUp, Poiscaille saute dans le grand bain et rejoint ScaleUp ! Guillaume et Charles proposent un circuit court des produits de la mer. Fournir des produits très frais, mieux rémunérer les pêcheurs et favoriser une pêche durable, c'est possible !

 
 
 
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Antropia ESSEC est une initiative de l'ESSEC Business School.  

Vous recevez cette newsletter car vous avez croisé le chemin d'Antropia ESSEC !

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08
Juin
'17

Les Business Angels des Grandes Écoles participent à la levée de fonds de 1,2 M€ de la société CYPHEME afin de lutter contre la contrefaçon

Pour lire cet email en ligne : cliquez ici


Communiqué de Presse

 
 

Les Business Angels des Grandes Écoles participent à la levée de fonds de 1,2 M€ de la société CYPHEME, proposant une technologie innovante de détection de la contrefaçon




Paris, le 06/06/2017

La jeune start-up franco-chinoise Cyphème vient de boucler avec succès son augmentation de capital de 1,2 millions €, avec la participation des Business Angels des Grandes Ecoles, afin d'accélérer son déploiement commercial et porter ses effectifs à une dizaine de collaborateurs.

Cypheme propose aux industriels une technologie révolutionnaire facile à implémenter dans leur processus de production. Il s'agit d'une étiquette utilisée pour sceller les boites de produits laitiers, de produits hi-tech, des médicaments, des cosmétiques,... De quoi permettre aux consommateurs équipés d'un smartphone de vérifier l'authenticité d'un produit en moins d'une minute. La technologie a convaincu de nombreux business angels. Fin avril, Cypheme a levé 1,2 million d'euros auprès des Business Angels des Grandes Ecoles, de Paris Business Angels, d'Angels Santé, d'INSEAD Business Angels et de Femmes Business Angels.

En s’insérant sur le marché de la lutte contre la contrefaçon, la technologie déployée par Cypheme vient concurrencer trois procédés jusqu’alors plébiscités par les grandes entreprises : l’hologramme, la RFID et le QR Code.

Initialement spécialisée dans la protection de documents physiques, Cypheme a opéré une reconversion à la suite d'un accident subi par la mère d'un des cofondateurs, dû à un médicament contrefait. La start-up est alors partie en croisade contre la falsification de produits, en France et en Chine.

Présent sur les secteurs du luxe, de l'alcool et du médicament, Cypheme pourrait mettre à profit sa levée de fonds pour lutter contre la contrefaçon de lait en poudre, de plaquettes de freins, d'horlogerie ou de matériel haut de gamme.
Par ailleurs, Cypheme a développé un partenariat prometteur avec un grand industriel du packaging dans le domaine du tabac.
 
« Le marché de la lutte contre la contrefaçon est considérable et nous avons été convaincus par la technologie de rupture proposée par Cypheme. Avec la levée de fonds record qui vient d'être réalisée, Cypheme dispose de tous les atouts pour réussir à prendre une part significative de ce marché » précisent pour leur part Xavier Maitre et Pierre Colin, instructeurs du projet pour les Business Angels des Grandes Ecoles.

« Notre technologie a cela d’unique qu’elle est impossible à copier », indique Hugo Garcia-Cotte, cofondateur français de l’entreprise. « Il suffit en revanche d’un peu de matériel pour copier un hologramme, le RFID ou un QR code, qui constituent l’essentiel des outils de lutte contre la contrefaçon à l’heure actuelle. Et analyser l’emballage de façon aussi précise que ce que nous parvenons à faire requiert en temps normal l’usage d’un microscope infrarouge. Pas d’une simple caméra de smartphone. » nous explique le fondateur de Cyphème.

A propos des Business Angels des Grandes Ecoles



Créée en 2005, l'association les Business Angels des Grandes Ecoles est un des 1ers réseaux de Business Angels en France. Son objectif est le soutien à la création et au développement d'entreprises innovantes à fort potentiel de croissance et leur financement. Pour cela, le réseau des Business Angels des Grandes Ecoles :

- met en relation les entrepreneurs avec les Business Angels investisseurs,
- apporte soutien méthodologique et formation aux Business Angels,
- organise l'accompagnement de ces jeunes entreprises,
- facilite la création de groupes de Business Angels dans les associations d'anciens élèves des Grandes Écoles.

Depuis 2005, les Business Angels des Grandes Ecoles ont financé 142 entreprises en apportant plus de 22 M€ qui, par effet de levier sur d'autres sources de financement, ont généré 71 M€ d'apport de Capitaux dans les entreprises. En 2016, ses adhérents,  aux expériences professionnelles reconnues, ont participé à 26 levées de fonds pour 2,3 M€.

Pour en savoir plus : www.business-angels.info

Linkedin : cliquez ici
Twitter : @BAGrandesEcoles

Pour nous contacter :
candice@business-angels.info  
12 rue de Poitiers – 75007 Paris
01 42 22 67 35

A propos de Cyphème



Cypheme développe une intelligence artificielle qui est capable de détecter un produit contrefait en analysant la microstructure de son package avec son smartphone.
Les fondateurs de la startup née en janvier 2015 sont tous deux diplômés de l'université de Tsinghua à Pékin et de Centrale Supélec en France. L'entreprise dispose désormais de bureaux au sein de l'incubateur des Galeries Lafayette, à Paris, et emploie six personnes.

Pour plus d’informations, visitez leur site internet http://cypheme.com/

Contact :
Président Hugo GARCIA-COTTE
27 rue Bargue 75015 Paris
Twitter : @Cypheme

 

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03
Mai
'17

Marc Rumeau, nouveau Président de la Société des Ingénieurs Arts & Métiers

Le 10 avril 2017

Marc Rumeau, nouveau Président de la Société des Ingénieurs Arts & Métiers

Au terme de 3 ans de mandats, Jacques Paccard a souhaité être relevé de ses fonctions de

Président, pour convenance personnelle. Jacques Paccard a successivement présidé la Fondation

Arts & Métiers de 2010 à 2014 puis la Société des Ingénieurs Arts & Métiers depuis le 9 avril 2014.

Le comité tout en le remerciant chaleureusement a pris acte de sa décision. Au cours de ses

mandats, ces deux institutions ont vu se développer leurs ressources, leur organisation et leurs

projets en conformité avec les valeurs qui leur sont attachées.

Marc Rumeau a été élu Président par le Comité réuni le 8 avril courant. Issu de la promotion Châlons

1970, Marc Rumeau a oeuvré à diverses occasions auprès de la société et de son Président et a

siégé ces 6 dernières années au Conseil d’Administration de l’ENSAM. Il poursuivra le

développement et le rayonnement de la Société des Ingénieurs Arts & Métiers, laquelle est à ce jour

la plus active association d'Alumni française, ceci dans la continuité de son siècle et demi d’existence

et d’actions au service de ses actuels 34000 sociétaires.

La nouvelle direction de l’ENSAM trouvera en Marc Rumeau, un interlocuteur avec lequel elle saura

pouvoir compter pour répondre aux nombreux challenges et opportunités auxquels elle doit

aujourd’hui répondre.

Photo disponible sur simple demande pour la presse

A propos de la Société des Ingénieurs Arts & Métiers :

Née en 1846, la Société des Ingénieurs Arts & Métiers est reconnue d’utilité publique en 1860 avant de devenir une

association régie par la loi de 1901. L’association regroupe les élèves et anciens élèves de l’École des Ingénieurs Arts

& Métiers ParisTech (anciennement École nationale supérieure d’Arts et Métiers - ENSAM) : soit à ce jour près de 34 000

ingénieurs, dont 17 500 en activité, au sein du plus grand réseau européen d’anciens élèves d’une grande école

d’ingénieurs.

La Société des Ingénieurs Arts & Métiers compte 143 Groupes Régionaux en France métropolitaine, 82 dans les DOMTOM

et à l’étranger, 61 groupes professionnels, 460 promotions en vie, 1000 ingénieurs Arts & Métiers actifs bénévoles

et 25 permanents.

L’association repose sur un réseau fondé sur des valeurs fortes d’engagement relatives à la solidarité et aux échanges,

qu’elle met au service : de l’École Nationale Supérieure des Ingénieurs Arts & Métiers (ENSAM), des ingénieurs, de la

solidarité envers ses membres, de la diffusion de la culture scientifique et technologique, des échanges et de la

connaissance, de l’accueil du public sur l’ensemble de ses sites et ceux de ses partenaires.

Pour en savoir plus : www.arts-et-metiers.asso.fr

Contact presse :

Agence Point Virgule RP - Chrystel Libert – 01 73 79 50 88 – clibert@pointvirgule.com

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22
Avril
'17

Lettre d'informations générale Avril 2017 - Retour sur la manifestation du 22 mars, Nouveaux partenariats, Appels à projet, Prochains rendez-vous...

Pour lire cet email en ligne : cliquez ici

Lettre d'informations générale Mars 2017 - n°87b
  Nos évènements  
   
Prochains rendez-vous
 
Prochaines réunions de présentation de projets :

Les
mardis 25 avril - 16 mai - 30 mai - 26 septembre - 17 octobre - 21 novembre et 19 décembre

à 17h30 à La Maison des X, 12 rue de Poitiers 75007 Paris (Salon Aigle)
   
   
  Les brèves du mois  
   
Les Business Angels des Grandes Écoles au service de l'innovation
 
Créé en 2005 sous forme de l’association « XMP Business Angels », le réseau de business angels met en relation des entrepreneurs de start-ups innovantes en recherche de capitaux et des business angels prêts à apporter leurs compétences, leur temps et leur argent pour soutenir des projets innovants et porteurs d’avenir.
   
   
   
NOUVELLES DE NOTRE PARTENAIRE : FEDERATION FRANCE ANGELS LIQUIDITÉ DES PARTICIPATIONS
 
Lors de l'Université de Printemps 2017, les 29 et 30 mars derniers,France Angels a présenté les résultats des longs mois de travail du groupe "Liquidité des participations" auquel Daniel Melin a participé pour les Business Angels des Grandes Ecoles. Selon une étude menée auprès d'un échantillon représentatif des réseaux membres de la fédération :

    * 71% des entreprises investies depuis 2003 ont encore des BA "initiaux" au capital
    * 21% de ces mêmes entreprises ont déposé le bilan
    * 8% ont vu les BA sortir (pour 4% avec des plus-values réelles)
   
   
   
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Appel à candidatures - Accélérateur Innov&Connect
 
Fort du succès des deux premières saisons, BNP Paribas lance la troisième saison de son programme d'accélération : "Innov & Connect", qui vise à connecter Entreprises de Taille Intermédiaire (ETI) et start-up.  

L'appel à candidatures est ouvert jusqu'au 14 mai, nous comptons sur vous pour passer le mot à vos participations ! 
   
   
   
Appel à projets - Coworking
 
L'École des Ponts ParisTech et Ponts Alliance lancent un appel à projet auprès des start-up qui souhaitent bénéficier de postes de travail dans un espace de Coworking à STATION F - Halle Freyssinet, dans un bâtiment classé de 34.000 mètres carrés au cœur de Paris.

Comment postuler ?
Si vous êtes candidats, veuillez demander le dossier de candidature par email à : dominique.douillet@ponts.org

Date limite de dépôt du dossier de candidature : 21 avril 2017.
   
   
   
Prochain Innov'Eco
 
La filière bois pour la construction et l’aménagement
Comment faire valoir les atouts du bois et élargir ses usages ? Comment s’inscrit l’innovation dans cette filière traditionnelle ?

Jeudi 27 avril 2017 ​au Saint Fiacre (14 rue Saint Fiacre, Paris)
   
   
   
Flash IESF n°66
 
Voici le flash info n°66 de l'IESF dont nous sommes partenaires
   
   
 
 
Un Accord de partenariat original !

Les Business Angels des Grandes Ecoles viennent de conclure un partenariat original avec In Extenso.
Certes on pourrait n’y voir qu’une simple information sur les services qu’une grande société du Groupe Deloitte peut offrir classiquement à une PME. Ce serait ignorer les spécificités des start-up et du réseau des Business Angels des Grandes Ecoles. Les prestations proposées définies avec le concours d’un de nos administrateurs, Etienne Jacquemin, sont adaptées au contexte particulier de l’entreprise innovante en croissance ayant besoin progressivement de lever des fonds pour son développement. De même les investisseurs Business Angels doivent pouvoir passer la main après plusieurs années passées à accompagner une société et là encore on peut trouver auprès d’In Extenso une assistance à la recherche de solutions…
Nous poursuivons nos travaux pour proposer aux entreprises financées par nos adhérents des partenaires professionnels prêts à leur proposer des services adaptés à leurs besoins
 
Cordialement,
Henri Jannet, Président
   
 
Retour sur le succès de la manifestation organisée le mercredi 22 mars à Bpifrance
Les Business Angels des Grandes Ecoles organisaient le mercredi 22 mars 2017 dans le Grand Auditorium de Bpifrance une soirée exceptionnelle sur le thème : "Étre ou ne pas être Business Angel ?" présentée par Henri Jannet, Président des Business Angels des Grandes Écoles.

Un grand merci à tous ceux qui ont permis le succès de cet événement :

Paul-François Fournier, Directeur Exécutif en charge de l'Innovation de Bpifrance et Jean-David Chamboredon, Président Exécutif du Fonds d'Investissement ISAI, qui ont partagé leur expérience et sont intervenus au sujet du financement de l'amorçage et du rôle des Business Angels.
 
Aux trois jeunes entrepreneurs innovants, Pascal Hardy de Agripolis, Alain Toufine de Opt'Alm et Antoine Laudet de Mon Beau Terroir, qui ont présenté leur projet et apporté un témoignage passionnant sur la démarche des Business Angels des Grandes Écoles afin de permettre, aux personnes intéressées, de s'associer à eux dans ces levées de fonds en cours.

L’événement a réuni près de 200 personnes avec un échange très dynamique sur le thème.

Devenez Business Angel et rejoignez le réseau des Business Angels des Grandes Ecoles en cliquant sur "Nous rejoindre"
 
 
   
 
Les Business Angels des Grandes Ecoles et In Extenso signent un accord de partenariat
Paris, le 24 mars 2017

Les start-ups en relation avec Les Business Angels des Grandes Ecoles auront grâce à ce partenariat un accès facilité
à des prestations professionnelles de qualité et calibrées à leurs besoins, dispensées par In Extenso, une entité du réseau Deloitte.
 
Mercredi 22 mars, Henri Jannet et Antoine de Riedmatten, respectivement Président des Business Angels des Grandes Ecoles et Directeur Général d’In Extenso, ont signé à Paris un accord de partenariat qui a pour objectif de « permettre aux centaines de startups avec qui nous sommes en relation tous les ans d’avoir un accès personnalisé à des prestations bien centrées sur leurs besoins, à la mesure de leurs moyens et aux différents stades de leur développement » indique Henri Jannet, Président des Business Angels des Grandes Ecoles.

Lire le communiqué de presse complet
   
 
Les Business Angels des Grandes Ecoles sont heureux d’accueillir NEOMA ALUMNI parmi leurs partenaires
Paris, le 27/03/2017
 
Les Business Angels des Grandes Ecoles et l'association NEOMA Alumni ont signé une convention de partenariat afin de rassembler et d'accompagner les anciens élèves de NEOMA Business School qui souhaitent se mobiliser activement en faveur de l’entrepreneuriat, de l’emploi et de l’innovation.

Lire le communiqué de presse complet
   
 
L’IMD Alumni club - France rejoint Les Business Angels des Grandes Ecoles
Paris, le 16/03/2017

L’association des Alumni de L’IMD en France et les Business Angels des Grandes Ecoles ont signé une convention de partenariat pour favoriser le financement et l’accompagnement d’entreprises innovantes.

Lire le communiqué de presse complet
   
 
Les Business Angels des Grandes Écoles participent à la nouvelle augmentation de capital de 8 M€ de la société HEMARINA
Paris, le 13/03/2017

Hemarina vient de boucler avec succès une nouvelle augmentation de capital de 8 millions €, portant ainsi de 15 à 23 millions € le montant des fonds levés depuis sa création en 2007. Les Business Angels des Grandes Ecoles ont participé à ce tour à hauteur de 500 K€.  Au total, plus de 2 M€ ont été investis dans Hemarina depuis 2010 par les Business Angels des Grandes Écoles.

« Nous nous réjouissons de poursuivre notre contribution au développement du projet de santé publique de grande envergure porté par Hemarina » précise pour sa part Christian Dailly, instructeur et accompagnateur pour les Business Angels des Grandes Ecoles.

Lire le communiqué de presse complet

 
   
COMITÉ DE RÉDACTION : Henri Jannet, Président / Candice Moricet, Attachée de direction
Adressez votre sujet à la rédaction: candice@business-angels.info

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19
Avril
'17

Newsletter Centrale-Energies - Avril 2017

Newsletter Centrale-Energies

Rappel : vous pouvez nous rejoindre sur les réseaux sociaux ! Centrale-Energies dispose d’un groupe sur Linkedin, Viadeo et Facebook.


Le Flash n°54 est disponible !

Vous pouvez le télécharger ici au format pdf.
 
Au sommaire de ce Flash :
  • Comment obtenir des subventions publiques pour votre R&D ?
 
L'agenda de nos prochaines conférences :
Les dernières vidéos (munies de leurs diapositives) mises en ligne :
Les interviews de 5 min par la Radio Village Innovation (de certains de nos orateurs à l'occasion de nos conférences) :
  • Cédric Philibert - (AIE) Quel mix énergétique pour l’Europe et pour le Monde en 2030 et 2050 ? - 22/02/2017

Vous recevez ce message car vous avez assisté à un évènement organisé par le groupe professionnel Centrale-Energies ou que vous vous êtes inscrit sur le site ou le forum
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27
Mars
'17

Neoma Alumni rejoint Les Business Angels des Grandes Ecoles

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Communiqué de Presse

 
 

Les Business Angels des Grandes Ecoles sont heureux d’accueillir NEOMA ALUMNI parmi leurs partenaires.



Paris, le 27/03/2017

Les Business Angels des Grandes Ecoles et l'association NEOMA Alumni ont signé, ce mercredi 15 mars, une convention de partenariat afin de fédérer les Alumni qui désirent accompagner les entrepreneurs de sociétés innovantes en recherche de capitaux, d’expérience et de carnets d’adresse.

Grâce à ce partenariat, NEOMA Alumni souhaite favoriser et développer les investissements de ses diplômés, à travers une structure professionnelle reconnue. C’est désormais chose faite avec la création de NEOMA Alumni Business Angels et la mise en place de ce partenariat qui permettra à ses diplômés de bénéficier de tout l’accompagnement possible pour investir dans des startups innovantes dans les meilleures conditions.

« Avec un réseau de 64.500 personnes, NEOMA Alumni va pouvoir contribuer fortement au développement de cette activité » s’enthousiasme Jean-Michel Huet, Président de NEOMA Alumni.

« Ce partenariat avec une grande association comme Neoma Alumni illustre bien la vocation du réseau des Business Angels des Grandes Ecoles : faciliter et encourager, via les réseaux d’anciens des Grandes Ecoles, le développement de l’activité de Business Angels dont l’économie a besoin pour le financement des jeunes entreprises innovantes au stade difficile de l’amorçage » a déclaré à cette occasion Henri Jannet, le Président du réseau des Business Angels des Grandes Ecoles.
 

A propos des Business Angels des Grandes Ecoles



Créée en 2005, l'association les Business Angels des Grandes Ecoles est un des 1ers réseaux de Business Angels en France. Son objectif est le soutien à la création et au développement d'entreprises innovantes à fort potentiel de croissance et leur financement. Pour cela, le réseau des Business Angels des Grandes Ecoles :

- met en relation les entrepreneurs avec les Business Angels investisseurs,
- apporte soutien méthodologique et formation aux Business Angels,
- organise l'accompagnement de ces jeunes entreprises,
- facilite la création de groupes de Business Angels dans les associations d'anciens élèves des Grandes Écoles.

Ses adhérents, issus principalement des Grandes Ecoles, aux expériences professionnelles reconnues, ont participé en 2016 à 26 levées de fonds, apportant 2.3 M€ à des entreprises qui ont pu, grâce à l'effet de levier de ces apports, lever 13 M€.
Depuis 2005, les Business Angels des Grandes Ecoles ont financé 137 entreprises en apportant plus de 21 M€ qui, par effet de levier sur d'autres sources de financement, ont généré 71 M€ d'apport de Capitaux dans les entreprises.


Pour en savoir plus : www.business-angels.info

Linkedin : cliquez ici
Twitter : @BAGrandesEcoles

Pour nous contacter :
candice@business-angels.info  
12 rue de Poitiers – 75007 Paris
01 42 22 67 35

A propos de NEOMA Alumni



NEOMA Alumni est l’association des diplômés de NEOMA Business School, rassemblant près de 64 500 diplômés et futurs diplômés. Les missions de NEOMA Alumni sont de maintenir un lien durable entre les diplômés, les étudiants et l’école afin de favoriser et développer le sentiment d’appartenance et de fierté, de défendre et valoriser leur capital intellectuel commun – le diplôme – ainsi que d’accompagner les diplômés dans leur évolution professionnelle à travers les activités du Career Center®.
Faisant preuve d’un fort dynamisme, en 2016 ce sont plus de 500 événements organisés pour et par la communauté NEOMA Alumni, plus de 400 animateurs et bénévoles impliqués à travers 27 clubs professionnels fonctionnels ou sectoriels, 21 tribus régionales et 54 tribus internationales, 12 firm-managers et 64 groupes de promotion qui ont permis de rassembler près de 17 000 participants.

Plus d’informations ? Rendez-vous sur : http://www.neoma-alumni.com

Contact Presse :
Quentin Fuseau
Responsable Communication Editoriale
09 72 60 66 86 - quentin.fuseau@neoma-alumni.com

 

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22
Mars
'17

SAVE THE DATE - Grande manifestation organisée le Mercredi 22 mars 2017 à 18h00 à Bpifrance - Entrée libre sur inscription

Pour lire cet email en ligne : cliquez ici

 
 
     
 
   
 

Grande Manifestation organisée le mercredi 22 mars 2017 à 18h00 à Bpifrance

Les Business Angels des Grandes Écoles vous invitent à leur événement exceptionnel le mercredi 22 mars 2017 à 18h00 dans le Grand Auditorium Bpifrance - 6-8 Boulevard Haussmann, 75009 Paris.
 
Cette manifestation s'adresse aux personnes tentées de  rejoindre le réseau des Business Angels des Grandes Écoles.
 
Deux acteurs majeurs de notre écosystème interviendront pour parler du financement de l'amorçage et du rôle des Business Angels :

Jean-David Chamboredon, Président Exécutif du Fonds d'Investissement ISAI
 
Paul-François Fournier, Directeur Exécutif en charge de l'Innovation de Bpifrance
 
Trois jeunes entreprises seront présentées par leurs créateurs ce qui permettra de vivre la démarche des Business Angels des Grandes Écoles et, aux personnes intéressées, de s'associer à eux dans ces levées de fonds en cours.
 
 


 

A propos des Business Angels des Grandes Ecoles


Créée en 2005, l'association les Business Angels des Grandes Ecoles est un des 1ers réseaux de Business Angels en France. Son objectif est le soutien à la création et au développement d'entreprises innovantes à fort potentiel de croissance et leur financement. Pour cela, le réseau des Business Angels des Grandes Ecoles :

- met en relation les entrepreneurs avec les Business Angels investisseurs,
- apporte soutien méthodologique et formation aux Business Angels,
- organise l'accompagnement de ces jeunes entreprises,
- facilite la création de groupes de Business Angels dans les associations d'anciens élèves des Grandes Écoles.

Depuis 2005, les Business Angels des Grandes Ecoles ont financé 137 entreprises en apportant plus de 21 M€ qui, par effet de levier sur d'autres sources de financement, ont généré 71 M€ d'apport de Capitaux dans les entreprises. En 2016, ses adhérents,  aux expériences professionnelles reconnues, ont participé à 26 levées de fonds.

Pour en savoir plus : www.business-angels.info
 
 


S
Les Business Angels des Grandes Ecoles
Tel. : 01. 42. 22. 67. 35
contact@business-angels.info
www.business-angels.info
   
 
 
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22
Mars
'17

Club Lamennais : La gouvernance d'entreprise avec Denis RANQUE le mercredi 22 mars

 
   Retrouvez-nous :                                             

SAVE THE DATE !

Thème : La gouvernance d'entreprise

Ingénieurs et Scientifiques de France (IESF) organise le Mercredi 22 Mars à 8h30 une rencontre débat avec comme invité d'honneur :

Denis RANQUE

Découvrir son portrait


La conférence et les débats seront animés par Nicolas Fournier, Président du Club Lamennais d'IESF.

08h00 Café d'accueil
08h30

Ouverture par François Lureau, président d’IESF 

08h35

Conférence par Denis Ranque, président du Conseil d'Administration d'Airbus Group

09h15

Questions / réponses

10h00 Clôture

> Je m'inscris ! <

Participation aux frais : 35 euros TTC par personne.

Si vous souhaitez vous désinscrire, veuillez cliquer ici

INGÉNIEURS ET SCIENTIFIQUES DE FRANCE

 

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18
Mars
'17

Salon MBA Fair par Le Monde

 

Le Groupe Le Monde organise la 7e édition du

MBA Fair le samedi 18 mars 2017

Au Palais Brongniart à Paris

 

 

Une formation d’excellence        

 

Les Masters of Business Administration ou Masters en administration des affaires en français sont les diplômes internationaux d'études supérieures les plus importants et les plus reconnus dans le domaine de la conduite générale des affaires.

Tous les domaines sont abordés : stratégie, marketing, finances, ressources humaines et management avec pour objectif de former les futurs cadres dirigeants des entreprises.

 

Un événement Le Monde

 

Le MBA Fair est organisé par le groupe Le Monde pour les cadres issus de formations supérieures (minimum Bac+5) qui, après 3 à 15 ans d’expérience professionnelle, souhaitent donner un nouvel élan à leur carrière et renforcer leur employabilité.

Le MBA Fair leur permettra de découvrir cet univers dans le cadre prestigieux du palais Brongniart à Paris, de cibler les meilleurs programmes, et de comprendre les enjeux de cette étape déterminante dans leur parcours professionnel.

 

Une sélection des meilleurs MBA

 

Les visiteurs auront la possibilité de rencontrer les directeurs des formations, et les détails de chaque programme (toutes spécialités confondues) leur seront présentés afin de les aider à faire le bon choix.

Conférences, master class et prises de parole

 

Des conférences thématiques seront animées par des journalistes du Monde. Les visiteurs auront également la possibilité d’assister aux prises de paroles organisées par les exposants du MBA Fair.

Enfin, une Master Class d’une heure sera animée par l’ESCP Europe sur la thématique ​"Recherchons Managers optimistes pour temps compliqués". Cette master classe sera animée par le professeur Philippe Gabilliet.

 

Horaires d’ouverture et modalités d’accès

 

Samedi 18 mars 2017 de 11h à 18h

Au Palais Brongniart

16 Place de la Bourse - 75002 Paris

 

Métro : Bourse (L3), Grands Boulevards (L8 et L9) ou Auber (RER A)

 

Plus d’informations

 

Rendez-vous sur :

 

www.mbafair-lemonde.com

 

- Inscription

- Informations pratiques

- Liste des exposants

- Programme des conférences

 

Rendez-vous également sur les réseaux sociaux :

Twitter : twitter.com/SalonMBAFair

 

Entrée gratuite

 

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14
Mars
'17

Les Business Angels des Grandes Écoles participent à hauteur de 500 K€ à la nouvelle augmentation de capital de 8 M€ de la société HEMARINA, entreprise innovante de biotechnologie marine

Communiqué de Presse

 
 

Les Business Angels des Grandes Écoles participent à hauteur de 500 K€ à la nouvelle augmentation de capital de 8 M€ de la société HEMARINA, entreprise innovante de biotechnologie marine




Paris, le 13/03/2017

Hemarina vient de boucler avec succès une nouvelle augmentation de capital de 8 millions €, portant ainsi de 15 à 23 millions € le montant des fonds levés depuis sa création en 2007. Les Business Angels des Grandes Ecoles ont participé à ce tour à hauteur de 500 K€.  Au total, plus de 2 M€ ont été investis dans Hemarina depuis 2010 par les Business Angels des Grandes Écoles.

Hemarina est une société de biotechnologie marine créée en 2007 et basée à Morlaix (Finistère) avec une filiale à Boston (USA) et un site d’aquaculture sur l’ile de Noirmoutier. La société développe des transporteurs d’oxygène universels d’origine marine, pour des besoins médicaux non satisfaits dans le domaine de la santé humaine.
 
Hemarina a identifié 3 applications prioritaires : substitution des globules rouges, oxygénation des organes en attente de transplantation (un essai clinique prometteur dans le domaine de la greffe rénale est en voie d’achèvement), pansement oxygénant pour les plaies à cicatrisation difficile.
 
« Nous nous réjouissons de poursuivre notre contribution au développement du projet de santé publique de grande envergure porté par Hemarina » précise pour sa part Christian Dailly, instructeur et accompagnateur pour les Business Angels des Grandes Ecoles.

Pour le Dr. Franck Zal, fondateur et Président Directeur-Général d’Hémarina « le succès d’une telle levée de fonds constitue une nouvelle preuve de confiance de nos investisseurs historiques Finistère Angels, Armor Angels, XMP/Business Angels des Grandes Ecoles et le CM-CIC dans les technologies de rupture brevetées que nous développons et dans notre business model. Nous accueillons également avec grand plaisir de nouveaux actionnaires français et européens, principalement des professionnels de la santé, des dirigeants d’entreprises, plusieurs Family offices et Force 29, le fonds d’investissement de la Caisse Régionale du Crédit Agricole du Finistère. Cette nouvelle augmentation de capital vient renforcer de manière significative notre position financière. Elle va nous permettre d’accélérer nos programmes de recherche incluant la préclinique règlementaire et la Phase I d’HEMOXYCarrier® ciblant des pathologies ischémiques et de réaliser un nouvel essai clinique à grande échelle du produit HEMO2life®, utilisé en supplémentation des solutions de préservation de greffons. Cet essai sera réalisé sur la base des résultats de sécurité très prometteurs de l’étude clinique multicentrique OxyOp. Elle nous permettra également de négocier en toute sérénité des accords de licences sur nos technologies propriétaires et de renforcer l’équipe de management.»

A propos des Business Angels des Grandes Ecoles



Créée en 2005, l'association les Business Angels des Grandes Ecoles est un des 1ers réseaux de Business Angels en France. Son objectif est le soutien à la création et au développement d'entreprises innovantes à fort potentiel de croissance et leur financement. Pour cela, le réseau des Business Angels des Grandes Ecoles :

- met en relation les entrepreneurs avec les Business Angels investisseurs,
- apporte soutien méthodologique et formation aux Business Angels,
- organise l'accompagnement de ces jeunes entreprises,
- facilite la création de groupes de Business Angels dans les associations d'anciens élèves des Grandes Écoles.

Depuis 2005, les Business Angels des Grandes Ecoles ont financé 137 entreprises en apportant plus de 21 M€ qui, par effet de levier sur d'autres sources de financement, ont généré 71 M€ d'apport de Capitaux dans les entreprises. En 2016, ses adhérents,  aux expériences professionnelles reconnues, ont participé à 26 levées de fonds pour 2,3 M€.

Pour en savoir plus : www.business-angels.info

Linkedin : cliquez ici
Twitter : @BAGrandesEcoles

Pour nous contacter :
candice@business-angels.info  
12 rue de Poitiers – 75007 Paris
01 42 22 67 35

A propos de Hemarina



Hemarina est spécialisée dans le développement de transporteurs d’oxygène universels d’origine marine. Hemarina possède une filiale technicocommerciale à Boston (Hemarina Inc.), une filiale de production de sa matière première sur l’Ile de Noirmoutier (France) et des bureaux sur Paris.

Hemarina a identifié quatre applications fortement créatrices de valeur à court-moyen terme dont trois applications médicales et une application industrielle :

– Un transporteur d’oxygène thérapeutique : HEMOXYCarrier®
– Un additif aux solutions de préservation d’organes : HEMO2life®
– Un pansement oxygénant : HEMHealing®
– Un intrant à la bioproduction industrielle : HEMOXCell®/HEMBoost®

Pour plus d’informations, visitez leur site internet www.hemarina.com

Contacts :

Adresse : Aéropole centre, 29600 Morlaix, France
Téléphone : +33 (0)2 98 88 88 23
E-mail: info@hemarina.com
Website : www.hemarina.com
Twitter : @HEMARINA
Facebook : www.facebook.com/HemarinaBiotech

 

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13
Fév
'17

ParisTech Book

  

Transitions énergétiques
pour quelle qualité de vie ?

 2016

 

Cliquer sur les liens pour visualiser les articles

 

Ce livre est le fruit d’un travail collectif mené sous l’égide de ParisTech Alumni, par une équipe composée de Bertrand Cochi, François Giger, Jean-Luc Legoupil, Édouard Marchand, François Xavier Martin, Alexis Mersch, Richard Robert et Georges Sapy, soutenue par tous les auteurs contributeurs des articles présentés.

Plusieurs chapitres ont paru en avant-première dans La Revue des ingénieurs (Mines), ParisTech Review et ParisTech Alumni Newsletter.

Le groupe tient à remercier les associations membres du réseau ParisTech Alumni et le président, Vincent Moulin-Wright, pour leur soutien.

 

 

© ParisTech Alumni, mai 2016.        
9 bis, avenue d’Iéna – 75783 Paris cedex 16

www.paristech-alumni.org
contact@paristech-alumni.org

 

 

 

Sommaire

 

Introduction

 

1. La maison : habiter, consommer

Marion Guillou, Manger autrement demain ? La transition énergétique dans nos assiettes

Pascal Gontier, Bâtiments à énergie positive : de l’utopie à la réalité 

François Michel, Solutions d’isolation : quand le bâtiment innove

Philippe Robart, La transition numérique au service de la transformation énergétique dans le domaine de la construction

 

2. Le quartier, la ville

Jean-Luc Legoupil, La qualité de l’air et les transitions énergétiques 

Patrick Souhait, Livraisons et autres petits déplacements : l’enjeu du dernier km 

Frédéric Baverez, Circuler dans la ville 

Jacques Aschenbroich, Vers une mobilité décarbonée et autonome

Isabelle Foucrier, Les éco-quartiers sont-ils le futur de la ville ? 

 

3. La campagne, la nature

Collectif Grignon Énergie positive, Du côté de l’agriculture. Quels problèmes, quelles solutions ?

Paul Mathis et Hervé Bichat, Biomasse et transition énergétique

Jacques de Naurois, Les agrocarburants  ou le temps du réalisme

François Giger, Captage transport et stockage de CO: où en est-on ?

 

4. Le pays, l’économie nationale

Jean-Pierre Schwartz, L’énergie, une politique essentielle pour notre avenir

Jacques Maire, Coûts et prix de l’énergie 

Jean-Luc Legoupil, Le stockage d’énergie en appui aux énergies renouvelables 

Isabelle Blanc, Comment calculer l’impact environnemental des énergies renouvelables ? 

Richard Robert, Quelles perspectives pour la fiscalité carbone ?

 

5. L’Europe, la planète

Valérie Masson-Delmotte, Énergie et climat : que savons-nous ?

Pierre Audigier, La politique allemande de l’énergie dans son contexte européen

Jan-Horst Keppler, Dominique Finon et Patrice Geoffron, Sept propositions pour une Europe électrique efficace et dynamique

Thierry Salmona, Les pétroles non conventionnels américains dans un contexte de prix dégradés

Christian de Perthuis et Raphaël Trotignon, L’accord de Paris : une perspective historique

 

Annexes

 

 

 

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12
Fév
'17

Comment calculer l’impact environnemental des énergies renouvelables ? - Isabelle BLANC

Isabelle BLANC

Docteur de l’École des Mines de Paris (1991). Maître de recherches MINES ParisTech au sein du Centre d’Observation, Impacts, Énergie depuis 2010 après un parcours international comme experte en «Impacts Environnementaux» comme ingénieur de recherche à l’INERIS, consultante chez BIO Intelligence Services et chercheur à l’École Polytechnique Fédérale de Lausanne.

 

La transition énergétique et en particulier le bouquet électrique du futur font l’objet de nombreux débats. Celui-ci a divers impacts environnemen­taux, aussi bien locaux que globaux. On pense notamment aux émissions directes de gaz à effet de serre causées par la production d’électricité et de chaleur à partir des énergies fossiles, qui ont représenté 25 % des émissions mondiales en 20101. Pour lutter contre le changement climatique tout en assurant un approvisionnement en énergie soutenable, l’Union Européenne s’est fixée l’objectif «3 x 20» à l’horizon 2020 : 20% de réduction des émissions de gaz à effet de serre par rapport au niveau de 1990, 20% d’économie d’énergie et une part de 20% d’énergie renouvelable (EnR) dans le mix énergétique européen. Elle s’est récemment fixée des objec­tifs encore plus ambitieux à l’horizon 2030 avec 40% de réduction des émissions de gaz à effet de serre, 27% d’économie d’énergie et une part de 27% d’énergies renouve­lables. L’essor des renouvelables depuis le début des années 2000 devrait ainsi se poursuivre et s’amplifier dans les années à venir, modifier substantiellement le bouquet électrique du futur tout en limitant les impacts environnementaux asso­ciés. Il est donc indispensable d’étudier l’empreinte environ­nementale des différentes filières de production. En effet, si certains systèmes de production d’énergie renouvelable n’ont pas ou peu d’impacts durant leur phase de fonctionne­ment, ils ont néanmoins un effet sur l’environnement : en amont de la chaîne de production durant la phase de fabri­cation, et en aval pendant la fin de vie du système.

Par exemple, la dépendance des éoliennes au néodyme et au dysprosium, deux métaux de la famille des terres rares qui constituent les aimants permanents actuellement nécessaires pour l’alternateur, illustrent bien cette question sen­sible des ressources minérales : un déficit en dysprosium est prévisible à partir de 2020 compte tenu de l’augmentation de la demande actuelle. Autre exemple avec des technolo­gies photovoltaïques très prometteuses comme le CIGS (cuivre, indium, gallium, sélénium) qui sont confrontées aux mêmes enjeux : on estime à 20 ans seulement le ratio «réserves sur production» de l’indium.

Eoliennes

 

Pour cela, des outils existent comme l’analyse de cycle de vie, et les indicateurs qui en dérivent comme celui du temps de retour énergétique que nous présentons.

 

L’analyse du cycle de vie, un outil d’évaluation systémique et multicritère

L’analyse du cycle de vie (ACV) s’intéresse aux impacts envi­ronnementaux d’un produit ou d’un service sur l’ensemble de son cycle de vie. Elle repose sur l’agrégation des impacts environnementaux évalués à chaque étape depuis la fabrica­tion des éléments qui composent le système jusqu’à la fin de vie du système lui-même. Par exemple, dans le cas de la pro­duction d’électricité par un panneau photovoltaïque installé en France, on s’intéressera à la fabrication en Asie de ses cel­lules polymulti cristallines, au montage du panneau en Allemagne et à son installation en France. La réalisation d’une ACV s’appuie sur des inventaires de polluants et de consommations de ressources. Cette approche systémique, du «berceau à la tombe», a fait l’objet de nombreux travaux de standardisation par l’ISO (normes 14 040 et 14 044) et par la Commission européenne. Elle est considérée comme un outil performant d’aide à la décision et d’optimisation envi­ronnementale.

Grâce à ce type d’analyse, les impacts directs et indirects cau­sés par la production d’énergie peuvent être qualifiés et quantifiés selon différents indicateurs. Parmi les catégories d’impacts évalués à l’échelle de la planète figurent le poten­tiel de réchauffement climatique, la toxicité humaine, l’acidification, la consommation d’énergie primaire, mais aussi l’épuisement ou les pénuries prévisibles des ressources minérales et fossiles.

 

Un indicateur pertinent pour les renouvelables : le «temps de retour énergétique»

Le temps de retour énergétique est un indicateur particuliè­rement pertinent pour caractériser la performance environ­nementale des énergies renouvelables. Ces filières se carac­térisent par un investissement énergétique important en phase de fabrication mais une faible consommation énergé­tique en phase d’utilisation. Le temps de retour énergétique détermine le temps nécessaire pour qu’une filière produise une quantité d’énergie primaire équivalente à celle qui a été nécessaire à sa fabrication. Il s’exprime en années et est cal­culé par le ratio de l’énergie consommée lors de la fabrication du système sur l’énergie produite par le système sur une année. Cette dernière est basée sur l’énergie primaire néces­saire pour produire l’énergie électrique équivalente du pays où le système renouvelable est installé. Il s’agit donc d’un cal­cul spécifique au bouquet électrique du pays concerné.

À titre illustratif, le tableau suivant propose le temps de retour énergétique pour deux panneaux solaires photovol­taïques de puissance de 3kW crête (technologie monocristal-line et polymulticristalline) produits en Europe ou en Chine et installés en Europe. Cette précision géographique est essentielle, car ces temps de retour dépendent du contenu énergétique du kWh de la région d’installation. Dans le cas de l’Europe, le bouquet électrique moyen présente une valeur de 11,4 MJ/kWh d’énergie primaire par kWh d’électri-cité produite. Les temps de retour seraient supérieurs pour des installations identiques implantées dans des pays avec des bouquets énergétiques au contenu énergétique plus faible.

Temps de retour énergétique de panneaux photovoltaïques installés en Europe2

 

Mono-cristallin

Mono-cristallin

Multi

Poly-cristallin

Multi

Poly-cristallin

Durée de vie
de l’installation (années)

30

30

30

30

Lieu de fabrication

Europe

Chine

Europe

Chine

Lieu

d’installation

Europe

Europe

Europe

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Irradiation solaire moyenne annuelle

1 700
kWh/m2

1 700
kWh/m2

1 700
kWh/m2

1 700
kWh/m2

Temps de retour énergétique (années)

1,96

2,34

1,24

1,45

 

Les inventaires de cycle de vie de ces systèmes sont néces­saires pour le calcul des énergies de fabrication des panneaux photovoltaïques, en couvrant tous les sous-systèmes et le transport induit. Dans le cadre de cet exemple, les valeurs d’in-ventaire de cycle de vie de ces systèmes, fabriqués en Europe ou en Chine, sont issues de la base de données Ecoinventv2.2 et sont représentatives d’une situation en 2011.

Les temps de retour énergétique sont de moins de deux années pour ces deux technologies lorsque les panneaux sont fabriqués en Europe et supérieurs de quelques mois lorsqu’ils sont fabriqués en Chine pour la technologie mono-cristalline. Cette approche «temps de retour» permet égale­ment de rendre compte d’un «rendement environnemental» en appliquant par exemple ce même raisonnement au poids carbone du cycle de vie des filières renouvelables : on parle alors de «temps de retour climatique».

 

La comparaison des filières de production électrique par analyse de cycle de vie

La caractérisation des filières énergétiques par l’analyse de cycle de vie et les indicateurs de temps de retour qui en déri­vent permettent de comparer les filières et d’identifier des solutions d’amélioration. Elle permet aussi de nourrir le débat technique et sociétal que fait émerger l’essor des renouvelables dans les bouquets de production électrique.

C’est dans cette optique que le GIEC a conduit en 2011 une étude compilant des articles scientifiques sur l’indicateur de performance carbone3. Cet indicateur (en g de CO2-eq / kWh) rapporte l’émission des gaz à effet de serre sur tout le cycle de vie de la filière, à la production d’électricité. L’étude visait à comparer les filières énergies fossiles (charbon, gaz et gaz naturel), la filière nucléaire et les énergies renouvelables. Cette compilation a permis de révéler l’ampleur de la distri­bution des résultats pour chacune des filières reflétant ainsi la très grande variabilité des conditions locales et des carac­téristiques technologiques des systèmes dans les études dis­ponibles. Il serait donc illusoire de vouloir caractériser chaque filière par une valeur unique et absolue de perfor­mance carbone. Cette interprétation trop simpliste offrirait une vision partielle du problème.

La plage de variation de l’indicateur de performance carbone souligne la meilleure performance des renouvelables. C’est un point important. Mais le carbone n’est qu’un indicateur parmi d’autres. Qu’en est-il des autres impacts environne­mentaux tels que l’épuisement des ressources naturelles ou la santé humaine ? L’étude ne se limitant qu’à l’indicateur de performance carbone mériterait d’être élargie à d’autres indi­cateurs.

Pour contribuer au débat sur la transition énergétique, ces évaluations environnementales par filière doivent être conduites à bon escient, c’est-à-dire en tenant compte des spécificités technologiques et des spécificités locales. Ainsi menées, elles sont précieuses, car elles doivent permettre de nourrir la comparaison des bouquets énergétiques de pro­duction électrique, comme dans l’exemple qui suit : la Guadeloupe.

 

Une analyse de cycle de vie à l’échelle d’un territoire

Le centre Observation Impacts Énergie de MINES Paristech a mené une première analyse de cycle de vie à l’échelle d’un territoire4 pour évaluer l’impact environnemental de mix électriques prospectifs pour la Guadeloupe. Si l’objectif du Grenelle de l’Environnement est d’atteindre, en 2020, 23% de la production électrique sur l’ensemble du territoire national via les renouvelables, l’objectif pour les Départements et Régions d’Outre-Mer est de 50%, avec un objectif ultime de 100% et l’autosuffisance énergétique à l’horizon 2030.

 

Géothermie bouillante à la Guadeloupe

 

Le choix de la Guadeloupe n’est pas indifférent. Cette île vol­canique est un laboratoire pour la géothermie avec la cen­trale de Bouillante, première centrale géothermique produc­trice d’électricité en France, d’une puissance de 15 MW.

L’étude compare le scénario de référence du mix électrique en 2013 avec trois scénarios à l’horizon 2030 intégrant les objectifs du Grenelle de l’Environnement en matière de maî­trise des consommations et de développement des renouve­lables. Elle repose sur 13 indicateurs d’impacts (changement climatique, toxicité humaine, diminution des ressources fos­siles, acidification, eutrophisation, etc.) permettant d’évaluer chacune des filières de production électrique dont six renouvelables : géothermie, biomasse (bagasse, canne fibre), éolien, photovoltaïque, hydraulique, recyclage des déchets et biogaz. La définition des quatre scénarios de développe­ment du mix électrique guadeloupéen est basée sur les tra­vaux réalisés par la Région Guadeloupe dans le cadre du PRE-RURE5 :

  • Le scénario de base utilisé comme référence représente l’état du mix électrique guadeloupéen en 2013, soit 83% d’énergies fossiles, importées pour la majeure partie. Il sert de comparaison avec les scénarios futurs et permet d’éva-luer les impacts relatifs aux décisions de planification énergétique. Les renouvelables représentent 17% du mix élec­trique.
  • Le scénario tendanciel suit les tendances observées lors des dernières années en termes de demande énergétique sans aucun effort particulier en faveur du développement des énergies renouvelables et du renforcement des actions de maitrise de demande en énergie (MDE).
  • Le scénario Prérure est le reflet d’un effort accentué en matière de maîtrise des consommations et de développe­ment des filières renouvelables (à hauteur de 75% du mix électrique). Il est construit de façon à favoriser une diversi­fication du mix énergétique. La géothermie se développe pour atteindre une puissance de 85 MW à l’horizon 2030.
  • Le scénario modéré, établi spécifiquement dans le cadre du projet, est le reflet d’un effort modéré de la maîtrise des consommations d’une part, et du développement des renouvelables, d’autre part. La filière géothermie atteint une puissance de 45 MW.

Les phases du cycle de vie du système électrique guadelou­péen retenues comprennent la construction, la production et le transport de l’énergie. Les impacts liés à l’utilisation fina­le de l’électricité ne sont pas inclus, pas plus que le stockage de l’électricité ou les processus de recyclage et de fin de vie. Les inventaires des technologies de conversion d’énergie ont été réalisés dans les limites des détails disponibles propres à chaque technologie.

Les résultats de cette étude peuvent être illustrés à travers quatre impacts environnementaux représentatifs :

  • Le potentiel de réchauffement global, qui recense les gaz à effet de serre par kWh électrique produit, respecte quasi­ment un facteur 4, c’est-à-dire une réduction par quatre des gaz à effet de serre entre le scénario actuel et le scénario Prérure, grâce à la réduction très significative des énergies fossiles et l’abandon du charbon.
  • L’acidification (aptitude des substances à créer et à relâcher des ions H+ exprimée en équivalent dioxyde de soufre SO2) peut avoir des impacts directs et indirects sur les éco­systèmes (pluie acide et lessivage des sols). Cet impact suit le même schéma de réduction pour les scénarios étudiés que le potentiel de réchauffement global.

  • L’écotoxicité, exprimée en CTUe (Comparative ToxicUnits) correspond à une estimation de la fraction d’espèces potentiellement affectées, intégrée dans le temps et l’espa-ce, par unité de masse de substance chimique émise. On observe une diminution de l’impact de la filière bagasse entre le scénario de base et le scénario tendanciel alors que sa part du mix de production électrique reste très similaire (respectivement 2,6% et 2,3%). Cette différence est impu­table à l’hypothèse de diminution de l’utilisation de pesti­cide (arrêt de l’utilisation de diuron dans les trois scénarios prospectifs suite à son interdiction récente en Guadeloupe). Les impacts sont en revanche plus impor­tants dans les scénarios modérés et Prérure et sont la conséquence directe du développement de la filière canne et canne fibre pour ces deux scénarios prospectifs.
  • L’eutrophisation marine, exprimée en kg d’azote, permet d’évaluer le potentiel d’eutrophisation du milieu marin. L’eutrophisation correspond à un processus d’accumula-tion de nutriments et peut entraîner des problèmes sur la santé du milieu touché (perte de diversité, dégradation). L’étude fait apparaître une forte diminution de cet impact dans les trois scénarios prospectifs. Elle est principalement liée aux efforts importants de limitation des émissions d’oxydes d’azote (NOx) et d’ammonium (NH4+) des cen­trales thermiques qui sont équipées d’un dispositif de déni­trification des fumées censé réduire de 85% les émissions de NOx.

Au-delà des résultats obtenus, cette étude d’analyse de cycle de vie sur le mix électrique d’un territoire participe au débat de la mise en œuvre de la transition énergétique : elle pro­pose une première évaluation des impacts générés par des choix de filières sur ce mix, permet de révéler les filières ayant le plus d’impact selon les différents indicateurs sélectionnés, permet aussi de révéler les tendances contradictoires de ces choix sur les différents impacts, et contribue ainsi à peser sur les décisions de planification sur le territoire de la Guadeloupe.

En s’appuyant sur ces études d’ACV, on peut identifier les enjeux d’un développement d’énergie durable pour un terri­toire : l’optimisation des res­sources locales (renouvelables ou non) pour répondre à la demande en énergie, la maîtrise des flux d’importation de com­bustibles fossiles, de biomasse ou d’électricité, et bien sûr la minimisation des «fuites envi­ronnementales» à l’instar des fuites carbone6. ■

1 «Chiffres clés du climat» édition 2015, Rapport du SoES.

2 D’après «Energy payback time and carbon footprint of commercial photo-voltaic systems», Mariska de Wild-Scholten, Solar Energy Materials & Solar Cells, 119 (2013) 296-305.

3Étude IPCC, Moomaw, W., P. Burgherr, G. Heath, M. Lenzen, J. Nyboer, A. Verbruggen, 2011: Annex II: Methodology. In IPCC Special Report on Renewable Energy Sources and Climate Change Mitigation [O. Edenhofer, R. Pichs‐Madruga, Y. Sokona, K. Seyboth, P. Matschoss, S. Kadner, T. Zwickel, P. Eickemeier, G. Hansen, S. Schlömer, C. von Stechow (eds)], Cambridge University Press, Cambridge, United Kingdom and New York, NY, USA.

4Le projet de recherche EVALGTHDOM, mené en partenariat avec le BRGM avec le soutien de l’ADEME.Voir la vidéo du projet en ligne « Accompagner la Guadeloupe vers l’autosuffisance énergétique».

5Plan énergétique régional pluriannuel de prospection et d’exploitation des énergies renouvelables et d’utilisation rationnelle de l’énergie de la Guadeloupe.

6Commissariat général au Développement durable, http://www.statis-tiques.developpement-durable.gouv.fr/lessentiel/ar/206/204/comparai-son-internationale-lempreinte-carbone-demande.html

 

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12
Fév
'17

Les défis du captage, transport et stockage de CO2 - François GIGER

François GIGER (P72/CM75 - DOCT CIG89)

François Giger a passé 40 ans dans secteur de l’énergie, de la prospec­tion minière pour l’uranium à Bornéo à la construction d’une centrale au charbon en Chine en passant par le développement du forage horizontal pour l’exploitation pétrolière ainsi qu’à son financement, à la protection de l’environnement et à la gestion des risques de transport des matières dangereuses.

Il est également Président du Groupe professionnel énergie et développe­ment durable de ParisTech Alumni.

 

 

La tenue de la COP21 (Conference of Parties), en décembre 2015 à Paris, fournit l’occasion de faire le point sur le développement du Captage Transport et Stockage du CO2 (CSC ou CCS en anglais). L’Agence Internationale de l’Énergie (AIE) s’attend à ce que cette tech­nologie contribue pour 15 à 20% à l’effort mondial de réduc­tion des émissions de CO2 nécessaire à la réalisation de l’objectif, affiché à Copenhague, de limitation à 2° Celsius du réchauffement climatique à l’horizon 2100. Dans son rapport World Energy Outlook de 2014, elle présente notamment son scénario 2°C où les émissions mondiales seraient ramenées en 2040 de 46 GT, dont 21 GT issues du secteur électrique (Business as usual), à 20 GT, dont 4 GT pour le secteur élec­trique. Ceci nécessiterait la mise en place, en 25 ans, d’une industrie de taille comparable à celle de l’industrie pétrolière.

Attentes, espoirs puis obstacles à surmonter sont rapide­ment présentés avant de visiter les trois maillons de la chaîne complète de captage, transport et stockage de CO2.

 

Attentes et espoirs

Avec le succès technique obtenu par la compagnie pétroliè­re norvégienne STATOIL sur le site de Sleipner en mer du Nord norvégienne, un développement rapide était présenté en 2000 comme facilement réalisable ; STATOIL a injecté, depuis 1996, près d’un million de tonnes de CO2 par an dans un aquifère salin (le banc UTSIRA) accessible depuis la plate-forme de traitement du gaz naturel, dont la teneur en CO2 (4 à 9%) est trop élevée au regard des exigences de la commer­cialisation (2,5%).

 

Dans la foulée, le premier ministre britannique, Tony Blair, a déclaré, lors de la réunion du G8 à Gleneagles en 2005, que la Grande-Bretagne nourrissait l’ambition de devenir le fer de lance en Europe du développement de cette technologie, avec quatre projets industriels. Le premier fut annoncé pour un cycle combiné au gaz à Peterhead, en Ecosse, avec réin-jection dans le champ de Miller opéré en mer par la compa­gnie pétrolière BP.

Dans ce contexte, la Commission Européenne, avec ses direc­tions générales respectivement en charge de la R & D, de l’en-vironnement et de l’énergie, a suscité la mise en place d’une plateforme technologique dédiée, la ZEFFPPP (Zero Emission, Fossil Fired Power Plant Platform) rapidement renommée «Zero Emission Platform» (ZEP). La complexité du sujet, avec ses dimensions technologiques, industrielles et sociétales, avait conduit la Commission à faire appel à des représentants des secteurs économiques potentiellement impliqués : pro­duction d’électricité, industrie des gaz industriels, opérateurs pétroliers et gaziers et l’ensemble de leurs fournisseurs.

À titre personnel, je retire une grande satisfaction d’avoir pu participer à ce travail réalisé en commun aux côtés de plus de deux cents experts ou responsables, d’une vingtaine de nationalités, issus d’une large palette de secteurs industriels, chacun avec sa culture spécifique et ses propres enjeux ; ils ont produit en quelques mois une série de documents de grande qualité, dont un plan stratégique de recherche et un plan de développement stratégique de la technologie en Europe. Une analyse de l’ensemble des briques technolo­giques élémentaires nécessaires à la réalisation de chaque filière, évaluant, pour chacune, la maturité technologique et les efforts à réaliser pour la hisser au niveau de la réalisation industrielle, a aussi synthétisé la contribution de tous les sous-groupes d’experts.

 

Obstacles à sumonter

Les difficultés de six ordres à la réalisation de chaînes com­plètes de captage-transport-stockage de CO2 ont été, pour la plupart, très rapidement identifiées (Giger, F., Di Zanno, P. et al.: “Making Carbon Capture and Storage Happen in Europe: Markets, Policy, Regulation”, WG4 Subgroup on “Markets, Policy and Regulation”, EU Technology Platform Zero Emission Fossil Fired Power Plants, Brussels, 26 Sept. 2006).

 

Juridique ; Statut du CO2

Un principe généralement admis dans les réglementations de protection de l’environnement interdit toute injection de déchet liquide dans le sol. Comment considérer le stockage géologique de CO2 en phase dense, dans un état dit «super­critique» où les physiciens ne font plus la distinction entre phases liquide et gazeuse ? Il est nécessaire de définir un sta­tut particulier au CO2 pour le sortir de la catégorie de déchet liquide.

 

Transport transfrontalier

Là encore, le statut potentiel de déchet nécessite des adap­tations, tant pour la traversée de frontières terrestres que pour le transport par canalisation sous la mer ou pour per­mettre la migration dans des structures géologiques situées à cheval sur des frontières maritimes.

 

Technique

Les difficultés techniques sont celles qui viennent le plus vite à l’esprit des ingénieurs, que ce soit au niveau du captage et de la compression du CO2, de son transport et de son injec­tion dans les structures géologiques appropriées ; elles seront évoquées ultérieurement plus en détail.

 

Acceptation sociétale

Le thème de l’acceptation par le public a été identifié très tôt, compte tenu des difficultés rencontrées pour le dépôt de longue durée d’autres déchets et de la référence aux remon­tées létales de CO2 dans la configuration très particulière du lac dans le cratère volcanique Nyos en Afrique. C’est dans ce contexte que des organisations non gouvernementales ont été conviées à participer aux travaux de la plateforme ZEP, lors de sa constitution, afin d’y représenter la société civile et faire prendre en compte la perception par l’opinion publique.

 

Économique

Comme pour d’autres mesures de protection de l’environne-ment, il est attendu que la mise en œuvre du CSC implique un surcoût. Il s’agit d’abord de l’évaluer, une fois la faisabilité du concept établie, puis de définir quels mécanismes per­mettent d’en couvrir la charge.

 

Organisationnel

La réalisation de la gestion opérationnelle d’une chaîne com­plète de CSC nécessite la mise en œuvre intégrée d’un large éventail de compétences et savoir-faire qui ne sont en princi­pe ni disponibles ni maîtrisés au sein d’une compagnie opé­ratrice unique, ne serait-ce qu’au niveau de la maîtrise d’ou-vrage. Des métiers très variés sont sollicités, dont certains, comme la production d’électricité, sont habitués à de faibles marges, à l’image du laboureur sédentaire, alors que d’autres, plus familiers de la gestion du risque géologique, exigent en retour une rémunération plus rapide et plus importante pour compenser les aléas, comme le chasseur-cueilleur nomade.

Dix ans plus tard, alors que l’usage du charbon souffre d’une très mauvaise presse, en Europe notamment, la perception du concept de CSC reste très différente entre les opérateurs électriques et pétro-gaziers. Les premiers le voient comme une contrainte lourde susceptible de doubler leurs coûts de production, voire de l’interdire si un certain nombre de ver­rous ne sont pas supprimés. À côté des plus optimistes, cer­tains parmi les seconds estiment qu’il y a des incertitudes importantes sur les capacités géologiques de stockage effec­tivement accessibles en un demi-siècle, notamment dans des régions du monde fortement émettrices. Beaucoup s’interro-gent sur la pertinence d’un modèle d’affaires (business model) de la fourniture du service de stockeur de CO2.

 

Le captage du CO2

L’usage du charbon pour la production d’électricité couvre, en 2014, 43% des besoins dans le monde ; il constitue la plus importante part des sources anthropiques fixes du CO2. Ceci n’est pas le cas pour la France en raison de la prépondérance historique des parcs de production hydraulique et nucléaire. Néanmoins, ce n’est pas à la sortie des chaudières de cen­trales que le CO2 est le plus facile à capter, en raison d’une teneur de 15% environ dans les fumées. Des flux beaucoup plus concentrés en CO2 sont produits dans les procédés de production d’ammoniac, d’engrais (Reformage catalytique du méthane ou CMR selon l’acronyme en anglais) et d’hydro-gène. Les coûts énergétiques de séparation des autres gaz et de purification y sont beaucoup moins élevés.

L’extraction du CO2 qui rend les gaz naturels, dits acides et qu’il rend impropre à la consommation, est pratiquée indus­triellement depuis des décennies. Elle est réalisée pour autant que la valorisation du gaz en couvre le coût. La trans­position de ces technologies de séparation aux fumées de com­bustion du charbon doit surmonter les écueils résultant de :

  • La taille des équipements pour traiter des flux gazeux, plus importants d’un ou plusieurs ordres de grandeur. Elle induirait un doublement des investissements à un horizon de quinze ans car on peut espérer que le coût des installa­tions additionnelles ne dépasse pas, alors, le niveau de celui d’une centrale sans captage.
  • La présence d’impuretés résiduelles dans les fumées de charbon. Les moyens de dépollution, requis par les législa­tions sur les grandes installations de dépollution (pous­sières, oxydes de soufre et d’azote, etc.), en extraient une partie mais un complément de traitement de leur acidité résiduelle sera nécessaire (polishing).
  • La perte énergétique pour la séparation, la purification et la compression du CO2 en phase dense, à plus de 80 bars, avant son transport. En une quinzaine d’années, pour une centrale au charbon moderne dont le rendement approche 45%, la dépense énergique pour les meilleurs procédés a été évaluée à la baisse de 12 points de rendement à 8 points, notamment grâce à un pilote de recherche en cap­tage de CO2 construit au Havre (F. Giger, F. Chopin, J.F. Lehougre «CCS Pilot Project Le Havre: a stepping stone in EDF Group tackle of the CO2 challenge» VGB PowerTech, Essen N° 3/2015). Ceci réduirait néanmoins le rendement global de la centrale équipée à 37%. Le minimum théorique de perte énergétique, selon la théorie de la thermodynamique, se situe aux alentours de cinq points de rendement. Ainsi, pour la même production d’électricité, une quantité sup­plémentaire de 10 à 35% de charbon devient nécessaire pour faire fonctionner le captage et la compression avant transport, c’est-à-dire diviser par 10 l’émission à l’atmo-sphère.
  • La complexification du processus de production, car nombre de procédés de captage relève de domaines de chimie industrielle, discipline moins répandue chez les opérateurs des centrales thermiques et moins bien appré­hendée par leurs structures de management (risque de manipulation des réactifs, évacuation des déchets, éven­tuelles pertes de flexibilité, etc.).

 

Pilote de recherche de captage de CO2 au Havre photo : ©EDF 2012, all rights reserved

La réduction des coûts d’investissement et de fonctionne­ment du captage doit résulter tant de l’expérience acquise sur des réalisations de taille industrielle que de travaux de recherche plus fondamentaux aboutissant à des ruptures technologiques.

Le rééquipement de la tranche Boundary Dam 3 au Canada (Saskatchewan), de puissance initiale de 139 MW, a été déci­dé en février 2008. L’investissement consenti, de 1,5 milliards de dollars canadiens au total, a permis de porter la puissance 

brute de la tranche à 160 MW, puis le démarrage, en octobre 2014, de l’installation de captage en post combustion aux amines. Le coût de cette dernière atteindrait 6 000 dollars américains / MW installé. La puissance utile de la tranche a été ramenée à 110, puis 120 MW du fait de la pénalité éner­gétique de 50, puis 40 MW. Le coût de la tonne de CO2, dont l’émission est évitée à l’atmosphère depuis la centrale, dépas­serait 100 dollars canadiens.

Installation de captage de CO2 de Boundary Dam

 

Le transport de CO2

Ce segment ne pose a priori pas de difficultés techniques insurmontables car il est déjà pratiqué à l’échelle industrielle aussi bien par petits caboteurs en mer que par gazoducs sur des centaines de kilomètres en Amérique du Nord.

Les problèmes à résoudre relèveront probablement d’autres types d’obstacles comme :

  • L’acceptation sociétale pour la traversée de zones géogra­phiques à forte densité de population et où le kilomètre de canalisation traverse en moyenne une trentaine de pro­priétés ; chaque détenteur d’un terrain à traverser aura son avis sur la chaîne CSC complète et, en particulier, sur le bien fondé du stockage géologique de CO2.
  • La taille de l’investissement en réseau de transport à réali­ser, dont l’ordre de grandeur se compare, en Europe, à celui du réseau des gazoducs dont la construction a duré des décennies. Le temps nécessaire sera impacté par la durée des procédures d’autorisation et, éventuellement, d’expro-priation. Les coûts d’infrastructure dépendent de la géo­graphie d’implantation (plaine, montagne et mer), crois­sant proportionnellement à la distance mais bénéficiant d’un effet d’échelle avec les débits transportés.

 

Le stockage géologique de CO2

Les difficultés inhérentes à ce sujet, du moins en Europe, ont été largement sous-estimées il y a quinze ans et ne font encore aujourd’hui pas l’objet d’un consensus entre experts.

De multiples études à caractère géologique ont couvert une mosaïque de régions en Europe jusqu’à ce que l’on commen­ce à s’apercevoir, au moment de les rassembler, qu’elles avaient été réalisées selon des approches très différentes, voire non compatibles, rendant impossibles des synthèses régionales. Des hypothèses très dimensionnantes, comme la porosité moyenne des réservoirs aquifères, étaient prises avec des valeurs dispersées. Des méthodes assez simplistes d’estimation, comme l’efficacité volumétrique de balayage, ont apporté une dispersion supplémentaire. Les horizons géologiques recherchés pour le stockage, c’est-à-dire à une profondeur de plus de 1 000 m requise pour maintenir le CO2 en phase dense, n’ont pratiquement été traversés que par les puits des opérateurs pétroliers et gaziers. Ces derniers ont focalisé leur attention sur les niveaux à hydrocarbures et n’ont quasiment jamais réalisé des mesures détaillées, d’injectivité1 en particulier, dans les niveaux purement aquifères, ceux–là mêmes qui sont actuellement recherchés comme cibles pour le stockage du CO2. Quant aux aquifères qui se trouvent avoir été traversés pour les besoins de l’exploitation de niveaux sous-jacents, ils sont maintenant percés de puits. Ces derniers ont initialement été cimentés pour résister au contact de l’eau en place mais, sauf exception, sans anticiper la présence ultérieure de CO2 susceptible de l’acidifier.

 

Options de stockage géologique - Source : BRGM

L’enseignement du projet France-Nord, sur une zone com­prenant le Bassin Parisien et couvrant la moitié a priori la plus propice de la surface de la métropole, a apporté des élé­ments de compréhension complémentaires. Il a été réalisé par un consortium regroupant notamment les principaux industriels et organismes français compétents en géoscience avec le soutien de l’ADEME. L’objectif était de réaliser un pilo­te d’injection, pour autant qu’un espoir raisonnable de pou­voir ultérieurement injecter 200 millions de tonnes de CO2 en 40 ans, puisse être établi. Cette quantité correspond à l’émission d’une tranche au charbon au standard actuel (1000 MW) en base. Les travaux antérieurs laissaient espérer un potentiel de 30 gigatonnes. Les résultats, largement publiés, ont mon­tré que plusieurs sites seraient nécessaires pour approcher l’objectif en volume de pores mais que la perméabilité n’était pas compatible avec le rythme d’injection, fixé pour 40 ans, car les caractéristiques des aquifères (épaisseur, perméabili­té, connexion entre les réservoirs) ne sont pas favorables. Au delà de la volumétrie statique, le facteur dynamique d’injectivité s‘avère rédhibitoire, facteur non évoqué dans la grande majorité des publications mondiales sur le sujet. D’où la question : «Avons-nous surestimé les capacités de stockage de CO2 dans les aquifère salins ?» (Have We Overestimated Saline Aquifer CO2 Storage Capacities? S. Thibeau & V. Mucha, Rev. IFP Energies Nouvelles Vol. 66 (2011) N°1 pp 81-92).

En raison de la diversité d’opinions des experts, il est néces­saire d’établir une méthodologie faisant l’unanimité pour évaluer les potentiels régionaux de stockage. Une améliora­tion de l’appréhension des mécanismes dynamiques dans les aquifères pendant la période d’injection, puis ultérieure­ment, est requise. Elle doit permettre de déterminer de com­bien d’ordres de grandeur le volume des pores en place doit être réduit pour fournir un volume de stockage de CO2 accessible en quelques décennies. Des concepts, comme l’extraction d’eau des gisements aquifères pour y libérer de la place pour le stockage de CO2, méritent d’être évalués, sans oublier que chaque site géologique est un cas particulier à appréhender comme tel.

Des reconnaissances par forage, com­prenant notamment des tests d’injecti-vité, et la réalisation d’installations pilotes d’injection seront nécessaires pour caractériser la plupart des grands aquifères profonds d’eau salée car ils ont assez peu été explorés, ne présen­tant pas d’intérêt économique jusqu’à présent. Si des espoirs raisonnables peuvent être formés pour l’Amérique du Nord, des résultats obtenus à terre en Europe sont plutôt décevants et la situa­tion de la Chine et de l’Inde nécessite des études et des reconnaissances approfondies.

Deux autres thèmes, non techniques, doivent êtres traités pour permettre le stockage géologique du CO2. Il s’agit de l’acceptation par le public, en particulier pour le stockage à terre (onshore), dont force est de constater qu’elle n’a pas progressé en dix ans, et de l’établissement d’un modèle d’af-faires de stockage de CO2. Avant de s’engager dans une telle activité, un opérateur en géoscience aura besoin de couvrir à la fois les risques d’ordre géologique, de marché et opéra­tionnels pour nourrir l’espérance d’une rémunération adé­quate.

 

En guise de conclusion

Le CSC constitue la seule voie technologique susceptible de concilier la poursuite de l’usage massif du charbon dans le monde et l’atteinte des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Les conditions de son succès sont notamment la réduction des coûts de captage d’un facteur 5 et l’identification précise des ressources de stockage géolo­gique ; dans les zones de consommation du charbon, en par­ticulier en Chine et en Inde, des tests d’injectivité sont à réa­liser au fond de puits de reconnaissance pour prouver l’ac-cessibilité de réservoirs de stockage au rythme requis.

L’effort industriel à déployer sur une vingtaine d’années est considérable ; pour le captage, il convient d’implanter un ensemble d’installations dont la taille cumulée se compare à celle de l’industrie mondiale de raffinage, pour le transport, à celle des réseaux de transport de gaz naturel et, pour le stoc­kage, aux infrastructures d’exploitation des plus grands gise­ments de pétrole et de gaz.

Les pouvoirs publics souhaiteront-ils mettre en place les mécanismes mondiaux de financement de ces efforts et gagner l’acceptation du public ? Au jour de l’ouverture de la COP 21, c’est une question ouverte. ■

1 Capacité à injecter des fluides depuis le puits dans la roche environnante.

 

 

 

 

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12
Fév
'17

Circuler dans la ville - Frédéric BAVEREZ (P82/CM85)

 

Frédéric BAVEREZ (P82/CM85)

Né en 1963, Frédéric Baverez est diplômé de l’École des Mines de Paris. Après avoir été chargé de mission auprès du préfet de la Région Alsace de 1988 à 1991 puis Rapporteur du Comité Interministériel de Restructuration Industrielle au Ministère de l’Économie et des Finances de 1991 à 1995, il a été conseiller technique au cabinet du Secrétaire d’État aux Transports de 1995 à 1997. Depuis 1997, il a été successivement Président Directeur Général de SITA Île-de-France (pôle propreté), Directeur Général Adjoint de Suez Environnement et Directeur Réduction des coûts et Achats de l’ensemble du groupe Suez. En 2005, il devient Directeur Général Adjoint en charge de la Direction Opérations, Projets et Innovation. Nommé Directeur Général Adjoint en charge des trois direc­tions déléguées de l’Est de la France en 2008 (Grand-est, Sud-est et Méditerranée), il accède au poste de Président Directeur Général d'EFFIA en octobre 2011. Depuis, le 1er janvier 2014, Frédéric Baverez est nommé Directeur Exécutif Groupe-France en plus de ses précédentes fonctions.

 

Au regard des enjeux de la transition énergétique, le principal défi de la mobilité dans les agglomé­rations urbaines concerne la part encore élevée de la voiture individuelle dans les déplacements – autour de 50% dans les villes françaises – alors même que, par rapport aux transports collectifs et aux modes doux, son empreinte environnementale est pénalisante en termes de consomma­tion d’énergie, d’émission de gaz carbonique ou d’utilisation de l’espace.

Une voiture particulière en ville est réputée actuellement émettre en moyenne 206 g de CO2 par passager-km contre 129 g pour un bus et quasiment rien pour un train, un métro ou un tramway fonctionnant à l’électricité. L’Union interna­tionale des transports publics (UITP) a parallèlement calculé que, pour transporter 50 000 personnes par heure et par direction, il faut compter une emprise routière de 175 mètres de large pour les voitures, 35 mètres pour les bus et seule­ment neuf mètres pour un mode ferré.

Alors que la voiture individuelle n’avait cessé de gagner des parts modales dans les déplacements en ville depuis l’après-guerre, on observe depuis une petite dizaine d’années un recul de la voiture individuelle. Ce recul semble devoir s’am-plifier dans les années à venir, sous l’effet de trois leviers :

 

l’augmentation de la fréquentation des transports en com­mun, le développement de l’utilisation du vélo et des deux-roues motorisés, le développement des formules d’usage de voiture partagée alternatives à la voiture individuelle.

 

Le dynamisme des transports en commun

L’augmentation de la fréquentation des transports en com­mun devrait résulter de plusieurs phénomènes.

Le premier est la poursuite du développement des trans­ports en commun en site propre (métro, tramway, bus à haut niveau de service), qui permettent de faire face à des flux importants et constituent les armatures structurantes des réseaux de transport urbain.

Métro Keolis - Lyon

 

Ce développement sera sous-tendu en France par quelques projets d’infrastructure majeurs comme le métro du Grand Paris ou les nouvelles lignes de métro ou de tramway en pro­jet notamment à Rennes, Bordeaux ou Toulouse. Mais les prochaines années devraient surtout voir un essor marqué des bus à haut niveau de service, qui offrent une capacité allant jusqu’à 30 000 voyageurs par jour au prix d’un investis­sement mesuré (cinq à dix millions d’euros par kilomètre de site propre) et avec une grande flexibilité d’exploitation.

 

Bus thermique standard

Limité jusqu’à présent à quelques réalisations en dépit de ses avantages, le tram-train pourrait connaître, à la faveur de l’ouverture à la concurrence du transport ferroviaire, un développement qui permettrait d’améliorer la desserte des zones périurbaines et pourrait revitaliser les gares ferro­viaires secondaires situées dans le périmètre de transport urbain des plus grandes agglomérations.

Second phénomène : au-delà des nouvelles infrastructures, l’attractivité des transports collectifs se renforce. Cela est dû notamment à des politiques de transport adaptées et d’un coût limité (cadencement, augmentation de l’amplitude des services, services de nuit, transports à la demande agiles et dynamiques, etc.), mais aussi à des innovations facilitant l’usage des transports en commun (billettique intermodale et intégrée, information voyageurs temps réel, recherche d’itinéraires multimodale, acquisition des titres de transport et validation sur smartphone ou par carte bancaire). Le déve­loppement d’applications mobiles permettant un accès immédiat à toutes les offres de mobilité disponibles collec­tives (transport en commun, vélo en libre-service, autoparta-ge, etc.) ou privées (taxis, VTC, etc.) devrait contribuer à rendre plus fluide le parcours de l’homo mobilis, les opéra­teurs devant de leur côté s’inscrire de plus en plus dans une logique de personnalisation du parcours et de la relation client.

Troisième phénomène, les transports publics permettent une valorisation du temps de déplacement par les voya­geurs. Le développement des applications mobiles et des facilités de connexion dans les réseaux de transport en com­mun élargit considérablement les possibilités de valoriser son temps de déplacement à titre professionnel ou person­nel, ce qui confère aux transports publics un net avantage par rapport à la voiture individuelle.

Vient ensuite un quatrième phénomène : le renchérissement tendanciel du coût de possession et surtout d’usage de la voiture individuelle. Si une nouvelle hausse du coût des car­burants fossiles pourrait être compensée par le développe­ment des technologies hybrides et électriques, le coût d’usa-ge des véhicules en ville semble appelé à continuer à croître avec la hausse du prix effectif du stationnement (en parkings sous barrières comme en voirie, avec notamment une baisse attendue de la fraude massive au paiement du stationne­ment en voirie, aujourd’hui comprise entre 60 et 70%, que devrait permettre la dépénalisation du stationnement à compter de 2018), voire par le développement du péage urbain déjà adopté par plusieurs grandes villes européennes telles que Londres, Stockholm ou Oslo.

Enfin, il faut mentionner la prise en compte plus forte par les entreprises implantées en zone urbaine de la problématique des déplacements domicile-travail de leurs salariés. Cela répond à plusieurs enjeux : leurs objectifs propres de déve­loppement durable, mais aussi leur attractivité et leur capa­cité de rétention des talents dans un marché de l’emploi des 

cadres de plus en plus concurrentiel, et enfin un enjeu de maîtrise de leurs charges compte tenu notamment du coût des parkings en zone urbaine.

Dans ce contexte, il faut noter que la France dispose de plu­sieurs atouts structurels favorables au développement des transports urbains.

Le système du Versement-Transport, une taxe assise sur les salaires acquittée par tous les employeurs privés et publics de plus de neuf salariés, permet de disposer d’une ressource régulière pour le financement des transports urbains, grâce à laquelle la France a pu se doter d’une offre de transport urbain de grande qualité.

Notre pays dispose d’une organisation administrative bien structurée autour d’autorités organisatrices agissant sur le périmètre élargi des agglomérations – à travers le STIF sur la totalité de la région pour l’Île-de-France – et qui récupèrent de plus en plus la compétence sur le stationnement, de sorte qu’elles peuvent agir en autorités organisatrices de la mobili­té globale.

À cela s’ajoute un modèle de gestion, hors Île-de-France, qui favorise, via des délégations de service public ou le recours à des régies, une exploitation intégrée au plan opérationnel et commercial de tous les modes (métro, tramway, bus, service dédié pour les personnes à mobilité réduite, transport à la demande, vélos en libre-service, navettes fluviales), ce qui est un gage de cohérence et de facilité d’accès pour les clients. À l’exception notable de l’Île-de-France, le recours privilégié à la gestion déléguée après appel d’offres stimule la maîtrise des coûts comme la créativité des opérateurs en termes de conception de l’offre de transport et de services.

En revanche, si le transport public ne s’autofinance pas dans les pays développés, il faut être conscient que la part du financement acquittée en France par le voyageur devra inévi­tablement être revue à la hausse. En vingt ans, la part des coûts de fonctionnement couverte par les recettes de trafic est en effet tombée, dans le transport urbain, de 55 à 32%, et la poursuite de cette tendance constitue une menace lourde pour le transport public. Une réévaluation de la contribution du voyageur apparaît d’autant plus logique que les tarifs du transport urbain, contrairement aux autres services publics (énergie, cantines scolaires, timbre-poste, eau, déchets, etc.), n’ont même pas suivi l’inflation depuis 15 ans et a fortiori encore moins la très nette amélioration du service au plan de l’offre comme au plan qualitatif (billettique, information voyageurs, etc.). En comparaison avec les autres pays d’Europe, les tarifs des transports urbains apparaissent de même très bas dans les villes françaises.

 

L’essor des deux-roues

Le développement du vélo et des deux-roues motorisés constitue le second grand effet contribuant au recul de la voiture individuelle. Mais les ressorts de ces deux phéno­mènes sont assez différents.

Le développement des deux-roues motorisés, mode de transport présentant un mauvais bilan CO2 au passager-km et soulevant des problèmes bien connus de sécurité routière, a constitué une réponse à la congestion automobile dans les plus grandes agglomérations pour des personnes attachées au transport individuel. Il a été favorisé économiquement en France par une anomalie, l’absence de tarification d’usage dès lors que le stationnement en voirie reste gratuit pour les motos et les scooters. L’essor du paiement du stationnement par téléphone portable, réglant la question pratique du tic­ket d’horodateur, devrait permettre à l’avenir aux collectivi­tés de déployer une tarification ad hoc pour les deux-roues motorisés, contribuant à une régulation économique qu’on s’accordera à juger légitime.

Le vélo présente évidemment pour sa part un bilan extrême­ment favorable en termes de développement durable. C’est en effet un mode de déplacement zéro carbone, qui est de surcroît bon pour la santé et très abordable économique­ment à l’achat comme à l’usage. Si la place du vélo tend à se développer, la France reste encore en retard par rapport aux pays d’Europe du nord, où sa part modale est sensiblement plus élevée. On estime ainsi que la bicyclette représente dans les grandes villes françaises une part modale moyenne de 5%, contre 8% en Belgique, 10% en Allemagne, 19% au Danemark et 27% aux Pays-Bas. Certaines villes en France se détachent néanmoins, notamment Strasbourg, qui est la ville la plus cyclable de France avec une part modale de 15%, et Bordeaux avec près de 10%. Mais Amsterdam est à 44% et Copenhague à 55%.

La diffusion grandissante du vélo à assistance électrique devrait favoriser l’usage du vélo, que les collectivités locales peuvent encourager de leur côté en jouant sur plusieurs leviers.

L’aménagement de la voirie passe idéalement par la création de pistes réservées aux cyclistes, mais en période de disette budgétaire il peut se limiter au traitement des points les plus dangereux du réseau routier, notamment les carrefours et les giratoires.

Un deuxième levier est l’installation d’abris sécurisés, fermés avec un badge ou un code d’accès, qui lèvent avec la crainte du vol l’un des principaux freins à l’usage du vélo personnel pour les trajets de la vie quotidienne. Cet investissement mesuré peut avoir un effet de levier fort sur la part modale du vélo lorsque les abris sont installés dans les pôles d’échanges et les grands sites générateurs de trafic (universités, hôpi­taux, grands équipements culturels ou sportifs, centres admi­nistratifs, etc.).

La mise en place d’un système de vélos en libre-service offre un service remarquable pour les habitants qui souhaitent se déplacer en vélo d’un point à un autre en toute liberté. En rai­son de ses caractéristiques et de son coût pour la collectivité, de l’ordre de 2 000 euros par vélo et par an, ce système reste cependant réservé aux agglomérations d’au moins 150 000 habitants.

 

Transport en voitures partagées

Le troisième phénomène à l’œuvre est l’essor de diverses formes de «voiture partagée» constituant une alternative à la 

voiture individuelle. La voiture conserve en effet d’indé-niables atouts (autonomie, absence de contraintes d’ho-raires, capacité d’emport) qui la rendent parfois irremplaçable pour satisfaire certains besoins de mobilité. Le recours à la voiture partagée peut permettre de lever le principal incon­vénient de la voiture individuelle : son coût de possession élevé, a fortiori si on le compare à son faible temps d’utilisation effective. L’apport exceptionnel d’Internet pour faciliter la mise en relation rapide d’une offre et d’une demande a per­mis un essor spectaculaire de formes de partage de véhicules, qui n’étaient qu’embryonnaires ou anecdotiques auparavant.

De manière schématique, trois formes de «voiture collective» peuvent se décliner : le co-voiturage, l’auto-partage, le véhi­cule avec chauffeur.

S’agissant du co-voiturage, Internet a donné un coup de vieux définitif à l’auto-stop et permis de mettre en relation une demande et une offre de déplacement dans une logique d’économie du partage. À ce stade, son développement le plus spectaculaire concerne les trajets longue distance et la formule semble avoir séduit des voyageurs de tous âges et de toutes conditions. Pour ce qui concerne les déplacements urbains, le co-voiturage reste surtout mis en œuvre dans un contexte relationnel de proximité (famille, voisinage, col­lègues de travail, etc.). Son développement peut néanmoins s’appuyer sur des sites de mise en relation, notamment dans le cadre d’initiatives soutenues par des collectivités locales ou des entreprises.

L’auto-partage, forme moderne de la location de voiture dans une démarche client en libre-service, se développe sur­tout dans les grandes villes. Si le service est proposé «en trace directe», permettant de prendre et laisser la voiture en deux lieux différents, il offre une solution de mobilité particulière­ment souple adaptée à quasiment tous les trajets de la vie urbaine et permet de réduire le nombre de véhicules pré­sents sur le domaine public. Dans les grandes villes, l’auto-partage semble en mesure de s’autofinancer et ne devrait pas solliciter d’autres concours de la part des collectivités que la mise à disposition, le cas échéant contre rémunéra­tion, de places de stationnement sur le domaine public.

Le principe de la voiture avec chauffeur est ancien et bien connu à travers le taxi, mais le développement de ce maillon fondamental de la mobilité était empêtré, en France sans doute plus que nulle part ailleurs, par des réglementations malthusiennes qui bridaient l’offre et la qualité du service. Internet a fait exploser ce corset et permis l’émergence rapi­de de formes multiples de véhicules avec chauffeur : VTC, motos-taxis, navettes de gares ou d’aéroport... Malgré les tentatives des gouvernements de freiner ce foisonnement d’initiatives, il paraît fort probable que leur essor ne pourra être enrayé par des digues que la technologie et l’esprit d’en-treprise parviendront inévitablement à contourner.

Le développement des différentes formes de voiture partagée répond à une tendance de fond privilégiant l’usage sur la pos­session dans une logique de «value for money». Combiné avec le renforcement de l’attractivité des transports publics, cette évolution aura sans doute un impact visible sur le taux de moto­risation des ménages dans les villes, en particulier sur la réduc­tion de la détention d’un second véhicule au sein du foyer.

 

Les technologies au secours de l’environnement

Si l’enjeu principal de la transition énergétique pour la mobi­lité urbaine reste bien la diminution de la part de la voiture individuelle au profit de modes de transport collectifs ou par­tagés, il convient parallèlement de s’attacher à la réduction des émissions des véhicules de transport.

Pour ce qui concerne les voitures, un premier effet viendra mécaniquement du renouvellement du parc compte tenu du durcissement des normes en matière d’émissions. Une accé­lération pourrait venir du développement croissant de la motorisation électrique du parc dès lors que seront résolus les problèmes d’autonomie – en bonne voie – et le déploie­ment d’infrastructures publiques de rechargement, que le bon sens inviterait à installer dans des parcs sous barrière plutôt que sur la voirie.

S’agissant des véhicules de transport en commun, il convient d’abord de rappeler que la motorisation électrique y est déjà largement répandue à travers les métros, tramways et autres trolleybus. Ainsi, à l’échelle d’une agglomération comme Lyon, 70% des déplacements sur le réseau TCL sont effectués avec un mode électrique. Comme pour les voitures, la réduc­tion des émissions des bus thermiques classiques viendra d’abord de l’effet lié au renouvellement de la flotte du fait du durcissement des normes, sachant que la durée de vie d’un bus est généralement comprise entre 15 et 18 ans. À titre d’illustration, pour des véhicules roulant au diesel, la norme Euro 6 entrée en vigueur au 1er janvier 2014 prévoit par rap­port à la norme Euro 2, applicable lors de leur mise en servi­ce à des véhicules âgés aujourd’hui de 15 à 18 ans, une réduction des émissions tolérées de monoxyde de carbone, d’hydrocarbure ou de particules dans un facteur égal ou supérieur à 10.

En parallèle, le recours aux énergies alternatives au diesel peut améliorer encore le bilan environnemental. Il peut s’agir des carburants d’origine végétale (éthanol et biodie-sel), des carburants gazeux sous la forme du gaz naturel, du gaz de pétrole liquéfié ou du biogaz issu de la méthanisa-tion de déchets, de motorisation 100% électrique ou de motorisation hybride combinant selon les régimes du moteur le recours à l’électricité via une batterie ou à un car­burant fossile.

 

Bus roulant au GNV

 

La France comporte des réussites exemplaires en matière de parcs de bus roulant au gaz, notamment à Bordeaux et à Lille. De même, plusieurs villes françaises ont opté avec succès pour la technologie hybride, notamment Dijon et Metz. Il s’agit de choix de motorisation désormais éprouvés et per­formants.

Navette électrique de centre ville

La technologie 100% électrique s’est révélée parfaitement adaptée à des navettes de centre-ville assurées par des petits véhicules de moins de 40 places. En revanche, jusqu’à pré

sent, le développement de véhicules de plus grande taille s’est heurté à des problèmes d’autonomie ou de taille des batteries difficilement compatibles avec une exploitation industrielle intensive, sachant qu’un bus urbain roule régu­lièrement plus de 16 heures par jour. Mais plusieurs expéri­mentations sont en cours avec des véhicules ayant recours à la technique du «biberonnage», consistant à recharger par­tiellement la batterie, de préférence au terminus de la ligne, en quelques minutes, voire quelques secondes, de manière à lui garantir une autonomie jusqu’au prochain point de char­ge. La mise au point de ces techniques et les efforts consen­tis par les fabricants de batterie pour en allonger l’autonomie devraient à court terme favoriser la diffusion des bus élec­triques, avant que n’arrive la prochaine révolution technolo­gique annoncée : la propulsion assurée par la pile à hydrogè­ne. Mais, les constructeurs devront parallèlement s’attacher à réduire le coût total de possession des véhicules électriques, qui est encore très élevé et devra impérativement s’adapter à la contrainte durable pesant sur les finances publiques.

****

Les enjeux de la transition énergétique sont ainsi déjà large­ment au cœur des politiques de mobilité urbaine mises en œuvre par les autorités organisatrices et les opérateurs de transport. Comme toute action structurante touchant à l’or-ganisation de la ville, aux choix d’urbanisme et d’infrastructure mais aussi à l’accompagnement des modes de vie, ces politiques doivent s’inscrire dans la durée et la continuité. Pour être efficaces et crédibles, elles doivent se garder des effets d’annonce sans lendemain qui ont trop souvent carac­térisé les postures politiques opportunistes en faveur de la transition énergétique. ■

 

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12
Fév
'17

La qualité de l’air - Jean-Luc LEGOUPIL (P73)

 

Bien que les émissions de polluants atmosphériques aient baissé en France depuis 19901, des progrès res­tent à accomplir car ceux-ci sont subtils, et se dépla­cent au-delà des frontières. Nous présentons l’évolution chif­frée des principaux contaminants surveillés dans l’air, et leurs «responsables». Leurs effets sur la santé sont examinés, et nous terminons par le rôle des pouvoirs publics et du citoyen en ce domaine.

 

Les principaux contaminants observés en France et leurs effets

L’air sec que nous respirons contient 78% d’azote, 21% d’oxy-gène, 0.95% d’Argon et 400 ppm de gaz carbonique (CO2). Le reste est constitué de contaminants d’origine naturelle ou artificielle. En France, ceux posant encore problème pour la santé sont les particules solides et les oxydes d’azote. S’y ajoutent les expositions domestiques et professionnelles, les pollens et, dans les campagnes, celles liées à l’élevage et aux épandages agricoles.

 

Le gaz carbonique (CO2)

Gaz à effet de serre incriminé dans le réchauffement du cli­mat, ce n’est pas un polluant à proprement parler car il n’est pas nocif pour la santé aux teneurs usuelles. Dans une pièce fermée, l’organisme humain détecte l’augmentation de CO2 qu’il a produit en respirant (soit 12 litres de CO2 sur 600 litres respirés par heure) et adapte par une réaction réflexe le ryth­me de sa respiration. On considère le CO2 toxique au-dessus de 0,5% pendant huit heures. Dans le métro parisien, le CO2 peut varier de 400 à 1 000 ppm : il est mesuré par la RATP pour évaluer l’efficacité de la ventilation. En plein air, la concen­tration en CO2 reste stable. Il est à distinguer du monoxyde de carbone (CO), très toxique mais qui ne concerne guère que les lieux fermés avec brûleurs mal réglés et... les fumeurs.

 

Les particules solides

Nommées PM10 et PM2,5 (moins de 10 et 2,5 microns resp.), elles proviennent des installations de chauffage, des émissions industrielles, des épandages agricoles, des poussières d’élevage et des anciens véhicules diesels. Ou encore de phé­nomènes naturels : le volcan islandais Eyjafjallajökull en 2010, les pollens saisonniers, les poussières sahariennes. En ville, les plus fortes teneurs sont le long des axes routiers, avec les gaz d’échappement, les poussières de pneus, des freins et de la route, et leur mise en suspension par le roula­ge. Mais aussi dans les Métro et RER, où se concentrent des poussières notamment dues à l’usure des freins et des frot­teurs électriques des rames. Les PM10 sont multipliés par sept et les PM2,5 multipliés par quatre dans les stations de métro parisiennes surveillées, comparées à l’air en surface. Les poussières industrielles ont été réduites dans les trente der­nières années par l’amélioration des procédés et la fermeture de sites.

 

Particules fines PM10 pendant le pic de pollution du 15 au 23 mars 2015 Échelle : 0 à 80 μg/m3, du bleu au rouge. On note le caractère nettement transfrontalier de cette pollution exceptionnelle, très amplifiée par les condi­tions météo.

http://www2.prevair.org/actualites/episode-de-pollution-particulaire-de-mars-2015-elements-dinterpretation

On pourra aussi consulter : www.esmeralda-web.fr pour des cartes détaillées prévisionnelles et historiques

 

Les oxydes d’azote, l’ammoniac et l’ozone

Les oxydes d’azote produits par les combustions se rajoutent aux épandages agricoles d’engrais nitrés, pour générer des aérosols de NOx, qui contribuent à la formation d’ozone de surface (O3), un irritant des poumons (alors que l’ozone de la haute atmosphère est utile pour filtrer les ultraviolets). Dans les intérieurs, l’ozone vient aussi d’anciens dépoussiéreurs, et des photocopieuses et imprimantes lasers.

 

Les autres contaminants et polluants

Les autres polluants ont été réduits à des valeurs minimales en France : le soufre (SO2) qui provenait des centrales à char­bon, l’arsenic et les métaux lourds. Et parmi les polluants organiques, les hydrocarbures aromatiques provenant de toutes les combustions de bois, charbon et pétrole. Le plomb dans l’essence, interdit aux États-Unis dès 1975, l’est en Europe depuis l’an 2000. Aujourd’hui à un niveau très faible, le plomb dans l’air vient principalement des incinérateurs d’ordures.

 

L’effet sur la santé des particules solides et des oxydes d’azote

Selon le principe de Paracelse, c’est la dose qui fait le poison... Paradoxalement, en France tous les contaminants dans l’air diminuent nettement depuis les trente dernières années alors que la bronchiolite du nourrisson, les maladies cardio-vasculaires et les cancers augmentent. Qu’en est-il en réalité ?

Trop d’affirmations sont diffusées sans les fondements médi­caux et statistiques requis, et mélangent les problèmes de pays en voie de développement avec la situation en Europe : référons-nous donc aux études médicales.

Les produits de combustion diesel respirés à haute dose peu­vent déclencher des cancers, tel que démontré par le CIRC sur des expositions professionnelles et des tests sur ron­geurs. Aux faibles teneurs des villes dans les pays dévelop­pés, c’est très différent. L’étude de l’université d’Utrecht (2013, The Lancet), souvent reprise dans les médias, attribue aux particules PM10 un surcroît de cancer de 7% par an en Europe, sur les treize dernières années, près des axes routiers urbains. Mais : le commentateur du Lancet a averti des fai­blesses de cette étude sérieuse sur 13 ans couvrant 360 000 personnes : elle donne un résultat de +14% pour les hommes et de -1% pour les femmes, avec donc une moyenne de +7%. Ce résultat inexpliqué, et qui ne décèle de plus rien sur les maladies cardiovasculaires, suggère des biais statistiques dans l’analyse, en présence de forts perturbateurs (voir tabac ci-dessous).

Les médecins diagnostiquent 355 000 cas de cancers en France chaque année, qui pro­voquent 148 000 décès.

Seuls les facteurs de risques évitables connus (i.e. attribués) sont mentionnés dans ce tableau, mais d’autres facteurs importants jouent un rôle, dont les facteurs héréditaires (antécédents familiaux) pour 10% ou moins, le vieillissement naturel et les choix alimen­taires. Une mise à jour de l’étude CIRC 2007 est prévue en 2016 et compte tenu des études statistiques publiées en 2012-2013 devrait réévaluer vers 0,7% le facteur attribué à la pollution de l’air en France, ce qui ferait un total de près de 1% (au lieu de 0,1%) pour les causes évitables dues à tous les polluants.

 

L’effet des particules solides et oxydes d’azote sur la gêne res­piratoire de personnes sensibles telles les asthmatiques est lui démontré, mais la mortalité par maladies cardiovascu-laires aux faibles doses européennes est si faible qu’elle est difficile à quantifier. Par exemple, les logements urbains près des axes routiers cumulent aussi bruit, stress et conditions de vie plus difficiles.

Pour la bronchiolite du nourrisson, une vaste étude épidé­miologique californienne a démontré l’absence de corréla­tion avec les PM10 et PM2.5. D’origine virale, il faut chercher d’autres causes (mode de garde des enfants en ville ?).

 

La contamination par le tabac

Le tabagisme touche plus du quart des français et constitue la première contamination des voies respiratoires, malgré les lois Veil (1976) et Evin (1991). Le fumeur absorbe monoxyde de carbone, oxydes d’azote, acide cyanhydrique, acétone, phénols, ammoniac, goudrons et métaux lourds. L’espérance de vie des fumeurs de 30 à 69 ans est diminuée d’environ 20 ans en moyenne, avec 85 à 90% des cancers du poumon directement dus au tabac, et 80% des victimes d’infarctus du myocarde des moins de 45 ans. Pour la santé des fumeurs, la pollution des villes européennes est négligeable au regard de leur intoxication.

 

À l’étranger

Les conditions actuelles dans les pays européens et nord-américains sont voisines. Mais de nombreuses villes d’Asie, à l’exception du Japon, subissent une pollution dramatique : les oxydes de soufre et d’azote (provenant du charbon) menacent directement la santé des citadins. Lorsqu’à Paris en 2014 ou 2015 un seul épisode dépasse le seuil d’alerte en particules (80µg/m3), les journées ordinaires à 180µg/m3 se succèdent à Mexico, Djakarta ou Pékin, et les pics dépassent les 300µg/m3.

 

Quelques chiffres sur les émissions de polluants et la contamination de l’air en France

Voici les principales sources des émissions de polluants en France et la contamination mesurée.

Évolution de l’émission de polluants (en kilotonnes/an)

Année ˃ Nature ˅

1990

2000

2012

Évolution sur 12 ans

Incertitude
sur
l’évolution

Incertitude
sur l’éva-
luation

Total particules en suspension

1 238

1 081

879

-29%

28%

143%

dont PM10

540

419

270

-50%

11%

52%

dont PM2.5

415

311

181

-56%

4,6%

50%

Oxyde de soufre (SO2)

1 305

633

232

-82%

0,2%

4,8%

Oxydes
d’azote
(NOx)

1 866

1 578

983

-47%

2,7%

13%



Polluants de l’air en 2012 par origine (en kilotonnes/an)

'

Nature e " Na

Agriculture et forêts

Industries

Chauffage

Traronustreorsrts

A( tt*r)es

Total

Total

 

 

 

 

 

 

particules en

suspension

462

259

98

47

16

879

dont PM10

53

78

89

38

12

270

dont PM2.5

16

39

87

31

8

181

Oxyde de soufre (SO2)

1

89

28

0,8

105

232

Oxydes

98

 

 

 

 

 

d’azote (NOx)

(+68*)

132

102

526

125

983

 

* Épandages azotés, sortis des totaux nationaux.

** Transformation d’énergie, raffineries et production d’électricité.

Évolution –par origine- des émissions de particules PM10 (kilotonnes/an)

Origine s' '

Agetricuforlêtsture

Industries

)nnée

Chauffage

TotalA

Traronustreorsrts

A(** utres

 

1990

61

128

216

72

63

540

2000

61

104

155

68

31

419

2012

53

78

89

38

12

270

 

Contamination de l’air mesurée à Paris (moyennes annuelles simplifiées en µg/m3)

Année ' Origine "

1992

2000

2012

Norme Européenne11-06-2008

PM10

N/A

22*

25

20 ~ 28

PM2.5

N/A

14*

16

12 ~ 17

NOx

105

70

52

26 ~ 32

SO2

21

9

1

8 ~ 12

 

* la méthode de mesure des particules ayant changé en 2007, les mesures pour 2000 sont sous-évaluées, les valeurs équivalentes sont à majorer de 40 à 50%. On a bien une diminution.

 

Analyse et actions possibles

 

Les transports

En France, 14% des PM10, 18% des PM2.5 et 54% du NOx émis proviennent de l’échappement des véhicules, et leur effet sur la contamination locale dépend aussi des autres sources et de la météo : en mars 2015, des pics PM10 semblables se retrouvaient à Paris et sur certaines plages normandes...

Les pics de pollution à PM10 de mars 2014 et mars 2015 ont permis de tester à Paris l’intérêt -limité- de la circulation alter­née : la circulation automobile a diminué à chaque fois de 18% seulement. En effet, le trafic à Paris tend à se réguler à saturation : de nombreux Franciliens anticipant que la circu­lation serait fluide et les transports en commun bondés, ont décidé d’utiliser leur auto ce jour-là... La concentration en PM10 a été réduite de 2%, et celle du NOx sur le périphérique de 10%. Dans les villes européennes où cette mesure est per­manente, les gens s’adaptent, par exemple avec deux voi­tures par foyer. D’autres villes ont institué un péage à l’entrée, tels Bergen, Oslo, Londres et Stockholm. Paris s’oriente vers la diminution des voies : larges couloirs pour autobus et vélos, voies sur berges fermées, pour réduire le débit à saturation, donc le trafic.

Les transports en commun sont économes en énergie, avec faible émission de polluants, mais on a vu que l’air du métro est très contaminé en particules, en plus de la promiscuité microbienne. La RATP est transparente sur les forts taux mesurés, et des travaux sont engagés, mais cela prend du temps : l’attention des média est davantage attirée par le remplacement des anciens autobus diesel en 2016... d’effet plus modeste.

 

Diesel ou essence ?

Les moteurs diesel consomment de 15 à 20% moins de car­burant que les moteurs à essence de même performance, mais les anciens modèles produisent trop de particules et d’oxydes d’azote. L’effet des normes Euro 5 et 6 sera lent compte tenu du parc de véhicules anciens. L’arrivée de ces nouveaux modèles «propres» vient de conduire le Japon, où les voitures diesel étaient traditionnellement interdites, à en autoriser l’usage en 2015.

Norme diesel
et essence

Euro 4
Janvier 2005

Euro 5
Janvier 2009

Euro 6b
Septembre 2014

En mg/km

Essence

Diesel

Essence

Diesel

Essence

Diesel

Oxydes d’azote(NOx)

80

250

60

180

60

80

Particules (PM)

-

25

5

5

4,5

5

 

 

L’action des pouvoirs publics et les transitions énergétiques

Les cadres règlementaires sont nombreux : les recommanda­tions - peu suivies - de l’OMS, le protocole de Göteborg (1999), en France la loi LAURE (1996), le plan particules (2010), le PUQA (2013), et pour les industriels la directive IED adaptée en 2013.

Notre électricité en France (2014) est seulement à 5% d’origi-ne fossile, contre toujours 55% en Allemagne, dont le vaste plan d’énergies renouvelables a été compensé par son retrait progressif du nucléaire.

Pour le chauffage, les investissements des propriétaires rési­dents en chaudières économes en rejets, production solaire d’eau tiède et isolation sont limités par le bas coût relatif de l’énergie : il faut souvent plus de dix ans pour «se récupérer ». Et comment inciter un propriétaire non-résident à investir, pour que son locataire fasse des économies de chauffage ?

Pour les transports, une meilleure distribution des lieux de vie et de travail pourrait réduire la transhumance quotidien­ne. Les provinciaux utilisent principalement l’auto, comme les Franciliens entre banlieues. À l’inverse, les Parisiens intra-muros profitent mieux des transports en commun, de la marche, voire des deux-roues. On peut imaginer le dévelop­pement des deux-roues électriques, de la voiture partagée électrique tel l’AutoLib, et pour le tertiaire du télétravail par­tiel.

Certes on respire mieux aujourd’hui en ville qu’il y a vingt ans, mais 17 pays européens sur 28, dont la France, dépas­sent occasionnellement les normes européennes.

 

Quelles actions pour le citoyen ?

Le meilleur nettoyant de l’air atmosphérique est la pluie. L’aération des maisons et appartements après une pluie est une mesure de salubrité. Porter des masques est très com­mun dans les villes en Chine, pour filtrer les poussières, et au Japon, pour éviter la propagation des maladies infectieuses dans les transports, mais cette pratique est peu conforme à notre culture... Les économies de combustible de chauffage réduisent les rejets de particules et de NOx : baisser à 18°C le thermostat (mettre un pull !) et pour les propriétaires isoler son logement. Ou encore : régler les cycles de lavage du linge à 40°C au lieu de 60°C, limiter l’usage du sèche-linge, adopter une conduite automobile calme, etc.

 

En conclusion

Avant les années 60 en Europe et en Amérique du Nord, les industries étaient dans la ville, tout comme en Chine aujour-d’hui. Le développement des moyens de transports a permis d’installer nos industries à l’écart des lieux d’habitation, avec les progrès mais aussi les effets secondaires que l’on sait. Et dans les campagnes, nous bénéficions d’une agriculture plus productive mais avec épandages d’engrais et pesticides, et des poussières d’élevage.

Comment agir ? Les normes européennes, exigeantes, ne produisent pas encore tous leurs effets, notamment dans les transports. Pour nos industries, une réglementation trop contraignante au regard des bénéfices conduirait à une délo-calisation vers les pays «laxistes» avec des conséquences éco­logiques et sociales négatives. Et les investissements en éco­nomies de chauffage ne se développeront guère chez les 46% d’habitants qui sont locataires, sans une forte incitation publique de leurs propriétaires non-résidents.

Les données scientifiques et médicales sont impartiales : il faut les lire sans les filtres corporatistes ou militants. Les enjeux pour notre santé, notre mode de vie et notre richesse ne doivent rien laisser à l’émotion ou au hasard.

Et après tout, les aspects cliniques ne sont pas tout, la pureté de l’air et l’agrément de l’odorat participent au bien-être de la vie, et méritent qu’on y consacre des moyens proportion­nés, à bon escient. ■

1 Les sources des données du présent abrégé sont à consulter dans l’article complet sur le site de ParisTech. Nous remercions ces organismes (Citepa, Insee, The Lancet, Airparif, RATP etc.) pour la qualité des informations qu’ils mettent à la disposition du public. Le contenu de cet article est indépen­dant et ne les engage aucunement.

 

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12
Fév
'17

Bâtiments à énergie positive : de l’utopie à la réalité - Pascal GONTIER

 

Pascal GONTIER

Diplômé de l’École d’Architecture de Versailles.

Master Européen en Architecture et Développement Durable (École Polytechnique Fédérale de Lausanne, Architecture et Climat Université de Louvain, Greco-Ecoles d’architecture de Toulouse et Montpellier, Architectural Association of architecture - Londres).

Création de l’Atelier Pascal Gontier SARL d’Architecture en 1997.

Responsable pédagogique du cycle de formation continue post diplôme «Architecture, Territoires et Développement Durable» à l’École d’Architecture de Lille de 2000 à 2004.

Enseignant titulaire à l’Ecole d’Architecture de Paris Malaquais depuis 2004.

Professeur à l’École d’Architecture de Nantes depuis 2015.

Membre du Conseil d’administration de l’AFEX (Architectes Français à l’Export), de l’ICEB (Institut pour la Conception Eco responsable du Bâti), du comité exécutif de la Fondation Terre de Sienne et d’Advancity.

 

 


Véritable graal écologique pendant les dernières décen­nies du XXe siècle, la maison autonome s’est peu à peu sécularisée pour devenir la maison à énergie positive, puis le bâtiment à énergie positive qui fait aujourd’hui l’objet de toutes les attentions et de tous les espoirs. La vision uto­pique d’origine et les formes architecturales futuristes qu’elle pouvait susciter ont laissé la place à une démarche plus prag­matique dont l’impact architectural est également, la plupart du temps, plus modeste. La maison individuelle isolée sur son territoire a peu à peu cédé la vedette à des ouvrages plus urbains et d’une taille plus importante. Dans un même mou­vement, la recherche d’autonomie en énergie et en eau a été abandonnée au profit d’une approche plus sociale, centrée sur les questions énergétiques, dans laquelle le bâtiment n’est plus considéré comme un simple consommateur qui subvient par sa propre production à ses besoins internes, mais également comme un véritable producteur qui a voca­tion à entretenir des relations d’échange avec un environne­ment urbain ou territorial plus large. Ce glissement du bâti­ment autonome au bâtiment à énergie positive a permis au bâtiment de se voir dispensé pour quelque temps de la nécessité de traiter la difficile question du stockage de l’électricité. Mais beaucoup de questions demeurent.

Alors que la marche vers l’extension à des bâtiments à éner­gie positive semble désormais ouverte, il n’est pas inutile de s’interroger sur la nature de ce nouveau modèle, qui est encore loin d’avoir atteint sa maturité, et sur la pertinence de ce mouvement de généralisation. Une certaine confusion règne en effet autour de la définition qu’il convient de don­ner à ce bâtiment à énergie positive dont on attend tant, même si tous semblent s’entendre sur le fait qu’il doit théori­quement s’agir d’un bâtiment qui – sur une durée annuelle – produit plus d’énergie qu’il n’en consomme.

 

 

De quelle consommation parle-t-on ?

Pour déterminer la quantité d’énergie à produire pour satis­faire à cette définition, il convient tout d’abord de déterminer quels sont les postes de consommations qui doivent être compensés par cette production. Sont-ce les consomma­tions du bâtiment proprement dit, c’est-à-dire le chauffage, l’eau chaude sanitaire, la ventilation, le rafraîchissement, l’éclairage et les auxiliaires ? Faut-il y intégrer les consomma­tions d’électricité dites « spécifiques », c’est-à-dire celles des appareils électrodomestiques qui dans le cas des bâtiments à très basse consommation forment plus de cinquante pour cent des consommations totales et n’ont pas tendance à baisser ? Celles-ci ne sont que faiblement dépendantes de la conception architecturale et technique des bâtiments.

Faut-il considérer les consommations durant l’ensemble de son cycle de vie et intégrer l’énergie grise, c’est-à-dire l’éner-gie liée à la fabrication du bâtiment, mais aussi d’une façon plus large l’énergie nécessaire à l’entretien, la maintenance, la déconstruction, et le recyclage ? Si on considère que l’éner-gie grise est à elle seule, équivalente à l’ensemble des consommations d’énergie d’un bâtiment de type passif, hors électricité spécifique, pendant cinquante ans, on peut mesu­rer l’importance de cette question. Il est clair que la réduction significative de ce poste de consommation passe par une mutation profonde de nos manières de construire.

Les tenants du bâtiment à énergie positive considèrent qu’il faut procéder par étape dans la prise en compte des diffé­rents postes de consommation et qu’à terme le bâtiment à énergie positive aura à compenser par sa production d’éner-gie l’ensemble de ces consommations et y ajouter celle du transport des usagers. Il est peu probable que le bâtiment soit, à lui seul, dans un avenir raisonnable, à même de répondre à toutes ces attentes.

En France, par exemple, le label Bepos Effinergie, qui permet de distinguer les bâtiments à énergie positive, prend simple­ment en compte les consommations propres au bâtiment ;

celles qui sont prises en compte dans la réglementation ther­mique. Cependant, des bâtiments peuvent néanmoins répondre à ce label, alors que leurs consommations sont supérieures à leurs productions, grâce à un mode de calcul qui offre une certaine souplesse et autorise, entre consom­mations et productions, des écarts, qui peuvent varier en fonction du programme, du site d’implantation et du nombre d’étages. Le label Bepos Effinergie caractérise donc

La première étape à franchir pour envisager la fabrica­tion de bâtiments à énergie positive consiste donc à réduire ses consommations. Des progrès spectaculaires en la matière ont déjà ont été faits en quelques décen­nies et d’autres progrès importants sont encore à venir. Ainsi, alors que les consommations de chauffage étaient, jusqu’aux années 2000 largement dominantes dans la consommation globale des logements, les évo­lutions apportées à l’isolation des bâtiments, aux per­formances des vitrages et aux systèmes de ventilation ont permis de les faire chuter à des niveaux qui étaient jadis inimaginables. Seuls les bâtiments anciens qui sont de ce fait souvent traités avec condescendance de «passoires thermiques», ont pour l’instant échappé à l’ampleur de ce mouvement.

Le modèle du bâtiment passif que l’on connaît aujour-d’hui est inspiré du standard allemand Passivhaus qui s’est imposé, il y a une vingtaine d’années, comme pion­nier dans ce domaine. Il a permis de faire chuter ces consommations de chauffage à un niveau tel que des bâtiments répondant à ces niveaux d’exigence peuvent se passer d’un système de chauffage conventionnel et même, dans un certain nombre de cas, de chauffage tout court, sans qu’aucun recours à de quelconques ruptures technologiques ne soit nécessaire. Les simples « bonnes pra­tiques » en matière de conception et de construction suffi­sent. Alors que le bâtiment solaire des années 70 avait besoin d’un accès privilégié au soleil et se caractérisait par une orientation solaire prononcée et par un contraste fort entre de grandes baies vitrées en façade sud et de petites meur­trières en façade nord, l’architecture passive actuelle est plus discrète, et se révèle plus par la qualité des matériaux mis en 

œuvre et par le soin apporté aux détails constructifs que par une gestuelle formelle particu­lière. Contrairement à une idée très généralement répandue, ce n’est pas non plus nécessai­rement un bâtiment excessive­ment compact, et ses fenêtres peuvent être généreuses, y compris en façade nord. En revanche, la réduction dras­tique des ponts thermiques qui est nécessaire pour atteindre ces performances rend obsolète l’écriture archi­tecturale d’une grande partie des bâtiments qui sont encore construits en France.

Aussi, même si pour des rai­sons qui tiennent autant au cadre réglementaire qu’à la structuration des filières de construction, le standard passif allemand n’a pas encore trouvé son équivalent ailleurs, on peut considérer que les perfor­mances thermiques qu’il pro­pose sont techniquement et économiquement générali­sables à l’ensemble de la pro­duction bâtie neuve, quel que soit le tissu urbain dans lequel il s’inscrit. Il est ainsi désormais possible d’affirmer que la question du chauffage, qui était jadis centrale, appartiendra bientôt au passé, du moins pour ce qui concerne la production des bâtiments neufs.

Ce saut technologique permet, à partir d’un modèle de bâti­ment de type passif, d’envisager la production de bâtiments à énergie positive dans des tissus urbains de faible et moyen­ne densité bénéficiant d’une exposition solaire favorable. Dans le cas des tissus urbains de forte densité, l’équation devient en revanche beaucoup difficile à résoudre. Il devient nécessaire de dépasser les objectifs de réduction drastique de chauffage et de traiter en profondeur l’ensemble des autres postes de consommation, et notamment la ventila­tion, le rafraichissement, l’éclairage et l’eau chaude sanitaire. Cela conduit naturellement à dépasser les simples bonnes pratiques ainsi que l’arsenal de dispositifs technologiques qui les accompagnent, et à réinterroger en profondeur l’architecture et la manière de la fabriquer.

Une question négligée : la ventilation

La question de la ventilation est à considérer en priorité. En effet, si dans le modèle allemand d’habitat passif, les consommations de chauffage sont extrêmement faibles, ce n’est pas le cas des consommations de ventilation qui, en énergie primaire, sont proches, voire supérieures aux consommations de chauffage. La ventilation double flux, qui constitue le poumon du bâtiment passif, permet en effet de récupérer et de valoriser les calories de l’air qui est extrait du bâtiment pour chauffer l’air qui entre dans le bâtiment, mais elle consomme pour cela une grande quantité d’électricité. Le label Passivhaus met d’ailleurs l’accent sur le chauffage, mais ne donne pas de limites pour les consommations de ventilation qui sont « noyées » dans un forfait comprenant l’ensemble des consommations y compris l’électricité spéci­fique.

Dans d’autres pays d’Europe, la ventilation double flux est parfois remplacée par une ventilation hygroréglable qui est beaucoup moins chère et beaucoup moins gourmande en électricité. Cette solution n’est pourtant pas pleinement satisfaisante car la réduction des déperditions thermiques dues à la ventilation passe alors par une réduction drastique des débits de ventilation. Cela conduit à un compromis très contestable entre consommation d’énergie et qualité de l’air intérieur.

La réponse à ce problème passe par le développement de dispositifs de ventilation alternatifs peu gourmands en éner­gie et fiables du point de vue du renouvellement de l’air. Différents types de ventilation naturelle et hybride sont sus­ceptibles de répondre à cette problématique. Certains d’entre eux permettent, à l’instar d’une ventilation méca­nique double flux, de récupérer les calories de l’air extrait. Ils sont encore aujourd’hui rares, expérimentaux et difficiles à mettre en œuvre, pour des raisons à la fois techniques et réglementaires. S’ils peuvent revêtir une apparence simple, voire low tech, ils nécessitent pour être mis au point un savoir-faire pointu en mécanique des fluides. Aidés par le développement de nouveaux outils de modélisations, ces dispositifs de ventilation émergeant constituent des pistes très prometteuses qui contribueront au renouvellement architectural dans les prochaines années.

Si la problématique du rafraîchissement est moins sensible dans le cas des bâtiments résidentiels que dans celui des bâtiments tertiaires, elle n’est cependant pas négligeable, notamment dans les régions chaudes de la planète, et risque de prendre encore de l’importance avec le réchauffement cli­matique. La réduction des consommations de climatisation demande la mise en œuvre de moyens constructifs et archi­tecturaux plus sophistiqués que ceux qui sont sollicités pour réduire la demande en chauffage. Si les solutions bioclima­tiques du passé peuvent nous apporter quelque enseigne­ment dans le domaine du rafraîchissement passif des bâti­ments, elles ne peuvent cependant être répétées telles quelles car elles n’ont pas été conçues pour répondre à nos mode de vie et à nos environnements : exigence d’éclairage naturel de qualité, apports de chaleur internes importants dus aux appareils électriques, environnement urbain bruyant, pollution atmosphérique...

En finir avec les bâtiments compacts ?

La question de la réduction des consommations d’éclairage est quant à elle sans doute moins technique mais tout aussi difficile à régler. Elle passe en effet non seulement par le développement de systèmes d’éclairage artificiels de plus en plus efficaces, mais également par le redéveloppement de l’éclairage naturel dans les bâtiments. La difficulté vient du fait que l’éclairage naturel a disparu d’un grand nombre des espaces au XXe siècle avec l’avènement de l’éclairage élec­trique, puis de la ventilation mécanique. Nous avons ainsi assisté à la disparition quasi systématique de l’éclairage natu­rel dans les cages d’escalier, les paliers, les entrées ou les salles de bain... Ce phénomène a encore été accentué ces dernières décennies avec l’obsession pour la thermique d’hi-ver et le mythe de la compacité auquel elle a donné naissan­ce. Aujourd’hui, le bâtiment compact est considéré comme tellement vertueux qu’il est presque devenu un standard. Il faut naturellement aller à l’encontre de cette tendance car, si une forte compacité permet de diminuer les déperditions thermiques en même temps que les coûts de construction, elle présente néanmoins l’inconvénient de conduire à rendre un grand nombre de locaux aveugles, et de limiter les possi­bilités de créer des logements multi-orientés.

Malheureusement, même dans les éco-quartiers les plus exemplaires, les plans et les documents d’urbanisme aux­quels les architectes doivent répondre imposent le plus sou­vent de construire des bâtiments épais. Cela vient d’une part du fait que les «gabarits enveloppe» dans lesquels les bâti

ments doivent s’inscrire sont la plupart du temps réalisés à partir d’études de faisabilité de bâtiments assez standard. L’habitude devient alors la règle et celle-ci laisse assez peu de place à l’innovation. Cela vient également de la volonté de contraindre la hauteur des bâtiments, tout en maximisant les surfaces habitables. Le bâtiment a aujourd’hui besoin d’une vraie cure d’amaigrissement mais pour cela il lui faut grandir un peu.

L’eau chaude sanitaire reste un poste de consommation important de consommation du bâtiment puisque qu’il dépasse aujourd’hui le poste chauffage. Avec les techniques actuelles, il peut être traité de façon relativement efficace à l’échelle du bâtiment, au moyen par exemple de panneaux solaires thermiques, ou de pompes à chaleur connectées sur les eaux grises (les eaux savonneuses issues des lavabos, douches et bains). Ces moyens techniques permettent de réduire de moitié les consommations d’énergie liées à la pro­duction d’eau chaude sanitaire et sont très largement répan­dus aujourd’hui. Pour dépasser ce seuil dans la diminution de ces consommations, il faut aller au-delà de l’échelle du bâti­ment, en créant par exemple à l’échelle d’un îlot, une cuve de stockage saisonnier d’eau chaude sanitaire mutualisé pour un ensemble de bâtiments, ou à une échelle plus large en fai­sant appel à de la géothermie profonde.

Quels que soient les postes de consommation qui sont pris en compte dans la définition du bâtiment à énergie positive, il semble que sa généralisation à l’ensemble du cadre bâti relève, dans un avenir proche, du vœu pieux. Le bâtiment ne peut pas supporter seul un tel poids en milieu urbain dense, s’il ne bénéficie pas de conditions favorables. Il apparaît ainsi clairement que la compensation des consommations d’énergie par une production équivalente ou supérieure dépasse l’échelle du bâtiment. La notion de villes ou de territoires à énergie positive est à ce titre intéressante à développer, dans le cadre d’une approche écosystémique plus globale. Le bâti­ment n’y est alors plus considéré comme une entité isolée, et crispée sur une recherche permanente d’économie d’énergie et de ressources, mais plutôt comme faisant partie d’une communauté au sein de laquelle des relations fortes d’échange et de mutualisation sont développées. Dans un tel écosystème urbain, les différences se nourrissent et s’enrichissent. ■

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12
Fév
'17

L’énergie : une politique essentielle pour notre avenir - Jean-Pierre SCHWARTZ (P56)

 

Jean Pierre SCHWARTZ (P56)

Depuis 2006, membre actif de l’association «Sauvons le climat» pour une politique raisonnée de l’énergie réduisant les émissions de CO2.

De 1996 à 2006, ingénieur conseil, expert pour la sûreté des réacteurs nucléaires auprès du CEA.

De 1962 à 1996, ingénieur au CEA, physicien des réacteurs participant à la conception des réacteurs de recherche français, puis responsable des programmes de R&D en soutien du programme électronucléaire d’EDF et de Framatome ; à partir de 1993, directeur du cabinet du Haut Commissaire à l’Energie Atomique.

 

 

 

Une vision dans la durée

Une politique de l’énergie, cohérente et robus­te face aux évolutions du monde environnant, se bâtit nécessairement sur la longue durée malgré les incertitudes inhérentes au contexte mondial et au développement technologique. La recherche, la construction et l’exploitation de moyens de production d’énergie s’étendent en effet sur des dizaines d’années. Quant aux orientations possibles, plusieurs contraintes fondamentales en délimitent le champ :

  • la technique et l’économie déterminant le coût de l’énergie fournie à l’utilisateur ;
  • la sécurité d’approvisionnement, en particu­lier l’indépendance nationale vis-à-vis des sources d’approvisionnement en combus­tible ;
  • l’environnement et la santé publique.

 

 

 

Une volonté politique

La situation actuelle de la France résulte d’une volonté, forte et constante, manifestée par les gouvernements successifs du pays, depuis la fin de la guerre, dans les stratégies mises en œuvre, dans le consensus des principaux par­tis politiques.

 

Dans les années d’immédiat après-guerre, l’équipement hydro-électrique et les combustibles fossiles, charbon, gaz et pétrole, ont constitué les piliers de la production d’énergie. Par la suite, dans les années 1960, l’épuisement des ressources nationales en charbon puis, dans les années 1970, l’insécuri-té de l’approvisionnement et des prix associée au pétrole et au gaz, ont conduit au déploiement important de l’énergie nucléaire pour la produc­tion électrique. Enfin, depuis 2000, des préoccupations environnementales croissantes, notamment le réchauffement climatique lié à l’accumulation dans l’atmosphère de gaz à effet de serre, ont entraîné le recours aux énergies peu carbonées renouvelables dont l’éolien, le solaire et les biocarburants.

 

Cette volonté politique doit de plus dépasser le cadre national pour être portée au niveau de l’Union Européenne. Les décisions du Conseil euro­péen et les directives de la Commission font en effet partie des contraintes encadrant les possibilités de choix de chacun des pays membres.

 

 

 

Le bilan actuel

Aujourd’hui, la consommation annuelle d’énergie en France s’établit de la façon suivante :

Tableau 1 : Bilan de la consommation d’énergie finale en France en 2012 (Mtep)

 

Charbon

Pétrole

Gaz

Électricité

Renouvelables thermiques

TOTAL

Part du
total (%)

Industrie

4,9

5,1

9,8

10,1

2,2

32,1

20,8

Résidentiel et tertiaire

0,3

10,7

22

25,7

9,9

68,7

44,5

Agriculture

 

3,4

0,2

0,7

0,1

4,4

2,8

Transports

 

45,3

0,1

1,1

2,7

49,2

31,9

TOTAL

5,2

64,6

32,1

37,6

14,9

154,4

100

 

Pour les deux tiers notre consommation finale d’énergie repose sur les com­bustibles fossiles importés. L’électricité reste le principal vecteur permet­tant de réduire cette dépendance et de diminuer les émissions de gaz à effet de serre grâce à l’utilisation de l’énergie nucléaire et des énergies renouvelables.

Tableau 2 : Production d’électricité en France en 2012 (TWh)

 

Énergie
nucléaire

Énergies
renouvelables*

(dont hydraulique)

Thermique clas-
sique** (majorité
combustibles fossiles)

TOTAL

Production (brute)

425,4

82            (63)

53,8

562,8

Part de la production totale (%)

75,8

14,6           (11,2)

9,6

100

 

*Énergies renouvelables : hydraulique, éolien et photovoltaïque

**Thermique classique

Combustibles fossiles : charbon, fioul, gaz naturel,

Divers : gaz de haut fourneau et gaz de raffinerie, déchets urbains, résidus industriels, bois

 

 

Les coûts

L’électricité est produite actuellement à des coûts particulière­ment compétitifs par les centrales nucléaires et hydro-élec­triques, environ 40 € /MWh actuellement (40 à 59 €/MWh pour le nucléaire en 2014, d’après les rapports de la Cour des comptes, selon les modes d’évaluation de la part investissement).

En 2013, les prix hors taxes comparés de l’électricité étaient en €/MWh :

  • pour l’industrie : 77,1 en France, 96 en Allemagne, 94 moyenne de l’Union Européenne,
  • pour les particuliers : 100 en France, 149 en Allemagne, 137 moyenne de l’Union Européenne.

Par comparaison avec un prix moyen de marché de 50 €/MWh, les prévisions de coût pour les obligations d’achat de la pro­duction des énergies renouvelables intermittentes imposées à EDF correspondent, en 2014, à 82 €/MWh pour les éoliennes à terre, 130 €/MWh pour les éoliennes en mer à venir et, pour l’énergie solaire photovoltaïque, de 100 à 400 €/MWh (selon la puissance et le type d’installation) ; en fait il semble que le coût constaté lors des appels d’offre pour l’éo-lien marin soit de l’ordre de 200 €/MWh. En 2013, le surcoût global aura été de 3 Md€.

 

 

Les émissions de gaz carbonique

À 90%, l’électricité provient des énergies peu carbonées, nucléaire et renouvelable. Il en résulte un niveau d’émission de gaz carbonique par habitant et par an parmi les plus bas d’Europe, soit une masse de CO2 annuelle par individu en t/habitant/an (données 2011) : 5,04 en France, 9,14 en Allemagne, 7,04 moyenne de l’Union Européenne.

Des éléments de réflexion pour une future stratégie de l’énergie

L’avenir est déjà partiellement orienté par les engagements pris par la France dans le cadre européen, avec la règle des trois fois 20, ainsi que dans le cadre national par les lois et par les règlements qui ont fait suite au «Grenelle de l’environne-ment» ; l’objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre par rapport à 1990, d’un facteur 4 à l’horizon 2050, est ainsi inscrit dans la loi programme sur l’énergie. Globalement, la limitation des ressources naturelles et la pré­servation de l’environnement encadrent toute politique de l’énergie. Mais la définition concrète d’une stratégie compor­te encore des choix ; quelques observations permettent de nourrir les réflexions avant toute décision.

 

 

Les économies d’énergie

L’idée que ne pas consommer d’énergie constitue la meilleu­re façon de réduire sa facture semble de pur bon sens. Elle a pourtant ses limites. Si pour conserver la même, ou presque la même, qualité de vie avec une consommation réduite d’énergie, on est conduit à des investissements coûteux le bilan financier risque d’être lourdement négatif. Seule la comparaison du coût des mesures d’économie à la diminu­tion de la facture énergétique permet d’arbitrer et souvent de repousser les économies extrêmes pour des dispositions plus modestes mais plus abordables et généralisables donc plus efficaces. C’est le cas dans le bâtiment ; la rénovation progressive d’un bâtiment ancien par élément, fenêtres, 

chaudières, etc., serait rapidement récupérable sur la facture de chauffage alors qu’une restructuration de fond, très oné­reuse, trouverait plus difficilement son financement pour un bénéfice plus lointain.

Toute mesure considérée pour réduire la dépense énergétique doit faire l’objet d’une évaluation sur le plan économique mais éga­lement d’un bilan sur le plan des émissions de gaz carbonique.

 

 

L’environnement

Un large consensus s’est dégagé parmi les scientifiques pour considérer que les émissions anthropiques de gaz à effet de serre (le gaz carbonique principalement) contribuent au réchauffe­ment climatique qui est constaté et mesuré. Limiter cet accrois­sement des températures pour réduire les perturbations induites à venir devient une nécessité. Il en résulte l’impératif de maîtriser et de diminuer notamment les émissions de CO2. Le CO2 représente environ 80% des gaz à effet de serre dont 20 proviennent de la déforestation, des dégagements de la biomasse... et 60 de la combustion des combustibles fos­siles. Les transports en sont le plus important consommateur (tableau 1) ; pour réduire cette consommation toutes les pistes sont à considérer : économies, emploi de l’électricité, développement des biocarburants, transports en commun dont le coût élevé pourrait relever en partie de l’aménage-ment urbain ou du territoire. L’industrie peut encore sans doute réduire ses besoins en combustibles fossiles. Quant aux bâtiments, ils peuvent faire appel aux économies (par une isolation concernant les normes des bâtiments neufs et surtout des travaux pour les logements anciens), aux éner­gies renouvelables thermiques (bois, déchets, solaire, géo­thermie) bien adaptées au chauffage à la fois des espaces et de l’eau sanitaire ; la réglementation actuelle (RT2012) péna­lise le recours à l’électricité pour les constructions nouvelles en prenant en compte l’énergie primaire et non l’énergie finale sans limiter parallèlement les rejets de CO2 ; l’électricité permettrait avantageusement l’appoint de chauffage sur une durée limitée, l’usage de pompes à chaleur et même le chauffage principal s’il est justifié (notamment par une isola­tion suffisante).

 

 

Le scénario Négatep 2014 de l’association «Sauvons le climat» illustre
une politique énergétique réduisant d’un facteur 4 les émissions de
CO2 entre 1990 et 2050 par un recours accru à l’électricité décarbonée,
essentiellement d’origine nucléaire

Répartition des sources d’énergie finale par famille de consommation (Mtep)

 

Répartition de la production électrique

 

2012

2050 Négatep en TWh

2050 Négatep
Pi en GW

Nucléaire

426 TWh

700 TWh

102 GW

Hydraulique

63 TWh

70 TWh

22 GW93

Thermique fossiles

49 TWh

40 TWh

40 GW94

Déchets

5 TWh

11 TWh

3 GW

Éolien

14,9 TWh

70 TWh

25 GW

Photovoltaïque

4,1 TWh

17 TWh

15 GW

TOTAL

562 TWh

908 TWh95

207 GW

Productions électriques annuelles et puissances installées par origine

Le vecteur électricité devrait être développé partout où son usage s’avère économique et quand sa production peut être obtenue par des énergies peu carbonées.

 

 

Les coûts

Le coût des énergies fossiles est fortement dépendant du prix du combustible : pour le charbon, ce prix représente 40% du coût de l’électricité fournie, quant au gaz sa contri­bution au coût du courant produit s’élève à 70%. Importés en totalité, soumis à un fort accroissement de la demande par les pays émergents, le pétrole et le gaz surtout ont des prix qui ne peuvent être maîtrisés à moyen terme. On considère aujourd’hui que le coût moyen d’une énergie produite par un combustible fossile avec capture et séquestration (CSC) du CO2, une technologie encore en cours de développement industriel, devrait à moyen terme être contenu entre 60 à 100 €/MWh ; ce coût est à comparer à 50 €/MWh sans CSC.

L’énergie nucléaire comporte un coût d’investissement élevé et un coût de combustible faible, la part de l’uranium naturel est actuellement inférieure à 5% du coût total du MWh. Importé mais facilement stockable pour couvrir des besoins de plusieurs années, le prix de l’uranium naturel influe peu sur le coût final de l’énergie. Aujourd’hui, prenant en compte la rémunération du capital investi reconstituant le capital et la capacité de relance de l’investissement, l’évaluation du coût de la filière nucléaire incluant les provisions pour démantèle­ment et stockage des déchets vient d’être actualisée pour 2013 à 59,8 €/MWh. À moyen terme, rénovation et mise à niveau de la sûreté augmenteront ce coût de 10% environ.

Les énergies renouvelables, éoliennes sur terre et en mer ainsi que solaire photovoltaïque, s’accompagnent d’investissements en turbines à combustion à gaz pour pallier leur intermittence tant que le développement de moyens de stockage, économiques et efficaces, n’a pas abouti. Se substi­tuant à l’énergie nucléaire, ces productions renouvelables entraînent donc indirectement un accroissement des rejets de CO2. Elles entraînent de plus des investissements complé­mentaires pour adapter les réseaux assurant l’adéquation entre sites de production et lieux de consommation, inves­tissements substantiels si les puissances en jeu sont impor­tantes. Sans tenir compte de ces coûts complémentaires des réseaux et des installations de production de substitution, on a estimé des coûts à moyen terme : pour l’énergie éolienne, 65 €/MWh à terre et 85 €/MWh en mer (les résultats du récent appel d’offre suggèrent une augmentation notable de ce coût) ; pour l’énergie solaire, 100 à 300 €/MWh selon le type d’installation.

Les options stratégiques doivent être soigneusement évaluées, de façon cohérente, sur le plan économique pour en cerner les coûts complètement et clairement ; l’indépendance énergétique contribue à leur maîtrise ainsi qu’à celle de la balance commer­ciale. Des coûts élevés pénalisent les budgets de l’État et des par­ticuliers, détériorent la compétitivité des entreprises et handica­pent globalement la situation économique et sociale du pays.

 

 

La société

Outre les questions mentionnées concernant l’économie et le climat, des groupes ou des associations actives dans la population mettent en avant des préoccupations écolo­giques et sociales. Certains sujets donnent lieu à des débats passionnés auxquels il importe de répondre rationnellement sur le fond, c’est le cas en particulier pour les interrogations que suscite l’énergie nucléaire. Sur ce plan les organismes publics compétents apportent des réponses reconnues pour leur qualité et leur indépendance ; c’est le cas pour l’Autorité de Sûreté Nucléaire sur un plan administratif et réglementaire mais aussi scientifique, pour l’Académie des sciences, etc.

L’Académie nationale de médecine a ainsi organisé un col­loque sur les risques pour la santé des choix énergétiques. Elle en a publié la résolution finale dans un communiqué du 1er juillet 2003. Elle énonce cinq recommandations :

  • Veiller prioritairement à éviter les ruptures d’approvision-nement en énergie ;
  • Maintenir la filière nucléaire dans la mesure où elle s’avère avoir le plus faible impact sur la santé ;
  • Encourager un effort de recherche dans le domaine des mécanismes et de l’évaluation des effets sanitaires des faibles doses qu’il s’agisse de toxiques chimiques ou radioactifs ;
  • Poursuivre les efforts industriels et de recherche engagés avec succès depuis vingt ans pour réduire la pollution due aux transports et aux rejets industriels et domestiques ;
  • Être attentif aux menaces que fait courir à la santé, par l’ef-fet des changements climatiques, l’augmentation de la teneur atmosphérique en gaz à effet de serre.

D’autres sujets ont provoqué des controverses : les nuisances visuelles et sonores des éoliennes - l’occupation de l’espace, à terre ou en mer, par les installations de production des énergies renouvelables dispersées, éolienne et solaire - l’oc-cupation des surfaces agricoles pour les biocarburants venant en compétition avec les cultures alimentaires. D’autres tels que l’exploration des gaz de schiste ont suscité une opposition locale forte.

Un dialogue véritable, lorsqu’il est possible, devrait précéder toute décision.

 

 

Conclusion

Temps politique et temps industriel ne se déroulent pas au même rythme : un président de la République élu pour cinq ans, des investissements énergétiques décidés pour plus de cinquante ans. Une politique de l’énergie doit donc être construite sur des bases techniques et économiques solides et objectives, dans un esprit non partisan, après des débats dépassionnés ; ce sont là des conditions indispensables pour que les choix effectués contribuent à satisfaire efficacement les besoins et réduisent au mieux les risques liés aux incerti­tudes de l’avenir. ■

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12
Fév
'17

Manger autrement demain ? La transition énergétique dans nos assiettes Marion Guillou

 

Au niveau mondial, la prospective Agrimonde[2] le mettait clairement en évidence : les régimes alimentaires seront un des déterminants principaux pour être en mesure de nourrir la population en 2050. Un accès à 3000 kcal/jour/personne dont 500 kcal d’origine animale peut satisfaire les besoins physiologiques moyens et nécessite une production agricole bien moindre que les régimes moyens actuels dans les pays de l’OCDE (4000 dont 1200).

Les inégalités de disponibilité alimentaire restent importantes avec en moyenne plus de 4000 kcal/jour/personne dans les pays de l’OCDE contre 2500 kcal/jour/personne en Afrique sub-saharienne. Aujourd’hui d’après la FAO, plus de 800 millions de personnes ont faim, principalement pour des raisons de difficultés d’accès liées aux guerres et crises ou à la pauvreté.

L’évolution de la demande alimentaire dans les différentes régions du monde sera-t-elle déterminante pour assurer la sécurité alimentaire de tous, en quantité comme en composition, et pour la bonne gestion des ressources naturelles ?

 

L’empreinte écologique de l’alimentation

Il est plus courant de s’intéresser aux relations entre alimentation et santé qu’entre alimentation et environnement. Or c’est un aspect qu’on ne saurait négliger. Les emballages alimentaires constituent par exemple 80% des emballages ménagers. Dans un pays comme la France les produits alimentaires sont à l’origine de 23% de l’empreinte carbone, 9% de l’empreinte énergie, 55% de l’empreinte gaz acidifiants et 23% de l’empreinte eau d’après l’ADEME.

Les impacts varient évidemment beaucoup selon les modes de production, plus ou moins gourmands en eau, par exemple. Pour l’empreinte énergie, le transport compte : en France, toujours, le transport des denrées alimentaires représente 30 à 50% des transports de marchandises. Et il ne faut pas oublier le trajet domicile - magasin : ramené au kilogramme transporté, la consommation de gas-oil nécessaire pour un aller-retour au supermarché (5 km, 30 kg transportés) correspondrait à 800 km de parcours par camion ! Evidemment, les empreintes environnementales varient selon le mode de transport, dans un sens croissant par bateau, par camion, par voiture ou par avion.

Une partie de cet impact a lieu en quelque sorte « pour rien », puisqu’une partie considérable de la production, abîmée, est jetée avant même d’être consommée. En 2011, les pertes et gaspillages agricoles et alimentaires s’élevaient d’après la FAO en Europe et Amérique du Nord de 208 à 300 kg par personne et par an, en prenant en compte toute la chaîne depuis les intrants agricoles jusqu’à la consommation. L’ADEME avance pour la France le chiffre de 20 kg/personne/an gaspillés à domicile. Chacun d’entre nous peut agir sur ce poste pour le réduire. Mais dans les empreintes écologiques liées à l’alimentation, sauf pour celle liée à l’énergie, c’est la partie amont de la chaîne qui pèse le plus.

Comment réduire cet impact ? Dans les pays occidentaux, cette question est aujourd’hui un sujet politique majeur. En France, un Programme national pour l’alimentation élaboré par le Conseil national de l’alimentation et adopté en 2014 a ainsi retenu, parmi les actions prioritaires, l’amélioration de l’impact environnemental de la production. Encourager les modes de production durable et réduire le gaspillage alimentaire sont des points-clés de ce programme.

 

Encourager les modes de production durables

Du niveau de l’exploitation agricole jusqu’au niveau global, il est essentiel aujourd’hui de s’intéresser au développement de pratiques agricoles plus durables, dont la performance ne soit plus seulement économique mais se joue aussi dans leurs composantes environnementale et sociale.

Au niveau international, les mouvements liés à l’intensification écologique s’attachent à la robustesse des espèces vis-à-vis des dérèglements climatiques, à l’efficacité de l’eau ou au maintien de sols vivants en même temps qu’aux rendements obtenus. Il faudrait en effet, selon la FAO, augmenter le volume de production agricole de 60%, sous des hypothèses plausibles en matière de démographie comme de demande alimentaire, pour nourrir correctement l’humanité en 2050.

Au niveau européen, la nouvelle Politique agricole commune vise des agricultures productives et durables. Dans ce cadre, certains pays dont la France encouragent les transitions vers des pratiques « agro écologiques ». Cela suppose de mobiliser tout le système de recherche-formation-développement, comme c’est le cas dans le cadre du projet agro-écologique qui sous-entend la Loi d’avenir de l’agriculture adoptée en octobre 2014. Les aides correspondantes de la PAC sont désormais déployées au niveau régional.

D’ores et déjà, des milliers d’agriculteurs pionniers cultivent et élèvent avec une double perspective économique et environnementale, que ce soit dans le cadre de l’agriculture biologique, de l’agriculture de conservation, de l’agriculture écologiquement intensive, de l’agriculture à haute valeur environnementale, de l’agriculture de précision… Le défi est de diffuser beaucoup plus largement ces pratiques « agro-écologiques » et donc d’aider la majorité des agriculteurs de notre pays, comme des autres régions du monde, à s’engager dans ces voies.

Il ne faut pas sous-estimer l’effort demandé aux agriculteurs. Faire évoluer ses pratiques professionnelles représente toujours un risque et celui-ci peut être diminué par des accompagnements en conseil, en formation ou en aide au travail de groupements d’agriculteurs par exemple.

Prenons un exemple : l’adoption d’une combinaison de pratiques nouvelles dans une exploitation agricole spécialisée en bovins élevés pour la viande[3]. Ces pratiques consistent notamment à

. évoluer vers un système plus herbager par accroissement de la part des prairies dans la sole fourragère (au détriment de l’ensilage de maïs) et par augmentation du pâturage (ce qui nécessite d’aménager le foncier pour accroître les surfaces accessibles depuis la salle de traite) ; 


. accroître la productivité des surfaces en herbe par l’utilisation de prairies à base de légumineuses en remplacement des prairies de ray-grass anglais fertilisé avec de l’engrais azoté de synthèse ; 


. optimiser le fonctionnement du troupeau en recourant à des systèmes de monitoring (pour gérer la reproduction), en avançant l’âge à la première mise bas (raccourcissant ainsi la durée d’élevage des femelles qui n’ont pas encore mis bas), en augmentant le nombre de cycles de production des vaches (ceci étant rendu possible par la meilleure gestion de la reproduction qui évite des fins de carrière précoces) et en ayant recours au croisement industriel (croisement de deux races aux aptitudes différentes) ; 


. adopter une gestion plus conservatrice de l’azote des effluents, en couvrant les fosses à lisier et les fumières et en utilisant un matériel spécifique lors de l’épandage.

L’étude de l’INRA qui développe cet exemple montre que l’adoption de pratiques agricoles plus durables est économiquement pertinente. Les auteurs concluent en effet que le système ainsi défini a un impact positif sur les performances productives (sur le plan quantitatif et qualitatif) et économiques, du fait de la forte réduction des charges variables et de l’accroissement du produit viande qui compense la baisse de la production laitière. Le temps de travail et sa pénibilité sont sensiblement réduits puisque la maximisation du pâturage limite le temps nécessaire à la récolte et à la distribution des fourrages conservés.

 

Réduire les pertes et gaspillages

Si elles sont mal mesurées à travers le globe, les pertes de denrées pèsent doublement sur l’environnement : les facteurs nécessaires à leur production – eau, terre, intrants fertilisants – ont été consommés pour rien ; et les déchets ainsi produits sont parfois polluants.

Les politiques de lutte contre les pertes et le gaspillage se déclinent dans trois directions : l’éco-conception, qui consiste à concevoir les chaînes de production pour éviter les pertes, la réduction des pertes lors de l’exploitation, et enfin le recyclage ou la réutilisation de la matière.

Le groupe d’experts du Comité de la sécurité alimentaire mondiale a publié en juin 2014 un rapport dressant un panorama des situations rencontrées sur les différents continents et proposant des mesures aptes à diminuer ces pertes et gaspillages de nourriture pour mieux assurer la sécurité alimentaire et nutritionnelle. Plusieurs pays ont adopté des politiques incitatives : les Etats-Unis, le Royaume-Uni, et plus récemment la France. Le Pacte national de lutte contre le gaspillage alimentaire porté par Guillaume Garot vise ainsi à réduire le gaspillage alimentaire de moitié d’ici 2025.

La méthode est intéressante en ce qu’elle mobilise l’ensemble des acteurs tout au long de la chaîne. Producteurs agricoles, marchés de gros, industriels, distributeurs, restaurateurs, associations et collectivités locales se sont engagés à agir.

Comment ? La récupération des invendus, l’adaptation des tailles des portions, la sensibilisation des acteurs ou des usagers, des formations dans les lycées et les écoles font partie de leurs programmes. La date limite d’utilisation optimale (DLUO), souvent mal comprise par les consommateurs, est par exemple remplacée par la formule « à consommer de préférence avant... » qui autorise implicitement le consommateur à manger des yaourts, par exemple, quelques jours après la date de péremption. Indirectement, cette lutte « anti-gaspi » participe de la diminution de la consommation énergétique globale.

 

Quels outils ou dispositifs pour favoriser des systèmes alimentaires durables ?

La production agricole est l’étape la plus importante pour favoriser la durabilité des systèmes mondiaux, soit par l’adoption de modèles de production intensivement écologiques, soit en évitant la déforestation.

La demande alimentaire des consommateurs sera un déterminent complémentaire. Au-delà de modes de production respectueux de l’environnement et de la lutte contre le gaspillage, le contenu de nos assiettes a également une influence importante sur la soutenabilité de l’alimentation du monde dans les décennies à venir. Les démographes prévoient un ralentissement du rythme d’augmentation de la population mondiale et, selon les hypothèses, entre 8,5 milliards et 11 milliards d’habitants sur la planète vers 2050. Avec la croissance économique de certains pays émergents et en voie de développement, les régimes alimentaires vont évoluer vers plus de calories, plus de diversité et plus de consommation de produits d’origine animale.

Or on sait que ces derniers utilisent plus de ressources de base que les produits d’origine végétale. En matière de gaz à effet de serre, le bilan des produits animaux doit prendre en compte les végétaux utilisés pour nourrir les animaux et leurs éventuelles éructations de méthane (pour les ruminants).

Ainsi, la viande des ruminants a un impact carbone (pour 100 g) deux à trois fois plus important que celui des poissons, du porc, de la volaille ou des œufs. Dans un scénario « business as usual » de prolongation des tendances actuelles, les pressions sur l’environnement nécessaires pour nourrir cette humanité de 9 milliards d’habitants seraient très élevées.

Même s’il serait simpliste de croire que les menus favorables à une bonne santé sont également favorables à l’environnement, l’adoption de régimes « modérés » pour les deux milliards de personnes actuellement suralimentées dans toutes les régions du monde sera bonne pour l’environnement, comme pour lutter contre l’obésité et les maladies métaboliques.

Plusieurs mouvements incitent à changer nos organisations ou nos pratiques de consommation. Il en est ainsi des circuits courts qui supposent une vente avec un seul intermédiaire (marchés en plein air, vente à la ferme ou plus récemment paniers des AMAP). 42% des Français achètent régulièrement des produits en circuits courts.

Mais l’analyse du cycle de vie des produits ainsi achetés n’est pas toujours plus favorable que celle des produits achetés par les circuits classiques de distribution. En effet, les dépenses de carburant au kilo sont plus importantes même si, par ailleurs, ces circuits sont plus favorables sur d’autres facteurs tels que la réduction du gaspillage ou le maintien de la biodiversité[4].

En outre, les consommateurs occidentaux, d’après une étude menée en France par Ethicity en 2015, se partagent en deux groupes très distincts : soit ils sont de plus en plus impliqués sur les questions environnementales, soit ils deviennent hostiles au sujet.

Pour ceux qui y sont sensibles, un affichage clair des qualités environnementales des produits alimentaires serait donc efficace. Cependant, d’après les distributeurs que j’ai interrogés lors de ma mission sur le projet agro-écologique, ils privilégient le produit à qualité environnementale en cas de prix égal mais ne seraient prêts à payer plus que dans des cas où ils penseraient agir pour leur santé en achetant ce produit.

Les produits biologiques, les porcs élevés sans antibiotiques, les poulets nourris sans OGM, relèvent de cette catégorie. Pour les autres denrées, le prix payé par le marché ne rémunérera pas l’effort fait par les producteurs pour améliorer telle ou telle composante de l’environnement (diminution du gaz à effet de serre, contribution à la biodiversité, amélioration de la qualité de l’eau des nappes phréatiques…).

Dès lors, seules d’autres incitations comme des subventions (qui peuvent être conditionnées à des mesures agro-environnementales), le développement de marchés de certificats d’économie d’énergie, et peut-être demain de certificats d’économie de produits phytosanitaires, pourront orienter les pratiques pour contribuer à la durabilité des systèmes alimentaires.

 

 

 

 

[1]. Présidente d’Agreenium, ancienne présidente de l’INRA.

[2]. S. Paillard et al, Agrimonde. Scénarios et défi pour nourrir le monde en 2050, Paris, Quace, Paris, 2011.

[3]. Extrait légèrement modifié du rapport Le Projet agro-écologique : vers des agricultures doublement performantes pour concilier compétitivité et respect de l’environnement. Déclinaison pour quelques orientations productives, H. Guyomard, C. Huyghe, J.-L. Peyraud et al., INRA, mai 2013.

[4]. Voir l’article d’Y. Chiffoleau dans L’Alimentation à découvert, op. cit.

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12
Fév
'17

L’accord de Paris : une perspective historique Christian de Perthuis et Raphaël Trotignon

 

 

 

La négociation climatique sous l’égide des Nations Unies a démarré en 1990 avec la publication du premier rapport d’évaluation du Groupement Intergouvernemental des Experts sur le Climat (GIEC), un quart de siècle avant la conférence de Paris tenue en décembre 2015. Durant cette période, la prise de conscience des risques climatiques s’est élargie. La connaissance scientifique du phénomène a beaucoup progressé. Elle s’est diffusée auprès des décideurs grâce aux cinq rapports d’évaluation du GIEC. Les premiers impacts du réchauffement ont pu être observés, confirmant, et au-delà, les prévisions des modèles climatiques.

Vingt-cinq ans de négociation climatique n’ont jusqu’à présent pas eu d’effet observable sur les trajectoires d’émission de gaz à effet de serre. Bien loin de s’infléchir, les émissions mondiales ont même accéléré entre 2000 et 2013, atteignant un rythme de croissance inédit depuis le premier choc pétrolier. Le succès diplomatique de Paris est-il susceptible de mettre fin à la « Course de lenteur » de la négociation, suivant l’expression d’Amy Dahan et Stephan Aykut (2014), ou au « Waiting game » suivant celle de Jean Tirole et Christian Gollier (2014) ?

S’il est ratifié par suffisamment de parties, l’accord de Paris peut amorcer un nouveau départ dans le cycle de la négociation multilatérale su le climat. Cet accord marque un double dépassement par rapport au monde « unijambiste » de Kyoto et aux facilités du « libre-service » introduites à Copenhague. Mais il ne fournit qu’un cadre, certes évolutif, destiné à favoriser l’action. Sa capacité à mordre effectivement dans les émissions dépendra de la façon dont on va désormais remplir ce cadre. C’est ici qu’intervient le rôle des instruments économiques et de la tarification du carbone. Questions épineuses que les diplomates ont soigneusement éludées, reportant à plus tard les questions qui fâchent. D’une certaine façon, la vraie négociation va maintenant démarrer.

 

Un démarrage sur les chapeaux de roue

Comme pour la couche d’ozone, ce sont les scientifiques qui ont alerté la société sur les risques du réchauffement de la planète via le GIEC, un réseau de scientifiques créé en 1988 sous la double tutelle de l’Organisation Météorologique Mondiale et du Programme des Nations-Unies pour l’Environnement. Sa mission : évaluer l’état des connaissances sur le climat et les communiquer à intervalles réguliers aux décideurs.

Sitôt le GIEC créé, les premières étapes de la négociation internationale s’enchainent comme sur des chapeaux de roue : premier rapport d’évaluation du GIEC en 1990 ; Convention Cadre des Nations unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC) en 1992 ; Protocole de Kyoto en 1997.

Signée en 1992 par plus de 120 pays au sommet mondial de la Terre de Rio, la Convention Climat (CCNUCC) entre en vigueur en mars 1994. Elle a été ratifiée depuis par 196 parties, soit la quasi-totalité des pays du monde. La Convention Climat pose les fondements de la coopération internationale face au changement climatique.

Son organe suprême, la Conférence de parties (COP), réunit les représentants de tous les États ayant ratifié la Convention. Suivant le principe mutualiste des Nations-Unies, tous les pays, petits ou grands, ont une voix équivalente, avec la règle du consensus pour toute prise de décision. Avec 196 parties, on imagine la complexité du processus et les risques de blocage. La COP se réunit une fois par an, traditionnellement début décembre. La première COP s’est tenue à Berlin, en décembre 1995. Celle de Paris, réunie en décembre 2015, était donc la 21e du même nom.

La COP est dotée d’un secrétariat opérationnel qui met en application les décisions prises et assure la collecte et le contrôle des informations que chaque partie à la Convention Climat s’est engagée à fournir. Ce volet est d’une grande importance : la crédibilité de tout accord environnemental repose sur un système fiable et indépendant de Mesure, Reporting et Vérification (MRV) des sources de polluants et des engagements de chaque pays.

La Convention Climat ne fournit pas seulement un cadre multilatéral de discussion entre pays et une structure administrative de suivi. Elle avance trois principes qui doivent fonder la coopération internationale face au risque climatique.

 

Trois principes fondateurs

Le premier principe de la Convention Climat est la reconnaissance par le droit international de l’existence du réchauffement climatique et de son lien avec les émissions anthropiques de gaz à effet de serre. En ratifiant la Convention, un État reconnaît théoriquement ces phénomènes, documentés plus en détail dans les rapports d’évaluation transmis par le GIEC aux décideurs.

Le deuxième principe fixe à la communauté internationale l’objectif ultime d’agir face au réchauffement pour prévenir « toute perturbation anthropique dangereuse du système climatique ». La Convention de 1992 reste vague sur la traduction opérationnelle de cette cible de long terme. À partir de la conférence de Copenhague (2009), la cible est traduite par l’objectif de limiter le réchauffement climatique à 2°C relativement à l’ère préindustrielle. Objectif ambitieux, mais qui reste abstrait car aucun gouvernement du monde n’agit directement sur la température. Une grande partie des discussions de la COP-21 a porté sur le niveau de cet objectif et sa traduction en termes de trajectoires d’émission.

Troisième principe : la responsabilité « commune mais différenciée » face au changement climatique. En ratifiant la Convention, chaque État reconnaît porter une partie de la responsabilité collective. Responsabilité différenciée signifie que chacun n’a pas le même degré de responsabilité suivant son niveau de développement. La différenciation du degré de responsabilité est un critère d’équité aux fondements peu discutables. Tout l’art de la négociation climatique va consister à s’accorder sur sa traduction opérationnelle.

La Convention Climat classe les pays en deux groupes : les pays industrialisés et les pays en développement. Les premiers, à l’origine des trois quarts des émissions mondiales de gaz à effet de serre accumulés entre 1850 et 1990, portent une responsabilité historique prépondérante. Ils sont recensés dans l’Annexe I qui regroupe les pays développés ainsi que la Russie, l’Ukraine et les pays d’Europe de l’Est. Les autres pays, « hors Annexe I », n’ont pas la même responsabilité historique et la Convention leur reconnaît un droit prioritaire au développement. Cette représentation binaire du monde, déjà discutable en 1992, est en total déphasage avec la réalité du monde contemporain. Elle a pourtant été gravée dans le marbre par le protocole de Kyoto signé en 1997 au terme d’un marathon diplomatique entre les deux premiers émetteurs de l’époque : États-Unis et l’Union Européenne.

 

Protocole de Kyoto : l’accord unijambiste

Le protocole de Kyoto constitue le premier texte d’application de la Convention Climat. Il introduit une double innovation dans la vie internationale : au plan juridique, des engagements contraignants sur les émissions de gaz à effet de serre ; et au plan économique, un système d’échange de permis entre pays, couplé à deux mécanismes de projet.

Le caractère juridiquement contraignant (legally binding) des engagements portant sur les émissions fut considéré à l’époque comme une rupture majeure. Le débat sur la qualification juridique de l’accord fit rage lors de la conférence de Copenhague où devait naître un successeur à Kyoto. En réalité, le caractère contraignant d’un traité international est des plus relatifs. On sort d’un accord comme celui de Kyoto par l’envoi d’un simple courrier au secrétariat de la Convention qui vous libère de vos obligations au bout d’un an. Le Canada l’a expérimenté en 2011. En revanche, la forme juridique du protocole de Kyoto a rendu impossible sa ratification par les États-Unis du fait de l’hostilité du Sénat américain.

Les engagements « contraignants » pris à Kyoto concernent les pays de l’Annexe I de la Convention (avant le retrait des États-Unis et hors Turquie). Ils couvrent les émissions de six gaz à effet de serre d’origine anthropique. Ils s’appliquent aux sources d’émissions (hors transports internationaux) situées sur le territoire des pays concernés, soumis à des obligations très strictes de MRV. Ces pays sont autorisés à porter à leur crédit le stockage du carbone par les forêts et, sous certaines conditions, par les sols agricoles. En moyenne, ces pays doivent ramener leurs émissions de la période 2008-2012 à 5,3 % en dessous de 1990.

La seconde innovation de Kyoto est de coupler ces plafonds d’émission à un système international d’échange de permis et subséquemment de faire apparaître un prix international du carbone. Un système séduisant sur le papier, mais qui n’a guère eu d’impact sur la réalité du fait du retrait des États-Unis et de l’octroi excessif de droits à la Russie.

En application du principe de différenciation de la responsabilité, les pays en développement (hors Annexe I) sont exonérés de tout engagement de réduction d’émission et même de pratiquement toute obligation de reporting à l’égard de la Convention Climat. Ils peuvent en revanche bénéficier du Mécanisme pour un Développement Propre (MDP) qui permet aux pays riches de créditer des réductions d’émission obtenues par des projets conduits dans les pays échappant à la contrainte.

Le MDP a permis de générer de l’ordre de 350 milliards de dollars d’investissement dans les pays hors Annexe I. Le bilan des réductions d’émission opérées dans ces pays est délicat à établir. Durant la période, les émissions ont accéléré en Chine, qui a émis près de 60 % des crédits, de même qu’en Corée et en Inde, autres grands utilisateurs du mécanisme. L’objectif d’utiliser le MDP pour drainer de l’investissement vers les pays moins avancés est resté expérimental.

Avec le recul, il est clair que le protocole de Kyoto n’a pas délivré les résultats attendus. Sa faiblesse intrinsèque, accentuée par le retrait des États-Unis, tient à son caractère unijambiste. En faisant reposer sur les seuls pays développés l’intégralité des obligations, il laisse le champ libre à l’accroissement des émissions dans le reste du monde. Il incite même les pays émergents à les accroître à court terme pour renforcer leur posture de négociation à moyen terme. Les promoteurs du protocole de Kyoto imaginaient gommer cette faiblesse en intégrant progressivement les autres pays dans la structure de Kyoto.

 

Au « libre-service » de Copenhague

Réunie pour fixer les règles de « l’après Kyoto », la conférence de Copenhague (2009) constitue un revers diplomatique pour l’Union Européenne dont l’ambition était d’élargir le dispositif de Kyoto à d’autres pays.

Cet échec parfois attribué à une « organisation défaillante » de la conférence renvoie à une question de fond. L’architecture de Kyoto repose sur la logique dite du « grand-père », consistant à répartir les droits d’émission sur des bases historiques. Sitôt qu’on associe une valeur à ces droits via la tarification du carbone, on attribue une rente économique élevée aux pollueurs historiques : États-Unis, Europe, Russie… Il devient dès lors impossible d’élargir les engagements aux nouveaux émetteurs, sauf à changer la règle de distribution des droits, ce que l’Europe n’a jamais sérieusement considéré. Un « super-Kyoto » basé sur une répartition égalitaire des droits par habitant serait plébiscité par l’Inde, l’Afrique et l’ensemble des pays en développement. Ce sont les pays riches qui sont opposés à une telle architecture qui leur coûterait très cher !

Pour trouver une porte de sortie honorable, la conférence accouche d’un document de trois pages, « l’Accord de Copenhague », rapidement mis au point lors de consultations entre les représentants des grands pays émergents, Chine, Inde, Afrique du Sud, Brésil, et ceux des États-Unis. L’Europe et le Japon se rallient à ce texte rédigé sans eux, de même qu’une majorité des pays en développement, attirés par les promesses de financements. La Conférence des parties « prend note » de l’accord de Copenhague, ce qui signifie en langage diplomatique qu’elle ne l’adopte pas, faute de consensus : seules 119 parties sur 196 ont apporté leur soutien au texte. Les principales dispositions de Copenhague seront cependant réintroduites dans le cadre de la Convention Climat lors de la conférence de Cancún (2010).

Outre la référence aux +2°C comme cible de long terme, Copenhague introduit un mode de fixation décentralisé des objectifs dans lequel chaque pays détermine sa contribution à l’effort commun. Les pays émergents, notamment la Chine, le Brésil et l’Inde, affichent des objectifs (modestes) de réduction de leurs propres émissions. C’est une première entorse à l’interprétation binaire du principe de différenciation de la responsabilité. La deuxième jambe qui faisait tant défaut au protocole de Kyoto ?

L’avancée reste largement déclarative en l’absence d’accord sur un dispositif commun de MRV. Comme au libre-service, chaque pays peut composer à la carte sa contribution. Les objectifs de réduction d’émission peuvent porter sur des périmètres différents, des années de référence qui ne correspondent pas, des inventaires d’émission établis de façon disparate. Concilier le mode décentralisé de coopération climatique avec un système rigoureux et indépendant de MRV devient l’un des nœuds de la négociation.

L’autre grand volet porte sur les instruments économiques et financiers. En contrepartie de leurs engagements sur les émissions, les grands pays émergents obtiennent de la part des pays développés la promesse de transférer 100 milliards de dollars par an à partir de 2020 vers les pays en développement. Objectifs : y faciliter la mise en œuvre de stratégies de réduction d’émission et d’adaptation aux impacts du changement climatique. Une structure ad hoc, le Fonds Vert pour le Climat, est créée sous l’égide de la Convention Climat dont le mode de gouvernance fera l’objet de longues tractations.

 

Paris : un beau succès diplomatique… 

Deux ans après Copenhague, la conférence de Durban (2011) fixe un calendrier pour trouver la synthèse entre la formule unijambiste de Kyoto et celle du libre-service de Copenhague. Quatre ans sont donnés aux négociateurs pour parvenir fin 2015 à un accord universel devant entrer en vigueur en 2020.

Mission accomplie le 12 décembre 2015, avec l’adoption en séance plénière des 29 articles de « l’Accord de Paris » et d’une décision qui précise ses conditions d’entrée en vigueur. L’accord s’inscrit dans la démarche ascendante inaugurée à Copenhague. Il abandonne toute velléité d’objectifs contraignants raccordés à des instruments économiques, mais crée un nouveau cadre d’application de la Convention Climat s’écartant du monde binaire figé à Kyoto au nom de la différenciation de la responsabilité.

À la demande des États insulaires les plus menacés par le réchauffement, la cible de long terme est renforcée pour se situer entre +2°C et +1,5°C, la borne inférieure devant être documentée par un rapport spécial du GIEC. L’accord ne comporte pas d’objectif chiffré en termes d’émissions, mais vise à dépasser « le plus tôt possible » le pic mondial pour ensuite refluer rapidement et atteindre au cours de la seconde partie du siècle la neutralité carbone avec des émissions brutes résiduelles compensées par les capacités d’absorption du CO2 par des puits naturels ou artificiels. Cette trajectoire est inspirée des travaux du 5ème rapport d’évaluation du GIEC (octobre 2014), en omettant toutefois les objectifs intermédiaires de 2050, retirés à la demande de pays pétroliers.

La trajectoire globale n’est pas déclinée entre pays ou groupes de pays dans le texte de l’accord qui renvoie aux « contributions déterminées au niveau national » (NDC pour Nationally Determined Contributions). La grande majorité des pays ont transmis au secrétariat de la Convention un premier jeu de contributions intentionnelles avant le démarrage de la conférence. D’après le secrétariat de la Convention, la mise en œuvre intégrale de ces contributions intentionnelles conduirait à des émissions mondiales de l’ordre de 55 milliards de tonnes de CO2eq en 2030, soit 10 % au-dessus du niveau actuel et bien au-delà des 40 milliards requis pour limiter les risques d’un réchauffement de plus de 2°C.

Ces 55 milliards doivent être considérés comme la baseline à laquelle conduirait la mise en œuvre des politiques annoncées. L’accord de Paris est structuré pour que cette baseline issue des communications des pays soit établie avec une rigueur croissante et se rapproche d’une trajectoire compatible avec les cibles de long terme.

Le premier levier pour y parvenir est le renforcement de la MRV qui doit s’appliquer graduellement à toutes les parties, avec une flexibilité particulière pour les petits États insulaires et les pays moins avancés auxquels l’accord de Paris reconnait un statut particulier. Le renforcement de la MRV se traduit par des obligations diverses en matière de reporting, s’appliquant graduellement à tous les pays. En matière de NDC, toutes les parties doivent remettre au secrétariat un jeu actualisé de contributions à partir de 2018. L’accord prévoit ensuite un processus de révision quinquennale sur la base d’un bilan global préalable, le premier étant programmé en 2025, avec un effet de cliquet interdisant toute révision à la baisse des objectifs visés.

Le second levier concerne le volet financier pour lequel l’accord de Paris se contente de formules trop générales pour être engageantes. Les pays développés doivent tenir puis accroître les engagements déjà pris. Les pays émergents sont implicitement appelés à fournir des moyens complémentaires, ce que la Chine, acteur central dans la négociation, s’est empressé d’annoncer. Les 100 milliards de dollars promis à Copenhague sont considérés comme un plancher à dépasser. Outre les besoins d’adaptation et d’atténuation des pays moins avancés et insulaires, une partie des financements devra faciliter les transferts de technologie. L’accord écarte en revanche toute compensation financière au titre des « pertes et préjudices » dus aux changements climatiques.

L’article 6 promeut enfin, sur la base du volontariat, des actions de coopération entre parties qui souhaiteraient accroître l’ambition de leurs actions climatiques. Ces coopérations peuvent concerner des domaines techniques ou réglementaires ou des instruments économiques comme l’échange de crédits au titre de réductions d’émission. Cette partie de l’accord ouvre la voie, sans le dire explicitement, à un grand nombre de formules possibles en matière d’élargissement de la tarification du carbone entre pays.

 

… mais une corbeille qui reste à remplir

Vingt-cinq ans après le démarrage de la négociation, l’accord de Paris crée un cadre cohérent pour la mise en application de la Convention Climat. Un contraste saisissant avec les deux petites années qui avaient suffi à organiser le cadre de la riposte face à la destruction de la couche d’ozone ! Le succès diplomatique de Paris peut-t-il mettre fin à la course de lenteur de la négociation sur le climat ? Tout dépend de ce que vont maintenant entreprendre les différents acteurs du jeu. L’accord est une belle corbeille, soigneusement tressée par les négociateurs pour ne froisser personne. Reste à la remplir !

La première condition pour remplir la corbeille, est de franchir l’étape de la ratification de l’accord par les gouvernements, processus ouvert au siège des Nations-Unies le 22 avril 2016. Pour entrer en application, l’accord doit être signé par au moins 55 parties représentant ensemble au minimum 55 % des émissions mondiales. Cette règle est inspirée du protocole de Kyoto dont la ratification avait pris sept ans. Elle pourrait être moins contraignante car la forme juridique et le texte de l’accord de Paris ont été calibrés pour permettre une ratification par simple décret présidentiel aux États-Unis.

Il subsiste néanmoins un certain risque lié au contexte politique des grands pays émetteurs. Avec le fort ralentissement de la croissance, la préoccupation climatique pourrait reculer chez les responsables chinois. Les États-Unis sont dominés par un Congrès hostile comme le sont les candidats républicains au prochain scrutin présidentiel. Affaiblie par son immobilisme interne, l’Europe n’a plus grand poids en matière de diplomatie climatique. Lors de la conférence, l’Inde a quitté ses habits d’opposant historique, mais elle exigera des contreparties à sa signature. Le Japon pratique le rétropédalage. Peu de choses à attendre également du côté de la Russie et des pays pétroliers qui n’ont soutenu que du bout des lèvres un document qu’ils ont préalablement expurgé de toute formulation potentiellement contraignante.

Une fois ratifié, le remplissage de la corbeille va consister à intégrer d’ici 2020 les contributions nationales des différents pays, sur la base des intentions qui ont été déposées à l’amont de la conférence. Un processus de « dialogue » entre les parties doit permettre d’améliorer ces contributions en 2018 et 2019. Dans l’esprit des promoteurs de l’accord, la confiance réciproque et le cadre multilatéral doivent permettre d’échapper à la course au moins disant, classique dans ce genre de situation. En pratique, un rehaussement de ces contributions d’ici 2020 est improbable. Il existe même un risque de dégradation de l’ambition, car nombre de pays en développement ont subordonné leurs contributions intentionnelles à l’existence de soutiens financiers fournis par les pays riches. Or, le succès diplomatique de Paris n’a guère apporté de visibilité en la matière.

Une fois sur les rails, l’accord de Paris prévoit un processus global de révision des contributions nationales tous les cinq ans, réalisé à partir d’un bilan mondial. Ce processus vise à inciter chaque partie à rehausser son ambition, dans un processus de concurrence devenue vertueuse où le moins disant serait sanctionné par la perte de réputation et le plus disant par une avancée plus rapide que ses concurrents sur la voie de la transformation de son économie vers un régime sobre en carbone. Le premier processus doit être lancé en 2025 sur la base d’un bilan établi en 2023.

Le nouveau cadre de Paris peut-il spontanément créer les conditions d’une concurrence devenue vertueuse en matière de politiques climatiques ?

À bien des égards, les opportunités sont inédites. Grâce aux progrès techniques et aux expérimentations locales, des solutions alternatives aux énergies fossiles se multiplient. De nouvelles filières économiques s’organisent et vont contrebalancer le poids des lobbies historiques. Des alliances se dessinent entre acteurs économiques et territoriaux qui souhaitent aller plus rapidement que les gouvernements. Autre élément important : la prise de conscience des bénéfices sanitaires quasi-immédiats associés à une accélération des politiques climatiques, notamment au recul du charbon. Il y a là un facteur clef d’adhésion des populations dans les pays émergents d’Asie. Nombre de pays moins avancés prennent conscience du potentiel des systèmes énergétiques décentralisés pour améliorer rapidement et au moindre coût l’accès de tous à l’énergie.

L’accord sous-estime cependant les règles de fonctionnement de l’économie globalisée où les décisions se prennent en fonction des valeurs indiquées par les prix. Or ces prix n’intègrent encore que marginalement le coût des dommages climatiques associés aux émissions de gaz à effet de serre, ce que les économistes appellent le prix du carbone. Avec ces règles du jeu, des investissements considérables ont accru la quantité globale de charbon de pétrole et de gaz naturel qu’il sera techniquement possible et économiquement rentable de puiser dans le sous-sol dans les décennies à venir. Pour inverser ces tendances lourdes, il est urgent d’intégrer la valeur du climat dans l’échelle des prix qui guide les décisions économiques en tarifant le carbone. Il reste donc encore un ingrédient majeur à déposer dans la corbeille de Paris pour passer à un régime de concurrence où le plus disant en matière climatique deviendra le vrai gagnant : le prix du carbone !

 

Bibliographie

Christian Gollier, Jean Tirole, “Negotiating effective institutions against climate change”, Economics of Energy and Environmental Policy, 2015-4.

Christian de Perthuis, Pierre-André Jouvet, Green Capital: A New Perspective on Growth, Columbia University Press, 2015.

Christian de Perthuis, Raphaël Trotignon, Le Climat à quel prix ? La négociation climatique, Odile Jacob, 2015.

William Nordhaus, The Climate Casino: Risk, Uncertainty and Economics for a Warming World, Yale University Press, 2013.

Stefan Aykut, Amy Dayan, Gouverner le climat ? Vingt ans de négociations internationales, Presses de Science Po, 2014.

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12
Fév
'17

Les pétroles non conventionnels américains dans un contexte de prix dégradés Thierry Salmona

 

 

La chute des prix du pétrole qui s’est produite à l’automne 2014 a considérablement changé la donne pour les pétroles non conventionnels américains. En coûts complets, ceux-ci se situent dans le troisième quartile des pétroles mondiaux les moins chers à produire. Le prix actuel de 50 à 60 dollars par baril limite le nombre de nouveaux forages qui peuvent être réalisés de façon économiquement raisonnable. Une baisse de plus de moitié de l’activité de forage aux États-Unis s’en est suivie.

Ce niveau de prix bas du pétrole n’est pas compatible avec l’approvisionnement du monde en pétrole à long terme. Mais les prix peuvent se maintenir à un niveau bas pendant le temps nécessaire d’une part à la baisse des stocks, d’autre part à la baisse des productions américaines de brut, lesquelles décroissent désormais de façon lente mais régulière.

Les courbes de déclin des puits non conventionnels sont plus rapides que celles des puits traditionnels et les prix de production à court terme sont supérieurs à la plupart de ceux des pétroles traditionnels. Cela va conduire à des adaptations rapides de l’industrie et des productions. Les productions vont se stabiliser à court terme puis décliner, contribuant parallèlement à la poursuite de l’augmentation de la consommation mondiale, à l’équilibre du marché et au raffermissement des prix.

En l’absence du rôle régulateur que l’OPEP a désormais cessé de jouer, les pétroles non conventionnels américains peuvent ainsi devenir le facteur d’équilibre du marché. Dans le même temps l’industrie a déjà commencé à s’adapter très rapidement et la possibilité de baisse des coûts va jouer un rôle très important dans l’évolution.

 

 

Depuis le début de l’année 2010, les pétroles dits non conventionnels nord-américains sont venu ajouter, en rythme instantané, une production de brut de 5 à 6 millions de barils par jour environ (pétrole et condensats) portant la production mondiale de pétrole (hors OPEP) de 52 (2010) à 57,5 (2015) millions de barils par jour. Ces quantités s’ajoutent aux 6,3 millions de barils (équivalent pétrole) de gaz produits par les mêmes techniques non conventionnelles. Dans le même temps, la consommation mondiale de pétrole évoluait de 88 à 92 millions de barils par jour.

Jusqu’à l’automne 2014, ces productions supplémentaires n’ont pas eu d’impact sur les cours du brut. La demande et l’offre sont restées plus ou moins équilibrées pendant cette période. Toutefois, depuis le début de l’année 2014, les productions ont été significativement supérieures aux consommations. Ces dernières sont restées moins vigoureuses que prévu avec des prévisions régulièrement révisées à la baisse tandis que le rythme moyen de production ne cessait d’augmenter, aux saisonnalités près.

Sur période plus longue, un tel déséquilibre a déjà existé. Les prévisions de l’EIA sont qu’il faudra attendre l’année 2017 pour retrouver le retour à l’équilibre.

Pour se faire une idée de l’impact possible de cet accroissement de la production aux États-Unis, on peut aussi remarquer que ces cinq à six millions de barils supplémentaires ont été retirés du commerce international puisque produits aux États-Unis et consommés localement. Ils sont une fraction significative des 56 millions de barils jours échangés régulièrement dans le monde.

Dans un contexte de prix bas, il est légitime de se demander si la production de pétroles non conventionnels nord-américains est destinée à se poursuivre ou si, faute de rentabilité suffisante des investissements, cette production est destinée à s’arrêter. Pour tenter de répondre à la question, regardons le positionnement des non conventionnels américains dans l’approvisionnement global du monde en pétrole, et les évolutions possibles de celui-ci.

 

Comment se forment les prix

Selon la théorie économique, sur un marché où l’offre est égale à la demande, le prix d’une commodité est le prix de la ressource la plus chère disponible pour satisfaire une demande additionnelle. Les prix pourraient donc « en théorie » être représentés et prévus par une courbe qui présente les diverses sources possibles d’approvisionnement par ordre de prix de revient croissant. Cette courbe est assez bien représentée ci-dessous.

 

image

Prix de revient du baril de brut, par source d’approvisionnement
Source : Advancy Consulting, EIA, Imerys Analysis. Les coûts présentés ici sont les coûts à long terme. Ils représentent les prix du brut nécessaires pour déclencher des décisions d’investissement.

 

La lecture de ce graphique est simple : les 25 millions de barils les plus économiques sont produits au Proche-Orient, à un coût compris entre 5 et 25 dollars le baril, les 15 suivants sont produits par les autres gisements conventionnels. Viennent ensuite les extractions de l’Arctique, les hydrocarbures de récupération assistée (Enhanced Oil Recovery ou EOR) et la Russie. Les non conventionnels américains se situent dans une la catégorie suivante, qui va de l’offshore profond aux pétroles de la mer du Nord. Viennent ensuite les sables bitumineux canadiens, aujourd’hui considérés comme la ressource la plus chère.

Les coûts de production ci-dessus sont indicatifs. Le bas des rectangles indique les coûts des champs les meilleurs dans la zone considérée, et le haut des rectangles les coûts des champs les pires dans la zone considérée. Les chiffres sont en gros ceux correspondant à la situation qui prévalait jusqu’à 2014. Les points bleus sont la moyenne de la zone considérée. Depuis, certains coûts de production ont été adaptés par l’industrie. C’est notamment le cas pour les pétroles non conventionnels américains.

Le mérite de cette présentation est de faire apparaître la fourchette de prix de production et le prix moyen. Les non conventionnels américains se situent entre 50 et 75 dollars par baril, avec une moyenne de 62.

Le prix de revient de la ressource la plus chère nécessaire pour satisfaire à l’approvisionnement mondial est entre 80 et 100 dollars par baril. Tant que le système était équilibré (autrement dit tant que les producteurs les moins chers adaptaient leur production pour équilibrer le marché et maintenir les prix, rôle joué par l’OPEP jusqu’à mi-2014), le prix du pétrole se situait dans ces environs, à quelques variations près liées aux mouvements de stocks. Dans l’hypothèse où la consommation mondiale de pétrole continue à croître lentement comme on le constate depuis des années, le prix à long terme nécessaire pour maintenir les approvisionnements à long terme devrait donc se situer autour de 90 dollars.

Dans ce cadre, les pétroles non conventionnels américains se situent dans le troisième quartile des ressources les moins chères à produire. Autrement dit, ils deviennent non compétitifs après qu’un quart à un tiers environ des ressources de la planète le sont devenues. Dans ces conditions, l’investissement dans les non conventionnels américains et dans toutes les industries associées a paru raisonnable aux sociétés pétrolières, aux parapétroliers et aux banques prêteuses. D’où le succès et la croissance constatée de leur production aux États-Unis.

 

Le nouveau contexte

Que s’est-il passé en 2014 ? La consommation augmenté plus faiblement qu’escompté. Les pays OPEP et non OPEP ont augmenté leur production tout au long de l’année. Le monde non OPEP a augmenté sa production d’une quantité à peine supérieure à l’accroissement des productions américaines, cependant que les pays de l’OPEP augmentaient leur production, l’Arabie Saoudite cessant de jouer son rôle d’amortisseur.

Ces deux phénomènes ont produit une remontée des stocks très forte depuis le début du mois de janvier 2014, après une période pendant laquelle les stocks avaient plutôt tendance à baisser.

Résultat : au prix actuel du baril de pétrole, environ 40% des productions mondiales ne sont pas rentables : les hydrocarbures non conventionnels, mais aussi certains pétroles russes, une bonne partie des pétroles de la mer du Nord, etc.

On pourrait en déduire que le prix actuel n’est pas soutenable à très long terme. C’est encore plus vrai si on regarde non plus les coûts de production mais les prix nécessaires pour équilibrer les budgets des pays de l’OPEP. Pour équilibrer durablement leurs budgets de dépense, ceux-ci ont besoin de prix du pétrole au minimum à 60 dollars pour le Koweit, et plutôt autour de 100 en moyenne. Le maintien des prix au niveau actuel n’est donc pas envisageable sur très longue période.

 

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Prix nécessaires aux pays de l’OPEP pour équilibrer leur budget

 

Les prévisions de l’Agence internationale de l’énergie remontent doucement vers un court du brut se rapprochant de 60 dollars en 2017, un prix autour duquel les investissements dans les non conventionnels redeviennent attractifs.

À court terme ce sont les coûts directs hors amortissement qu’il faut considérer. C’est la raison pour laquelle les productions se maintiennent. Mais, comme on va le voir, les productions non conventionnelles vont baisser plus vite que les conventionnelles.

L’activité de forage a fortement baissé avec la baisse des prix, comme le montre la courbe d’évolution du nombre de plateformes à l’œuvre aux États-Unis produite par la société Baker Hugues.

 

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Engins de forage à l’œuvre aux États-Unis.
Source : Baker Hugues

 

En 2011 la chute des prix avait eu de façon similaire un impact très important sur le nombre de plateformes de forage à l’œuvre dans les puits gaziers. Celle-ci avait alors été compensée par une augmentation quasi simultanée du nombre des forages destinés à l’extraction de pétrole ou d’hydrocarbures liquides.

En 2012 plusieurs phénomènes se sont conjugués pour limiter l’impact des prix du gaz sur la décroissance de l’activité.

D’une part les forages nouveaux sur les puits à gaz ont été arrêtés. D’autre part les forages destinés à l’extraction d’hydrocarbures liquides ont cru à très grande vitesse. Par ailleurs, les productions d’hydrocarbures liquides ont souvent des quantités de gaz associés, (comme d’ailleurs souvent les productions de gaz génèrent des produits liquides ou condensats). Ces gaz supplémentaires ont continué à alimenter la croissance de la production. Enfin on ne peut s’empêcher de mentionner le Quantitative Easing américain qui a permis l’accès à des financements extrêmement bon marché des projets de forage.

Aujourd’hui, ces mécanismes amortisseurs ne sont plus disponibles pour l’activité de forage. Il n’y a pas de substitution évidente à l’activité de forage de puits de pétrole dans un cadre où les prix du gaz et du pétrole sont tous deux dégradés. Les opérateurs qui cherchent un rendement de leur investissement se concentrent donc sur les champs les plus économiques, et le nombre de nouveaux forages est extrêmement réduit.

 

La baisse de la production a commencé

À court terme, les puits en production restent actifs. Autrement dit, pendant un certain temps les non conventionnels sont produits à coût (hors amortissement) quasi nul. C’est la raison pour laquelle la baisse des productions est lente. Elle a commencé au milieu de l’année 2015 à un rythme voisin de 1 million de barils jour par an. On observe évidemment une baisse du nombre de forages, dont les effets commencent à se faire sentir depuis la mi-2015 environ.

Un des paramètres à prendre en compte est la courbe de déclin des différents gisements pétroliers. Une singularité des puits non conventionnels est que leur courbe de décroissance est plus rapide que celle des puits conventionnels. On peut même, à partir des courbes de décroissance, estimer les productions à venir et le nombre de forages supplémentaires nécessaires pour maintenir les productions en 2015 et 2016.

Prenons un exemple, à partir du champ de Bakken. Il est bien entendu que comme les puits n’ont pas tous la même courbe de décroissance, le calcul est une approximation et donne de simples ordres de grandeurs.

Notons pour commencer une différence significative entre la courbe de production des gisements conventionnels et des gisements non-conventionnels. Alors que la production d’un puits conventionnel monte en puissance les trois premières années avant de décroître progressivement, le pic de production d’un puits à Bakken est immédiat, mais la production journalière baisse ensuite rapidement, de 65% au cours de la première année, de 35% la seconde, de 15% en année 3, et ensuite de 10% par an.

À l’aide de cette courbe et de l’information disponible sur l’âge des puits, on peut modéliser, en fonction du nombre de forages réalisés en 2015, la décroissance de la production dans cette zone à la fin de 2015.

Dans le tableau ci-dessous, les index de production sont calculés en appliquant à une production de 100 (production de l’année 1) les taux de décroissance par année en fonction de l’âge des puits.

Age

Nombre de puits

Index de production (base 100 pour un puits neuf)

Déclin prévisible par puits en 2015

>6 ans

500

14

10%

5 à 6 ans

500

16

10%

4 à 5 ans

750

17

10%

3 à 4 ans

1300

19

10%

2 à 3 ans

1900

23

15%

1 à 2 ans

1900

35

35%

0 à 1 ans

2200

100

65%

Puits de 2015

1779

100

0%

Baisse 2015/2014

 

0%

 

Tous calculs faits on peut calculer ainsi un modèle de la décroissance prévisible en 2015 de la production sur le champ de Bakken, en fonction du nombre de puits forés.

 

Déclin de la production de la zone de Baken en fonction du nombre de forages en 2015

Image salmona 4

Source : Imerys estimate

Autrement dit, sur ce champ particulier, pour que la production à fin 2015 soit identique à celle de 2014, il aurait « suffi » que le nombre de puits forés soit de 1800, contre 2200 en 2014. En réalité, la baisse a été très supérieure, de 50% environ de sorte qu’on se situe plutôt à gauche de la courbe ci-dessus.

Au global, si on regarde l’ensemble des bassins pétroliers, le nombre de plateformes à l’œuvre a baissé de 50% par rapport à la moyenne de 2014. Ce modèle très simple permet de « prédire » une baisse d’un million de barils jour de production de pétrole non conventionnel au cours de l’année 2015 par rapport à l’année 2014. Le chiffre réel a été un peu inférieur. Le même modèle donnerait pour 2016, en supposant le nombre de forages identique à celui de 2015, une production en baisse de 20% supplémentaires.

Le but est plus ici de comprendre l’arithmétique de la décroissance que de proposer un modèle prévisionnel. Les opérateurs pétroliers ont quant à eux établi des modèles beaucoup plus précis et sophistiqués.

 

La conséquence sur l’évolution des prix

La courbe de déclin beaucoup plus rapide des puits non conventionnels a une conséquence majeure. Là où un puits non conventionnel réduira sa production d’environ 80% en deux ans, ce temps est beaucoup plus long pour les puits traditionnels ou offshore. En conséquence l’impact du prix sur la production est beaucoup plus violent.

Peut-on se faire une idée de l’évolution des prix à court-moyen terme ? Essayons. Il n’est évidemment pas question de se livrer à une prévision sur l’évolution des prix mais simplement de décrire quelques facteurs qui peuvent influencer ceux-ci.

Premier facteur, la croissance industrielle aux États-Unis sous l’impact des prix bas du gaz. Des craqueurs d’éthylène sont en construction avec toute l’industrie de la chimie des plastiques associée, laquelle va relocaliser en Amérique des productions délocalisées en Chine depuis longtemps. Cette croissance concerne évidemment beaucoup le gaz mais va influer sur la consommation d’hydrocarbures liquides.

Deuxième facteur, la baisse déjà initiée, à terme d’un ou deux ans, des productions de pétrole, hormis une reprise vigoureuse des activités de forage. Quelques millions de barils par jour peuvent ainsi n’être pas produits et provoquer une crainte de pénurie.

Troisième facteur, la consommation de gaz, servie largement jusqu’à l’automne par des coproduits des exploitations pétrolières qui pourraient baisser à moyen terme, pourrait produire une tension sur les prix du gaz, déclencher de nouveaux forages, qui eux-mêmes généreraient du pétrole ou des condensats comme coproduits. Ce phénomène ne s’est pas produit à ce jour. A contrario une remontée des productions américaines produirait de nouveau un surplus et une baisse des prix.

Évidemment l’attitude de l’OPEP et notamment de l’Arabie Saoudite sera un facteur déterminant dans la formation des prix, mais sauf retour de l’Organisation à son rôle régulateur, tout se passe comme-ci les États-Unis et leurs hydrocarbures non conventionnels prenaient le rôle de facteur d’amortissement et de régulation du marché que l’OPEP ne veut plus jouer.

Une complication de la prévision vient du fait que les coûts marginaux, ou les coûts directs à court terme, ont un agencement très différent de celui des coûts complets discutés plus haut.

 

L’industrie américaine peut s’adapter

Une question est de savoir si un puits est compétitif à long terme, autrement dit si les revenus prévisibles sur la vie du puits vont justifier l’investissement, une autre est de savoir, pour un puits déjà foré, si la production est économique.

Du fait du déclin plus rapide de la production, un puits ou un ensemble de puits non conventionnels demandera des dépenses plus importantes pour maintenir ou accroître la production à terme de un ou deux ans. Dans le cas d’une baisse des prix brutale, là où les producteurs conventionnels continuent à produire à coût très faible à partir de puits déjà forés, les producteurs non conventionnels auront besoin d’investir de nouveau assez rapidement. Selon le niveau de prix, ils peuvent choisir de ne pas le faire, en l’absence de rentabilité suffisante de l’investissement supplémentaire. Autrement dit, lors d’une baisse de prix du pétrole, les productions américaines vont baisser plus rapidement que d’autres productions conventionnelles. Cela dessinerait donc le rôle que pourrait jouer l’industrie américaine de « production d’équilibre » pour la demande mondiale, c’est-à-dire que l’industrie est exposée à une forte variabilité. Cela va induire inévitablement une adaptation forte de l’industrie, à la fois en capacité, mais aussi en compétitivité.

L’industrie américaine a d’ores et déjà adapté ses capacités. Le nombre de plateformes à l’œuvre en est une illustration. Pour l’instant il s’agit largement de mises sous cocon. L’industrie est prête à un redémarrage rapide.

Par ailleurs, si la nouvelle règle est que les puits doivent donner 10% de retour sur investissement pour un baril entre 50 et 60 dollars, l’industrie va s’adapter et baisser les coûts. C’est ce qu’a fait l’industrie pétrolière depuis plus d’un siècle pour faire face aux situations de crise.

Les possibilités de baisse des coûts sont liées à la compétitivité de l’industrie parapétrolière. Les technologies de forage, de fracturation, de soutènement évoluent considérablement et il faut se souvenir que, dans le cas des forages pour les pétroles non conventionnels, l’industrie est encore à ses débuts. On a quatre ou cinq ans d’expérience au plus en ce qui concerne les forages horizontaux destinés au pétrole.

On peut imaginer plusieurs facteurs de baisse des coûts. Tout d’abord, la diminution du nombre des échecs, ces « puits secs » ou à très faible production. La meilleure connaissance géologique des roches mères, et des gisements, permettra de mieux sélectionner les zones d’implantation des puits. Or les puits sans productions sont une composante significative des coûts d’extraction des non conventionnels. La diminution de leur nombre est un facteur d’amélioration des coûts.

Deuxième facteur, la baisse (temporaire) des prix des services au puits (forage, complétion, etc.) liée à une moindre demande.

Troisième facteur, le développement permanent des traitements de l’information et de la micro-sismique, qui permettent une vision de plus en plus précise des réservoirs. Ceci permet d’une part l’augmentation de l’efficacité des forages comme décrit ci-dessus, mais aussi la meilleure exploitation de chaque puits.

Autres facteurs, enfin, l’augmentation du nombre d’étages de fracturation par puits ; l’augmentation de la qualité des agents de soutènement ou proppants, et la mise au point par les sociétés de services de formules d’optimisation de l’utilisation de ceux-ci ; l’amélioration continue de la performance des forages. Et, plus largement, l’amélioration continue de la productivité des facteurs comme dans tout secteur industriel.

Face à un défi tel que celui que pose la nouvelle donne économique pétrolière, les adaptations très rapides ont déjà commencé et se poursuivent rapidement.

 

*

 

La baisse des prix du pétrole est au global une bonne nouvelle pour une grande partie des économies mondiales. Les mouvements boursiers liés au prix bas actuels sont à interpréter comme un symptôme et non comme la cause d’une économie mondiale atone, laquelle alimente le maintien des prix bas. Elle pose un défi nouveau à l’industrie pétrolière américaine et notamment à l’extraction des pétroles non conventionnels. Plusieurs facteurs laissent penser que le niveau de prix actuel n’est pas soutenable à long terme, mais que la situation peut durer un petit nombre d’années. Dans l’intervalle la production américaine va décliner lentement en l’absence d’un rebond des prix. Cette baisse de la production peut elle-même avoir une influence à la hausse sur les prix, conduisant ainsi les États-Unis à jouer le rôle d’équilibre du marché que l’OPEP refuse désormais de jouer, jusqu’à ce que cette dernière prenne le relais. Nul doute que des adaptations industrielles sans précédent sont en train de s’opérer.

 

 

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Sept propositions pour une Europe électrique efficace et dynamique Jan-Horst Keppler, Dominique Finon et Patrice Geoffron

L’électricité est une activité très singulière et délicate à déployer: ce produit de première nécessité est difficilement stockable, fait l’objet d’une demande inélastique à court terme et requiert un processus de production hautement capitalistique… Ces caractéristiques ont conduit à confier, pendant près d’un siècle, l’offre d’électricité à des monopoles publics planifiant les investissements et reportant coûts et risques sur les usagers. Cibles de choix de la critique libérale du rôle de l’État, les secteurs électriques européens ont été déréglementés à partir des années 1990, pour gagner en efficacité dans l’exploitation des infrastructures et en discernement pour les investissements à venir, tout en coordonnant mieux les parcs nationaux par l’échange, le tout au bénéfice (espéré) des consommateurs industriels et des ménages. Cette nouvelle architecture devait permettre des solidarités pour la sécurité de fourniture et – à mesure de l’émergence d’une contrainte climatique – contenir les émissions de carbone en Europe. Amorcé avec la première directive de 1996, cet aggiornamento n’est pas à son terme.

Même si une transformation d’une telle ampleur appelle la très longue durée, les Européens attendent légitimement, au bout de quinze années, des bénéfices identifiables en matière de prix, d’innovation dans les services associés, de performance environnementale ou de sécurité de fourniture… Mais, plutôt que l’évidence du progrès, la complexité – voire la confusion – caractérise aujourd’hui l’Europe électrique. L’insertion de renouvelables intermittentes – résultant des objectifs du 3X20 – débouche sur des systèmes délicats à piloter et ouvre sur des dispositifs – tels que les obligations d’achat à tarifs garantis – qui de facto placent ces équipements « hors marché ». Effets en chaîne, l’ordre de mérite de moyens de production conventionnels se trouve repoussé de nombreuses heures, menaçant l’équilibre économique des filières bas carbone de grande taille et des centrales en cycles combinés à gaz. Et comme le marché des quotas de CO2 ne délivre pas un signal-prix cohérent pour les investisseurs, l’incertitude sur l’avenir de l’Europe électrique domine, la seule garantie étant que la facture des consommateurs se trouvera renchérie, avec un effet mécanique sur une précarité énergétique déjà amplifiée par la crise économique.

La voie est étroite, mais il nous paraît possible, dans l’espace électrique européen, d’associer coordination publique, régime de marché et équité sociale. Les sept recommandations qui suivent sont la contribution des économistes de la Chaire European Electricity Markets à cette recherche d’équilibre.

 

  1. Mieux articuler les exceptions transitoires au niveau national et l’intégration par la concurrence

Les Européens gagneront à adopter une perspective commune sur les défis électriques. Les avantages d’une plus grande coordination de parcs complémentaires dépassent largement les contraintes d’une autonomie de décision réduite. Toutefois, devant la complexité du secteur et compte tenu des héritages du passé, des compromis ont dû être élaborés avec nombre d’États Membres. Pour avancer, il importe d’accepter qu’au-delà de la logique d’intégration des marchés par des échanges concurrentiels, des compromis locaux (imparfaits mais tenant compte des réalités nationales) s’établissent dans les États Membres, tout en étant attentifs à leur caractère transitoire.

La France, située au cœur des marchés européens, peut-être prise en exemple pour illustrer l’intérêt collectif à l’échange d’électricité entre « voisins ». La France exportait 14 % de sa production (essentiellement nucléaire en base) en 2011, tout en assurant 4,4 % de sa consommation par l’importation, souvent aux heures de pointe et super-pointe comme pendant la période de grand froid de février 2012. Grâce à la complémentarité de son parc de production avec celui de ses voisins, notamment l’Allemagne, elle réalisait cette même année un chiffre d’affaires net d’environ 2,5 milliards d’euros (4 milliards d’euros de recettes avec l’exportation de 75,4 TWh de base, mais 1,5 milliard en coût à l’importation de 19,7 TWh) et économisait environ 500 millions via l’accès à un prix plus faible que le coût marginal dans l’Hexagone. Une (hypothétique) autarcie électrique de la France induirait ainsi une dégradation de la balance commerciale et une élévation du coût d’approvisionnement en électricité des fournisseurs français sur le marché de gros.

Pourtant, la cohérence au sein de l’Europe électrique ne peut être appréciée uniquement au travers d’une photographie des échanges, mais nécessite également de considérer les évolutions entreprises concomitamment entre les espaces interconnectés. Du côté allemand tout d’abord, l’Énergiewende repose essentiellement sur un schéma de développement « hors marché » des énergies renouvelables intermittentes. Via des tarifs d’achat garantis qui avoisinent désormais un coût annuel de 25 milliards d’euros, 50 GW d’éolien et de photovoltaïque étaient déjà installés fin 2014. Cette stratégie de transition accélérée conduit aussi à subventionner la construction rapide de centrales fossiles flexibles pour remplacer le nucléaire (faute de valorisation suffisante du service de flexibilité sur les marchés) et à obliger les fournisseurs à proposer des contrats spéciaux de vente aux industriels électro-intensifs. Du côté espagnol, la « stratégie » de développement rapide des renouvelables a induit une dette électrique de 25 milliards d’euros (qui s’ajoute à la dette publique) faute d’une allocation cohérente des coûts entre producteurs et consommateurs. Le Royaume-Uni, très impliqué dans la réalisation de ses objectifs climatiques et contraint à abandonner ses centrales à charbon vétustes à horizon 2016, est lancé dans une vaste réforme de son secteur électrique à l’issue encore incertaine, processus basé sur des arrangements contractuels de long terme couvrant les coûts complets des équipements non carbonés. Cette orientation revient de fait à tourner le dos au marché électrique pour le développement de la majorité des équipements de production, alors même qu’un prix plancher du carbone rapidement croissant (de 15 livres /tCO2 en 2013 vers 70 livres/tCO2 en 2030) est adjoint au paquet de mesures. Cette combinaison de mesures montre à l’évidence que, même avec un signal prix du carbone prévisible et élevé, les acteurs de marché ne font guère confiance au prix du marché électrique accru par un prix du carbone élevé pour décider d’investissements non carbonés.

Le cas de la France donne également à observer une problématique complexe : il a été décidé de laisser aux consommateurs, industriels comme ménages, la majeure partie de l’avantage provenant de son parc de production nucléaire qui résulte d’un choix autant politique qu’économique fait grâce à un quasi-consensus, et ce avant les réformes de libéralisation. Bruxelles aurait, certes, souhaité une réallocation des capacités industrielles, à la « britannique » ou à « l’italienne », par dispersion des équipements de production d’EDF entre plusieurs producteurs, pour laisser émerger une concurrence effective en infrastructures. Mais cela n’aurait rien changé à l’émergence d’une « rente nucléaire » résultant d’un alignement du prix de gros européen – et donc français – sur la centrale marginale à coût variable élevé d’un marché voisin. Donc, même en présence d’une structure de production plus dispersée dans l’espace électrique national, les prix auraient été tirés vers le haut (par exemple, en 2008, l’année où le prix moyen a été le plus élevé, la différence aurait été du simple au double: 70 à 80 euros/MWh, à comparer aux 30-40 euros répercutés dans les tarifs). Un statu quo concernant le parc de l’opérateur historique aurait permis à ce dernier de dégager plusieurs milliards d’euros de cash-flow net supplémentaire, ressources susceptibles d’alimenter une stratégie d’acquisitions en Europe. Une « windfall profit tax » aurait permis à l’État de s’approprier cette rente paradoxalement révélée par l’intégration de marchés libéralisés. Les ressources ainsi levées auraient pu financer des programmes ambitieux d’efficacité énergétique, voire de grands projets de production électrique décarbonée (éolien off-shore, CSC, etc.) ou des démonstrateurs pour des dispositifs au stade de la R&D – sous réserve de pérennisation d’un tel dispositif, sans à-coups liés au cycle politique.

Le compromis trouvé avec la Commission européenne qu’entérine la loi NOME votée fin 2010 (et dont l’effet « transitoire » durera jusqu’en 2025) consistait à réguler les kWh de la production nucléaire française en contraignant EDF à céder à ses concurrents jusqu’à 20-25% de cette production à prix coûtant et à vendre le reste à sa propre clientèle à ce même prix. Cette loi entérine donc un choix politique de cession de la rente du nucléaire historique aux ménages et industriels français, tout en créant un espace économique pour le développement de fournisseurs alternatifs, surtout après 2016 lorsque les tarifs aux industriels et aux consommateurs tertiaires seront supprimés et que le tarif offert aux ménages verra sa « composante énergie » alignée sur le prix de l’ARENH. À long terme, à mesure du besoin de rénovation des réacteurs existants, l’accès au parc nucléaire sera renchéri. L’important est que, malgré tout, le financement du renouvellement de centrales de semi-base et de l’investissement éventuel dans du nouveau nucléaire est assuré par la rémunération du complément de fourniture que tous les concurrents répercutent dans leur offre de prix en se référant au marché de gros.

Au-delà de la complexité de ces montages institutionnels nationaux, il nous paraît essentiel de convaincre les consommateurs européens des avantages de l’intégration des marchés européens de l’électricité, dans un contexte de transition énergétique ; d’admettre que des arrangements locaux dérogeant aux principes d’intégration par la concurrence sont admissibles, à la condition de revêtir un caractère transitoire… et sous réserve de s’assurer que l’intégration par la concurrence produit bien des effets de long terme cohérents.

Pour autant, si un régime transitoire « d’exception à la règle » est nécessaire, il ne saurait per se être suffisant. L’interdépendance croissante des systèmes et marchés fait naître des conflits de prérogatives entre pouvoirs décisionnels nationaux et européens, de sorte que le rapport de forces est devenu l’outil de « coordination » commun. L’Europe électrique requiert aussi des clarifications institutionnelles.

 

  1. Mettre en cohérence coûts, prix et tarifs électriques

Tandis les prix du marché de gros baissent… les coûts de la fourniture électrique augmentent, sur fond de modernisation des réseaux et de subventions aux ENR. La France, qui régule en prix et en quantité son marché de gros et préserve des tarifs relativement « étanches » par rapport à ces mouvements de prix, doit se convaincre de la nécessité d’un changement. Il importe de convaincre qu’un système électrique rénové et durable requiert des prix de marché et des tarifs cohérents avec les « coûts complets » des techniques à développer … sauf à défier les lois de l’économie.

Dans tous les pays européens, l’augmentation de la demande, le vieillissement du parc et la priorité accordée à l’enjeu climatique induisent des investissements importants de renouvellement, dans un contexte de hausse tendancielle des coûts unitaires. Pourtant, au moment où ces nécessités apparaissent, les prix de gros moyens baissent sur le marché intégré en raison de la profusion d’électricité d’origine renouvelable – adossée à des dispositifs d’achat garantissant la couverture de leurs coûts complets sur 15-20 ans – alors que les coûts variables des renouvelables intermittentes sont nuls. Cet afflux conduit à déplacer l’équilibre horaire du système de très nombreuses fois sur l’année et à fréquemment évincer les centrales conventionnelles du marché horaire.

Cet effet de ciseau entre coûts et prix conduit à interroger la soutenabilité du système en France, comme dans les pays voisins. Les ménages, les PME et les industriels ont jusqu’ici été protégés des hausses des prix du marché de gros. Mais ces tarifs sont non seulement décrochés du niveau des prix de gros, mais n’assurent pas une rémunération normale du capital – par une couverture du « coût complet économique ». Alors que ce système est prorogé par la loi NOME, toutes les composantes des coûts (transport, distribution, CSPE) sont orientées à la hausse. Il y a une urgence à admettre que l’ère de l’électricité bon marché touche à sa fin pour quatre raisons combinées.

Tout d’abord les objectifs contraignants de la politique européenne en matière climatique et de renouvelables (notamment le 3X20 pour 2020).

Ensuite, l’impératif de maintenir un haut niveau de sécurité de fourniture. Ce dernier est fragilisé à la fois par le développement des productions intermittentes dans les marchés ouest-européens et la forte part de marché du chauffage électrique en France (avec un aléa de demande en pointe important).

Puis vient la nécessaire densification des réseaux de transport et des interconnexions pour faciliter les échanges de court terme et des services de flexibilité associés aux besoins de suppléer au caractère intermittent des ENR.

Enfin, il faut citer la transformation des infrastructures de distribution en réseaux actifs (smart grids) pour intégrer l’injection décentralisée d’énergie par les ENR, développer les programmes d’effacement, insérer les nouveaux usages (comme le véhicule électrique) et rendre les consommateurs sensibles au prix par les informations qui leur seront transmises via les compteurs communicants.

Cette augmentation des tarifs ne relèvera pas nécessairement du choc si elle est amorcée rapidement pour pouvoir lisser la progression des tarifs du transport, de la distribution et de la taxe finançant le surcoût des ENR électriques et si le développement d’incitations à des changements de comportements et les progrès de l’information ouvrent sur une meilleure de maîtrise de la demande.

Ce débat, au-delà du bon alignement entre coûts et prix, soulève aussi des problèmes multiples concertant l’allocation des coûts de la transition énergétique. Le surcoût du soutien aux ENR (assumé par les opérateurs obligés de racheter ces productions) est financé en principe par une taxe croissante sur les MWh dont la répartition est différente entre consommateurs d’un pays à l’autre (passage de 15 à 20 euros/MWh pour tous les consommateurs en France, déjà 53 euros/MWh en Allemagne, mais sur les seuls ménages, etc.). De même, l’allocation des coûts que les ENR entraînent pour le système (équilibrage, renforcement et extension du réseau, capacités de réserve) mérite d’être débattue : doivent-ils être assumés par ceux qui les causent, portés par les opérateurs historiques qui assurent de facto le rééquilibrage du système là où leur parc est dominant, ou doivent-ils être socialisés au nom de l’intérêt collectif ? En France, le coût du raccordement d’une installation renouvelable est à charge du producteur, alors que l’Allemagne faisait encore porter cette charge sur le gestionnaire de réseau début 2013. Autre sujet d’investigation : une absence de signaux-prix de raccordement permettant une localisation efficace des unités ENR plus ou moins décentralisées. Schématiquement, la localisation de 10 MW de photovoltaïque dispersé sur des toits individuels en rural coûte au réseau de distribution beaucoup plus cher que si ces 10 MW sont localisés sur un même site (toits de centre commercial, etc.) en milieu suburbain.

Ces questions des coûts et d’équité sociale se posent avec urgence dans un marché dénué de repères. Décideurs nationaux et européens doivent agir pour éviter que ne s’instaure une confusion croissante entre acteurs des systèmes électriques et juguler les menaces sur la sécurité de fournitures induites par une montée non coordonnée des intermittences.

 

  1. Calculer le « coût complet » de la transition énergétique

Malgré l’attrait des renouvelables en matière de préservation de l’environnement, substituer à grande échelle le nucléaire par des renouvelables impliquera un parc de production plus coûteux à exploiter et accroîtra durablement les émissions de gaz à effet de serre par le besoin de centrales fossiles répondant au besoin de flexibilité. Tout processus de transition doit être engagé avec discernement, quand le système initial repose sur d’importants équipements non carbonés à long cycle de vie, comme c’est le cas en France. Sur ce socle, des politiques ciblées sur d’autres technologies bas carbone sont indispensables devant l’impuissance à faire émerger en Europe un signal-prix du carbone efficient à long terme.

Les manuels théoriques d’économie des marchés électriques démontrent qu’en concurrence parfaite, les marchés sont efficients pour orienter les choix des acteurs vers un mix optimal à long terme, analogue à celui qui naîtrait d’une planification. Les moyens de production à coût fixe élevé et coût variable faible trouvent les recettes nécessaires par les rentes horaires qu’ils dégagent, quand la dernière centrale appelée pour couvrir la demande est un équipement à coût de combustibles élevé. Les unités de pointe à coût marginal élevé sont censées être valorisées par les prix élevés des périodes de pointe et d’extrême pointe.

Ce bel édifice théorique est mis à mal par la priorité donnée par des acteurs, sensibles aux risques, à l’investissement dans des cycles combinés à gaz peu capitalistiques, comme largement observé dans l’OCDE. Le marché électrique libéralisé n’est efficace que pour des optimisations de court terme des équipements, mais peine à orienter les investissements sur le long terme de manière satisfaisante. Et, comme on l’observe, il n’est pas évident qu’un prix du carbone erratique émanant d’un mécanisme de marché puisse peser sur les choix d’investissement de façon cohérente. Ces difficultés ont conduit à recourir à des politiques spécifiques par technologie bas carbone, consistant à les placer « en incubation » hors marché en leur assurant un revenu garanti de long terme.

Cette politique a quatre effets négatifs en statique et en dynamique qui commencent à être un peu mieux compris.

Si ces capacités se développent dans une situation surcapacitaire avec des prix moyens de marché à 40-50 euros/MWh, par rapport à une situation à l’équilibre où les prix moyens s’établiraient autour de 70 euros/MWh, la subvention par MWh est amplifiée (par exemple si le tarif d’achat est de 80 euros, la subvention est de 30 à 40 euros/MWh au lieu de 10 euros/MWh).

À un instant donné une telle politique focalisée sur différentes technologies de niveaux de maturité différents conduit à une différenciation très marquée des coûts d’évitement des émissions de CO2. Les gouvernements doivent donc veiller à réduire en diminuant le niveau des subventions à la production et à contingenter annuellement le développement des plus coûteuses lorsque la subvention est mal calibrée (voir le cas récente du photovoltaïque).

Les politiques de promotion hors marché de ces équipements bas carbone, qui, par nature, ont des coûts variables bas, tendent à s’auto-entretenir en faisant baisser irrémédiablement le prix moyen du marché de gros et en augmentant la volatilité des prix horaires. Ces deux effets rendent difficile, voire impossible la suppression de dispositifs de soutien pour laisser le seul marché pour le développement de telles technologies.

Pour un investisseur en équipements de production sans subvention à la production, l’incertitude sur les parts de production non carbonée à bas coût variable dans le système pendant leur période de recouvrement des coûts fixes (qui résulte de l’inconnue des résultats de ces politiques bas carbone et de celle de la croissance de la demande), rend tout investissement très risqué.

Ces agencements de politique laissent aussi d’autres problèmes importants non résolus. Dans le contexte européen actuel d’exploration de règles des marchés électriques plus concurrentiels (cf. les projets autour du Modèle-Cible), les investissements en équipements décarbonés fonctionnant en base, qui ne bénéficient pas de tarifs de rachat garantis deviennent toujours plus difficiles, par rapport aux investissements en équipements carbonés à coût fixe faible (on pense bien sûr aux CCGT). Or la France aura besoin d’acclimater de nombreuses technologies nouvelles, bien au-delà des ENR décentralisées sur lesquelles sont concentrées les attentions : renouvelables centralisées (éolien off-shore, centrales biomasse), centrales thermiques avec captage du gaz carbonique (CO2), nouveau nucléaire sont autant de filières susceptibles de prendre leur part d’une transition énergétique vers un modèle encore moins carboné, relativement moins nucléarisé, sans rien céder sur la sécurité de fourniture.

En face de ces biais, qui entremêlent réglementation et marché, il est toutefois possible de poser quelques jalons utiles, au service d’une transition énergétique soutenable.

Le désalignement des tarifs et des prix finaux avec le prix de gros du marché européen (perpétué avec la loi NOME) limite les capacités d’autofinancement des énergéticiens. Cette situation nécessite de trouver des sources alternatives pour le financement de nouveaux investissements dans les productions non carbonées comme les projets d’ENR de grande taille ou bien encore dans l’efficacité énergétique comme le programme de rénovation thermique de l’habitat existant.

Une centrale nucléaire existante au capital déjà amorti, supervisée par une autorité de contrôle indépendante et compétente est la source d’électricité la moins chère, même en incluant des provisions importantes couvrant les coûts de stockage des déchets et du démantèlement, voire le risque assurantiel. Dans une contexte de fortes contraintes sur les ressources de la collectivité, le parc nucléaire actuel constitue un patrimoine économique qui ne peut être déclassé sans une réflexion approfondie sur le coût et les contraintes de gestion des autres options développées à la même échelle, notamment le déploiement des ENR « à l’allemande ».

Une baisse de la contribution de l’énergie nucléaire en-deçà des 50% à horizon 2025 entraînerait une augmentation des émissions de CO2 du secteur électrique par MWh. En absence d’un saut en matière de gestion de la demande (via des mécanismes d’effacement) ou d’un progrès en matière de stockage (hypothétique à cet horizon), ce sont en effet des équipements à gaz qui apporteront la solution de sécurisation de la fourniture requise par l’apport intermittent de 30, 40 ou 50 GW d’éolien et de photovoltaïque, en plus des aléas de la demande électrique en hiver en France et sur la plaque continentale européenne.

Le calcul économique, compte tenu de l’importance des enjeux, devra bien « capturer » l’ensemble des surcoûts associés à un déploiement massif d’ENR pour responsabiliser économiquement les producteurs intermittents : besoin de flexibilité pour l’équilibrage du réseau électrique, maintien d’une capacité de réserve programmable accrue en pointe, investissements additionnels dans les réseaux de transport et de distribution (surélevés par l’absence de signaux de prix pour la localisation efficiente de ces nouvelles unités ENR).

Quant aux espoirs d’une politique industrielle basée sur les renouvelables, l’expérience montre que les subventions parfois massives ont jusqu’ici surtout financé une surcapacité mondiale dont les industriels européens ont été les premiers à faire les frais, faute de compétitivité par rapport à la Chine dont les contraintes économiques, sociales et environnementales sont différentes.

Ni la libéralisation du marché, ni un virage vers les renouvelables ne peuvent être des « fins ». Ils ne peuvent être au plus que des « moyens » dans le cadre d’une démarche éclairée quant aux objectifs de long terme et à la soutenabilité économique et sociale des différentes étapes de la transition. La crise économique qui sévit durablement en Europe vient renforcer cette exigence. La recherche d’efficience sociale pour le bénéfice des consommateurs servis par des entreprises industriellement et financièrement viables, capables de garantir une haute sécurité de la fourniture du service électrique doit rester le repère principal, surtout si des options bas carbone moins coûteuses que le « tout renouvelable » existent. Nous plaidons pour un changement progressif et débattu, qui tienne compte des réalités complexes de l’industrie électrique, et qui préserve la diversité du bouquet énergétique en s’appuyant sur le patrimoine d’actifs de production existants non carbonés.

 

  1. Délivrer les marchés d’un tropisme « court-termiste » pour assurer les investissements

Les flux d’échanges sur les marchés électriques sont soumis à la « tyrannie » du court terme, alors qu’il s’agit d’accompagner la transformation de grands systèmes très intensifs en capital. L’atteinte d’objectifs à long terme suppose de prendre un peu de distance avec un régime centré sur des marchés de court terme et une vue simpliste de la concurrence. Une approche plus équilibrée consisterait à promouvoir des contrats de long terme, sous réserve d’une innocuité en termes des barrières à l’entrée ou d’opacité. L’attribution aux enchères de ces contrats sur une base transparente pourrait être un des éléments du cahier des charges et redonnerait un espace économique pour le financement d’équipements dédiés à la réduction des émissions de gaz à effet de serre de l’industrie électrique et à la sécurité de fourniture.

La lutte contre le changement climatique nécessite la mise en œuvre d’équipements intensifs en capital : unités ENR de petite et grande taille, centrales à combustibles fossiles avec captage et séquestration du carbone, centrales nucléaires si acceptation des populations. Les marchés électriques horaires envoient des signaux de prix alignés sur les coûts variables de la dernière centrale, mais ne permettent pas d’ajuster les revenus moyens annuels des investisseurs sur les coûts complets de chaque nouvel équipement pour assurer un recouvrement des coûts fixes des unités de production bas carbone, tandis que les marchés de futures ne peuvent alléger cette difficulté, car les durées d’installation auxquelles s’additionnent celles de recouvrement des coûts fixes portent sur deux ou trois dizaines d’années, soit bien au-delà de leur horizon temporel.

Dit autrement, le prix du marché en moyenne annuelle n’est jamais en concordance avec les coûts complets des producteurs et ce d’autant moins qu’ils sont capitalistiques comme c’est le cas des équipements bas carbone… Rien n’assure que la somme des « rentes horaires » permette de couvrir les coûts fixes de ces équipements,, même en tenant compte de leurs niveaux élevés pendant les périodes de pointe et d’extrême pointe.

Le défi est d’autant plus difficile à relever que la promotion des renouvelables intermittentes via des tarifs garantis complique encore l’équation. Abaissant les prix moyens annuels et réduisant les heures de fonctionnement des centrales conventionnelles en place, les nouvelles capacités ENR menacent le modèle économique des centrales programmables, indispensables pour garantir la sécurité des approvisionnements à tout moment et répondre aux besoins croissants de service de flexibilité. La barrière pour un investisseur en CCGT ou en TAG, tenu à des projections sur plusieurs décennies, est de ne pas pouvoir anticiper la trajectoire de développement des ENR et de leurs effets sur les marchés électriques pendant la période de recouvrement des coûts fixes. Ce qui revient à dire que ces investisseurs affrontent à la fois les incertitudes liées aux prix du carbone et des énergies fossiles (charbon transitoirement, gaz durablement) et celles induites par la montée en puissance des renouvelables.

Pour aider à réconcilier concurrence et objectifs de long terme (en particulier en termes de sécurité de fourniture), une mesure possible serait la reconnaissance de la compatibilité avec les directives et le Traité européen, des arrangements de long terme garantissant un prix à toutes les technologies, et non seulement aux ENR et autres technologies bas carbone. Car, pour assurer l’équilibre d’un système électrique qui requiert la combinaison de technologies complémentaires, il n’est pas durablement soutenable de ne garantir que les investisseurs dans le champ des ENR. Une option pourrait être de confier à une agence neutre la gestion de ces arrangements contractuels (le gestionnaire de réseau par exemple) et de voir leurs coûts compensés par une taxe payée par tous les consommateurs, à l’instar des dispositifs en vigueur pour les ENR.

Mais, à l’heure actuelle, les principes de la politique de la concurrence de l’Union européenne, qui restreignent l’usage des contrats à long terme sur les marchés électriques pour favoriser l’entrée de nouveaux acteurs, empêchent une telle évolution. L’absence d’un prix carbone significatif et aux évolutions prévisibles à long terme ne permet aucunement d’imaginer qu’il puisse exister une alternative.

Ces principes doivent être modulés dans leur application pour sortir d’un régime centré sur des marchés de court terme et une vue simpliste de la concurrence. Une approche plus équilibrée consisterait à promouvoir des contrats de long terme, sous réserve d’une innocuité en termes des barrières à l’entrée ou d’opacité. L’attribution aux enchères de ces contrats sur une base transparente pourrait être un des éléments du cahier des charges, et permettre de redonner un espace économique pour le financement d’équipements dédiés à la réduction des émissions de gaz à effet de serre de l’industrie électrique et à la sécurité des approvisionnements.

 

  1. Faire émerger un modèle économique pour l’offre de capacités

Les ENR intermittentes font baisser les prix moyens, accroissent la volatilité des prix et limitent la rente de rareté en pointe, ce qui accroît le problème du revenu manquant pour développer des unités de pointe. Pour assurer une rentabilité suffisante aux unités de pointe et de réserve et aux programmes d’effacement nécessaires pour maintenir la sécurité de la fourniture électrique en pointe, la rémunération d’une garantie de capacité est essentielle. L’architecture de marchés doit donc être complétée par un mécanisme de capacité qui, toutefois, ne doit pas biaiser le fonctionnement des marchés de l’énergie.

L’assurance de long terme de garantie de fourniture en pointe ou en période exceptionnelle est un « bien collectif » dont l’offre est loin d’être assurée par le fonctionnement spontané des marchés. Pour un investisseur, la somme des surplus horaires nécessaires pour garantir le recouvrement des coûts fixes des unités de pointe qui fonctionnent sur des durées courtes et aléatoires d’une année sur l’autre est incertaine, même en absence de tout plafond de prix. Ce problème, compte tenu de son incidence sur la sécurité de fourniture, ne saurait être résolu via le seul credo en l’efficience des marchés. Une montée possible des prix jusqu’à 20 000 euros/MWh sur quelques heures par an, sans idée de fréquence, durée et amplitude, ne peut conduire les entreprises électriques à investir en confiance. L’Espagne, le Royaume-Uni et l’Allemagne donnent à observer plusieurs cas des centrales de gaz à cycle combiné retirées du marché faute de rentabilité suffisante à cause du déploiement massif de l’éolien et du photovoltaïque qui a réduit radicalement leur nombre d’heures d’appel, de sorte que le problème n’est pas seulement théorique…

La littérature évoque fréquemment la problématique des « revenus manquants » (missing money), les attribuant souvent à l’existence de plafonds de prix. Pourtant, les prix ne montent qu’exceptionnellement jusqu’à un plafond situé à 3000 euros/MWh pour l’EPEX. Le problème, bien réel, nous semble avoir une origine multiple.

Les investisseurs, face au profil de risque très particulier de tels projets, demandent une prime de risque d’autant plus importante que la plupart ne font pas partie du club des majors européens.

Les gestionnaires de réseau de transport, en période de rareté, font appel de façon prématurée à des réserves contractées hors marché, interventions qui contraignent la montée des prix sur les marchés day-ahead et infra-journaliers.

Sans surcapacité, l’introduction à grande échelle d’unités ENR écrête les pics de prix, du fait de la bonne corrélation entre apport éolien et pointe de demande en extrême pointe ; donc elle écrête les rentes de rareté nécessaires au recouvrement des coûts fixes de ces installations. Les ENR évincent donc les unités flexibles, alors même que leur déploiement les rend plus encore indispensables…

Trois types d’évolution complémentaires nous semblent mériter attention pour dépasser ces difficultés.

Une première évolution passe par la rémunération de la puissance garantie, au même titre que les programmes d’effacement de consommation de puissance chez les industriels et les ménages gérés par les fournisseurs en concurrence. C’est l’idée innovatrice des mécanismes de capacité adoptés dans certains pays, mais qui n’est pas encore généralisée dans l’Union. La France a choisi d’aller de l’avant en décembre 2012 en instaurant une obligation décentralisée, notamment en raison de l’importance particulière de l’aléa météorologique en hiver aux consommations liées au chauffage électrique. Des enchères centralisées de contrats de capacité (Royaume-Uni) ou des mécanismes de réserves stratégiques (Suède, Finlande et Belgique) sont également ou vont également être mises en œuvre. L’approche française est cohérente avec la spécificité du risque dans l’Hexagone. Son impact sera limité, sachant que les tarifs régulés de l’opérateur historique en France incluent déjà une partie « abonnement » qui reflète en partie cette garantie de puissance. Il faudra cependant que toutes les offres sur les segments sans tarifs pour les consommateurs dont la charge est « formée » (hors ceux à usages de charge plate sur l’année) incluent bien une partie « puissance » qui reflète cette assurance collective.

Un deuxième changement porterait sur l’amélioration de la valorisation économique de la flexibilité des équipements nouveaux (notamment la vitesse et les coûts de montée ou de baisse de puissance), de l’effacement de la demande et des stockages d’électricité. Elle passe par l’amélioration de la liquidité des sous-marchés infra-journaliers et ceux de réserves opératoires, à côté des marchés day-ahead et futures. Elle suppose aussi une meilleure intégration entre les pays européens pour valoriser la mutualisation des outils de flexibilité. Ces pistes explorées par le travail de comitologie autour du European Target Model laissent entrevoir une meilleure sécurité des approvisionnements lors de l’affaissement des productions éoliennes et solaires.

Un troisième changement concerne le mode de subvention des énergies renouvelables, de façon à responsabiliser les producteurs intermittents et les inciter à s’associer avec des producteurs flexibles pour offrir des garanties au GRT. À cette fin, les tarifs d’achat fixes sont peu adaptés, isolant la production renouvelable du marché horaire et reportant la responsabilité de l’équilibrage sur l’acheteur obligé. Des mécanismes où les producteurs d’ENR vendent sur le marché et reçoivent une prime horaire réglementée (feed-in premium) commence à émerger. Une autre option méritant attention serait de conditionner la subvention à la fourniture de bandes horaires constantes, contraignant les producteurs d’ENR à assumer les coûts de système dont ils sont responsables.

 

  1. Consolider les infrastructures de transport et de négoce d’électricité

Un marché commun intégré a besoin d’infrastructures communes. Les interconnexions physiques et l’interconnexion croissante des bourses d’électricité qui organisent le « market coupling » valorisent les complémentarités des parcs européens. La consolidation de ces infrastructures de réseau et des institutions de marché est indispensable pour exploiter plus avant les avantages de l’intégration des marchés européens de l’électricité.

L’approvisionnement en électricité est affaire de réseaux : de transport, de distribution et de négoce. Du fait de la non-stockabilité de l’électricité, le système requiert un ajustement offre-demande en temps réel, prérogative des gestionnaires centraux. Cette responsabilité est assumée par l’opérateur du système de transport en « dernier ressort », secondé par des opérateurs de marché, « responsables d’équilibre », s’appuyant sur les flexibilités ouvertes par les échanges en OTC et surtout sur les bourses de l’électricité.

Au plan européen, le rôle des gestionnaires de réseau est de plus en plus crucial, à mesure de la montée en complexité des systèmes.

D’un côté, la montée en puissance des énergies renouvelables, dont la production est diffuse (notamment quand elle implique l’habitat résidentiel) et l’implantation souvent loin des centres de consommation, demandent des investissements lourds dans les infrastructures physiques.

D’un autre côté, le couplage des marchés électriques nationaux implique des plates-formes d’échanges plus complexes et plus sophistiquées.

Les deux ont vocation à contribuer à l’établissement de l’équilibre offre-demande sur tous les horizons temporels à l’échelle régionale et à optimiser le financement et l’utilisation des interconnexions.

Un des problèmes les plus complexes résulte des pics de production des renouvelables et porte sur la gestion et le paiement des externalités négatives que constituent les loop flows, ces débordements des flux physiques vers des pays tiers jusqu’à ce que les interconnexions entre les deux pays (voire des connexions à l’intérieur d’un pays receveur) soient saturées. Ce problème implique avec urgence une meilleure coordination entre les GRT des pays européens.

Même si l’intégration des marchés pose ainsi des problèmes parfois significatifs d’un système vers les autres, l’augmentation des interconnexions européennes reste souhaitable pour deux raisons : mieux mutualiser les services de flexibilité dont dispose chaque système face à l’intermittence des productions ENR dans chaque système, et mieux exploiter la complémentarité des parcs de production et des structures journalières de consommation des différents pays européens dans des marchés progressivement plus intégrés.

 

  1. 7. Ouvrir les chantiers liés à la demande : consommations maîtrisées, investissements efficaces, précarité éradiquée…

La transition énergétique nécessite de sortir d’une tradition où les efforts collectifs ont été concentrés sur l’organisation de l’offre. Des questions essentielles sont aujourd’hui ancrées du côté de la demande. Plutôt que d’entretenir les ménages dans l’illusion de gains en prix induits par la concurrence, il est important d’accompagner leur engagement dans la maîtrise de la demande et leurs investissements en efficacité énergétique. Ces efforts à consentir ne sont pourtant pas de « low hanging fruits », mais des chantiers colossaux qui ne produiront un plein effet qu’à long terme. Il y a pourtant urgence à progresser, tout particulièrement dans un pays comme la France dont les consommateurs ont longtemps été peu aiguillonnés par les prix. La montée rapide de la précarité confirme qu’il y a urgence à ouvrir les chantiers liés à la demande d’électricité.

L’électricité est consommée par des agents économiques qui peuvent choisir leur fournisseur dans tous les pays européens, pour en principe bénéficier de meilleurs prix ou de meilleurs services. Un nombre important de travaux académiques montrent toutefois que cette concurrence n’a pas eu des effets bénéfiques marqués, en dehors des gros consommateurs industriels. Le secteur de télécoms, qui est parfois cité comme l’exemple à suivre, ne constitue aucunement une référence pour le secteur d’électricité où le progrès technique est plus lent et les marges sont plus modestes. Certains se focalisent sur le nombre de migrations d’un fournisseur vers un autre (le « churn ») pour déterminer l’existence d’une concurrence effective sur le marché de détail. Ces observations sont assez vaines, comme le confirment nombre d’analyses, en particulier sur le marché britannique.

Sur la base de ces observations (qui suscitent la perplexité), peut-on attendre du progrès technique des solutions pour permettre à la concurrence de fournir des solutions optimales à tous les niveaux de la filière ? Des nouvelles technologies avec les compteurs communicants et les réseaux intelligents devraient inclure les clients finaux dans le marché, et leur permettre de gagner en capacité d’arbitrage entre les fournisseurs, de réduire leurs factures via des contrats d’effacement et même de produire une électricité autoconsommée…

Peut-on pour autant imaginer une mutation radicale du comportement du consommateur d’électricité ? Ce sera le cas seulement si les nouvelles technologies « intelligentes » apportent un réel progrès en efficacité des fournisseurs et des distributeurs ou en satisfaction des clients, pour justifier les coûts significatifs de leur déploiement.

L’amélioration de l’efficacité énergétique est, certes, fonction du prix de l’énergie, mais également de tout un ensemble de facteurs: information, expertise, construction de filières, formation de compétences, incitations financières par des prêts bonifiés et des subventions par les fournisseurs… Certains exemples étrangers où se combinent financement bancaire privilégié, expertise, structuration de filières et garanties de résultats (comme en Allemagne avec l’action de la KfW) démontrent qu’il est possible de réduire les consommations sans ponction majeure sur le budget public. Un ciblage de l’effort doit aussi se faire sur l’habitat social et les propriétaires en situation de précarité, comme c’est le cas avec le programme « Habiter mieux » géré par l’ANAH.

Simplicité, efficacité et transparence doivent être les maître-mots également pour aider ceux qui peinent à assumer le prix, même plus bas, pour ce bien élémentaire qu’est l’électricité. La tarification sociale est légitime si elle est facile à gérer. L’activation automatique des tarifs sociaux pour les 3,5 millions de ménages qui bénéficient de la Couverture maladie universelle constituera déjà une mesure pragmatique efficace après les années où ce dispositif n’a pas marché, faute d’activation automatique du dispositif. Une solidarité plus ample pourrait être réalisée de manière plus directe et efficace par un chèque d’électricité (ou d’énergie) qui aiderait ceux dont la situation économique est reconnue comme précaire par les services sociaux. Toutefois, pour affronter la précarité énergétique, ce type de tarification ne constitue qu’une solution d’attente, seuls des efforts dans l’efficacité thermique des logements constituant une solution durable. Mais comme il s’agirait d’investir des dizaines de milliards d’euros dans la décennie présente, ce chantier essentiel ne sera sans doute activé qu’avec peine. Ce problème est bien sûr un problème plus général qui est propre à l’ensemble des énergies, sachant que la part des appartements mal isolés et chauffés à l’électricité est moindre. Mais il ne se pose pas moins pour une partie du bâti mal isolé et mal rénové en mode de chauffage dans les décennies précédentes.

Quoi qu’il en soit, la complexité des transformations électriques à l’œuvre du côté de l’offre appelle, impérativement, une évolution des modes de consommation et des services du côté de la demande. Dans un pays comme la France, dont la culture d’ingénieur a mis pendant des décennies les consommateurs d’électricité à l’abri de toute préoccupation, ce qui se joue désormais du côté de la demande sera bien partie prenante de l’aggiornamento qui s’annonce.

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12
Fév
'17

La politique allemande de l’énergie dans son contexte européen Pierre Audigier

 

 

Pourquoi s’intéresser à la politique énergétique allemande ? En septembre 2011, à l’occasion de l’Université d’été du PS, le candidat Hollande expliquait ainsi sa proposition – entérinée depuis par la petite Loi sur la Transition Energétique (LTE) – de faire passer le pourcentage du nucléaire dans le mix énergétique français de 75 à 50% : « les Allemands vont se priver en 11 ans de 20 GW de nucléaire ; il n’y a pas de raison que nous n’arrivions pas à faire de même entre 2012 et 2025 ».

Les Allemands poursuivent donc une politique, amorcée au début des années 2000, de désengagement du nucléaire; ils font également figure de pionniers en matière d’énergies renouvelables, tout particulièrement d’énergies renouvelables intermittentes, telles l’éolien et le solaire. C’est l’Énergiewende. Un regard sur la politique allemande est d’autant plus d’actualité que le développement des énergies renouvelables est l’un des objectifs de la LTE.

Dans cet article, nous privilégierons donc l’électricité et les conséquences de l’insertion des énergies renouvelables dans le réseau électrique. Après un rapide historique de la politique allemande, nous ferons un détour par la politique de l’Union européenne avant de rappeler la problématique de l’insertion des énergies renouvelables dans les réseaux. Ce qui permet ensuite de revenir à l’Énergiewende. On notera ici que le sujet n’a pratiquement pas été étudié lors des débats préparatoires à la LTE.

Une comparaison poste par poste des coûts des systèmes électriques français et allemand serait certes souhaitable mais il n’est pas sûr qu’elle soit possible du fait des grandes disparités entre ces deux systèmes (par exemple : très centralisé en France, très décentralisé en Allemagne). De plus, la structure des parcs est tellement différente de part et d’autre du Rhin qu’il est peu probable qu’une stratégie optimale d’intégration des énergies renouvelables soit la même en France et en Allemagne.

Cela dit, les chiffres globaux parlent d’eux-mêmes ; ils fournissent un ordre de grandeur : c’est ce que nous montrerons.

 

L’abandon du nucléaire et la promotion des énergies renouvelables

Commençons par un rappel historique.

1991 : le gouvernement allemand adopte une première loi dont l’objectif est le de permettre le développement des renouvelables. C’est la Stromeinspeisunggesetz ; celle-ci tient en deux pages et comprend six articles.

1998 : la coalition qui rassemble les Verts et le SPD de Gerhardt Schröder adopte la loi sur Le financement des renouvelables. C’est la loi EEG (Erneuerbare Énergien Gesetz) par laquelle les producteurs d’énergies renouvelables bénéficient d’un prix garanti pour vingt ans (Vergütungspreis).

L’EEG-Umlage représente le surcoût généré par l’achat de ces énergies renouvelables par rapport au prix du marché ; il dépend donc notamment de l’évolution de ce prix de marché. Ce système est voisin, mutatis mutandis, de celui adopté en France ; une des principales différences tient à ce qu’il est géré, non pas par les électriciens (en France par EDF) mais par les quatre gestionnaires de réseaux. Les renouvelables électriques ont par ailleurs priorité d’accès au réseau (comme dans les autres pays membre).

Les opérateurs d’énergie renouvelable peuvent vendre directement sur le marché ; ils reçoivent, en sus du prix du marché, une prime (premium) ; c’est le Direktvermarktung).

  1. La coalition adopte la loi de sortie du nucléaire (Atomausstieg AtG1). Cette loi prévoit un abandon progressif du nucléaire. Chaque réacteur se voit attribuer un quota à produire avant arrêt définitif. Au total les réacteurs existant avaient reçu l’autorisation de produire 2.623 TWh supplémentaire à compter du 1er janvier 2000. Ainsi, le dernier kWh d’origine nucléaire devait être produit en 2022.

2009 : Angela Merkel arrive aux affaires à la tête d’une coalition CDU/CSU/FDP ; elle passe pour plutôt favorable au nucléaire. C’est elle qui, en octobre 2004 et alors dans l’opposition, avait déclaré : « à la longue, il y aura tellement de bénéficiaires de la politique en faveur de l’énergie éolienne que vous ne trouverez pas de majorité pour y mettre un frein ».

Elle promet de revoir la loi de sortie du nucléaire et ce sera, en 2010, la loi AtG2 qui accorde aux réacteurs existants 1804 TWh supplémentaires, soit un allongement de 12 ans en moyenne et l’année 2035 comme celle de la production du dernier kWh nucléaire. Cette loi s’avérera extrêmement impopulaire.

2011 : le 14 mars, soit trois jours après Fukushima et après d’importantes manifestations de rue, la Chancelière annonce l’arrêt immédiat des huit réacteurs les plus anciens. Le ministre de l’Environnement, Peter Altmaier, annonce que les neuf autres seront fermés d’ici 2022. Ces dispositions seront entérinées dans la loi AtG3. Cette loi ne prévoit aucune compensation pour les pertes de recette liées à l’arrêt immédiat des huit réacteurs et aux nouvelles dates butoirs fixées pour les neuf restants.

Dès l’été 2011, est adopté un paquet de lois (le Gesetzpaket) en ce sens. Des objectifs très ambitieux sont définis pour 2050. Outre la fermeture immédiate des huit centrales les plus anciennes (8,4 GW) et celle des neuf autres (12 GW) d’ici 2022, les principaux objectifs 2050 sont ainsi formulés :

Part des énergies renouvelables dans la production d’énergie primaire : 60%.

Diminution de la consommation d’énergie primaire de 50%, par rapport à 2008, soit une augmentation de la productivité énergétique de 2,1% par an.

Diminution des émissions de gaz à effet de serre de 80 à 95% par rapport à 1990.

Et, pour l’électricité :

Part des énergies renouvelables dans la production d’électricité : 80%.

Diminution de la consommation d’électricité de 25% par rapport à 2008.

Novembre 2013. La nouvelle coalition CDU-SPD contrôle les 2/3 des sièges au Bundestag. Elle amende les modalités du tournant énergétique. Le gouvernement se propose de mieux contrôler le coût du système (cf. infra) mais le développement des énergies renouvelables ne devrait pas s’en trouver substantiellement freiné. Une nouvelle loi est mise en chantier : elle sera publiée le 1er août 2014.

1er août 2014. Publication de la nouvelle loi : l’EEG 2.0. Ses objectifs : 40 à 45% d’énergies renouvelables dans la consommation d’électricité en 2025, 55 à 60% d’énergies renouvelables dans la consommation d’électricité en 2035, au moins 80% d’énergies renouvelables dans la consommation d’électricité en 2050, au moins 18% d’énergies renouvelables dans la consommation d’énergie en 2020

Sa complexité se résume à deux chiffres : 105 articles et 55 pages ; c’est par ailleurs tout un nouveau vocabulaire qui est introduit. On y reviendra plus loin.

Ce tournant repose sur un double pari.

Un pari sur l’arrivée à maturité de technologies encore aujourd’hui au stade du laboratoire ou de l’atelier pilote. Parmi celles-ci la capture et le stockage géologique du CO2 (CSC) et le stockage de l’électricité[1] à grande échelle et à un coût raisonnable. Pour l’instant, il paraît peu probable que ces deux technologies soient prêtes pour 2030 malgré un important programme de recherche, notamment sur l’économie de l’hydrogène. Au-delà, never say never !

Un pari sur l’acceptabilité par les populations des nouvelles installations – notamment pour le stockage de gaz carbonique et la construction de lignes de transport THT nécessaires pour l’acheminement vers les zones de grande consommation (principalement le sud) du courant produit par les éoliennes en majorité installées dans le nord. Sur les quatre couloirs de lignes THT programmés, l’un a déjà été abandonné du fait des oppositions et deux autres font débat en Bavière.

Deux paris auxquels on peut en rajouter un troisième : que les pays voisins se gardent bien d’adopter une politique à l’allemande car l’Énergiewende nécessite une contribution importante des systèmes électriques voisins à la stabilité du système allemand. 

 

La politique de l’Union Européenne

Un détour par la politique européenne est maintenant nécessaire car la politique allemande s’inscrit dans le droit fil de la politique européenne et réciproquement.

La compétence de l’Union. L’Union européenne n’a pas de compétence explicite en matière de politique énergétique. Chaque pays membre reste maître de son mix énergétique (article 194 du traité).

Mais le droit de la concurrence échappe aux États ; il est de la compétence exclusive de la Commission, sous le seul contrôle de la Cour de Justice européenne. C’est là un des rares domaines d’activité où il en va ainsi. C’est au nom du respect de la concurrence que la Commission contrôle les aides d’État. Ce à quoi il faut ajouter que la Commission a le monopole d’initiative au Conseil.

Une dérogation a été accordée aux énergies renouvelables au motif qu’il s’agissait là d’une industrie naissante et qu’il était opportun d’aider cette industrie à accéder à la maturité.

Philip Lowe, alors qu’il était directeur général de l’Énergie à la Commission, reconnaissait (cf. Annales des Mines de janvier 2013) que le contexte avait changé : « À une époque où les renouvelables avaient besoin d’un coup de pouce, il s’est avéré nécessaire d’accorder à l’électricité renouvelable le privilège de ne pas couvrir les coûts qu’elle engendrait pour le système électrique. Ce n’est plus admissible aujourd’hui ». Le Directeur général introduisait dans le vocabulaire de la Commission la notion de coût de l’intermittence pour le système, une notion qui va très au delà de celle de parité réseau – un mot qui suscite bien des malentendus dans la mesure où un kWh disponible de façon aléatoire n’a pas la même valeur d’usage qu’un kWh garanti et qu’il n’y a pas lieu d’associer les coûts des réseaux uniquement à la production pilotable.

Bref historique de la libéralisation des marchés de l’énergie. La libéralisation des marchés de l’énergie a fait l’objet de plusieurs séries de directives et de règlements successifs, regroupés en « paquets législatifs ». Elle se fit sur le modèle britannique – alors paré de toutes les vertus.

Le 19 décembre 1996 marque le coup d’envoi du processus avec l’adoption par le Parlement et le Conseil d’une directive établissant des règles communes pour le marché intérieur de l’électricité. La libéralisation devait se faire par étape, la libéralisation totale étant prévue pour le 1er juillet 2007. Cette directive et celle qui suivra deux ans plus tard sur le gaz – modifiées depuis – forment ce qu’on appelle le premier paquet énergie.

Les mesures prises se révèlent rapidement insuffisantes : les opérateurs historiques restent en position dominante. De nouvelles directives sont alors adoptées, notamment celle exigeant la séparation entre la production et le transport qui reste considéré comme monopole naturel et par conséquent, régulé comme tel.

Les 23 et 24 mars 2000, un deuxième paquet énergie est adopté au sommet de Lisbonne. Les chefs d’État et de gouvernement y affirment leur volonté d’accélérer le processus. Les textes législatifs subséquents seront adoptés en 2003. La première directive traitant explicitement des renouvelables sera publiée en septembre 2001 et sera suivie notamment par la feuille de route 2007 pour les renouvelables.

Le paquet suivant sera un paquet énergie-climat. C’est qu’entre temps la problématique du changement climatique s’était imposée comme prioritaire au sein de l’Union.

En 2009, ce paquet est adopté par le Conseil qui fixe trois objectifs à horizon 2020 (les 3x20) : 20% d’énergies renouvelables dans le mix énergétique des pays de l’Union à horizon 2020 (ces 20% sont ensuite déclinés pays par pays) ; une augmentation de 20% de l’efficacité énergétique ; une diminution de 20% des émissions de gaz à effet de serre par rapport à 1990.

En février 2010, face aux lenteurs du processus, le Conseil des ministres de l’Énergie décide que le marché unifié de l’électricité devra être en place d’ici fin 2014.

Le 24 octobre 2014, les États membres parviennent à un accord pour la décennie 2020-2030 : au moins 27% d’énergies renouvelables à horizon 2030 mais, cette fois, sans déclinaison pays par pays. C’est là une novation majeure. Une augmentation de 30% de l’efficacité énergétique ; une diminution de 40% des émissions de gaz à effet de serre par rapport à 1990. Un objectif particulièrement ambitieux puisqu’il s’agit de faire moins 20% en dix ans alors que l’objectif 2020 se traduisait par moins 20% en 30 ans et que, bien évidemment, les premiers 20% sont plus faciles à obtenir que les 20% suivants.

Les deux priorités de la Commission vont donc d’une part à la libéralisation des marchés et de l’autre à la diminution des émissions de gaz à effet de serre. Le moyen privilégié reste le développement des énergies renouvelables et des interconnexions.

Le 25 février 2015, Maros Sefcovic, vice-président de la Commission en charge de l’énergie et du climat, diffusait sa première communication : The European Union Energy Package. Rien de très nouveau dans cette communication si ce n’est l’accent mis sur la sécurité d’approvisionnement en gaz. Pour le reste ce texte reprend notamment l’essentiel des communications et lignes directrices antérieures, notamment la priorité donnée aux énergies renouvelables plutôt qu’aux énergies décarbonées (ce qui aurait inclut le nucléaire), ceci sans aucune référence aux effets pervers des énergies renouvelables intermittentes.

 

Les effets pervers de l’intermittence

Déstabilisation des marchés de l’électricité. Les prix observés sur le marché cessent d’être un « signal » indiquant une évolution de la marge du système et donc un besoin en investissement.

Une telle déstabilisation conduit à la détérioration de la courbe de charge des moyens de production électrique classiques (thermique à flamme et nucléaire) et, partant, de leur bilan économique. Ce qui, combiné avec la répercussion du développement des gaz de roches mères aux États-Unis sur le marché mondial du charbon, pousse hors marché un nombre croissant de centrales à gaz[2], pourtant nécessaires en absence de vent et de soleil (par exemple lorsqu’un anticyclone s’installe durablement sur l’Europe, comme c’est souvent le cas en hiver tandis que la demande est forte).

On rappellera ici que la libéralisation a été décidée à un moment où le système électrique européen était en situation de surcapacité. Mais, compte tenu notamment de la fermeture de centrales anciennes qui ne satisfont pas aux nouvelles normes anti-pollution, cette surcapacité s’étiole inéluctablement (surtout à la pointe), malgré la stagnation de la demande (due, dans des proportions difficiles à évaluer, respectivement à la conjoncture économique et une meilleure efficacité énergétique).

D’où la tendance de certains états à intervenir directement pour maintenir la puissance garantie à un certain niveau de défaillance (adequacy). C’est le « back up ». Et l’on voit se développer ici ou là des schémas de paiements de capacité qui risquent de conduire à une sorte de renationalisation insidieuse des politiques énergétiques.

Création de nouvelles contraintes pour l’ajustement en temps réel offre-demande (balancing). Certes les gestionnaires de réseaux ont l’habitude de gérer l’équilibre offre/demande, habitués qu’ils sont aux fluctuations de la demande (les soirs de match, par exemple !). Ici, l’intermittence introduit une dimension supplémentaire à la problématique dans la mesure où elle accroît considérablement la rapidité avec laquelle l’offre peut varier.

Par ailleurs, la priorité européenne étant de faciliter l’insertion des sources intermittentes, les nouveaux codes réseaux élaborés au niveau européen conduisent à un élargissement des marges de stabilité en fréquence (non sans poser quelques problèmes à certains utilisateurs) et, de ce fait, à de nouvelles contraintes pour le fonctionnement des centrales thermiques fossiles et nucléaires.

Renforcement des réseaux, en réponse à de nouveaux besoins de transport. Non seulement les capacités nécessaires augmentent du fait de l’intermittence mais la localisation optimale de ces nouvelles sources se situe généralement loin des zones de consommation.

Cette logique se déroule sous nos yeux ; elle a bien sûr un coût, un coût difficile aujourd’hui à quantifier mais qui va très au-delà de l’Umlage.

 

Un état des lieux en Allemagne

Production (source : AG Énergie Bilanzen - 2013) : en 2013, 24% de la production d’électricité étaient d’origine renouvelable, soit 7% pour la biomasse, 1% pour les ordures ménagères, 3% pour l’hydraulique, 5% pour le PV et 8% pour l’éolien. Ce qui représente 13% pour les renouvelables intermittentes.

En 2014, une année au climat plutôt clément, la production de renouvelables a été la principale source d’électricité. La part des sources intermittentes dans le mix électrique a été de 14,8% (elle est légèrement inférieure à 5% en France).

La déstabilisation du marché de gros de l’électricité. Le mécanisme exposé plus haut – l’afflux d’énergies renouvelables rémunérés par un tarif garanti – et la surcapacité actuelle en centrales ThF (thermique à flamme) ont conduit à une baisse spectaculaire des prix sur le marché de gros. Au 1er semestre 2014, le prix de gros s’est établi à 32 euros en moyenne, soit environ 20 euros de moins qu’en 2011. Compte tenu des fermetures supplémentaires de tranches présentement envisagées par les opérateurs, l’Agence fédérale des réseaux (Monitoring Bericht du 14 novembre 2014) envisage la possibilité d’un solde négatif de 5 GW de la puissance installée en base et semi-base d’ici 2018.

Des prix allemands très supérieurs aux prix européens. Les prix allemands de l’électricité sont les plus élevés d’Europe, à l’exception de ceux du Danemark, chantre de la décarbonation mais aussi champion d’Europe pour les émissions de CO2 par habitant malgré le développement de l’éolien. Le rapport de monitoring publié par le gouvernement fédéral en novembre 2012 faisait état d’un prix pour les ménages (TTC) de 25,30 cts euros/kWh en Allemagne et de 14,03 cts euros/kWh en France. En 2014, ce prix est passé à 29,13 cts euros/kWh (BDEW : pour une famille de 3 personnes et 3500kwh/an).

Nombreux sont les agriculteurs qui, avec quelques éoliennes au milieu de leurs champs et du solaire sur le toit, finissent par gagner plus que du fait de leur activité agricole.

La moitié de la production d’énergies renouvelables est commercialisée sur le modèle du Direcktvermarktung, ou vente sur le marché avec premium. Cette prime est la différence entre une valeur de référence (Anzulegender Wert) et le prix du marché. Ainsi, si l’AW est de 10,04,cts/kWh et prix myen du marché observé sur le marché du mois précédent, la premium sera de 6,4 cts/kWh.

Les industriels sont largement exemptés du paiement de l’EEG-Umlage (qui, mutatis mutandis, correspond à la CSPE électrique). Les électro-intensifs bénéficient également d’un accès privilégié aux réseaux THT (Très Haute Tension). Les électro-intensifs bénéficient ainsi d’une subvention évaluée à 4 milliards d’euros par an ; ils achètent leur électricité à un prix inférieur au prix français. Cet avantage porte sur 100 TWh environ (pour une consommation totale de 570 TWh) et concerne quelque 3000 entreprises.

L’essentiel du financement des renouvelables est donc à la charge des particuliers non producteurs, des petits et moyens industriels et des commerçants. Ce sont les non-privilégiés, les nicht-priviligierten. En 2014, ceux-ci auront acquitté au titre de la seule Umlage quelque 63 euros/MWh, soit plus d’une fois et demi le prix sur le marché. Le montant total de l’Umlage aura été de quelque 24 milliards. Ceci conduit à faire subventionner les gros (les Privilegierten et autres Umlage-befreiten- libérés de l’Umlage) par les petits.

Les gros consommateurs ne sont pas les seuls bénéficiaires : ainsi, le Land du Schleswig-Holstein, un état agricole et bien doté en vent, peut afficher, grâce à l’éolien, une balance énergie positive de 500 millions euros/an. La Bavière, de son côté, planifie sa propre sortie du charbon. Ce qui, dans cet État fédéral qu’est l’Allemagne, explique les difficultés que peut avoir le gouvernement allemand à corriger les errements du passé : il y a non pas un Énergiewende mais plutôt 1+16.

 

Des émissions de gaz à effet de serre par le secteur électrique qui repartent à la hausse.

La fermeture des premiers réacteurs en application du plan rappelé plus haut, a conduit à ce paradoxe que les émissions de CO2 augmentent en même temps que la production des énergies renouvelables. De 308 millions de tonnes en 2011, elles sont passées à 318 millions en 2013 (source Agora Énergiewende)

Le 3 décembre 2014, le gouvernement décidait un plan d’action qui devrait permettre de respecter les objectifs de réduction des GES de 40% d’ici 2020. Il souhaite une réduction de 80 millions de tonnes par an des émissions de CO2 par le secteur électrique[3].

Les vieilles centrales à charbon aux rendements médiocres sont progressivement mises au rebut tandis que 10 GW de nouvelles capacités auront été couplées au réseau entre 2011 et 2015.

Désormais, les nouvelles unités sont conçues pour pouvoir être équipées ultérieurement de systèmes d’extraction du CO2 (capture ready) mais la technologie de stockage géologique du CO2 est, comme rappelé plus haut, loin d’être au point (respect des exigences de la directive sur la sûreté des stockages, acceptabilité par le public etc.).

C’est que l’impressionnant développement de la production de gaz de roches mères aux États-Unis rend disponible pour l’exportation d’importantes quantités de charbon. Ceci conduit à une baisse des prix sur le marché mondial, en conséquence de quoi, l’électricité produite en Europe avec du charbon est moins chère que celle produite avec du gaz. Le charbon reste donc le combustible privilégié en Allemagne.

Mais, comme le dit Sigmar Gabriel, « on ne peut pas sortir à la fois du nucléaire et du charbon ».

 

Un besoin considérable en investissements

Les nouvelles lignes de transport. La contribution des consommateurs allemands aux coûts de réseaux est déjà très supérieure à celle des consommateurs français : 74 euros/MWh en Allemagne contre 41 euros/MWh en France.

Le besoin en nouvelles lignes (THT et distribution locale) reste important. À cela deux raisons. Les sources d’intermittentes éoliennes sont localisées principalement au nord alors que les nouveaux besoins sont principalement au sud. L’intermittence conduit, de par son caractère même, à un besoin considérable en ligne de transport.

Les renouvelables. En mars 2014 (source : VGB) le solaire et l’éolien représentaient 38% de la capacité installée (respectivement 69 GW et 183 GW) pour une production de 14% du total produit. Ce à quoi il faut ajouter que la durée de vie des éoliennes et des panneaux photovoltaïques est généralement estimée à une vingtaine d’années.

En févier 2013 Peter Altmaier, alors ministre en charge de l’Environnement et de l’Énergie au sein du gouvernement fédéral, publiait un papier intitulé Énergiewende sichern – Kosten begrenzen (garantir le succès du tournant – maîtriser les coûts).

L’erreur de départ (ein schwerer Geburtsfehler), explique le ministre, fut d’avoir encouragé le développement des énergies renouvelables sans avoir en même temps fixé une limite supérieure aux dépenses à engager. Un message qui fait écho à l’avertissement d’Angela Merkel évoqué plus haut et qui sonne comme un avertissement à ceux qui seraient tentés de suivre la voie allemande.

En janvier 2014, Sigmar Gabriel, successeur du précédent, déclarait : « l’Énergiewende risque d’échouer, du fait de son succès ». Dans le même temps, le ministre affirme qu’il ne s’agit nullement de remettre en cause les objectifs d’une l’Énergiewende dont le principe n’est pas contesté par l’opinion. C’est ce qu’il réaffirme encore dans le livre vert diffusé le 30 octobre 2014. Le ministre annonce qu’il ouvre un débat sur la nouvelle architecture de marché à mettre en place pour accompagner l’Énergiewende.

Laissons-lui la responsabilité de son diagnostic : « Les capacités actuelles garantissent la sécurité d’approvisionnement pour les prochaines années. La faiblesse des prix de marché traduit le fait qu’il existe une surcapacité considérable. La fermeture de nombreux réacteurs, l’annonce de la fermeture de beaucoup d’autres montrent que le marché envoie les bons signaux. Cette surcapacité doit être éliminée. »

Le ministre évalue à 60 GW la surcapacité du système, chiffre contesté par la VGB Power tech. Le débat qu’il proposé se structure autour de deux options : Capacity payments (trois variantes possibles), option dont on sait qu’elle est privilégiée par la France ; Electricity market 2.0 (par référence à la loi EEG 2.0).

Les inconvénients de la première option sont largement développés : ce sont des aides d’État, donc soumises à l’autorisation de la Commission ; c’est bien compliqué et çà coûtera cher ; cela conduit à une recentralisation du système, ce qui n’est pas efficient sur le plan économique etc.

La deuxième option consiste pour l’essentiel à laisser le marché fonctionner sans entraves, c’est-à-dire sans plafonnement des prix, ce qui permettra le financement des équipements de pointe sans conduire à une augmentation sensible des factures ; il faut aussi faire confiance à l’efficacité de ces mécanismes que sont la puissance de secours (back-up) et la gestion de la demande qui peuvent être développées rapidement et à un coût modéré ; avec en toile de fond les progrès attendus en matière d’efficacité énergétique[4].

En d’autres termes et en ce qui le concerne, le ministre a déjà choisi. Il en appelle par ailleurs à une Énergiewende européenne.

Cette consultation était ouverte aux partenaires européens, parmi lesquels la France. On comprend que les allemands cherchent ainsi à préempter le débat européen en en définissant les termes. Cette consultation devrait conduire à la rédaction puis à la publication d’un livre blanc pendant l’été 2015.

 

En attendant, la vie continue

Début juillet 2013, le gouvernement allemand annonçait sa décision d’accorder une subvention de 100 millions d’euros à E.on pour que celui-ci renonce à la mise sous cocon des unités 4 et 5 de la centrale d’Irsching. Cette subvention n’a pas été considérée comme aide d’état car provisoire, en l’occurrence jusqu’en mars 2016. E.on vient de notifier au gouvernement fédéral son intention de fermer les unités 4 et 5 à cette date, c’est-à-dire avec un préavis d’un an comme la loi l’y oblige. La question est maintenant de s avoir si la subvention va être renouvelée et sous quelle forme.

Le 14 octobre 2014, Sigmar Gabriel s’adressait directement au premier ministre suédois en lui demandant de faire pression sur la direction de Vattenfall pour que celle-ci confirme son projet de développement de deux mines de lignite situées en Lusace, jugées indispensables à la sécurité d’approvisionnement de la région.

Dans le même temps qu’il critique le mécanisme de capacité, le gouvernement allemand met en place une réserve stratégique pour l’hiver qui devrait atteindre 6 GW en 2018.

Les subventions à la houille restent conséquentes : si elles diminuent au niveau fédéral, pour passer de 1332 millions d’euros en 2015 à 794 en 2019, le land de Rhénanie du Nord Westphalie augmente la sienne qui passera de 171 millions d’euros en 2015 à 220 en 2019. Il s’git essentiellement d’aide à la fermeture d’anciennes mines.

 

*

 

En 2025 les renouvelables devraient atteindre 40 à 45% – objectif acté dans l’accord de gouvernement CDU-SPD d’octobre 2013. Mesuré à l’aune de ce seul critère, l’Énergiewende est sans aucun doute un succès. Mais avec des effets pervers.

Le potentiel de croissance des renouvelables pilotables étant limité, l’objectif 2025 pour les renouvelables intermittentes est voisin de 30%, soit plus qu’un doublement. Dans le même temps, la France pourrait bien atteindre en 2025 les 15% de l’Allemagne d’aujourd’hui. Ce qui devrait conduire à la poursuite de l’évolution à la baisse du prix de marché[5] pour ces prochaines années.

Les trois grands producteurs historiques que sont E.on, RWE et Vattenfall[6] ont vu leur capitalisation diminuer de près de 50% depuis 2010. E.on a annoncé la dissociation de ses activités : ENR et distribution d’un côté, production conventionnelle de l’autre. Vattenfall est en vente pour 3/4 milliards euros, etc.

Ce qui s’explique d’un côté par les pertes dues à la fermeture de réacteurs nucléaires, de l’autre par la réduction des bénéfices résultant de la baisse du taux d’exploitation des centrales conventionnelles – et la fermeture de certaines d’entre elles – comme il a été dit plus haut, un processus appelé à se poursuivre.

Ces trois opérateurs ont, chacun à sa manière, engagé des actions en justice devant les tribunaux civils.

L’Allemagne risque fort de ne pas atteindre son objectif de réduction des émissions de CO2, soit moins 40% à horizon 2020 (par rapport à 1990). Cet objectif, affiché par la coalition au pouvoir, n’a pas encore fait l’objet d’un examen par le parlement.

Les experts de Agora Énergiewende estiment qu’il faudrait, pour se placer sur la trajectoire 2050 (diminution des GES de 80 à 85% d’ici 2050), réduire la production d’électricité à base de charbon de 62% d’ici 2030 et de 80% celle à base de lignite.

Ainsi les débats sont vifs sur l’opportunité d’ouvrir de nouvelles exploitations de lignite, non seulement en Lusace comme on l’a vu plus haut mais, aussi au Brandenburg ou en Saxe. Les syndicats s’opposent à toute taxe sur le charbon (Abgabe,) rendant délicate la position du ministre.

 

 

 

 

 

[1]. Le stockage de l’électricité à proprement parler est strictement impossible. Ce qui se stocke, c’est de l’énergie chimique (batteries) ou mécanique (volants d’inertie), le gaz (P2G : H2, CH4) produit à partir d’électricité, eau dans des stations de pompage-turbinage, etc.

[2]. Après une vague de fermeture de cycles combinés au gaz (CCG), E.On vient d’annoncer la fermeture anticipée de la centrale nucléaire de Grafenrheinfeld (REP1345 MW) en Bavière. Il en est de même pour certaines centrales thermiques à gaz de France-Suez, RWE et EnBW.

[3]. L’année 2014 permet à l’Allemagne d’afficher de meilleurs résultats ; conséquence de la douceur du climat, la consommation totale d’énergie a diminué de 5% par rapport à 2013 (source AG Énergie Bilanzen).

[4]. L’objectif 2008-2020 consiste à réduire la consommation d’électricité de 10%. Or la consommation est pratiquement restée constante entre 2008 et 2013 (source VGB).

[5]. Comme le montrent Klaus Würzburg, Xavier Labandière et Pedro Limares le prix de la veille pour le lendemain diminue de 1euros/MWh chaque fois que l’on prévoit pour le lendemain une augmentation de l’injection de renouvelables de 1 GWh. (“Renewable generation and electricity prices : Taking stock and new evidence for Germany and Austria”, Energy Economics, December 2013). L’étude repose sur une analyse des données de juin 2010 à juin 2012. On pourra lire également ; François Benhmad et Jacques Percebois, « Wind power feed-in impact on electricty prices in Germany 2009-2013 », à paraître en 2015 dans le European Journal of Comparative Economics.

[6]. Le quatrième grand producteur historique, EnBW est la propriété du Land de Baden Würtemberg. Les quatre producteurs produisent 75% du total produit en Allemagne.

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12
Fév
'17

Énergie et climat : que savons-nous ? Valérie Masson-Delmotte

 

 

 

La combustion d’énergies fossiles est aujourd’hui la principale source de gaz à effet de serre. C’est aussi le principal vecteur de l’action de l’homme sur le climat. Mais ce lien entre énergie et climat est beaucoup plus complexe qu’il n’y paraît de prime abord. Les travaux des scientifiques font émerger plusieurs scénarios possibles, à partir desquels on peut mener une réflexion prospective. Ses limites? Tout d’abord, les scénarios ne se différencient de façon significative que dans trois décennies. Ensuite, les conséquences concrètes du changement climatique sont incertaines. Pour autant, on ne peut s’exonérer d’une réflexion sur les avenirs possibles. Cette réflexion, menée aujourd’hui par des pays et des collectivités locales, mais aussi de grandes entreprises (assurance, gestion d’infrastructures, production d’énergie) aide à identifier des risques et des contraintes. Elle permet aussi de pointer l’émergence de nouveaux services.

L’extraction, le transport et la combustion d’énergies fossiles ne produisent pas seulement du CO2, mais aussi d’autres gaz à effet de serre (fuites de méthane) ainsi que l’émission de particules, dont certaines ont un effet refroidissant (sulfates) ou réchauffant (suies). La combustion de biomasse agit également sur l’évolution du climat à travers les effets liés à la combustion (gaz à effet de serre et particules) et ceux liés à la déforestation lorsqu’il s’agit de l’exploitation de forêts non renouvelées. C’est l’ensemble de ces facteurs que l’on doit prendre en compte si l’on veut comparer les impacts climatiques des différentes filières énergétiques.

 

Une machine complexe : la Terre

Notre planète peut être vue comme une machine thermique qui intercepte de l’énergie solaire et en transforme une partie en chaleur, en mouvement de l’air ou en précipitations. L’humanité est devenue au fil du temps un acteur majeur de cette transformation. Elle manipule aujourd’hui des quantités d’énergie qui en font un acteur important à l’échelle des équilibres planétaires.

Il ne s’agit pas seulement de l’essence que consomment nos voitures et nos usines, mais tout simplement de notre subsistance : notre nourriture est issue de la photosynthèse et les questions d’alimentation sont aussi des problèmes d’énergie. Nous contribuons également à modifier les équilibres énergétiques planétaires en consommant des énergies fossiles, pétrole, charbon ou gaz accumulés pendant des millions d’années et correspondant à un cumul d’énergie solaire transformée par la photosynthèse.

L’effet net de la combustion d’énergie fossile, de la déforestation et de la production de ciment correspond actuellement à un rejet annuel de CO2 vers l’atmosphère de 11 gigatonnes de carbone par an. Certes, chaque année, la moitié de ces émissions est absorbée par ces puits naturels que sont les océans, la végétation et les sols. Ceci entraîne également une acidification des océans. Mais l’autre moitié de ces émissions s’accumule aux émissions antérieures dans l’atmosphère, modifiant profondément sa composition. La concentration en dioxyde de carbone a ainsi augmenté de 40% depuis 1750 ; la concentration de méthane a augmenté de 150% au cours de la même période. Cela correspond à une rupture par rapport à la composition atmosphérique au cours des derniers 800 000 ans, connue grâce à la mémoire que constituent les bulles d’air piégées dans les glaces de l’Antarctique.

Ces changements de concentration de gaz à effet de serre ont un effet majeur sur le climat. La figure ci-dessous présente de manière schématique le fonctionnement de l’atmosphère. Celle-ci laisse passer la majeure partie du rayonnement solaire, qui chauffe la surface des continents et des océans. Les flux d’énergie depuis la surface des continents et des océans chauffent alors le bas de l’atmosphère, qui émet à son tour un rayonnement infra-rouge, dont une partie réchauffe les basses couches de l’atmosphère et la surface de la planète, et une partie sort vers l’espace.

Plus la concentration de gaz à effet de serre augmente dans l’atmosphère, plus celle-ci est efficace pour piéger le rayonnement infra-rouge, réduisant les émissions infra-rouges vers l’espace, ce qui entraîne un réchauffement de la surface planétaire et des basses couches de l’atmosphère. Une augmentation de la concentration de gaz à effet de serre se traduit donc par une accumulation d’énergie dans le système climatique, ce qui se traduit par des changements de température des océans, de l’air en surface, et des changements du cycle de l’eau, de certains événements extrêmes (vagues de chaleur, fortes précipitations), une fonte des glaces, et une augmentation du niveau des mers.

C’est ainsi que notre consommation énergétique participe au phénomène de réchauffement climatique planétaire mesuré par les données météorologiques et océanographiques, et que l’on appelle également «changement climatique » pour souligner le fait qu’il ne s’agit pas seulement d’un réchauffement mais aussi de modifications d’autres aspects (cycle de l’eau, circulation atmosphérique, acidification des océans, niveau des mers, événements extrêmes). Contrairement à une idée reçue, ce n’est pas la chaleur dégagée par la combustion d’énergie qui modifie le climat (cet effet est palpable à l’échelle très locale, par exemple dans une agglomération en hiver, mais négligeable au niveau planétaire), mais l’effet de serre lié aux gaz rejetés dans l’atmosphère.

Au cours du temps, le climat de la Terre a subi des fluctuations importantes, en réponse à des modifications de la composition de l’atmosphère, à l’échelle géologique, à des changements de l’activité du Soleil ou l’orbite de la Terre autour de son étoile, ou enfin du fait d’éruptions volcaniques majeures. À contexte géologique ou orbital identique, il est possible de comparer les changements en cours par rapport aux variations naturelles du climat au cours des siècles ou millénaires précédant la période industrielle. Les enregistrements paléoclimatiques révèlent que le réchauffement des derniers 30 ou 50 ans, la montée du niveau des mers, ainsi que le retrait de la banquise arctique sont exceptionnels dans le contexte des derniers 1400 ans.

La réponse du climat à des perturbations du bilan radiatif terrestre met en œuvre des mécanismes complexes de rétroactions. Les principales rétroactions qui amplifient le réchauffement de l’atmosphère tiennent au fait qu’une atmosphère plus chaude va pouvoir contenir davantage de vapeur d’eau (qui ajoute de l’effet de serre), à des modifications de la répartition des nuages (avec un effet dominant de réchauffement supplémentaire), aux effets de réchauffement lié à la fonte de la neige ou de la banquise (remplacés par des surfaces plus sombres, qui vont davantage absorber le rayonnement solaire). Le terme modérateur provient du stockage de chaleur en profondeur dans les océans, ce qui représente aujourd’hui 93% de l’énergie supplémentaire dans la machine climatique. Ce réchauffement des océans agit ensuite sur l’atmosphère, ainsi que sur le niveau des mers, avec des conséquences sur le long terme (à l’échelle de plusieurs siècles). Enfin, un climat qui change devrait entraîner également des modifications de la capacité des océans et des surfaces continentales à piéger une fraction importante des émissions de dioxyde de carbone dues aux activités humaines : à quantité d’émissions identiques, le changement climatique sera plus important si les puits de carbone sont moins efficaces, ou si le dégel des zones arctiques relâche des quantités importantes de gaz à effet de serre vers l’atmosphère.

L’évolution du climat se joue ainsi dans ces rétroactions multiples, que les scientifiques travaillent à modéliser, à partir de la compréhension des lois physiques, et la représentation simplifiée des processus de petite échelle comme la formation des nuages. Il me semble utile, à ce stade, de lever une équivoque : l’évaluation des risques climatiques futurs ne repose absolument pas sur une extrapolation à partir de séries passées. Les modèles numériques de climat sont construits à partir des modèles de circulation atmosphérique utilisés pour la prévision météorologique, mais en intégrant les différentes composantes de la machine climatique (océan, atmosphère, y compris le cycle de l’eau, mais aussi chimie atmosphérique, cycle du carbone, banquise, interactions végétation atmosphère…). Ces modèles de climat sont en permanence testés sur leur capacité à représenter les mécanismes de fonctionnement du climat, les rétroactions, les changements passés à différentes échelles de temps, par confrontation à tout un ensemble d’informations (données paléoclimatiques, mais aussi mesures météorologiques, océanographiques, mesures spatiales etc.). Les incertitudes associées à ces modèles numériques peuvent être abordées vis à vis de l’état initial du climat (par exemple, l’état initial de l’océan), ou en faisant varier certains paramètres mal contraints des modèles, ou bien en comparant systématiquement les 40 modèles de climat qui sont développés dans différents laboratoires de recherche mondiaux. Chaque modèle de climat produit une variabilité dite « interne », liée aux interactions entre la circulation de l’océan et de l’atmosphère, ainsi qu’une réponse aux perturbations du bilan radiatif terrestre, qu’elles soient d’origine naturelle (activité du soleil et des volcans) ou liées aux activités humaines. La confrontation de simulations prenant en compte ces différents facteurs et observations est essentielle pour estimer la ou les causes de changements observés.

Les sciences du climat sont un domaine de recherche académique très vivant, avec des progrès majeurs dans les observations au sol, en mer ou par télédétection (et même l’étude des climats passés), dans la compréhension des processus en jeu, et dans la modélisation numérique du climat actuel, de climats passés, ou de scénarios d’évolution future du climat, en réponse à différents scénarios d’évolution de la composition atmosphérique, en relation avec les activités humaines.

À partir des milliers de publications scientifiques chaque année, il est très difficile pour un scientifique donné d’avoir une vision d’ensemble de l’état des connaissances. Compte tenu des enjeux, pour les différents pays, liés au changement climatique, une structure unique a été mise en place en 1988 par l’Organisation météorologique mondiale et le Programme des Nations Unies pour l’Environnement. Le GIEC a pour mandat de produire régulièrement des rapports d’évaluation sur l’état des connaissances concernant le changement climatique. Ces rapports sont rédigés par des centaines de scientifiques, à partir des publications relues par les pairs. Plusieurs étapes de relecture par la communauté scientifique contribuent à la qualité de la synthèse critique qui est effectuée.

En septembre dernier, le 5e rapport du groupe 1 du GIEC, qui porte sur l’état des connaissances sur le fonctionnement du système climatique, a été rendu public. Il fait suite à quatre rapports publiés en 1991, 1995, 2001 et 2007. Les conclusions de chaque rapport évoluent selon l’état des connaissances, et les rapports détaillés incluent une analyse des points robustes, des principales incertitudes, et des controverses scientifiques. L’une des spécificités de ces rapports tient à une formulation très précise du degré de confiance associé à chaque conclusion, prenant en compte une évaluation qualitative et, si possible, quantitative (probabiliste) des éléments disponibles.

Ces précautions prises, entrons dans le vif du sujet, en examinant de plus près certains des mécanismes à l’œuvre.

 

CO2 et particules : qu’émettons-nous, avec quels effets ?


Certaines activités humaines contribuent notablement au rejet de CO2 dans l’atmosphère. C’est notamment le cas de la déforestation, de la production de ciment et de la combustion d’énergies fossiles. Les activités agricoles et industrielles contribuent également à émettre d’autres gaz à effet de serre, comme le méthane, l’oxyde nitreux, ou encore les chlorofluorocarbures. Mais la combustion d’énergies fossiles ou de biomasse entraîne également des rejets de particules polluantes, les aérosols.

Les effets de ces différentes émissions ne sont pas les mêmes. Gaz à effet de serre et aérosols modifient le bilan radiatif terrestre de deux façons : en piégeant le rayonnement infra-rouge dans les basses couches de l’atmosphère (ce que l’on nomme l’effet de serre), mais aussi en réfléchissant une partie du rayonnement solaire.

Les gaz à effet de serre, comme le CO2, contribuent surtout au premier effet. On estime aujourd’hui que plus de la moitié de l’augmentation de l’effet de serre est due aux rejets de CO2 dans l’atmosphère. En revanche, l’impact radiatif net des aérosols est en moyenne négatif : ils ont surtout comme effet de réfléchir le rayonnement solaire, soit directement, soit en contribuant à la formation de nuages. Les gaz à effet de serre sont rapidement mélangés dans l’atmosphère, et ont une durée de vie longue dans l’atmosphère. Celle-ci est de l’ordre de 20 ans pour le méthane, et bien plus longue pour le CO2, dont 20% des émissions actuelles auront encore un effet sur le climat dans 1000 ans. Les teneurs en aérosols dans l’atmosphère sont quant à elles caractérisées une forte hétérogénéité spatiale (concentration autour des grandes métropoles), du fait de leur courte durée de vie dans l’atmosphère : à peine quelques jours, du fait de l’effet de lessivage des pluies. Enfin, certaines particules, par exemple les suies issues de la combustion du charbon, contribuent plutôt au réchauffement de l’atmosphère. Au final, l’effet des gaz à effet de serre sur le climat est précisément estimé, alors qu’une incertitude plus large pèse sur l’effet des aérosols ; mais il n’y a aucun doute que l’impact réchauffant du surplus d’effet de serre est dominant.

Pour revenir au secteur de l’énergie, et à l’impact climatique associé à différentes sources d’énergie, il faut prendre en compte d’éventuels effets de fuite (méthane), ainsi que l’effet net lié aux aérosols et aux gaz à effet de serre. La production d’électricité utilisant le charbon est celle qui rejette le plus de CO2 par unité d’énergie produite, et, sans normes contraignantes, peut fortement dégrader la qualité de l’air par le rejet d’aérosols.

Comment évoluent les émissions ? Les rejets de gaz à effet de serre dus à la déforestation se sont stabilisés au cours de la dernière décennie, suite à une compensation partielle entre déforestation et croissance des forêts, sur des terres agricoles abandonnées et dans les régions boréales. En revanche, les émissions liées à la consommation d’énergie fossile et à la production de ciment ont fortement augmenté : + 1% par an entre 1990 et 2000, +2,9% par an entre 2002 et 2011. L’évolution récente est principalement due à l’augmentation de la consommation mondiale de charbon. Depuis 2005, les émissions des pays émergents et en développement ont dépassé celles des pays industrialisés, la Chine étant le premier émetteur de CO2, suivie des États-Unis, de l’Union Européenne, de l’Inde, de la Russie et du Japon. Les émissions de CO2 par habitant dues aux énergies fossiles dépendent du mix énergétique de chaque pays, ainsi que de la consommation d’énergie. Ainsi, elles dépassent largement 12 tonnes par an et par habitant pour l’Arabie Saoudite, le Qatar, les États-Unis, le Canada et l’Australie ; elles sont de l’ordre de 5 à 12 tonnes par an et par habitant pour les divers pays de l’Union Européenne, l’Afrique du Sud, la Corée du Sud, la Chine ou la Russie ; et de moins de 5 tonnes par an et par habitant pour le Brésil, l’Inde et la plupart des pays en développement. Pour compléter le tableau et se faire une idée précise des émissions totales de gaz à effet de serre, il faut enfin prendre en compte les autres gaz (traduits en CO2-équivalent) ainsi que les changements d’usages des sols.

Ainsi, en France en 2010, le pouvoir de réchauffement global lié aux émissions nationales est dû à 73,4% au CO2, 11,9% au CH4, 11,3% à l’oxyde nitreux et 3% pour d’autres gaz. Les évolutions récentes sont liées à une diminution de la combustion de charbon et des rejets d’oxyde nitreux, à une augmentation de la combustion du gaz naturel (résidentiel) et du transport routier, ainsi qu’à une augmentation des rejets de gaz utilisés en réfrigération et climatisation. En moyenne, les émissions de CO2 sur le territoire national sont de l’ordre de 6,8 tonnes/an/habitant (contre 9,6 tonnes autres gaz). Il faut y ajouter les émissions rejetées lors de la production de produits importés, ce qui correspond au final à 12,6 tonnes de CO2 équivalent/an/habitant.

Des émissions aux projections
Examinons à présent d’un peu plus près les modèles de prévisions climatiques. La variabilité observée du climat dépend de perturbations radiatives naturelles (injection d’aérosols, par exemple d’origine volcanique ; variations de l’activité du Soleil), anthropiques (gaz à effet de serre et aérosols, usages des sols) et enfin de la variabilité interne du système océan-atmosphère (par exemple la survenue d’événements comme El Niño). Les observations du changement climatique en cours montrent plusieurs tendances significatives : un réchauffement d’environ 0,85 °C de la température à la surface du globe depuis 1900, une modification du profil vertical de la température atmosphérique, une augmentation de l’humidité atmosphérique, un réchauffement plus marqué à la surface des continents que des océans (et très prononcé dans l’Arctique), caractérisé par un retrait des zones enneigées et englacées, une augmentation de la fréquence des vagues de chaleur et de l’intensité des précipitations les plus fortes… Toutes ces caractéristiques sont cohérentes avec les études théoriques issues de la modélisation de l’impact sur le climat de l’augmentation des concentrations atmosphériques en gaz à effet de serre. Elles amènent à la conclusion d’un impact dominant des activités humaines sur l’évolution du climat global et régional, sur l’évolution du niveau des mers, et sur l’intensification de certains événements extrêmes (vagues de chaleurs, fortes précipitations) au cours des derniers 50 ans.

Les modèles numériques de climat sont également utilisés pour évaluer les risques d’évolution future du climat. Tous les laboratoires de recherche construisant des modèles de climat (une quarantaine dans le monde) viennent de réaliser un ensemble de simulations standardisées, qui intègrent des simulations de différents climats passés, de la période historique, et un ensemble de scénarios d’évolution future de l’impact des activités humaines. Ces scénarios correspondent à des perturbations faibles ou modérées des radiations piégées dans l’atmosphère (2,6 W/m2, soit l’ajout d’une perturbation d’amplitude similaire à celle qui a déjà eu lieu depuis la période préindustrielle jusqu’à ce jour) à des perturbations fortes (8,5 W/m2 soit un quadruplement de l’impact radiatif des activités humaines sur le climat). Ces valeurs correspondent à des concentrations de CO2-équivalent dans l’atmosphère allant de 490 à plus de 1300 ppmv de CO2.

Il faut souligner que le scénario bas correspond à une stabilisation des émissions mondiales de CO2 d’ici une vingtaine d’années, puis une forte diminution, jusqu’à des émissions nulles dans la seconde moitié du xxie siècle ; le scénario haut correspond à une croissance régulière des émissions de CO2 pendant les 2/3 du xxie siècle ; l’évolution récente des émissions se situe sur cette trajectoire « haute ». La comparaison, pour un scénario donné, de différents modèles de climat permet d’identifier la robustesse des résultats ou l’incertitude associée à chaque modèle.

Que nous apprennent ces résultats ? Tout d’abord, l’évolution du climat ne se différencie d’un scénario à l’autre qu’à l’horizon d’une trentaine d’années. En effet, l’évolution du climat au cours des prochains 30 ans intègre la réponse à la perturbation déjà effectuée. Les différences d’émissions de gaz à effet de serre (et de scénario) sont déterminantes pour l’évolution du climat au-delà de 2050, avec un réchauffement modeste (moins de 2 °C par rapport au climat pré-industriel) uniquement pour le scénario le plus bas et un réchauffement important (près de 5°C par rapport au climat pré-industriel) pour le scénario le plus élevé. Tous les modèles simulent une intensification des changements déjà observés : recul de la banquise arctique, intensification du cycle de l’eau, augmentation de l’intensité et de la fréquence des vagues de chaleur, montée du niveau des mers, modification de la circulation atmosphérique de grande échelle avec déplacement des structures de circulation (moussons, passages dépressionnaires) vers les pôles, acidification des océans…

L’échelle de temps des conséquences de rejets de CO2 dans l’atmosphère est particulièrement longue actuellement. Environ 50% des rejets anthropiques de CO2 sont actuellement captés par les océans (qui s’acidifient), les sols et la végétation. Il faut noter que l’efficacité de ces puits de carbone pourrait diminuer dans un climat plus chaud.

Les océans jouent ainsi un rôle de « tampon » : de la même façon qu’ils absorbent une bonne partie du CO2, ils stockent l’essentiel (plus de 90%) du surplus d’énergie emmagasinée dans le système climatique. De petites fluctuations dans les échanges entre océans et atmosphère modulent le rythme du réchauffement, d’une année à l’autre ou d’une décennie à l’autre. De ce fait, les océans ont également un effet de « mémoire » qui va faire perdurer très longtemps le changement climatique et ses conséquences. Ainsi, l’augmentation du niveau moyen des mers, dans le scénario haut, pourrait être de l’ordre de 90 cm au-dessus du niveau pré-industriel d’ici à 2100, et de 1 à 3 mètres d’ici à 2300.

Au final, le changement climatique futur est principalement lié au cumul des émissions de CO2. Ce résultat permet de traduire l’objectif choisi par les gouvernements des différents pays à Copenhague, c’est à dire un réchauffement de moins de 2°C par rapport au climat préindustriel, en quantités d’émissions compatibles. En prenant en compte l’impact des autres gaz à effet de serre, et une période de référence « pré-industrielle » au milieu du xixe siècle, il ne faudrait pas émettre, pour respecter cet objectif, plus de 790 GtC au total Les émissions passées cumulées étant de 515 gigatonnes de carbone sur cette période, et compte tenu du rythme actuel de croissance des émissions, ce cumul sera atteint d’ici 20 à 30 ans.

En retour, comment le changement climatique affectera-t-il l’offre et la demande énergétique ?
En moyenne, la demande d’énergie pour le chauffage en hiver dans les régions tempérées pourrait diminuer, tout en continuant d’exiger la possibilité de faire face à des vagues de froid. À l’inverse, la demande d’énergie pour la climatisation pourrait fortement augmenter, du fait du risque accru de vagues de chaleur.

En ce qui concerne la production d’énergie, plusieurs types d’effets peuvent être anticipés. Les changements du cycle de l’eau et la fonte des glaciers de montagne peuvent par exemple affecter la capacité de production d’hydroélectricité. La capacité de renouvellement de la biomasse (utilisable pour la production de chaleur ou d’agrocarburants) pourrait également être affectée par le changement climatique et son interaction avec l’évolution de la qualité de l’air. Il existe de très grandes incertitudes sur l’évolution des événements de petite échelle spatiale comme les ouragans ou les tempêtes auxquels sont exposés les systèmes de production énergétique ainsi que les réseaux de transport d’électricité ; la vitesse des vents en surface associée aux ouragans les plus forts pourrait augmenter. Les impacts du réchauffement climatique sur le débit et la température des eaux de surface (fleuves et mers côtières) pourraient enfin affecter la capacité de refroidissement des centrales nucléaires.

D’une façon générale, l’impact futur du changement climatique sur la production et la consommation d’énergie pourrait se résumer en un mot : une vulnérabilité accrue, de certaines infrastructures en particulier et par extension des systèmes dans lesquels elles s’inscrivent. On observe d’ailleurs aujourd’hui, aussi bien dans les grandes entreprises qu’au sein des collectivités locales, une prise en compte croissante de ces risques. Les gestionnaires d’infrastructures sont bien sûr en première ligne, avec les responsables politiques de lieux déjà fragilisés par le changement climatique (inondations, sécheresse, érosion).

Les zones littorales qui concentrent populations et infrastructures sont particulièrement vulnérables en particulier vis-à-vis de l’augmentation du niveau des mers. Et certains éléments de la réponse actuelle au changement climatique pourront, à terme, former de nouvelles vulnérabilités. Par exemple, la croissance planifiée de la part des énergies renouvelables (en particulier solaire et éolienne) dans le mix énergétique mondial renforce le besoin de prévisions météorologiques précises afin de gérer l’intermittence de la production d’électricité. Les centres de recherche sur le climat développent des diagnostics issus des scénarios d’évolution climatique à court (décennies) et long terme (50-100 ans) pour permettre aux pouvoirs publics ainsi qu’aux industriels de différents secteurs d’évaluer leurs impacts possibles et s’y préparer.

Au Danemark, les primes de l’assurance habitation sont d’ores et déjà indexées sur le risque climatique. Les grands réassureurs, comme SCOR, Munich Re ou Swiss RE, publient des analyses qui en tiennent compte.

Les modèles classiques d’évaluation des risques, déjà, ont perdu de leur pertinence. Jusqu’à présent, pour gérer un risque d’inondation par exemple, on se référait aux crues décennales et centennales. Au passé, en somme. Le changement climatique introduit un régime d’incertitude, qui oblige à imaginer ce qui n’est encore jamais arrivé. Par exemple, pour donner un exemple très précis, la déformation des rails d’une ligne de TGV pendant une période de canicule d’une durée inédite. Les études de vulnérabilité se multiplient aujourd’hui, qui traduisent, après le moment dramatique de la première prise de conscience (en gros, le sommet de Copenhague), une deuxième prise de conscience, plus pratique.

Certains pays, comme le Royaume-Uni, sont en avance dans les études de vulnérabilité, qui portent notamment sur les questions d’approvisionnement. Dans le domaine industriel, certains groupes ont engagé des réflexions sur leur vulnérabilité par rapport à leurs filières. D’une façon générale, la variété des situations incite fortement à partager les expériences et les savoir-faire. Ainsi les Français, dont une partie du territoire pourrait être touchée par des canicules plus fréquentes, peuvent-ils apprendre des Espagnols qui savent déjà gérer ce genre d’événements.

Les simulations d’évolution future du climat fournissent un ensemble d’éléments utiles pour construire des stratégies d’adaptation. La notion de « services climatiques » qui émerge dans les différents centres de modélisation du climat intègre la mise en œuvre de diagnostics correspondant à des besoins de différents acteurs (industriels, assurances, collectivités territoriales…). Ces besoins sont spécifiques : par exemple, un industriel de l’énergie ne sera guère intéressé par l’évolution des températures moyennes, mais beaucoup plus par le nombre de jours au-dessus ou au-dessous d’un certain seuil.

L’impact majeur du changement climatique sur la question énergétique portera évidemment sur les choix énergétiques, qui sont d’ores et déjà contraints, dans certains pays ayant engagé leur transition énergétique, par une volonté de répondre au changement climatique et d’en limiter les effets. Il est difficile, à l’heure qu’il est, de se prononcer sur l’ampleur des évolutions, qui dépend de multiples facteurs dont la plupart jouent sur le court terme – à commencer par la politique. Car ces choix, pour le coup, procèderont nécessairement de la délibération politique, et sur ce point les climatologues ne peuvent guère qu’éclairer certains aspects du débat.

L’exemple des agrocarburants montre bien que la détermination de priorités dans le domaine énergétique passe par une analyse largement interdisciplinaire. Si l’on limite l’analyse au lien direct entre problématiques climatiques et énergétiques, il n’existe aucune limite à la production souhaitable d’agrocarburants. Si l’on prend en compte l’impact sur l’alimentation, sur la préservation de la biodiversité, ou les différences structurelles entre pays du Nord et du Sud, on constate au contraire que cette production se heurte à des limites considérables – qui ne peuvent être tranchées uniquement par l’expertise scientifique, parce qu’elles relèvent aussi de problèmes de justice.

 

 

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12
Fév
'17

Quelles perspectives pour la fiscalité carbone ? Richard Robert

 

 

 

L’émergence d’une fiscalité assise sur le carbone est l’une des grandes interrogations du siècle à venir. De la Chine à la Norvège en passant par la Nouvelle-Zélande, de nombreux pays y réfléchissent. D’autres ont commencé à taxer les émissions de CO2, comme la France avec la Contribution Climat-Énergie. Mais ce ne sont que des mesures marginales et aucun pays n’est prêt à se lancer seul dans ce nouveau régime fiscal, dont l’impact économique est d’autant plus incertain qu’il n’a jamais été testé à grande échelle. Se pose donc une triple question. Où en est le débat théorique ? Quelle forme prendront les prochaines avancées ? Quels en seront les effets économiques ?

Ce débat est aujourd’hui confus. Cela tient d’abord à sa complexité technique : il ne s’agit pas seulement d’une évolution de la fiscalité, mais d’un changement global de modèle de production. Les effets en chaîne d’une telle évolution constituent un défi à l’imagination.

Mais l’opacité du débat tient aussi à la multiplicité d’interventions souvent contradictoires, avec une forte présence des lobbies industriels et d’ONG environnementalistes… et de subtils rapports de forces derrière chaque position politique.

 

Un débat aussi technique que politique

Pour en donner une idée et en raisonnant à une échelle limitée, prenons l’exemple de la Californie. Sous l’impulsion du gouverneur Schwarzenegger, une loi ambitieuse a été passée en 2006, le Global Warming Solutions Act, plus connu sous le nom d’AB 32. Elle prévoit une réduction des émissions de gaz à effets de serre de 25% en 2020 et de 80% en 2050. L’un des enjeux était le développement d’emplois « verts ». Ce choix a été contesté : à l’automne 2010 a été discutée la « proposition 23 », soutenue par des compagnies pétrolières, qui visait la suppression de la loi. Pour convaincre les électeurs, les opposants à l’AB 32 affirmaient qu’elle ferait augmenter les prix de l’énergie et le taux de chômage. Ceux qui défendaient la loi rappelaient qu’en cinq ans, les emplois verts ont crû dix fois plus vite en Californie que dans le reste des États-Unis, et que le secteur des technologies vertes a attiré 9 milliards de dollars de capitaux. Les électeurs ont voté pour le maintien de la législation. Mais la campagne « citoyenne » en faveur du maintien d’AB 32 a été financée par les hedge funds… qui espèrent gagner beaucoup d’argent avec l’économie verte. Pour résumer, dans chaque camp les acteurs invoquent l’intérêt général, mais n’oublient pas le leur. Dans ces conditions, il peut être utile de savoir ce qu’en pense la communauté des économistes.

Le principe de ces taxes a été formulé par l’économiste anglais Arthur Pigou en 1920 : il s’agit d’internaliser le coût social des activités économiques, les « externalités négatives » dont le coût est supporté par la collectivité. Dans le cas qui nous occupe, les externalités négatives sont la pollution et le changement climatique. Le PDG d’Exxon Mobil, Rex Tillerson, précisait ainsi le sens que pourrait avoir une taxe assise sur les émissions de CO2 : elle viserait à refléter le coût du carbone dans toutes les décisions économiques, des investissements des entreprises aux choix des consommateurs.

Les promoteurs d’une taxe « pigouvienne » sur les activités productrices de carbone sont nombreux. Greg Mankiw, professeur à Harvard, est même à l’origine d’un « Pigou Club » qui compte parmi ses membres des économistes comme Gary Becker, Paul Krugman, Alan Greenspan, Nouriel Roubini ou Joseph Stiglitz et des journalistes influents comme Tom Friedmann ou Charles Krauthammer. Notons le caractère transpartisan de ce mouvement : Krugman est démocrate, Mankiw a présidé le comité des conseillers économiques de George W. Bush.

Les arguments invoqués ne se limitent pas à l’idée de sauver la planète. Kenneth Rogoff, ancien chef économiste du FMI, pointait dès 2006 la possibilité pour les États-Unis de réduire leurs déficits commerciaux. Gilbert Metcalf (Tufts University) a montré que les revenus tirés d’une taxe carbone pourraient être utilisés pour réduire les charges sociales et donc le coût du travail, tout en laissant inchangé le niveau de prélèvements.

Si au sein de la communauté économique s’élèvent des voix plus critiques, c’est moins pour les effets négatifs de la fiscalité carbone sur l’activité que pour la modestie de ses effets sur l’environnement. Lucas Davis (Berkeley) et Kilian Lutz (University of Michigan) rappellent la capacité des consommateurs à s’adapter à l’évolution des prix. Comment mettre en œuvre une incitation efficace… sans créer l’équivalent d’un choc pétrolier ? C’est l’un des enjeux de la recherche aujourd’hui.

 

Taxes ou permis ?

Un deuxième débat concerne les outils à mettre en place : taxes, permis d’émission, élévation des normes réglementaires ? La controverse « taxe ou permis » dure depuis près de trente ans, et un consensus a fini par s’établir sur les conditions théoriques dans lesquelles il est préférable de réguler la pollution par les prix (la taxe) ou par les quantités (les permis).

Les permis, ce sont les systèmes de « cap and trade », où les émissions sont plafonnées à un certain niveau, au-delà duquel les entreprises émettrices sont obligées d’acheter des quotas à leurs concurrentes. Le principe est de s’en remettre à la régulation du marché pour les encourager à investir dans des technologies propres. Le système a été critiqué par les associations environnementalistes, mais aussi par des experts comme Jeffrey Sachs (Columbia University), pour les distorsions qu’il occasionne : manipulations des cours, octroi gratuit de quotas dans un contexte de crise économique, manque de transparence, rentes offertes aux pollueurs. Mais rares sont les chercheurs à avoir développé ces arguments. L’exemple de l’Union européenne, où existe depuis 2005 un marché des permis pour les industries lourdes et le secteur électrique, est ambigu : la crise de 2008 a cassé net le fonctionnement d’un marché qui n’était pas encore stabilisé, et le prix du carbone s’est effondré.

Taxes, permis ou normes semblent en fait plus ou moins appropriés en fonction des secteurs. Une politique environnementale conséquente les combinera en fonction de leur efficacité mais aussi de la complexité de leur mise en œuvre. Comme le note Alain Grandjean, ancien chercheur au laboratoire d’économétrie de l’École Polytechnique codirigeant aujourd’hui le cabinet Carbone 4, « une taxe sur le CO2 serait préférable pour les secteurs d’émission diffus, dans lesquels la mise en œuvre des permis serait probablement inefficace parce que lourde en coûts de gestion ».

Le rapport sur l’économie du changement climatique rédigé en 2006 par l’économiste Nicholas Stern propose une synthèse des travaux théoriques et empiriques. Pour les secteurs les plus polluants, la technique européenne du « cap and trade » semble la plus appropriée. L’enjeu est alors de développer les bourses déjà instituées et de mettre en place des passerelles : le système européen serait la première pièce d’un marché mondial du CO2. Pour réguler les émissions des autres secteurs, le rapport préconise l’usage combiné des taxes et des normes. Plus récemment et en s’inspirant du modèle européen, Jeffrey Sachs proposait d’ajouter à cette panoplie des « feed-in tariffs », c’est-à-dire des subventions aux sources d’énergie à faibles émissions de carbone.

Sachs a pour principal souci le réalisme, à l’heure où la crise financière a fragilisé les grandes économies. Si un consensus semble en bonne voie dans la communauté économique, on peut en effet se poser la question de la volonté politique.

 

Utopie économique, outil stratégique ?

La tentation existe de s’en remettre à la pression du marché : après tout, les prix de l’énergie ne sont-ils pas voués à augmenter ? Alain Grandjean s’inscrit en faux contre, évoquant le développement des hydrocarbures non conventionnels qui a contribué à faire baisser les prix. « En donnant à nouveau l’espoir d’accéder à une énergie abondante et moins carbonée que le charbon, les gaz et pétroles de schiste pourraient aggraver le problème : si l’on exploite plus de gisements, cela ne nous empêche pas de brûler du charbon aujourd’hui et encore moins demain. Et la baisse actuelle des prix du gaz fait perdre en compétitivité les énergies décarbonées (nucléaire, hydraulique, éolien et solaire). Il faut le réaffirmer avec force : la régulation climatique passe par des mesures de politique publique ».

Mais comment et à quel rythme ? Si des marchés du carbone se développent dans le monde, tous les pays n’en sont pas au même stade. Chercheur à la chaire Économie du climat de l’université Paris-Dauphine, Boris Solier note ainsi qu’aux États-Unis, l’hypothèse d’un marché fédéral qui semblait probable il y a quelques années, est aujourd’hui écartée. En Australie, la taxe carbone a été abandonnée suite à l’arrivée d’un Premier ministre climato-sceptique. À l’inverse, la Nouvelle-Zélande a développé un marché de permis.

Après avoir envisagé le lancement d’une taxe carbone, la Chine réfléchit de son côté à un système de permis d’émissions, pour réduire sa dépendance au charbon, alléger les pressions internationales et surtout anticiper un renforcement des normes chez ses partenaires commerciaux. Elle n’a pas tort : la fiscalité carbone est aussi un instrument discret de reconstruction des barrières commerciales. Mais l’objectif de la Chine est aussi de monter en gamme et à cet égard sa stratégie rejoint celle de l’Europe : mieux positionner son industrie et accélérer des évolutions en cours.

Car l’enjeu est aussi d’attirer les investisseurs, comme on a pu constater en août 2010 lorsque le Sénat américain a bloqué une législation de type « cap and trade ». Kevin Parker, de la Deutsche Bank, expliquait alors que la conséquence de cette décision serait de détourner des États-Unis, pays jugé « risqué », 6 à 7 milliards de dollars dévolus à des investissements verts, au profit de la Chine et de l’Europe de l’Ouest.

La fiscalité carbone apparaît donc moins comme une utopie économique que comme un outil stratégique. Quelles que soient les formes qu’elle prendra, elle aura des conséquences profondes et structurantes sur le tissu économique mondial.

 

Business not as usual

On peut repérer d’abord le développement d’activités nouvelles. C’est aujourd’hui un enjeu de recherche et d’innovation : comme le note Denis Clodic, titulaire de la chaire Captage, transport et stockage du CO2 de Ponts ParisTech, « ces activités se placent en pole position des recours technologiques pouvant assurer une complémentarité avec les actions en faveur de la maîtrise de l’énergie ». Un rapport de l’institut Pike Research suggère que ces activités formeront un vrai marché d’ici cinq à dix ans, même si les défis sont nombreux : incertitude sur le coût des technologies et sur le prix du carbone, absence d’un réseau de pipelines pour transporter le CO2.

Deuxième effet repérable, le rééquilibrage du mix énergétique et l’impact sur les producteurs, avec notamment une pression à l’innovation. Franck Carré, titulaire de la chaire Énergies durables à l’École Polytechnique, note ainsi que le thème du changement climatique a provoqué un regain d’intérêt pour l’énergie nucléaire. Celle-ci contribuera durablement au mix énergétique global, mais les systèmes capables d’assurer un développement durable demandent encore un effort de recherche et d’innovation.

Troisième effet, l’impact sur les autres activités industrielles. Évoquant le marché européen des quotas de CO2, Boris Solier explique que le prix du carbone influence deux types de décisions. À très court terme, il influe sur les décisions de gestion des installations existantes en favorisant par exemple la production d’électricité à partir des turbines à gaz plutôt que des centrales à charbon (le charbon émet plus de CO2 que le gaz à contenu énergétique équivalent) ou encore en incitant les producteurs à substituer un peu de charbon par de la biomasse. À plus long terme, le prix du carbone influence aussi les décisions d’investissement, quand les industriels ont une bonne visibilité sur les règles de fonctionnement du marché et qu’ils ont confiance en la pérennité du système, comme c’est le cas en Europe.

Quatrième effet, le développement de services spécifiques, comme ceux liés à la comptabilité carbone. Avant même la mise en œuvre de taxes carbones, la pression réglementaire (étiquetage carbone) va contraindre nombre d’entreprises à mesurer leurs émissions. Les secteurs les plus concernés sont l’énergie, l’industrie lourde, la grande distribution et les transports. Les entreprises peuvent réaliser un bilan carbone ou recourir à un logiciel de comptabilité carbone. C’est un marché encore modeste (380 millions de dollars dans le monde en 2009 d’après Pike Research) mais les perspectives de croissance sont prometteuses.

Ce ne sont là que des pistes d’évolution. Ce qu’il faut retenir, c’est que si les perspectives politiques restent incertaines, on peut néanmoins prévoir une montée en puissance de la fiscalité carbone : il n’y aura pas de grand soir, mais une incorporation du carbone à la déjà vaste palette des assiettes de taxation. Les stratégies économiques des acteurs les plus avancés (pays, secteurs, entreprises) et les normes qu’ils seront capables de mettre en place sur leurs marchés intérieurs pour défendre leurs positions joueront un rôle tout aussi structurant qu’un accord international aujourd’hui improbable.

 

 

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12
Fév
'17

Le stockage d’énergie en appui aux énergies renouvelables Jean-Luc Legoupil

 

Notre consommation d’énergie dépend pour beaucoup des combustibles fossiles. Compte tenu du caractère fini des réserves (un ou deux siècles), leur remplacement à terme est donc à prévoir dans tous les cas, indépendamment des craintes suscitées par l’influence du CO2 sur l’évolution du climat. Il sera utile, à terme, de préserver le carbone fossile pour ses usages non substituables facilement, comme le carburant pour avions ou la production de matières premières telles que l’acier et les produits de la pétrochimie et de la carbochimie. Le débat est donc de convenir du rythme des transitions, du choix des solutions technologiques « déjà prêtes » pour ce qui doit être investi à court terme, des orientations et de l’ampleur de la R&D industrielle pour la part qui devra attendre de meilleures solutions.

On rappelle que la consommation finale d’énergie en France se répartit ainsi :

Consommation d'énergie finale (en tep)

Fossiles charbon + pétrole + gaz

Électricité

ENR thermiques

Total

Agriculture, industrie (dont sidérurgie)

20,7

10,7

2

33,5

Résidentiel, tertiaire

32

25

10,7

67,7

Transports

44,8

1,1

3

48,8

Total

97,5

36,8

15,7

150

 

La consommation d’énergie finale en France est donc environ 2/3 d’origine fossile et un quart d’origine électrique. L’énergie électrique elle-même est principalement nucléaire (75 à 80%) et hydro-électrique (15%) : l’éolien et le photovoltaïque représentent en tout moins de 5% de l’électricité produite, et les centrales fossiles (gaz) moins de 5% également. Pour l’essentiel, le nucléaire fournit la base de la puissance instantanée et de l’énergie produite, et les variations de consommation – et de production d’éolien – sont régulées par l’appoint de l’hydroélectricité et, à la marge, par les centrales à gaz. Le réseau français contribue aussi, en exportant les excédents disponibles, à réguler en partie les systèmes électriques de ses voisins et, en retour, fait appel à eux pour quelques jours par an de pointe de consommation.

Pour réduire la consommation de combustibles fossiles en France (et les émissions de CO2), il faut donc s’attaquer non pas à la production d’électricité, qui n’en consomme guère, mais aux postes vraiment concernés : transport, industries, chauffage résidentiel et tertiaire, et agriculture.

La disparition à terme des combustibles fossiles devra donc être graduellement suppléée par des économies d’énergie, des transferts vers les combustibles d’origine biomasse et vers l’électricité. Pour les économies, les investissements en isolation thermique devront être incités plus vigoureusement qu’aujourd’hui, notamment pour les propriétaires non-résidents – qui n’y ont guère d’intérêt – et les chauffages d’appoint solaires être développés (chauffe-eau à eau tiède).

Des transferts vers la biomasse seront effectués mais n’y suffiront pas de très loin, compte tenu du rythme de renouvellement du gisement bois et des limites – maintenant reconnues – à détourner une partie des surfaces cultivables vers des usages non alimentaires. Donc bois, cultures marines, oléagineux et alcools de deuxième génération ne contribueront que bien en-deçà des besoins.

Il faudra par conséquent transférer une partie de ces consommations de combustibles fossiles vers l’usage d’électricité : automobiles, camions, autocars et deux roues électriques pour les transports, pompes à chaleur eau-eau (PAC) pour le chauffage pour citer des postes significatifs.

Les économies potentielles sur la consommation électrique actuelle (éclairage à diodes LED,  appareils domestiques, téléviseurs et ordinateurs plus sobres, chauffage par PAC au lieu de radiateurs électriques) restent encore bien faibles au regard de ces nouveaux usages de substitution d’énergie fossile.

Pour toutes ces raisons, auxquelles s’ajoute l’augmentation prévue de la population, il faudrait donc anticiper, dans une perspective de disparition à terme du recours aux combustibles fossiles, une augmentation nette de consommation d’électricité. Les besoins pourraient doubler, voire plus, selon les volumes du tableau ci-dessus…

Cette mutation créerait de plus un besoin de stockage mobile d’énergie en remplacement du pétrole (batteries, voire carburant synthétique) po